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21 septembre 2020 1 21 /09 /septembre /2020 23:00

22 SEPTEMBRE

 

III.    

Ste Emerita, martyre à Rome.

SS Mauritius, Exuperius, Candidus, Victor, et leurs compagnons de la légion, martyrs à Agaune ; s. Maurice est le patron des Etats de Savoie ainsi que du diocèse d'Angers, où s. Martin rapporta de ses reliques.

Ste Basilla, martyre romaine.

S Yon, martyr près de Arpajon, peut-être compagnon de s. Denis.

IV.    

Ste Iraïs (Rhaïs, Raïssa), martyre à Alexandrie.

S Septimius, évêque et martyr à Iesi, dont il est le patron.        

S Florent, ermite vénéré au Mont-Glonne.

V.    

S Silvanus, à Levroux.

Ste Liutrude, sœur de ste Menehould, recluse près de Châlons-en-Champagne.

VI.    

S Lô, évêque à Coutances pendant quarante ans.

VII.    

S Higbald, abbé dans le Lincolnshire, peut-être Bardney.    

S Emmeram, peut-être originaire du Poitou, évêque et martyr à Ratisbonne.

Ste Salaberge, guérie de la cécité par s.Eustase ou s.Colombande de Luxeuil, abbesse à Laon.

?    

Ste Gunthilde, servante à Biberbach ; il y eut une abbesse du même nom en Thuringe. 

XII.    

B Otto, cistercien évêque à Freising.

XVIII.    

S Lorenzo Maurizio Belvisotti (Ignazio da Santhià), capucin piémontais, canonisé en 2002.

B Joseph Marchandon, curé en Creuse, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.    

SS Yu Chin-gil Auguseutino et Chŏng Ha-sang Baolo, martyrs coréens, canonisés en 1984 et fêtés le 20 septembre.

XX.    

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 1995 :

Piaristes : près de Valencia, le prêtre Carlos Navarro Miquel (C. de la Vierge de l’Abandon, *1911) ;

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près de Valencia, Vicente Sicluna Hernández, Vicente Pelufo Corts et Germán Gozalvo Andreu (*1859, 1868, 1913), ce dernier martyrisé deux mois après son ordination ;

Laïques : près de Valencia, les vierges Josefina Moscardó Montalvá et María Purificación Vidal Pastor (*1880, 1892) ;

- béatifiés en 2007 :

Fr. Mineurs : près de Badajoz, les prêtres Félix Echevarría Gorostiaga (*1893), Francisco Carlés González (*1894), Luis Echevarría Gorostiaga (*1895) ; le clerc Ruperto Sáez de Ibarra López (Antonio, *1914) ; les convers Miguel Zarragùa Iturrízaga et Simón Miguel Rodríguez (*1870, 1912) ;

Salésiens : près de Madrid, le clerc Esteban Cobo Sanz (*1905) et son jeune frère Federico (*1919), aspirant, qui n’avait pas même dix-sept ans ;

- béatifiés en 2013 :

Lasalliens : près de Teruel, Alejandro Monforte (Antonio Gil) et Francisco Vicente Edo (Félix Adriano),  nés en 1903 ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Juan Antonio López Pérez et Diego Morata Cano et Juan García Cervantes (*1881, 1885) ;

Clarétains : près de Barcelone, le profès Ramón Rius Camps (*1913) ;

Laïcs : près d’Almería, Modesto Allepuz Vera, Enrique Pedro Gonzálvez Andreu, José Ardil Lázaro (*1906, 1910, 1914).

Emerita de Rome
† 260

Emerita fut une martyre, et fut enterrée sur la Via Ostiense au cimetière de Comodilla près de Rome.
Sans doute vers 262.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Emerita de Rome au 22 septembre.


Légion Thébéenne
302

On a vu au 1er septembre l’histoire de sainte Verena et comment elle fut liée à celle de la Légion Thébéenne.
Cette «légion» pose des problèmes aux historiens, mais qu’importe !
En général, elle est indifféremment appelée thébéenne ou thébaine, mais le premier terme lui semble plus spécifique.
L’empereur Maximien Hercule s’était installé à Trèves et combattit les tribus germaniques en 285-288. Ensuite il combattit dans le Sud et s’installa en Italie jusqu’en 305, date de sa première abdication. Il est un peu difficile de situer à quelle époque il aurait levé des troupes en Egypte pour sécuriser la route vers Cologne et Trèves.
C’est une tactique bien connue des chefs militaires, d’installer dans une région des soldats étrangers à cette région, pour éviter les risques de complaisance. Mais il se trouve qu’en l’occurence, tous les soldats «thébéens» étaient chrétiens.
Une autre difficulté concerne l’importance de cette «légion». Sous Dioclétien et Maximien, une légion comportait beaucoup moins que les six-mille six-cents hommes des temps passés, peut-être même mille seulement.
Laissant de côté ces questions, venons-en aux faits rapportés par une longue tradition.
Le chef de cette légion s’appelait Mauritius - il était, paraît-il le cousin de sainte Verena, nommée ci-dessus. Un sous-officier s’appelait Exuperius ; un autre officier s’appelait Candidus.
A ces trois noms s’en ajoute un quatrième, Victor, un vétéran.
Au terme d’une victoire, l’empereur prétendit obliger tous ses soldats à participer à un culte de reconnaissance aux dieux - à moins qu’il ait voulu les contraindre à persécuter les Chrétiens de l’endroit. C’est alors que Mauritius et tous ses hommes refusèrent catégoriquement de se plier à cet ordre, de sorte que Maximien ordonna de décimer l’armée une première fois, et une seconde fois encore, avant d’ordonner le massacre de tous ceux qui restaient.
Une petite remarque s’impose ici : si la légion n’était composée que de Chrétiens, à qui l’empereur donna-t-il l’ordre de la décimer ? Prit-il le temps de faire venir d’autres soldats, de Gaule ou d’Italie ? Ou alors ces Thébéens chrétiens ne constituaient qu’une partie de la légion, et ce furent les soldats non chrétiens qui exécutèrent leurs camarades chrétiens. Ce fut un véritable carnage, et d’autant plus rapide et aisé pour les bourreaux, que les soldats chrétiens, déposant leurs armes, n’offraient aucune résistance.
Or, pendant que ces bourreaux festoyaient à côté des corps sans vie de leurs victimes, passa un vétéran, un certain Victor ; ils se reconnurent et on invita Victor à participer à la fête. Sur son refus, il fut tué sur place.
On tâche de situer cet épisode vers 302, à Agaune, proche de l’actuelle Martigny (Suisse).
Le Martyrologe Romain mentionne les Martyrs de la Légion Thébéenne au 22 septembre.


Basilla de Rome
304

Basilla fut une Martyre enterrée sur l’ancienne Via Salaria de Rome.
On la disait de race royale et fiancée à un haut personnage de la cour impériale.
L’empereur (Gallien ou Dioclétien ?) la mit en face de ce dilemme : ou son «fiancé», ou le glaive. Basilla répondit que son Epoux était le Roi du ciel.
Elle mourut d’un coup d’épée.
Autrefois, on situait l’épisode sous Gallien († 268), mais aujourd’hui on a préféré sous Dioclétien, et vers 304.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Basilla de Rome au 22 septembre.

 

Florent du Mont-Glonne

4e siècle

 

Un ermite du nom de Florent s’établit au 4e siècle sur le Mont Glonne (Maine-et-Loire).

Il pouvait s’agir de Florent d’Anjou. Avec des condisciples, il construisit une église, autour de laquelle seront édifiées des cellules, plus tard une magnifique abbaye.

Les moines bénédictins de cette abbaye subirent beaucoup de destructions et durent se réfugier maintes fois. Lorsqu’on fonda l’abbaye de Saint-Florent-le-Jeune à Saumur, celle du Mont-Glonne prit le nom de Saint-Florent-le-Vieil.

Lors de la Révolution et de la Guerre de Vendée, l’église abbatiale servit de prison pour des milliers de Vendéens, hommes, femmes et enfants, que les soldats massacrèrent sans pitié lors des fusillades du Marillais. Ensuite, le monastère fut vendu en trois lots.

Tout cela est fort intéressant, mais on ne sait rien sur saint Florent.

Saint Florent du Mont-Glonne est commémoré le 22 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Silvanus de Levroux

5e siècle

 

La collégiale de Levroux ou petite cathédrale du Berry (Indre) est suffisamment imposante et belle, ainsi que son orgue, datant de 1502, pour qu’on puisse supposer que s.Silvanus ait été un personnage renommé.

Silvanus aurait vécu au 1er siècle et, avec Silvestre, aurait accompagné s.Pierre au départ d’Antioche. Ce dernier les envoya prêcher en Berry : Silvestre mourut en cours de route, Silvanus retourna à Rome et reçut de Pierre le pouvoir de ressusciter Silvestre. Tous deux, avec la vierge Rodène récemment convertie, parviennent à Gabatum, où ils prêchent, font des miracles, guérissent les infirmes, chassent les démons.

D’après Sulpice Sévère, s.Martin de Tours vint à Gabatum vers 380, y détruisit un temple païen et guérit de la lèpre le seigneur de l’endroit, ce qui donna lieu à l’expression Vicus Leprosus (village du lépreux) et maintenant Levroux.

D’après les historiens, on ne peut pas beaucoup se fier aux récits concernant s.Silvanus.

Signalons avant de conclure qu’il n’est pas vraiment justifié d’écrire Sylvanus ou Sylvestre, puisque ces prénoms remontent à l’origine latine Silva (forêt), qui n’a que tardivement été orthographiée Sylva.

Saint Silvanus de Levroux est commémoré le 22 septembre dans le Martyrologe Romain, qui en fait un ermite du 5e siècle environ.

 

 

Lô de Coutances

† 565

 

Lauto ou Laudus, dont le nom a été donné à la ville bien connue de Saint-Lô, anciennement Briovera, était probablement originaire de cette localité.

Quand il fut nommé évêque de Coutances, vers 525, on le vit signer évêque de Coutances ou de Briovera. Mais qu’il ait été ordonné évêque à douze ans, ne semble pas être acceptable.

A Coutances, il fut le cinquième évêque.

On sait qu’il fut présent aux conciles d’Orléans de 533, 538 et 549. A celui de 541, il se fit représenter.

D’autres mentions de lui existent, lorsqu’il fut présent aux obsèques de s.Marcoul ou de s.Paterne d’Avranches (v.1er mai et 15 avril).

Lô s’éteignit vers 565, donc après un épiscopat d’environ quarante années.

Saint Lô de Coutances est commémoré le 22 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Emmeram de Ratisbonne

† 652

 

Les plus anciens documents connus parlent de Haimhramm, un ermite originaire de Poitiers. Selon les sources, l’orthographe varie : Emmeran, Haimeran…

Il ne semble pas possible de retenir qu’Emmeram était d’abord évêque à Poitiers. Mais parvenu dans la région de Regensburg (que les Français appellent Ratisbonne), le duc l’aurait supplié de rester là pour évangéliser les habitants de la ville et des environs.

Après trois années d’apostolat, il reçut la confidence de la fille du duc, Uta, qu’elle était enceinte d’un domestique du château. Pour leur épargner à tous les deux les foudres du duc, Emmeram s’offrit à assumer la paternité de l’enfant. Puis il partit à Rome expliquer au pape la situation, avec l’intention d’exposer ensuite la vérité au duc.

Durant l’absence de l’évêque, Uta exposa à son père la version des faits imaginée par Emmeram. Furieux, le duc envoya son fils à la poursuite de l’évêque, qu’il retrouva non loin de Münich ; au lieu-dit Kleinhelfendorf, il fit attacher Emmeram à une échelle et on lui tailla un à un les membres et les organes de son corps ; à la fin, on le décapita.

Mais quand le duc apprit la vérité des choses, il fit exhumer les restes d’Emmeram pour les enterrer avec honneur.

Une récente analyse des reliques d’Emmeram a mis en évidence l’estrême brutalité des coups que reçut le Martyr.

Saint Emmeram de Ratisbonne est commémoré le 22 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sadalberge de Laon

† 664

 

On écrit aussi Salaberge.

Elle naquit vers ce qui serait aujourd’hui Meuse-en-Bassigny (près de Dammartin, Haute-Marne), de Gondoin.

Elle serait née aveugle et, lors de son passage dans la famille, s.Eustase ou s.Colomban de Luxeuil (v.2 avril et 23 novembre) la guérit de sa cécité, car elle désirait instamment vivre au service de Dieu.

Sadalberge, cependant, se maria, ou plutôt fut mariée contre son gré à un certain Richramme, qui mourut deux mois après la célébration du sacrement ; elle tenta d’entrer au monastère de Remiremont, mais à nouveau la famille la contraignit à épouser un certain Bason ; ce fut là une union très heureuse et harmonieuse, mais Sadalberge restait infertile : après un pèlerinage au tombeau de s.Remi (v. 13 janvier), elle obtint la grâce de cinq maternités ; ces enfants se nommèrent Sartrude, Ebane, Anstrude, Eustase et Baudoin.

Pleine de reconnaissance, Sadalberge voulut fonder un monastère. Avec le concours de l’abbé Waldebert de Luxeuil, elle fit construire une immense maison, comportant jusqu’à sept églises, près de Langres, puis transférée à Laon, qui était mieux fortifiée. Il y eut là jusqu’à trois cents moniales qui se relayaient pour chanter sans interruption la Laus perennis. 

Sadalberge devint ainsi sans le vouloir la mère et supérieure d’un immense monastère. Même des moines se trouvaient sous son autorité. Sa douceur et sa gaieté la rendaient extrêmement agréable auprès de toutes les moniales. 

Ses dernières années furent éprouvées douloureusement par la maladie.

Elle confia le gouvernement du monastère à sa fille Anstrude et mourut sereinement vers 654 ou 664.

Sainte Sadalberge de Laon est commémorée le 22 septembre dans le Martyrologe Romain.

Otto de Freising

1112-1158

 

Otto naquit vers 1112, probablement à Klosterneuburg (Vienne, Autriche), cinquième des dix-huit enfants de Leopold III d’Autriche (v. 15 novembre) et Agnes de Waiblingen, fille de l’empereur Heinrich IV.

Parmi ses frères et sœurs, se trouve Konrad, qui fut archevêque de Salzburg.

Otto reçut sa première formation dans l’école du chapitre de Klosterneuburg, fondé par son père et dont il devint le prévôt.

En 1126, il alla étudier à la Sorbonne de Paris, où il rencontra entre autres Abélard, Hugo de Saint-Victor, Gilbert de la Porrée.

En 1132, il entra chez les Cisterciens, à Morimond (Champagne) avec quinze compagnons et, six ans plus tard, l’année de son ordination sacerdotale, fut déjà élu abbé du monastère : il n’avait que vingt-six ans. Mais il n’exerça pas longtemps cette charge, car aussitôt après il fut nommé évêque de Freising. Il allait désormais consacrer toute sa personne au renouvellement et au développement spirituel de son diocèse.

Ses préoccupations allèrent aux monastères : les Prémontrés de Schäftlarn, les Augustins de Schlehdorf, l’école cathédrale et la cathédrale elle-même de Freising. Il fonda les couvents de Schliersee (Chanoines) et Neustift (Prémontrés), mais, ce qui est étonnant, pas de maisons cisterciennes.

Dans le domaine des inverstitures, il put profiter fort heureusement de ses liens parentaux avec l’Empire, pour sortir des conflits avec les maisons princières et restaurer la liberté de l’Eglise.

Sur l’appel de Bernard de Clairvaux (v. 20 août), il participa à la deuxième Croisade, à la fin de laquelle il ne put rentrer avec quelques compagnons qu’au prix de grandes difficultés.

Par ailleurs, on a pu écrire que Bernard de Clairvaux et Otto furent toute leur vie comme étrangers l’un à l’autre, Otto étant trop absorbé par son diocèse et les événements de l’empire. S’ils ne se connurent pas personnellement, ils furent certainement en communauté spirituelle, car l’idéal d’Otto était la mesure, la prudence.

Il fit trois fois le voyage à Rome, et s’impliqua personnellement pour un arrangement entre Friedrich Barbarossa et le pape, et fut présent à la diète de Besançon (1157).                                                                                                                                  

Par sa famille et sa position, Otto se révéla un des premiers historiographes du Moyen-Age. Il a laissé huit volumes d’une Histoire des Deux Cités, dans laquelle il reprend les idées de saint Augustin sur les Deux Cités, en les appliquant aux développements de l’Eglise et de l’Empire. Il travailla en outre à une Chronique de l’Empereur Friedrich, en deux volumes, qu’il chargea son disciple Rahewin de poursuivre. Ses ouvrages contiennent des détails de premier intérêt sur des ambassades arméniennes, musulmanes ou perses.

En 1157, Otto fut chargé par l’empereur Barbarossa de conduire ses affaires, charge éminemment importante qui pouvait amener l’empereur à une meilleure politique, mais Otto n’eut guère le temps d’organiser son travail : en se rendant au chapitre général de Cîteaux, il mourut dans le monastère où il avait commencé son noviciat, à Morimond, le 22 septembre 1158.

L’Ordre cistercien a très vite honoré Otto comme bienheureux ; le Martyrologe le mentionne au 22 septembre.

 

 

Lorenzo Maurizio Belvisotti

1686-1770

 

Lorenzo Maurizio fut le quatrième des six enfants de Pier Paolo et Maria Elisabetta Balocco. Il naît le 5 juin 1686 à Santhià (province de Vercelli, Italie du Nord).

Il perd son papa à sept ans, sa mère le confie à un saint prêtre de la parenté, certain Bartolomeo Quallio, qui l’aide à découvrir peu à peu sa vocation sacerdotale.

Lorenzo Maurizio part à Vercelli pour sa formation philosophique et théologique.

Ordonné prêtre en 1710, il reçoit une place de chapelain-précepteur dans la noble famille des Avogadro, qui à l’époque ont le droit de le “nommer” aussi curé de la paroisse de Casanova Elvo, tandis qu’à Santhià il est aussi nommé chanoine-recteur de la collégiale.

Durant ces premières années de sacerdoce, il fait la connaissance d’un père jésuite, le père Cacciamala, qu’il seconde dans les missions populaires et qui va devenir son directeur spirituel.

Mais Lorenzo Maurizio veut davantage ; il renonce à ces nominations prometteuses et entre en 1716 chez les Capucins de Chieri (province de Turin), où il commence à trente ans un humble noviciat, dans l’espoir de partir un jour pour les missions. Il porte désormais le nom de Ignazio de Santhià. On admire son désir de perfection, son observance fidèle de la règle, spontanée et joyeuse. Il séjourne successivement dans les couvents de Saluzzo, Chieri et Turin.

En 1731, il est nommé maître des novices à Mondovì (province de Cuneo), où il reste treize ans. Son charisme attirera plus de cent-vingt nouveaux novices, dont certains moururent en odeur de sainteté. Entre autres, un de ses anciens novices, Bernardino Ignazio de la Vezza, parti au Congo, tomba gravement malade : le père Ignazio s’offrit spontanément à Dieu pour son “disciple” ; son humble prière fut celle-ci : Jésus-Christ, mon Seigneur, si vous désirez que le mal dont souffre ce bon ouvrier tombe sur moi qui suis un bon à rien, faites-le. Je l’accepte volontiers pour votre plus grande gloire. Le missionnaire guérit et reprit son apostolat, tandis que le père Ignazio dut renoncer à sa charge à cause des souffrances qu’il reçut alors.

Il fut nommé aumônier en chef des armées du roi de Sardaigne Carlo Emanuele III en guerre contre les forces franco-espagnoles (1745-1746). Il assista ainsi les soldats blessés ou contagieux dans les hôpitaux d’Asti, d’Alessandria et de Vinovo où les malades atteints de blessures très graves, les corps déchiquetés s’empilaient dans les salles. 

La guerre terminée, il rejoint le couvent du Mont des Capucins (Turin) où, toujours retranché dans sa profonde humilité, il partage son temps entre le couvent et la ville de Turin, prêchant, confessant, parcourant les rues pour rencontrer et réconforter les pauvres, les malades, malgré son âge et ses souffrances.

Le père Ignazio était un mystique, en même temps qu’un apôtre. S’il aimait le silence, le recueillement et les veilles prolongées devant le Saint Sacrement, il courait au service du prochain. Les prodiges, d’ailleurs, se multipliaient, car la prière d’Ignazio obtenait des grâces… On l’appelait le Saint du Mont, les autorités religieuses et officielles l’avaient en grande vénération.

L’humilité d’Ignazio était sa grande vertu. Ses actions, ses paroles, ses services dans les plus humbles tâches, toute sa vie était humilité.

Les deux dernières années de sa vie, qu’il passa à l’infirmerie, furent encore occupées à recevoir, à bénir, à conseiller, à confesser. Il était absorbé dans la contemplation du Crucifix.

Lui qui portait au baptême le nom de Maurizio, il s’éteignit le jour de la fête de son saint Patron, le 22 septembre 1770, chargé d’années et de mérites.

Sa sainteté et ses miracles l’avaient tellement rendu populaire, qu’un énorme concours de peuple se manifesta au moment de sa mort, au point que l’ont dut, pour éviter plus de confusion, célébrer les obsèques très tôt le matin.

Malgré les nombreux témoignages sur sa sainteté, à cause de divers événements, le saint père Ignazio attendit, humblement encore, jusqu’en 1966 pour être proclamé bienheureux.

 

 

Joseph Marchandon

1745-1794

 

Joseph était né le 21 août 1745 à Bénévent (Creuse).

Prêtre du diocèse de Limoges, il était curé de Marsac (Creuse).

Arrêté durant la vague révolutionnaire fanatique, il fut de ces centaines de prêtres qui, entassés à bord de deux navires négriers aux pontons de Rochefort, dans des conditions de détention on ne peut plus déplorables et honteuses, moururent de mauvais traitements, d’épidémies, d’épuisement, pour le seul délit d’avoir été prêtres et fidèles à l’Eglise.

L’abbé Marchandon mourut sur le Deux-Associés, le 22 septembre 1794, et fut béatifié en 1995.

 

 

Yu Chin-gil Auguseutino

1791-1839

 

Augustinus était né en 1791 à Jo Dong (Séoul, Corée sud), dans une famille d’importantes personnalités du gouvernement.

Homme de profonde réflexion, il cherchait la vérité, particulièrement les origines de l’Homme et devint un expert de bouddhisme et de taoïsme.

Il rencontra des Chrétiens, qui d’abord se méfièrent de lui. Il trouva un opuscule sur La vraie Doctrine de Dieu, écrit par le père jésuite Matteo Ricci, et son intérêt alla croissant, jusqu’à ce qu’enfin il put recevoir des explications complètes sur le Christianisme, lire d’autres livres et finalement voulut entrer dans l’Eglise.

Il rencontra Chŏng Ha-sang Paulus, avec lequel il collabora de toutes ses forces pour rétablir en Corée une hiérarchie ecclésiastique catholique.

Lors d’un voyage à Pékin, il fut baptisé par un missionnaire. 

Augustinus fut co-signataire de ces lettres envoyées par toute la petite communauté réunie autour de Chŏng Ha-sang Paulus, à l’évêque de Pékin et au pape à Rome, pour obtenir enfin des prêtres pour la Corée.

Entre temps, Augustinus prêchait et faisait beaucoup de conversions, mais il n’eut pas la consolation d’amener au Christ son épouse et ses filles. Ses fils se convertirent, et Petrus (Yu) fut martyrisé le 21 octobre 1839, étranglé, à l’âge de treize ans, devenant ainsi le plus jeune Martyr coréen.

Augustinus fut arrêté chez lui en juillet 1839. Ses parents cherchaient à le convaincre d’apostasier, mais il resta constant dans la foi, estimant bien plus important de sauver son âme que son corps, tout en regrettant la peine qu’ils en avaient pour lui.

Le chef de la police fut d’abord délicat envers lui. Il lui rappela sa condition de personnalité gouvernementale, du danger qu’il faisait courir aux siens ; il lui demandait de dire simplement où se cachaient les Catholiques avec leurs livres.

Augustinus resta ferme comme un roc. Il fut torturé par cinq fois, sa chair partait en lambeaux.

Il répondit au chef de la police que l’évêque et les missionnaires français étaient venus pour enseigner les Coréens sur Dieu et leur salut, que c’était lui qui avait amené l’évêque en Corée.

Puis le chef introduisit l’évêque en présence de Augustinus pour les interroger ensemble. 

Augustinus refusa de révéler les noms des responsables de l’Eglise coréenne et subit encore d’autres tortures, qu’il supporta patiemment, jusqu’à la décapitation à la Petite Porte Ouest de Séoul, le 22 septembre 1839, en même temps que Chŏng Ha-sang Paulus.

Il fut béatifié en 1925 et canonisé en 1984.

Rappelons que la fête commune de tous les Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

Chŏng Ha-sang Baolo

1795-1839

 

Paulus (Baolo) était né en 1795 à Mahyŏn (Yanggŭngun, Kyŏnggi, Corée sud), dans une famille chrétienne de la noblesse, qui comptait déjà ses martyrs : son père, Augustinus Chŏng Yak-jong, ainsi que son frère aîné, Carolus Chŏng Ch’ŏl-sang, furent martyrisés le 8 avril 1801.

Augustinus avait rédigé un Catéchisme des plus importants articles de la doctrine chrétienne.

Cette même année 1839, où la persécution avait repris, allaient tomber notre Paulus, ainsi que sa mère, Yu So-sa Cæcilia (le 23 novembre), ainsi que sa sœur, Chŏng Chŏng-hye Elisabeth (le 29 décembre).

Ses deux oncles, Chŏng Yak-yong et Chŏng Yak-jŏn, étaient des personnalités en vue dans la Corée.

Quand le papa était mort, en 1801, le petit Paulus avait à peine moins de sept ans. Tous les biens du papa furent confisqués, la famille dut vivre dans une extrême pauvreté, mais la maman sut transmettre à Paulus sa foi inébranlable.

En 1815, il vint à Séoul, dans l’espoir de reconstruire l’Eglise, dévastée par la récente persécution, privée de prêtres.

Il rencontra un éminent professeur qui avait étudié en Chine, puis, malgré son origine noble, se fit serviteur d’un interprète qui allait souvent à Pékin.

En 1816, il put ainsi rencontrer à Pékin l’évêque, pour lui demander d’envoyer des missionnaires en Corée.

Ce fut l’occasion pour l’évêque de conférer à Paulus les sacrements de Confirmation et de l’Eucharistie.

En 1817, l’évêque envoya un prêtre en Corée, mais celui-ci mourut avant le terme de son voyage. Paulus chercha au moins à se faire aider par de nouveaux baptisés, parmi lesquels son oncle Chŏng Yak-yong, qui vivait en exil à Kang-jin.

Paulus et ceux de son groupe envoyèrent de nouvelles demandes insistantes, tant à Pékin qu’à Rome même, pour obtenir des missionnaires. Cette fois-ci, Rome réagit, établit en 1831 un Vicariat Apostolique pour la Corée, et chargea les Missions Etrangères de Paris de constituer l’Eglise en Corée.

Paulus fit neuf fois le voyage à Pékin. Il rencontra enfin le premier Vicaire Apostolique, Mgr Imbert (voir la notice) et l’introduisit en Corée, le reçut chez lui et le servit continuellement.

Mgr Imbert appréciait tellement les qualités de Paulus, qu’il lui enseigna le latin en vue de le préparer au sacerdoce, mais la persécution l’obligea à fuir à Suwŏn.

Paulus s’attendait chaque jour au martyre. Il eut l’audace d’écrire au Premier Ministre une lettre en défense de la foi catholique, qui constitue ainsi le premier ouvrage d’apologétique en Corée. Même les ennemis de l’Eglise en apprécièrent l’éminent contenu.

Vint pour Paulus l’heure de l’arrestation, en même temps que sa mère et sa sœur.

Considéré comme le leader de l’Eglise coréenne, il subit un raffinement de tortures, qu’il supporta patiemment, jusqu’à la décapitation à la Petite Porte Ouest de Séoul, le 22 septembre 1839.

Il fut béatifié en 1925 et canonisé en 1984.

Rappelons que la fête commune de tous les Martyrs de Corée est au 20 septembre.

Vicente Sicluna Hernández

1859-1936

 

Il vit le jour le 30 septembre 1859 à Valencia, de Vicente, un garde civil, et María Rosario, qui le firent baptiser le 1er octobre avec les noms de Vicente José María Ramón. Sa sœur s’appelait Amparo ; le grand-père était maltais.

Le métier du papa obligea la famille à se déplacer entre autres à Ollería, où grandit Vicente.

Il passa aussi bien le diplôme de Maître d’école (1878) que la licence de théologie et la Maîtrise en Arts.

Ordonné prêtre en 1884, il exerça le saint ministère à Cortés de Pallás, puis fut plus de trente années curé de Navarrés, très actif dans le monde social et le syndicat agricole chrétien.

Prêtre zélé, il ne reculait devant aucune activité utile, faisant l’école aux enfants, donnant des leçons de latin aux adolescents. 

Ses homélies, théologiques et sans doute un peu longuettes, lui valurent le surnom affectif de «pico de oro», qu’on pourrait volontiers traduire par «bouche d’or», mais qui signifierait plutôt «grand bavard»… Il prêchait la dévotion aux Douleurs de Marie ou aux Sept Paroles du Christ en Croix.

Il fit les portraits de plusieurs personnalités du pays, embellit l’église, mit à jour les archives paroissiales, qui remontaient à 1610, quand partirent les Maures.

Un prêtre aussi érudit et actif ne pouvait qu’être la cible privilégiée des ennemis de Dieu.

Lors de la révolution espagnole de 1936, l’église fut fermée et des paroissiens voulurent le recevoir chez eux, mais ce bon vieillard ne voulait pas les compromettre ; il se réfugia avec sa bonne dans un appartement inoccupé, priant et lisant. Les marxistes vinrent à le savoir et frappèrent à sa fenêtre le 22 septembre à trois heures du matin. Don Vicente comprit de quoi il s’agissait ; sans répondre, il se leva et consomma les quelques hosties consacrées qu’il conservait.

Les révolutionnaires, eux, impatients, sautèrent sur le balcon et entrèrent dans la chambre, obligeant le prêtre à monter dans leur voiture. Don Vicente dit alors : Seigneur, que ta volonté soit faite. Jésus, assiste-moi dans ma dernière agonie.

On ne sait ce qui se passa précisément alors ; le vénérable prêtre reçut une balle dans la poitrine, et ses bourreaux le conduisirent à Bolbaite, déjà moribond, où ils lui tirèrent le coup de grâce dans la nuque. Ensuite, ils promenèrent son cadavre sur le dos d’un âne dans les rues au milieu de moqueries véritablement sataniques.

Don Vicente Sicluna fut assassiné, le 22 septembre 1936 : il allait avoir soixante-dix-sept ans.

Il a été béatifié en 2001.

 

 

Vicente Pelufo Corts

1868-1936

 

Vicente naquit le 26 février 1868 à Alzira (Valencia, Espagne).

Il étudia au séminaire de Orihuela et fut ordonné prêtre en 1894.

Il fut curé à Raspeig, puis, en 1904, dans sa ville natale d'Alzira.

Chapelain des Petites Sœurs des Anciens Abandonnés à Alzira, il se fit remarquer pour son engagement auprès des ouvriers catholiques et pour son zèle à répandre la doctrine sociale de l'Eglise, par des conversations et des conférences.

Il fut martyrisé à Alzira le 22 septembre 1936, date du Martyrologe, qui semble plus exacte que le 11 septembre qu'on trouve dans certains documents.

Don Vicente fut béatifié en 2001.

 

 

León (Miguel) Zarragua Iturrízaga

1870-1936

 

León naquit en ce monde le 11 avril 1870 à Yurreta (Biscaye, Espagne) et fut baptisé le jour-même.

Il entra au noviciat des Frères Mineurs franciscains de Chipiona en 1889 : première profession comme Frère convers, en 1890, la solennelle en 1893, prenant alors le nom de Miguel.

Après Regla, il exerça ses activités au Marroc pendant onze ans ; revenu en Espagne en 1915, il fut à Lebrija, puis Chipiona, où il se dépensa particulièrement au profit des victimes de la grippe espagnole en 1918 ; en 1919, il fut envoyé à Fuente Obejuna, comme sacristain.

Sa douceur et sa sérénité lui acquirent une réelle auréole de sainteté.

Il était le plus âgé de la communauté de Fuente Obejuna.

Il y avait dans ce couvent sept Religieux franciscains.

Les 20 et 22 juillet 1936, le couvent fut plusieurs fois fouillé par les révolutionnaires, à la recherche de ces mystérieuses armes qu’on les accusait de cacher dans le couvent, et qui ne furent jamais trouvées, bien sûr.

Le 27, on vint les chercher, sous prétexte de les protéger, et le couvent fut laissé en proie à la foule qui le saccagea. Les Religieux furent en réalité «protégés» dans les bureaux des Télégraphes puis, le 14 août, dans le palais de la Marquise de Valdeloro, transformé en prison.

Il y avait là une soixantaine de prisonniers. Le 20 septembre, sept camions les embarquèrent en dehors de la ville. Une bonne quarantaine d’entre eux furent fusillés à quelques kilomètres seulement, tandis que les Franciscains et autres Religieux furent emmenés dans la prison de Azuaga (Badajoz). Le martyre proprement dit commençait.

On chercha à les faire blasphémer. Sur leur refus catégorique, on fusilla en prison le père José dès le 21 à midi, puis le père gardien, Félix Echevarría, au matin du 22 ; dans la même matinée, les cinq autres furent emmenés en camionnette, attachés deux par deux, au cimetière de Azuaga (Badajoz), où ils furent abattus, ayant toujours refusé de blasphémer.

Ces sept Franciscains furent béatifiés en 2007.

 

Josefina Moscardó Montalvá

1880-1936

 

Cette sainte femme naquit le 10 avril 1880 à Alzira (Valencia, Espagne). Son frère, trésorier provincial d’une autre association catholique, fut aussi assassiné, en octobre 1936.

Elle grandit dans l’amour de Dieu et de l’Eglise, faisant activement partie de l’Action Catholique, mais aussi de toutes ces belles associations chrétiennes qui constituaient la vie de l’Eglise : l’Adoration nocturne, les Marie du Sanctuaire, la Propagation de la foi…

Toute consacrée à Dieu, elle resta célibataire.

Au moment de la révolution de juillet 1936, sa sœur Antonia fut arrêtée. Sans hésiter, elle alla se présenter et fut, pour cela, arrêtée à son tour.

En prison, elle fit tout son possible pour apporter de la consolation, du courage, aux autres prisonniers.

Elle avait annoncé qu’elle serait sans doute assassinée, et qu’elle mourrait en criant Vive le Christ Roi !

C’est ce qui arriva à Alzira le 22 septembre 1936 et Josefina fut béatifiée en 2001.

 

 

Diego Morata Cano
1881-1936

Né le 29 mars 1881 à Vera (Almería), il avait pour père un humble cordonnier et pour mère une femme de ménage.

Diego aussi dut travailler comme domestique, tout en fréquentant le collège, avant d’entrer en 1891 au Grand séminaire. Ses études furent brillantes et, après avoir été ordonné prêtre en 1903, il passa la licence de théologie à Grenade.

Ce fut un prêtre extraordinairement actif. Il fut d’abord vicaire à Almería, où il fonda une petite école pour enseigner l’Evangile. En 1909, il fut curé de Bédar, où son zèle pour assister les victimes d’une épidémie de typhus fut récompensé officiellement. Par la suite, il eut diverses responsabilités importantes dans Almería même et fut nommé chanoine de la cathédrale en 1929, en même temps qu’il était l’aumônier de Religieuses.

Il fut arrêté dès le 1.août 1936 et si maltraité, qu’on dut l’envoyer à l’hôpital. Il avait refusé énergiquement de blasphémer, de sorte qu’on lui avait annoncé que, le jour où il sortirait de l’hôpital, on le ferait passer en jugement. L’infirmier tenta de lui prolonger son traitement pour le sauver, mais don Diego le «rassura» en lui affirmant qu’il se confiait au Bon Dieu.

Le lendemain de sa sortie, on le rencontra en train de prier le chapelet ; il reçut une première balle dans l’épaule, puis une dans la tête. Don Diego eut le temps de crier : Reine des Martyrs ! Seigneur, c’est pour Toi et je leur pardonne ! Ils ne savent pas ce qu’ils font ! (cf. Lc 23:34).

Ceux qui l’avaient abattu étaient vraiment acharnés. En arrivant au cimetière où ils le traînaient, ils l’insultaient encore : Allez, Morata, si je n’ai pas pu te tuer avant, je le fais maintenant ! Et au petit matin, ils racontaient : Plus on lui tirait dessus, plus il criait Vive le Christ Roi, cette canaille ! Au lieu de crier grâce, il nous pardonnait ! Et si on ne lui avait pas tiré dans la bouche, il ne se serait pas arrêté de crier.

Martyrisé le 22 septembre 1936 et béatifié en 2017, Diego Morata Cano sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 septembre.


Juan Antonio López Pérez
1881-1936

Né le 19 septembre 1881 à Cantoria (Almería) et baptisé trois jours plus tard, il étudia à l’école de son pays, puis entra au séminaire d’Almería.

Ordonné prêtre en 1904, il eut des fonctions à la curie diocésaine mais, ayant dû subir une importante opération pour l’ablation d’un poumon, il revint dans son pays, où il fut successivement vicaire et curé. Son apostolat dura une trentaine années.

Lui aussi, il sentit arriver la tourmente révolutionnaire. Le jour de son anniversaire, en 1936, il reporta les Hosties du Saint-Sacrement à la maison et les consomma. Il avait aussi un crucifix que lui avait offert sa mère : il le donna à un séminariste qui partait au front : Garde-le, je n’ai pas envie qu’on le profane ici. Si le soldat devait mourir à la guerre, au moins le crucifix n’aurait pas été profané.

Le 22 septembre 1936, une voiture vint l’enlever et le conduisit à Albox. A l’endroit de la boutique El Guarducha, on le fit descendre pour le fusiller. L’assassin lui-même reconnut plus tard qu’il avait tué un Saint : don Juan Antonio mourut à genoux, pardonnant à ses bourreaux ; c’était le cinquante-cinquième anniversaire de son baptême.

Béatifié en 2017, Juan Antonio López Pérez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 septembre.


Juan García Cervantes
1885-1936

Né le 16 mars 1885 à Garrucha (Almería), il fut baptisé deux jour plus tard ; son père était le maire du village ; Juan avait (au moins) un frère.

Après avoir reçu sa formation au Petit, puis au Grand Séminaires, Juan fut ordonné prêtre en 1910.

Les paroisses où il officia furent : Lubrín, Pulpí, Turre (1916), Cantoria. En 1924, il fut nommé vicaire à Garrucha. Proche des fidèles, il aidait particulièrement les jeunes dans leurs études et savait stimuler des vocations sacerdotales ou religieuses.

Quand explosa la persécution religieuse de l’été 1936, des parents l’invitèrent à les rejoindre à Barcelone, pensant qu’il y serait plus en sécurité (et ils se trompaient !) ; mais don Juan se rapprocha seulement d’Almería. C’est d’ailleurs là qu’il fut dénoncé et arrêté.

Après l’avoir conduit au couvent des Adoratrices, transformé en prison, on l’emmena de prison en prison. On voulut le forcer à blasphémer et à renier la Foi, en échange de quoi on lui aurait laissé la vie, mais le Prêtre répondit qu’il préférait rejoindre le But de sa vie : verser son sang pour défendre Celui en qui il avait toujours cru. Cela dura jusqu’au 22 septembre.

Ce jour-là, on l’appela : il recommanda au gardien de prison de porter ou de faire porter à son frère son vêtement, car c’était la seule chose qu’il pouvait lui donner. On le conduisit près du cimetière d’Almería, où il fut fusillé, tombant en pardonnant à ses bourreaux.

Béatifié en 2017, Juan García Cervantes sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 septembre.

 

 

María Purificación Vidal Pastor

1892-1936

 

Cette sainte femme naquit le 14 septembre 1892 à Alzira (Valencia, Espagne). 

Elle grandit dans l’amour de Dieu et de l’Eglise, faisant activement partie de l’Action Catholique, mais aussi de toutes ces belles associations chrétiennes qui constituaient la vie de l’Eglise : l’Adoration nocturne, les Marie du Sanctuaire, la Propagation de la foi…

Grâce à son instruction, elle fit beaucoup de bon travail dans l’Ecole des Ouvrières et aussi par de nombreuses conférences. 

Toute consacrée à Dieu, elle resta célibataire.

Au moment de la révolution de juillet 1936, elle fut arrêtée en même temps que ses sœurs Antonia et Emilia. Au moment de l’assassiner, les bourreaux feignirent de l’enterrer vivante, et lui jetaient des pelletées de terre. A chacune, elle répondait en acclamant le Christ Roi. Finalement, on la fusilla, ainsi que ses sœurs.

C’était à Corbera (Valencia) le 22 septembre 1936.

María Purificación fut béatifiée en 2001.

 

 

Félix Echevarría Gorostiaga

1893-1936

 

Félix naquit en ce monde le 15 juillet 1893 à Ceánuri (Biscaya, Espagne), dans une famille qui comptait six frères et sœurs ; trois d’entre eux furent franciscains, dont Félix et son frère Luis, qui moururent le même jour.

En 1904, Félix vint à Chipiona pour étudier au collège des Frères Mineurs franciscains, puis il commença le noviciat : première profession en 1909, la solennelle en 1912, ordination sacerdotale en 1916.

Il exerça ses activités à Vélez Málaga et Lebrija ; en 1919, il fut nommé recteur et professeur, organiste et maître de chœur à Chipiona où, à partir de 1922, il sera vicaire du collège, directeur de la branche séculière franciscaine et responsable de la formation dogmatique et d’écriture sainte.

Après quelques autres distinations, il demanda à partir en mission et fut envoyé en 1933 au Maroc, d’où de vilaines fièvres l’obligèrent à revenir en Espagne ; il fut à Estepa puis à Fuente Obejuna (Cordoue), comme gardien (ou supérieur).

Il y avait dans ce couvent sept Religieux franciscains.

Les 20 et 22 juillet 1936, le couvent fut plusieurs fois fouillé par les révolutionnaires, à la recherche de ces mystérieuses armes qu’on les accusait de cacher dans le couvent, et qui ne furent jamais trouvées, bien sûr.

Le 27, on vint les chercher, sous prétexte de les protéger, et le couvent fut laissé en proie à la foule qui le saccagea. Les Religieux furent en réalité «protégés» dans les bureaux des Télégraphes puis, le 14 août, dans le palais de la Marquise de Valdeloro, transformé en prison.

Il y avait là une soixantaine de prisonniers. Le 20 septembre, sept camions les embarquèrent en dehors de la ville. Une bonne quarantaine d’entre eux furent fusillés à quelques kilomètres seulement, tandis que les Franciscains et autres Religieux furent emmenés dans la prison de Azuaga (Badajoz). Le martyre proprement dit commençait.

Tandis qu’on fusillait le père José dès le 21 et cinq autres au matin du 22, on s’acharna particulièrement sur le père gardien, Félix Echevarría.

On essaya par tous les moyens de le faire blasphémer, en lui envoyant deux bonnes raclées, en lui tirant deux balles dans les jambes, en lui enlevant les deux yeux, en lui coupant une oreille, puis la langue ; tous les efforts furent vains. Finalement, on lui envoya des coups de crosse de fusil sur la bouche et sur la tête. Le pauvre Martyr finit par expirer dans la matinée du 22 septembre 1936, tandis que ses Confrères étaient abattus au cimetière de Azuaga (Badajoz).

Ces sept Franciscains furent béatifiés en 2007. Le père Félix, heureux de nom, devint ainsi Bienheureux dans le Ciel.

 

 

Francisco Carlés González

1894-1936

 

On trouve parfois Francisco avec le prénom de Jesús Francisco. Ce Jésus naquit en ce monde le 14 janvier 1894 à San Julián de Requeijo (Pontevedra, Espagne).

En 1909, il vint à Chipiona pour étudier au collège des Frères Mineurs franciscains, puis il commença le noviciat : première profession en 1910, la solennelle en 1913, ordination sacerdotale en 1917.

Il exerça ses activités à Fuente Obejuna puis, à partir de 1920, fut envoyé en Terre Sainte : là, après avoir été à Jérusalem au Saint-Sépulcre, il fut envoyé à Alep (Syrie) pour y étudier l’arabe, langue qu’il parla comme le français et l’italien ;  il fut alors nommé coadjuteur à Knaje, puis à Alep, et supérieur à Er-Ram. En 1931, il revint près de Jérusalem comme curé pendant trois ans.

Revenu en Espagne, il fut à Chipiona, en 1934 et, en 1935, de nouveau à Fuente Obejuna.

Il y avait dans ce couvent sept Religieux franciscains.

Les 20 et 22 juillet 1936, le couvent fut plusieurs fois fouillé par les révolutionnaires, à la recherche de ces mystérieuses armes qu’on les accusait de cacher dans le couvent, et qui ne furent jamais trouvées, bien sûr.

Le 27, on vint les chercher, sous prétexte de les protéger, et le couvent fut laissé en proie à la foule qui le saccagea. Les Religieux furent en réalité «protégés» dans les bureaux des Télégraphes puis, le 14 août, dans le palais de la Marquise de Valdeloro, transformé en prison.

Il y avait là une soixantaine de prisonniers. Le 20 septembre, sept camions les embarquèrent en dehors de la ville. Une bonne quarantaine d’entre eux furent fusillés à quelques kilomètres seulement, tandis que les Franciscains et autres Religieux furent emmenés dans la prison de Azuaga (Badajoz). Le martyre proprement dit commençait.

On chercha à les faire blasphémer. Sur leur refus catégorique, on fusilla en prison le père José dès le 21 à midi, puis le père gardien, Félix Echevarría, au matin du 22 ; dans la même matinée, les cinq autres furent emmenés en camionnette, attachés deux par deux, au cimetière de Azuaga (Badajoz), où ils furent abattus, ayant toujours refusé de blasphémer.

Ces sept Franciscains furent béatifiés en 2007.

 

 

Luis Echevarría Gorostiaga

1895-1936

 

Luis naquit en ce monde le 26 août 1895 à Ceánuri (Biscaya, Espagne), dans une famille qui comptait six frères et sœurs ; trois d’entre eux furent franciscains, dont Félix et Luis, qui moururent le même jour.

Luis fut baptisé le jour même de sa naissance, et confirmé à quatre ans. 

Il vint à Chipiona (Cadix) pour étudier au collège des Frères Mineurs franciscains, puis il commença le noviciat : première profession en 1913, la solennelle en 1916, ordination sacerdotale en 1920.

Il exerça ses activités deux années à Chipiona puis à Puente Genil, où il fut directeur (1922-1923) ; en Terre Sainte pendant six ans, à Jérusalem puis à Nazaret, comme directeur du chœur ; de retour en Espagne en 1929, il fut à Vélez Málaga où il vécut les pénibles journées de 1931, quand furent incendiés plusieurs couvents et églises ; il dut abandonner le couvent et vint à Coín ; en 1933, il vint à Fuente Obejuna (Cordoue), comme vicaire chargé de la Jeunesse Antonienne et des Enfants de Marie ; il fonda là une bibliothèque populaire.

Il y avait dans ce couvent de Fuente Obejuna sept Religieux franciscains.

Les 20 et 22 juillet 1936, le couvent fut plusieurs fois fouillé par les révolutionnaires, à la recherche de ces mystérieuses armes qu’on les accusait de cacher dans le couvent, et qui ne furent jamais trouvées, bien sûr.

Le 27, on vint les chercher, sous prétexte de les protéger, et le couvent fut laissé en proie à la foule qui le saccagea. Les Religieux furent en réalité «protégés» dans les bureaux des Télégraphes puis, le 14 août, dans le palais de la Marquise de Valdeloro, transformé en prison.

Il y avait là une soixantaine de prisonniers. Le 20 septembre, sept camions les embarquèrent en dehors de la ville. Une bonne quarantaine d’entre eux furent fusillés à quelques kilomètres seulement, tandis que les Franciscains et autres Religieux furent emmenés dans la prison de Azuaga (Badajoz). Le martyre proprement dit commençait.

Tandis qu’on fusillait le père José dès le 21, le 22 au matin on s’acharna particulièrement sur le père gardien, Félix Echevarría, le frère aîné de Luis ; dans la même matinée, les cinq autres, dont le père Luis, furent emmenés en camionnette, attachés deux par deux, au cimetière de Azuaga (Badajoz), où ils furent abattus, ayant toujours refusé de blasphémer.

Ces sept Franciscains furent béatifiés en 2007.

 

 

Alejandro Gil Monforte

1903-1936

 

Alejandro vit le jour le 9 février 1903 à Mosqueruela (Teruel, Espagne) et fut baptisé le lendemain.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils en 1916.

Il commença le noviciat en 1919 à Hostalets et reçut l’habit avec le nom de Antonio.

En 1920, il rejoignait le scholasticat à Bujedo. Après le scholasticat, il fut catéchiste à Bonanova en 1921.

Quelques années après avoir commencé son activité didactique, il fut frappé par une surdité croissante, et dut suspendre l’enseignement.

Il fut alors dirigé sur Cambrils, où on lui confia diverses tâches pratiques, qu’il accomplit avec intelligence et habileté.

L’été 1936, il fut envoyé avec le Frère Félix Adriano dans son pays, un peu pour prendre quelques jours de vacances, un peu aussi pour parler autour d’eux et éventuellement susciter des vocations.

Dès le début de la révolution, le Comité assassina les quatre prêtres de la paroisse, mirent le feu à l’église, détruisirent l’archive et s’acharnèrent sur tout ce qui avait odeur de religieux.

Ils vinrent à apprendre la présence des deux Frères, ainsi que d’un Frère carme. Ils les arrêtèrent tous les trois, leur demandèrent de l’argent pour «acheter» la liberté de circuler. Puis ils les mirent en prison pour de bon, le 8 septembre, obligeant les parents à leur porter à manger. Ils retirèrent aux Religieux tout ce qu’ils avaient avec eux, y compris l’appareil auditif du pauvre Frère Antonio. 

Le 22 septembre 1936 au soir, des miliciens vinrent prendre les trois Religieux et les conduisirent au Pilar del Palio, pour les fusiller. Ils obligèrent les habitants de l’endroit à les enterrer sur place.

Les deux Frères avaient trente-trois ans.

Il ne semble pas que le Frère carme ait fait partie de la même cause que les Frères Antonio et Adriano, qui ont été béatifiés en 2013.

Francisco Vicente Edo
1903-1936

Francisco vit le jour le 31 juillet 1903 à Mosqueruela (Teruel, Espagne) et fut baptisé le lendemain.
Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils en 1917.
Il commença le noviciat en 1919 à Hostalets et reçut l’habit avec le nom de Félix Adriano.
En 1920, il rejoignait le scholasticat à Bujedo. Après le scholasticat, il fut catéchiste à Roquetas et Tortosa en 1921.
En 1922, il arriva à Manlleu et, en 1925, il fut envoyé à Santa Madrona, puis San Feliu de Guixols et Bonanova.
Il fit le service militaire à Cuba : à Santiago et Guantánamo.
A son retour en Espagne, il réintégra Bonanova (1931), pour être finalement dirigé sur Tarragona en 1934.
L’été 1936, il fut envoyé avec le Frère Antonio Gil dans son pays, un peu pour prendre quelques jours de vacances, un peu aussi pour parler autour d’eux et éventuellement susciter des vocations.
Dès le début de la révolution, le Comité assassina les quatre prêtres de la paroisse, mirent le feu à l’église, détruisirent l’archive et s’acharnèrent sur tout ce qui avait odeur de religieux.
Ils vinrent à apprendre la présence des deux Frères, ainsi que d’un Frère carme. Ils les arrêtèrent tous les trois, leur demandèrent de l’argent pour «acheter» la liberté de circuler. Puis ils les mirent en prison pour de bon, le 8 septembre, obligeant les parents à leur porter à manger. Ils retirèrent aux Religieux tout ce qu’ils avaient avec eux, y compris l’appareil auditif du pauvre Frère Antonio Gil. 
Le 22 septembre 1936 au soir, des miliciens vinrent prendre les trois Religieux et les conduisirent au Pilar del Palio, pour les fusiller. Ils obligèrent les habitants de l’endroit à les enterrer sur place.
Les deux Frères avaient trente-trois ans.
Il ne semble pas que le Frère carme ait fait partie de la même cause que les Frères Antonio Gil et Adriano, qui ont été béatifiés en 2013.


Esteban Cobo Sanz
1905-1936

Esteban (Etienne) naquit à Rábano (Valladolid, Espagne) le 21 novembre 1905.
En 1919 il entra chez les Salésiens à El Campello, puis fit le noviciat à Carabanchel Alto, où il fit la profession en 1925.
Après les études de philosophie, il fut envoyé à la maison madrilène de Ronda de Atocha (1927-1931), puis à celle de Carabanchel Alto pour les études de théologie (1931-1935).
Finalement, il fut au collège de Paseo de Extremadura, où le surprit la révolution.
Il se réfugia chez sa sœur Cristina, qui habitait Madrid.
Là le rejoignit à son tour son jeune frère Federico ; dont il sera parlé par ailleurs.
Les deux frères organisèrent leur vie dans l'intimité et dans la piété, et fréquentant la Bibliothèque Nationale d'une part pour éviter les perquisitions à domicile, d'autre part pour continuer leurs études.
Durant ces journées tragiques, Esteban répétait souvent qu'il serait bien content si Dieu le choisissait comme Martyr, et que, si cela entrait dans les desseins de Dieu, qu'il donnerait volontiers sa vie pour Lui. Il disait aussi que les ennemis de l'Eglise ne savaient pas ce qu'ils faisaient (cf. Lc 23:34) et qu'il fallait leur pardonner, parce qu'ils n'avaient reçu aucune éducation religieuse.
Le 22 septembre 1936 au matin, quatre miliciens firent irruption chez Madame Cristina Cobo et arrêtèrent les deux frères, Esteban et Federico, leur disant qu'ils avaient seulement à les conduire à la Direction Générale de Sécurité : en réalité, ils les conduisirent à la Porte de Hierro où ils les fusillèrent. 
On retrouva leurs cadavres au Dépôt Judiciaire de Santa Isabel.
Esteban fut béatifié en 2007.


Modesto Allepuz Vera
1906-1936

Né le 5 avril 1906 à Cartagena (Murcia), il était marié et père de deux enfants très jeunes. Il était employé dans l’entreprise Contrataciones e Industrias.

Membre de l’Action catholique et Secrétaire de l’Association des Enfants de Marie, il était toujours aux côtés des deux autres Martyrs, Enrique Pedro Gonzálvez Andreu et José Ardil Lázaro dans la défense courageuse de la Religion Chrétienne.

Quand commença la révolution de 1936, il chercha à s’installer dans un pays un peu éloigné, espérant épargner à sa famille la furie des ennemis de Dieu.

Les trois Amis furent arrêtés à leur domicile à la fin du mois d’août 1936, mis en prison et condamnés à mort après un jugement plus que sommaire. Un des plus graves griefs qu’on reprocha au groupe, est qu’ils étaient toujours ensemble.

Peu avant de mourir, ils se confessèrent ; ils chantèrent l’antienne mariale Salve, Regina ainsi que l’hymne de l’Association, pardonnèrent aux responsables de leur mort et, en quittant la prison, serrèrent dans leurs bras les gardiens en signe de pardon. Puis ils dirent à un autre détenu, qui devint prêtre plus tard : Que notre sang ne soit pas inutile.

On les emmena au cimetière de Cartagena pour les fusiller. Au moment de mourir, ils se mirent au cou le 
ruban bleu et blanc de l’Association mariale, avec la Médaille Miraculeuse. On demanda à Modesto de se mettre face au mur, mais il répondit que ce n’était pas nécessaire. Il mourut en souriant.

Martyrisé le 22 septembre 1936 et béatifié en 2017, Modesto Allepuz Vera sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 septembre.


Enrique Pedro Gonzálvez Andreu
1910-1936

Né le 15 juillet 1910 à Cartagena (Murcia), il était clerc de notaire.

Membre de l’Action catholique et vice-président de l’Association des Enfants de Marie, il était toujours aux côtés des deux autres Martyrs, Modesto Allepuz Vera (v. plus haut) et José Ardil Lázaro dans la défense de la Religion Chrétienne.

Au moment de la révolution et de la persécution de l’été 1936, il se cacha d’abord chez des parents, mais en apprenant qu’on avait menacé sa mère, il se livra spontanément.

On a dit qu’au moment de mourir, iles trois Amis se mirent au cou le ruban de l’Association mariale, avec la Médaille Miraculeuse : la balle meurtrière qui tua Enrique traversa cette Médaille.

Martyrisé le 22 septembre 1936 et béatifié en 2017, Enrique Pedro Gonzálvez Andreu sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 septembre.


Carlos Navarro Miquel
1911-1936

Né à Torrente (Valencia, Espagne) le 11 février 1911, Carlos était le dernier des quatre enfants de la famille.
Dès qu'il parla de sa vocation sacerdotale, ses parents n'hésitèrent pas à l'inscrire au petit séminaire de Valencia ;
A Noël de 1927, il se sentit appelé à entrer chez les Pères des Ecoles Pies, comme sa sœur aînée qui était déjà religieuse.
Il entra donc chez ces Religieux, où il se montra tout-à-fait dans son élément, bon frère, bon religieux, obéissant, aimable et joyeux.
En 1934, après le noviciat, il fit la profession, prenant le nom de Carlos de la Vierge des Abandonnés.
En 1935, il fut ordonné sous-diacre, diacre et prêtre.
Il fut alors envoyé dans la communauté de Albacete, pour faire la classe aux enfants.
Au moment de la Révolution espagnole, la communauté dut se disperser. Carlos fut hébergé dans la famille d'un élève de l'école, qui l'appréciait beaucoup. On le suppliait de ne pas partir de là, mais il préféra rejoindre sa famille, où il arriva le 20 août.
Si sa famille était bien contente de le retrouver, on savait bien quel danger cela représentait en même temps pour chacun.
Le 12 septembre se présentèrent quelques miliciens, qui voulaient conduire Carlos au Comité. Les parents tentèrent d'expliquer que, depuis son retour à Albacete, ils n'avaient pas de nouvelles de lui (c'était un mensonge apparent : effectivement, ils n'avaient pas de « reçu de nouvelles » de Carlos, puisqu'ils le voyaient chaque jour).
Mais comme les miliciens voulaient alors emmener l'un des deux autres garçons à la place de Carlos, ce dernier descendit de l'étage et dit à son père : C'est moi qui dois y aller.
Au Comité, on le mit en prison, où les siens purent lui rendre visite et lui apporter de la nourriture. C'est lui qui redonnait courage à sa famille : Si je meurs pour le Christ, j'irai tout droit dans le Royaume des Cieux.
Le 22 septembre, à 2 heures du matin, on le fit sortir avec deux autres prêtres. Tous trois furent fusillés sur la route de Montserrat (Valencia).
Les bourreaux déclarèrent eux-mêmes combien les avaient frappés leur calme, leur foi, leur charité, tandis qu'eux, les bourreaux, en perdaient leur sérénité.
Il faut remarquer que le jeune père Carlos n'avait que vingt-cinq ans : ce fut l'unique Martyr de la communauté piariste de Albacete.
Martyrisé le 22 septembre 1936, Carlos fut béatifié en 1995.


Simón Miguel Rodríguez
1912-1936

Simón naquit en ce monde le 23 novembre 1912 à Villalcampo (Zamora, Espagne) et baptisé le lendemain.
Il vint au noviciat franciscain de Chipiona, où il avait déjà deux oncles et où il reçut l’habit en 1928 ; il fit le noviciat à Lebrija (Séville), qu’il dut interrompre pendant quelques temps à cause des événements troubles de 1931, quand des couvents furent incendiés. Il ne fit donc la première profession qu’en 1932, la solennelle en 1935, comme Frère convers.
Il exerça ses brèves activités à Fuente Obejuna.
Il y avait dans ce couvent sept Religieux franciscains.
Les 20 et 22 juillet 1936, le couvent fut plusieurs fois fouillé par les révolutionnaires, à la recherche de ces mystérieuses armes qu’on les accusait de cacher dans le couvent, et qui ne furent jamais trouvées, bien sûr.
Le 27, on vint les chercher, sous prétexte de les protéger, et le couvent fut laissé en proie à la foule qui le saccagea. Les Religieux furent en réalité «protégés» dans les bureaux des Télégraphes puis, le 14 août, dans le palais de la Marquise de Valdeloro, transformé en prison.
Il y avait là une soixantaine de prisonniers. Le 20 septembre, sept camions les embarquèrent en dehors de la ville. Une bonne quarantaine d’entre eux furent fusillés à quelques kilomètres seulement, tandis que les Franciscains et autres Religieux furent emmenés dans la prison de Azuaga (Badajoz). Le martyre proprement dit commençait.
On chercha à les faire blasphémer. Sur leur refus catégorique, on fusilla en prison le père José dès le 21 à midi, puis le père gardien, Félix Echevarría, au matin du 22 ; dans la même matinée, les cinq autres furent emmenés en camionnette, attachés deux par deux, au cimetière de Azuaga (Badajoz), où ils furent abattus, ayant toujours refusé de blasphémer.
Ces sept Franciscains furent béatifiés en 2007.

Ramón Rius Camps
1913-1936

Né le 26 janvier 1913 à Santa Fe (Lleida), il fut baptisé le 2 février suivant, fête de la Présentation du Seigneur au Temple ; son père, Jaime, était un ouvrier, sa mère s’appelait Josefa. Il eut quatre sœurs, dont deux furent carmélites, et il tenait l’avant-dernière place de la famille.

A quinze ans, en 1918, il entra au noviciat des Pères Clarétains de Vic et fit la profession comme frère convers. Il apprit très vite à être un bon cordonnier.

Il fut envoyé à Cervera. Ramón apprit à combattre son caractère irascible et fut un bon Religieux, pieux, travailleur et obéissant.

Cervera se trouvait à quelques kilomètres de Santa Fe, le domicile familial. Le 21 juillet 1936, à bicyclette, Ramón rejoignit les siens, accompagné par un parent, qui se disait lui-même communiste. Chez ses parents, se trouvait une de ses sœurs carmélites, souffrante. Ramón alla habiter d’abord chez sa sœur, Monserrat, tout en gardant le contact avec ses Supérieurs, qu’il allait voir à Cervera : il en revenait très affligé, ayant appris la tournure des événements. 

D’autres Clarétains le rejoignirent bientôt, ainsi que l’autre sœur carmélite ; la maison abritait alors cinq Clarétains et cinq Religieuses : cette situation comportait un grand risque ; quatre des Clarétains allèrent se réfugier ailleurs ; Ramón lui-même, apprenant avec tristesse le martyre de plusieurs de ses Confrères, chercha à rejoindre ses Supérieurs, mais c’était désormais impossible, aussi resta-t-il chez ses parents.

Les Religieuses l’invitèrent à partager leur vie «de communauté», mais il s’excusa en expliquant qu’il n’avait pas l’habitude d’être en compagnie des dames ; il se retirait pour prier et méditer ; sa lecture préférée était l’Imitation de Jésus-Christ. Dans la journée, il aidait sa mère dans les tâches domestiques, jusqu’à se faire des ampoules aux mains.

Un jour qu’il accompagnait sa mère à chercher du bois, celle-ci lui recommanda encore une fois de préférer la mort à renier la Foi : même beaucoup de ceux qui avaient renié leur Foi, furent ensuite martyrisés. Ramón la rassura.

Il s’habilla en paysan pour éviter d’attirer l’attention des révolutionnaires par son habit religieux. Bien lui en prit ! Un jour, des communistes arrivèrent dans le pays en voiture ; courut le bruit qu’ils venaient chercher Ramón : celui-ci passa derrière la maison et alla grimper à un grand pin, d’où il pouvait observer la situation ; il y resta assez longtemps, de sorte que les hommes, ne l’ayant pas trouvé, repartaient avec les phares allumés. Un des phares passa sur Ramón, qui se crut repéré ; en fait, ils ne l’avaient pas vu, mais lui, tout paniqué, descendit de son arbre pour fuir ailleurs et, en sautant, se fit tellement mal qu’il ne pouvait plus bouger. Ensuite, il réussit à ramper jusqu’à la maison et raconta l’épisode ; il ne s’était rien cassé.

On arriva au 31 août, fête de saint Raymond, son saint Patron. La maman prépara pour manger le plus beau poulet de la basse-cour, mais lui, discrètement, expliqua qu’il n’en prendrait pas, car ainsi était la Règle de sa Congrégation. Voilà une rigueur qui nous étonne, aujourd’hui.

Le 1. septembre, Ramón eut un pressentiment. Il invita ses sœurs à prier le chapelet avec leur mère et, le soir, leur dit : A demain, si Dieu le veut.

Dans la nuit, vers 2 heures du matin, quatorze communistes vinrent tambouriner à la porte pour une «inspection». Il fallut ouvrir, sinon ils fracassaient la porte. Ramón alla trouver sa mère, qui lui dit : Sois courageux ; si tu dois mourir, garde la Foi ; et lui : Maman, n’aie pas peur.

Désormais, Ramón allait se montrer ferme et courageux. Les communistes regardèrent ses mains, pour voir si elles avaient travaillé, et lui posèrent les questions classiques : Etait-il religieux ? Qui l’avait trompé pour entrer au couvent ? Qui étaient ses Supérieurs ? Ramón ne répondit pas sur cette dernière question, mais déclara qu’il était entré de plein gré dans la Congrégation. On fouilla partout pour trouver des armes. 

Au milieu de cris et de blasphèmes, on emmena Ramón pour une déclaration au Comité. La maman tenta de gagner du temps en proposant de préparer le café, son fils lui dit : Ce ne sera pas la peine. Les sœurs tentèrent avec la maman de les empêcher de partir, mais on les menaça : Seulement le curé. Pour les autres, on viendra plus tard. Tout cela avait duré environ deux heures.

La maman et la plus jeune sœur se décidèrent à rejoindre Cervera pour tenter de retrouver où était Ramón. Mais les communistes ne perdirent pas de temps : ils allèrent directement au cimetière de Cervera ; parmi eux se trouvait le jeune communiste qui avait dénoncé Ramón ; ils lui commandèrent : Toi qui l’as dénoncé, c’est toi qui va l’abattre. Honteux et tremblant, le malheureux garçon eut du mal à tirer et le frère Ramón souffrit beaucoup avant de recevoir enfin le coup de grâce.

Le frère Ramón fut ainsi martyrisé le 22 septembre 1936, à vingt-trois ans. Le jour de sa profession, ils étaient vingt-quatre novices : la moitié d’entre eux furent martyrisés (v. en particulier les 18 et 19 octobre).
Béatifié en 2017, Ramón Rius Camps sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 septembre.


Germán Gozalbo Andreu
1913-1936

Il vit le jour le 30 août 1913 à Torrent (Valencia).
Il entra au séminaire à onze ans puis au Collège des Vocations de Valencia, grâce à une bourse d’études. Brillant élève, il fut ordonné le 16 juin 1936 (ou même le 14 juillet), certainement un peu plus tôt que prévu, à cause de la dangereuse situation anti-cléricale qui se présentait en Espagne.
Don Germán devait aller suivre quelques stages d’Action Catholique à Santander, mais la guerre civile l’en empêcha.
Tout jeune vicaire, il fut chargé par le curé de Torrent de la pastorale des malades et des mourants ; par sa jeunesse et sa rapidité, il pouvait mieux se dissimuler que le vieux curé. Et don Germán accomplit fidèlement sa mission jusqu’au 29 août.
Ce jour-là (fête de la décapitation de saint Jean-Baptiste), des miliciens se présentèrent chez ses parents, où il résidait alors, lui demandant de venir avec eux au Comité pour répondre à deux questions.
Il se trouve que deux jours auparavant, il avait dit à des jeunes qu’était de nouveau venue l’heure du martyre, et qu’il y était prêt.
En fait de deux questions,, le jeune prêtre fut transféré du Comité à la prison. La nuit du 21 au 22 septembre, un soi-disant juge le soumit à un pénible interrogatoire et le remit avec deux autres prêtres à des miliciens : ceux-ci commencèrent par les frapper avec une violence quasi mortelle puis, à coups de poings et de pieds les firent monter en voiture. Parvenus à la route de Montserrat, ils firent descendre les trois victimes, qui se donnèrent réciproquement l’absolution.
Ils furent fusillés aux premières heures du 22 septembre 1936 : don Germán allait avoir vingt-trois ans.
Il a été béatifié en 2001.


Ruperto Sáez de Ibarra y López de Arcaute
1914-1936

Ruperto naquit en ce monde le 25 mars 1914 à Hijona (Álava, Espagne) et fut baptisé le lendemain.
Il entra chez les Franciscains comme postulant à Estepa (Séville), prit l’habit en 1931 avec le nom de Antonio.
Suite à l’incendie des couvents en 1931, son noviciat fut momentanément interrompu ; il put le reprendre et fit la première profession en 1932.
Envoyé à Chipiona, il y fit une partie des études de philosophie et de théologie. Joyeux et doué d’une belle voix, il fut cependant frappé par une maladie de la gorge qui lui fit interrompre ses études. Il fut envoyé faire sa convalescence à Fuente Obejuna. Il n’eut pas le temps de revenir à Chipiona pour y reprendre ses études en vue du sacerdoce. 
Il y avait dans ce couvent de Fuente Obejuna sept Religieux franciscains.
Antonio y était le plus jeune.
Les 20 et 22 juillet 1936, le couvent fut plusieurs fois fouillé par les révolutionnaires, à la recherche de ces mystérieuses armes qu’on les accusait de cacher dans le couvent, et qui ne furent jamais trouvées, bien sûr.
Le 27, on vint les chercher, sous prétexte de les protéger, et le couvent fut laissé en proie à la foule qui le saccagea. Les Religieux furent en réalité «protégés» dans les bureaux des Télégraphes puis, le 14 août, dans le palais de la Marquise de Valdeloro, transformé en prison.
Il y avait là une soixantaine de prisonniers. Le 20 septembre, sept camions les embarquèrent en dehors de la ville. Une bonne quarantaine d’entre eux furent fusillés à quelques kilomètres seulement, tandis que les Franciscains et autres Religieux furent emmenés dans la prison de Azuaga (Badajoz). Le martyre proprement dit commençait.
On chercha à les faire blasphémer. Sur leur refus catégorique, on fusilla en prison le père José dès le 21 à midi, puis le père gardien, Félix Echevarría, au matin du 22 ; dans la même matinée, les cinq autres furent emmenés en camionnette, attachés deux par deux, au cimetière de Azuaga (Badajoz), où ils furent abattus, ayant toujours refusé de blasphémer.
Antonio avait vingt-deux ans.
Ces sept Franciscains furent béatifiés en 2007.


José Ardil Lázaro
1914-1936

Il naquit le 18 août 1914 à Cartagena et fut un exemple de la jeunesse catholique par son élan et son ardeur juvéniles et sa fidélité au Christ.

Membre de l’Association des Enfants de Marie, il alla à Murcia au début de la guerre civile de 1936, pensant s’éloigner du tumulte général.

Quand il apprit que sa sœur était arrêtée, il alla se constituer aux autorités, à la mi-août, et fut mis en prison. Il fut condamné à mort en même temps que Modesto Allepuz Vera et Enrique Pedro González Andreu (v. tous les détails plus haut).

Martyrisé le 22 septembre 1936 et béatifié en 2017, José Ardil Lázaro sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 septembre.


Federico Cobo Sanz
1919-1936

Federico naquit à Rábano (Valladolid, Espagne) le 16 novembre 1919. Il avait quatorze ans de moins que son aîné, Esteban, qui entra chez les Salésiens cette même année 1919.
En 1933 Federico entra à son tour chez les Salésiens à Carabanchel Alto.
Il n'avait que quatorze ans et n'eut que le temps de faire trois années d'études.
Au moment de la révolution, le séminaire fut pris d'assaut le 20 juillet 1936, et tous se replièrent dans le proche collège militaire Santa Bárbara. Le lendemain, 21 juillet, Madame Cristina Cobo, sa sœur aînée, vint le chercher pour venir chez elle, à Madrid, où elle avait déjà accueilli l'autre frère, Esteban.
Les deux frères organisèrent leur vie dans l'intimité et dans la piété, et fréquentant la Bibliothèque Nationale, d'une part pour éviter les perquisitions à domicile, d'autre part pour continuer leurs études.
Le 22 septembre 1936 au matin, quatre miliciens firent irruption chez Madame Cristina Cobo et arrêtèrent les deux frères, Esteban et Federico, leur disant qu'ils avaient seulement à les conduire à la Direction Générale de Sécurité : en réalité, ils les conduisirent à la Porte de Hierro où ils les fusillèrent. 
On retrouva leurs cadavres au Dépôt Judiciaire de Santa Isabel.
Federico n'avait pas dix-sept ans.
Comme son frère Esteban, il fut béatifié en 2007.

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20 septembre 2020 7 20 /09 /septembre /2020 23:00

21 SEPTEMBRE

 

-VIII.

S Jonas, prophète.

I.

S Matthieu, apôtre et évangéliste, évangélisateur de l'Ethiopie.

Ste Iphigénie, vierge éthiopienne de sang royal, baptisée par s. Matthieu.

II.

S Quadratus, le premier apologiste connu, mais dont on a perdu l'ouvrage qu'il adressa à l'empereur Hadrien.

?

S Pamphilius, martyr romain.

S Alexander, martyr près de Rome.

SS Isace (martyr) et Mélèce, évêques en Chypre.

S Eusèbe, martyr en Phénicie.

IV.

SS Eusebios, Nestabios, Zenon et Nestor, martyrs horriblement torturés à Gaza.

S Francaire, père de s. Hilaire, en Poitou.

SS Bonose et Maximilien, soldats, martyrs pour avoir maintenu la croix sur leur étendard. 

V.

S Grégoire, évêque à Amnice, venu mourir à Tallard.

S Castor, évêque à Apt, pour qui son ami Cassien écrivit les Institutions Cénobitiques et autres Conférences des Pères.

VI.

S Cadoc (Docus), fondateur d'une église, d'un monastère et d'une école à Llan-Carvan.

S Fragan, père de s. Guénolé, en Bretagne.

VII.

S Landelin, ermite irlandais assassiné à Ettenheimmünster.

VIII.

S Gérulphe, jeune flamand, frappé par son oncle.

IX.

Ste Maure, vierge à Troyes ; elle avait le don des larmes, qui firent des miracles.

XV.

B Marco Scalabrini de Modène, dominicain : il ressuscita un petit enfant, dont la sœur témoigna du miracle.

XIX.

SS François Jaccard, de Haute-Savoie, prêtre et missionnaire en Indochine, et Tôma Trân vǎn Thiệ, séminariste de dix-huit ans, martyrs en Annam, étranglés, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

SS Laurent-Marie-Joseph Imbert, évêque, Pierre-Philippe Maubant et Jacques-Honoré Chastan, prêtres, missionnaires en Corée, martyrs canonisés en 1984 et fêtés le 20 septembre. 

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Laïques : près de Valencia, Manuel Torró García (*1902) et Vicente Galbis Gironés (*1910) ;

- béatifiés en 2007 :

Fr. Mineurs : près de Badajoz, le prêtre José María Azurmendi Mugarza (*1870) ;

Augustins : à Cuenca, les prêtres Jacinto Martínez Ayuela et Nicolás de Mier Francisco (*1882, 1903) ; à Málaga, le profès Diego Hompanera París (*1915) ;

- béatifié en 2013 :

Fils de la Sainte-Famille : près de Barcelone, Josep Vila Barri (*1910) ;

- béatifiés en 2015 :

Cisterciens : près de Santander, les prêtres Herminio García Pampliega (Eugenio) et Francisco Pastor Garrido (Vicente) (*1902, 1905).

Jonas
V. siècle avant Jésus-Christ (?)

Jonas est l’un des douze “Petits Prophètes”, le mot “petits” se référant à la brièveté de leur Livre.
Jonas vivait probablement sur la terre d’Israël. Des hésitations ont surgi au sujet de sa mission. Si notre Jonas est celui dont il est question dans le livre des Rois (2R 14:25), il aurait donc vécu sous Jéroboam II, huit siècles avant Jésus-Christ, à l’époque des deux autres prophètes Amos et Osée. Dans le livre des Rois, Jonas est présenté comme fils d’Amittaï, de Gat-Hépher.
Quoi qu’il en soit, Jonas est envoyé par Dieu à Ninive, ville remplie de péchés et qui doit être bientôt détruite.
Mais le prophète doute de sa mission, et cherche à s’embarquer dans la direction tout opposée, sur la Méditerranée.
Lors d’une tempête, les marins le jettent à l’eau pour conjurer le mauvais sort, et il est absorbé par un grand dragon.
Après trois jours et trois nuits, Jonas est rejeté par le dragon et, maintenant convaincu de la mission divine qu’il a reçue, rejoint Ninive.
Il prêche, il annonce la prochaine destruction de la ville : sa parole est tellement convaincante, que tous, du roi au dernier des habitants et même des animaux, font pénitence.
Dieu alors annule le châtiment de Ninive.
Ici, Jonas apparaît terriblement vexé : il a annoncé un châtiment au nom de Dieu, et le châtiment n’arrive pas ! 
Dieu lui fait comprendre que la justice se double aussi de miséricorde, et la ville de Ninive a obtenu cette miséricorde par la pénitence.
Jésus-Christ lui-même a présenté l’histoire de Jonas comme un “signe” de sa prochaine résurrection (Mt 16:4 ; Lc 11:29) : de même que Jonas a montré aux Ninivites la voie du salut, de même Jésus l’a montrée à ses contemporains qui, moins généreux que les Ninivites, ont refusé de s’y engager.
Jonas, dont l’aventure préfigure la mort et la résurrection de Jésus, a été très souvent illustré dans l’art primitif chrétien.
En Orient, “le saint et illustre prophète” est commémoré le 21 septembre, le même jour que l’apôtre saint Matthieu, tous deux mentionnés ce jour dans notre Martyrologe.


Matthieu évangéliste
1er siècle

Matthieu est le premier des quatre évangélistes du Nouveau Testament. Le nom de Matthieu signifie “don de Dieu”. Son nom et l’essentiel de sa personnalité nous apparaissent en divers passages évangéliques.
Lui-même raconte dans son écrit comment il fut appelé : 
Jésus vit en passant un homme assis au bureau de la douane ; son nom était Matthieu. Il lui dit : “Suis-moi”. Et, se levant, il le suivit (Mt 9:9).
Deux autres évangélistes, Marc et Luc, parlant du même épisode, lui donnent en revanche le nom de Lévi (Mc 2:15-17 ; Lc 5:27-28). Comme Paul qui s’appelait Saul avant sa conversion, Matthieu porta ce nom à partir de son appel, tandis que, employé à la douane, il portait le nom de Lévi.
Ces “douaniers” étaient mal vus, d’une part parce qu’ils travaillaient dans l’administration romaine, et d’autre part parce qu’ils “vivaient” de leur fonction, détournant des fonds par-ci par-là en profitant du change de la monnaie. Lévi était douanier à Capharnaüm, fils d’Alphée, assez instruit, contrairement aux autres apôtres qui étaient de simples pêcheurs. Il devait certainement parler ou au moins comprendre le grec et l’hébreu.
Lévi-Matthieu, donc, à peine appelé, quitte tout (précise Luc) et offre un bon repas à ses amis, autres “employés” comme lui, plus ou moins trafiquants, ingénieux à marchander n’importe quoi n’importe où avec n’importe qui. C’est ce qui vaut la critique des pharisiens présents, et la réponse sublime du Maître : Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. Allez donc apprendre le sens de cette parole : C’est la miséricorde que je désire, et non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs (Mt 9:12-13).
Saint Matthieu est extrêmement modeste sur sa personne : lui-seul mentionne humblement qu’il est publicain ; son évangile, écrit d’abord en araméen, vise surtout à montrer aux Juifs la réalisation des prophéties de l’Ancien Testament par la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ.
On ne peut donc pas douter qu’il ait exercé un apostolat important auprès des Juifs. Une certaine tradition mentionne une possible mission de Matthieu, après l’Ascension du Seigneur, en Ethiopie, où il aurait reçu le martyre, en 61. On parle aussi de la Perse.
La bienheureuse Anna Katharina Emmerick (v. 9 février), qui était humainement complètement ignorante de ce qu’elle voyait en vision, dit ceci : 
Je vis André en Achaïe, et Matthieu dans une ville lointaine, où il était prisonnier, ainsi que plusieurs disciples et une soixantaine d’autres personnes. On avait mis dans les yeux de Matthieu un poison qui le faisait horriblement souffrir : ses yeux étaient rouges et gonflés ; cependant ils n’étaient pas perdus et il voyait encore. Cette ville était située en Ethiopie, au sud-est de Jérusalem, par-delà la mer Rouge, sur le bord d’un fleuve assez grand pour un pays de montagnes. Les habitants de la contrée étaient tout à fait noirs. André reçut dans une vision l’ordre de se rendre auprès de Matthieu. Il s’embarqua sans être connu, au milieu de beaucoup d’autres passagers, sur un vaisseau qui fit la traversée avec une rapidité extraordinaire. Il continua son voyage par terre, longeant alternativement les deux rives du fleuve qui baignait la ville. Il guérit Matthieu, fit tomber ses chaînes et celles de ses compagnons de captivité, et prêcha en ce lieu l’Evangile.
La visionnaire n’en dit pas plus sur Matthieu, et c’est bien regrettable. 
Il y aurait eu une invention (c’est-à-dire une découverte) du corps de Matthieu au Xe siècle, et sa translation à Salerno, au sud-ouest de Naples.
Diverses dates existent pour la fête de saint Matthieu. Dans le martyrologe romain, celle-ci est établie au 21 septembre.


Iphigénie
1er siècle

L’histoire d’Iphigénie aurait été interpolée dans une passio légendaire de saint Matthieu.
Fille du roi d’Ethiopie Eglippus et de la reine Iphianassa, tous convertis par l’apôtre Matthieu, Iphigénie fut demandée en mariage par le nouveau prince, successeur du roi défunt. Mais elle refusa, s’étant déjà consacrée à Dieu et ayant déjà sous sa conduite près de deux cents vierges.
Sur le refus de Matthieu de faire céder Iphigénie, le prince fit égorger Matthieu.
Iphigénie fit don au clergé de toutes ses richesses pour l’édification d’une basilique et le soutien des pauvres.
Furieux, le prince tenta de faire intervenir des magiciens, mais c’est le prince qui se vit contraint de fuir.
Si cette histoire n’est qu’une invention, elle a inspiré une Religieuse française de prendre pour nom Iphigénie de Saint-Matthieu : cette Religieuse, qui faisait partie des Sœurs de l’Adoration Perpétuelle du Très Saint Sacrement, fut guillotinée à Orange en 1794, et béatifiée (voir au 7 juillet).
Actuellement, «sainte» Iphigénie n’est pas mentionnée au Martyrologe.


Quadratus d’Athènes
† 129

Quadratus fut un des premiers disciples des Apôtres, mais on ne sait pas où il les rencontra. 
Le fait est qu’il se trouvait à Athènes lors du passage du nouvel empereur, Hadrien ; ce pouvait être vers 124. Voici ce que l’historien Eusèbe raconte : 
Quadratus dédia à Hadrien un discours qu’il lui fit remettre et où il présentait l’apologie de notre religion, parce qu’alors des hommes malfaisants essayaient de tracasser les nôtres. On trouve encore maintenant ce livre chez beaucoup de frères et nous l’avons nous aussi. On y peut voir des preuves éclatantes de l’esprit de son auteur comme aussi de son exactitude apostolique. Cet écrit porte en lui la preuve de son antiquité dans le récit qu’il présente en ces termes : 
‘Les œuvres de notre Sauveur, parce qu’elles étaient vraies, ont été longtemps présentes. Ceux qu’il a guéris, ceux qu’il a ressuscités des morts n’ont pas été vus seulement au moment où ils étaient délivrés de leurs maux ou rappelés à la vie ; ils ont continué à exister pendant la vie du Christ et ont survécu à sa mort pendant d’assez longues années, si bien que quelques-uns sont même venus jusqu’à nos jours.’
Quadratus aurait obtenu d’Hadrien un édit en faveur des Chrétiens, du moins une promesse.
Le même historien Eusèbe ajoute ailleurs que Quadratus devint évêque d’Athènes, mais cette assertion pourrait se rapporter à un autre personnage du même nom. Cet évêque d’Athènes, d’après une très belle icône, serait mort décapité.
Quadratus mourut vers 129. Il est le tout premier apologiste de la religion chrétienne que nous connaissions. On regrette, bien sûr, de n’avoir pas encore retrouvé son ouvrage.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Quadratus d’Athènes au 21 septembre.


Pamphilus de Rome
?

Pamphilus de Rome est un martyr attesté historiquement. 
On n’en sait rien de plus.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Pamphilus de Rome au 21 septembre.


Alexander de Rome
?

Alexander est mentionné sur la via Cassia au vingtième mille de Rome, au lieu-dit Ad Baccanas.
C’est un Martyr.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Alexander de Rome au 21 septembre.


Eusebios, Nestabios, Zenon et Nestor de Gaza
362

Les trois frères Eusebios, Nestabios et Zenon habitaient Gaza (Palestine). 
Nestor était leur grand ami.
En raison de la persécution imminente, les trois frères se cachèrent. On les découvrit.
On les emprisonna, on les flagella. 
Nestor était-il avec eux ou voulut-il les suivre ? Il fut pris avec ses trois amis.
Au théâtre, un mouvement de foule fit bientôt hurler contre eux qu’ils avaient saccagé des temples. On alla les chercher dans leur prison, on les traîna par terre, sur le ventre, sur le dos ; on outragea leurs corps avec des bâtons, avec des pierres, avec des fuseaux ; on leur jeta de l’eau bouillante. 
Les bourreaux remarquèrent cependant la beauté singulière du corps du pauvre Nestor : ils le retirèrent de là et le traînèrent hors la ville. Il respirait encore.
Les trois frères n’étaient plus que des écorchures humaines, de leurs têtes sortait la cervelle. On les tira encore, hors de la ville, pour les jeter avec les bêtes crevées. On y mit le feu. Les os qui purent encore rester furent mélangés à ceux des bêtes.
Dieu suscita alors dans le cœur d’une brave femme un mouvement héroïque : elle alla de nuit à l’endroit de ce foyer, où une providentielle lumière lui indiqua quels étaient les os des Martyrs. Elle les recueillit avec vénération.
Puis Dieu guida mystérieusement la même femme à Maïoumas, le port de Gaza, pour y retrouver un autre Zenon, qui se trouvait être le cousin des trois Martyrs. La femme lui remit son précieux trésor.
Ce Zenon était un chrétien fervent. Devant la persécution qui menaçait, fuyant Gaza , il s’était caché non loin, à Anthedon. Dénoncé, il fut flagellé durement et expulsé de là : ainsi arriva-t-il à Maïoumas, où il se cacha à nouveau et c’est là que Dieu conduisit cette pieuse femme.
Discrètement, comme elle était arrivée, la femme s’éclipsa. Dieu se servit d’elle pour conserver la mémoire des glorieux Martyrs.
C’est également chez Zenon que l’on porta Nestor agonisant, qui mourut peu après. Il n’est donc pas mort au même moment ni au même lieu que les trois frères, mais on commémore ensemble ces quatre Martyrs.
Ajoutons que ce pieux Zenon devint ensuite évêque de Gaza.
Ces événements sont datés en 362 approximativement.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Eusebios, Nestabios, Zenon et Nestor de Gaza au 21 septembre.

Castor d’Apt

350-426

 

Castor - encore un nom d’animal !- serait né d’une grande famille de Nîmes, vers le milieu du 4e siècle, en tout cas après 350. Dire que la forme latine de son nom est Castorius, semble être une erreur.

Il exerça en Arles le métier d’avocat.

En 395, il se maria et eut une fille, nommée Perculiarita.

Toute la famille cependant décida de se retirer dans la vie érémitique, en un endroit contesté par les historiens : le mas Saint-Castor (Gard) ? près de Ménerbes (Vaucluse) ?

C’est dans cette dernière localité que serait élevé le monastère Saint-Faustin fondé par Castor (et qui devait être détruit au siècle suivant lors d’une invasion.

Une profonde amitié liait Castor à Jean Cassien (v. 23 juillet). C’est pour Castor que Jean Cassien rédigea ses si fameuses Institutiones sur la vie cénobitique, ainsi qu’une collection de Conférences des Pères du désert. Castor voulait en faire profiter une nouvelle communauté fondée près d’Apt et qui fut cependant détruite peu après.

Vers 419, Castor fut élu évêque d’Apt. On ne peut pas dire qu’il en ait été le premier titulaire, car il existerait des allusions à ce diocèse dès le 2e siècle, mais Castor est attesté liturgiquement et historiquement.

Castor mourut vers 426.

Le diocèse d’Apt fut supprimé en 1801, et son territoire rattaché à ceux d’Avignon et de Digne.

Saint Castor d’Apt est commémoré le 21 septembre dans le Martyrologe Romain, qui ne nomme pas Castorius, mais bien Castor.

 

 

Cadoc de Llan-Carvan

497-577

 

Autrefois, le Martyrologe du 29 mars mentionnait deux personnages, deux époux, Gundleus (Gwynllyw) et Gladys (Glwadys), de race royale. Ils ont quitté le Martyrologe, mais ils y ont laissé leur fils : Cadoc (gallois : Cattwg).

Il n’est pas très facile de s’y retrouver dans les différentes traditions reçues concernant la vie de Cadoc. 

Gundleus, qui gouvernait une province du Pays de Galles, renonça au monde peu avant de mourir et mena la vie érémitique. 

Des signes extraordinaires auraient déjà précédé la naissance de Cadoc : la maison familiale se remplit d’une mystérieuse lumière et le cellier se trouva empli de nourriture. 

Cadoc, donc, naquit vers 497 à Monmouthshire. Un ange avertit l’ermite Meuthi d’aller le baptiser, probablement à Cathmail (Cadfael), et de lui procurer un enseignement. 

Cadoc eut aussi une sœur, Maches. 

Il seconda son père dans le gouvernement de la province, puis embrassa à son tour la vie religieuse.

Il se plaça d’abord sous la conduite d’un moine irlandais nommé Tathyw, à Gerent (Monmouthshire). On trouve dans tel récit ancien que la rencontre avec Tathyw eut lieu lors d’une chevauchée de Gundleus près de l’ermitage de Tathyw et qu’il lui vola son unique vache ; l’ermite vint se planter devant Gundleus et lui réclama sa bête. Gundleus fut alors saisi d’une pieuse crainte, remit la vache, et décida de confier Cadoc à Tathyw. Cadoc apprit le latin et les bases qui lui seraient nécessaires pour ses études en Irlande et Pays de Galles ; mais surtout il ouvrait les yeux sur la vie du prêtre et du moine.

Revenu parmi les siens, il se trouvait un jour sur un vaste terrain appartenant à son oncle, le roi Pawl de Penychen, lorsqu’il fut un instant en face d’un sanglier qui, d’abord fit trois bonds dans sa direction, puis disparut. Cadoc y vit un signe de Dieu pour construire là une église et un monastère, Llan-Carvan, ainsi qu’une école - qui allait être célèbre - et un refuge pour accueillir un grand nombre de pauvres. Cette version des faits contraste avec une autre version, selon laquelle Cadoc fut seulement le successeur du fondateur de Llan-Carvan.

En même temps, et tant qu’il le put, il allait rendre visite à son père pour l’encourager à persévérer. Quand à sa sœur Maches, elle aurait péri assassinée par des voleurs qui, plus tard, reconnurent et confessèrent leur péché. Ils édifièrent une église à l’endroit de leur crime.

Cadoc partit trois ans en Irlande pour étudier. A son retour, il aurait trouvé son monastère en ruine : il força les moines à y revenir, à reprendre le travail et la culture ; deux cerfs sortirent alors de la forêt pour se mettre à leur service.

Cadoc étudia avec un professeur de rhétorique d’origine italienne, Bachan. Puis après la mort de son père, vers 528, il voyagea en Ecosse, fonda le monastère de Cambuslang, de Kilmadock (il y serait resté sept années).

D’aucuns ont prétendu qu’il fit le pèlerinage à Rome, ce qui semble impossible. En revanche, il alla s’établir sur la petite île de Cado près de la rivière Etel.

Cadoc eut parmi ses disciples s.Illtut, qui allait à son tour fonder le monastère de Llan-Illtut. S.Gildas vint aussi enseigner dans cette école pendant une année, puis Cadoc et Gildas se retirèrent dans les îles de Ronech et Echni.

Il y a une controverse au sujet de la fin de la vie de Cadoc. Certains ont affirmé qu’il mourut à Benevenna (Northampton) ; d’autres l’ont envoyé à Benevento (Italie) où il aurait été évêque et martyr… Y aurait-il eu deux personnages du même nom, ou simple confusion à propos de la localité ? Quoi qu’il en soit, en Angleterre, on ne dit pas que Cadoc ait été martyr.

Il y eut peut-être plusieurs Cadoc. Le nôtre, anciennement au 24 janvier, est actuellement mentionné au 21 septembre, date à laquelle on le vénère aussi dans le diocèse de Vannes. 

Les nombreuses versions de cette sainte vie ne nous épargnent pas quelques difficultés à assembler tous ces détails parfois incontrôlables. On en arriva même à donner une généalogie de Cadoc remontant aux empereurs romains.

Saint Cadoc  de Llan-Carvan est commémoré le 21 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Landelin de Ettenheimmünster

7e siècle

 

Landelin (ou Landolin) venait de l’Irlande.

Comme beaucoup d’autres missionnaires de cette époque, au début du 7e siècle, il vint évangéliser la région germanique de l’Ortenau (Baden-Württemberg).

On ne sait s’il était prêtre, s’il avait des compagnons, s’il avait reçu une mission particulière par révélation divine ou par décision de quelque évêque (Willibrord ? Bonifatius ? v. 7 novembre et 5 juin).

Il s’installa à l’endroit de l’actuelle Ettenheimmünster et y vécut en ermite.

D’après la tradition, il fut assassiné par un chasseur encore incroyant. A l’endroit du meurtre seraient jaillies cinq sources.

Au siècle suivant, s’éleva à cet endroit un petit monastère bénédictin.

Depuis le 11e siècle, on vint en foule vénérer Landelin, qu’on invoqua contre les maladies des yeux : on se frottait les yeux avec l’eau d’une des sources. La dévotion existe encore de nos jours.

Peut-on considérer Landelin comme martyr ? Répondre à cette question supposerait qu’on connût les réels sentiments du chasseur : a-t-il agi en ennemi de Dieu et de l’Eglise ? était-il seulement dérangé par la présence de l’Ermite ? On ne le sait pas.

Saint Landelin de Ettenheimmünster est commémoré le 21 septembre dans le Martyrologe Romain, qui le désigne comme moine, mais pas comme martyr.

 

 

Gerulphe de Flandre

† 750

 

Il s’agit ici d’un adolescent flammand, né vers 735 de parents nobles, vivant dans leur propriété de Mérendrée.

Vers 750, accompagné de son oncle, il se rendit à cheval à l’abbaye du Mont-Blandin (Gand), où se trouvait alors l’évêque de Noyon, pour y recevoir le sacrement de Confirmation.

Sur le chemin du retour, Gerulphe voulut faire une petite halte près du monastère de Tronchiennes, pour se recueillir un moment dans l’église Sainte-Marie. Après la cérémonie au Mont-Blandin, on avait dû repartir sans attendre, les moines ayant leurs horaires ; quoi de plus indiqué, après avoir reçu un tel Sacrement, que de vouloir exprimer à Dieu sa reconnaissance, dans un moment de recueillement auprès du Saint-Sacrement ?

Mais l’oncle avait d’autres idées en tête. Il voulait rentrer plus vite, et surtout depuis longtemps, il convoitait l’héritage de son neveu. Quand nos deux voyageurs repartirent, l’oncle s’approcha assez près de Gerulphe et le frappa à mort, avant de disparaître. Le cheval du blessé continua sa route vers la demeure des parents. Le père de Gerulphe alors monta le fidèle animal et retrouva son fils, agonisant.

Gerulphe eut encore la force de demander à être enterré chez les moines de Tronchiennes, à leur donner son cheval et remettre son héritage à l’église Sainte-Marie. Pas un mot de rancune contre l’oncle assassin. La Passio de Gerulphe d’ailleurs, ne s’étend pas sur ce dernier : ne fut-il pas retrouvé ? interrogé ? jugé ?

Cet assassinat fut considéré comme un véritable martyre. 

Le père de Gerulphe l’enterra d’abord dans la propriété familale, et ce n’est que deux siècles plus tard que l’évêque procéda au transfert du corps à Tronchiennes.

Il y eut d’autres transferts de reliques ; on conserva le chef dans une châsse séparée. Le reste du corps fut détruit par les Protestants.

Saint Gerulphe de Flandre est commémoré le 21 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

Marco Scalabrini de Modène

1430-1498

 

Marco vit le jour dans la première moitié du 15e siècle - on ne peut en dire davantage - à Mocogno (Modène, Italie N).

Entré jeune chez les Dominicains, ordonné prêtre, il jouissait d’une grande culture, que les supérieurs voulurent mettre à profit, en envoyant Marco prêcher en diverses villes de l’Italie.

Vers 1481, il demeura à Pesaro, où il fut prieur du couvent dominicain. On ne sait s’il fut réélu, mais le bruit de ses vertus se répandait et l’on venait le consulter, l’écouter.

Parmi les faits remarquables de son apostolat, on cite la résurrection d’un petit garçon de trois ou quatre ans ; mais Marco prédit à la maman, très heureuse, que son fils mourrait jeune ; il mourut en effet à quatorze ans, Dieu l’ayant peut-être rappelé pour le préserver du monde. C’est sa sœur qui déposa ce témoignage.

Marco mourut à Pesaro le 21 septembre 1498 et son culte fut approuvé en 1857. Le Martyrologe, en mentionnant le Bienheureux, parle des nombreuses conversions qu’il opéra par sa parole sacerdotale.

 

 

François Jaccard

1799-1838

 

Les parents de François étaient mariés depuis vingt ans ; quand enfin naquit François, le 6 septembre 1799, ils le regardèrent vraiment comme un signe du Seigneur.

L’enfant vint au monde à Onnion (Haute-Savoie).

Ses parents cherchèrent où lui faire donner une bonne formation : ce fut le petit séminaire Saint-François-de-Sales à Mélan. C’est là que le garçon entendit avec admiration (et envie) les récits des Annales de la Propagation de la Foi, qui racontaient le martyre des chrétiens persécutés en Extrême-Orient.

Puis François entra au Grand séminaire de Chambéry. Une fois ordonné acolyte, il voulut partir à Paris pour se préparer à partir en pays de mission.

Entré au séminaire des Missions Etrangères en 1821, il fut ordonné prêtre en 1823.

On lui proposa alors d’être directeur du séminaire, mais il refusa et demanda à partir pour des régions lointaines : il fut à Calcutta, à Chandernagor, à Macao, et finalement en Cochinchine (actuel Vietnam), en 1824, après seize mois de voyage.

Lors de son passage à Chandernagor, comme son séjour se prolongeait, il fit de l’apostolat avec un tel succès qu’on lui proposa d’être directeur de nouveau collège ; nouveau refus : François voulait partir «loin».

Arrivé à destination, il se mit à l’étude de la langue, qu’il pouvait déjà manier un an après.

Il était le troisième prêtre sur place, outre le père Taberd et le père Gagelin, ce dernier futur martyr également.

En 1827, il fut appelé à Hué pour servir d’interprète entre le roi et les représentants français : en réalité, le roi cherchait un prétexte pour se débarrasser des Occidentaux.

En attendant, François obtint de résider à Duong-son, une ville voisine, où il exerça le saint ministère, forma des séminaristes et fit des traductions.

A partir de 1830, on le calomnia, d’abord en l’accusant d’avoir conduit des chrétiens à piller les maisons, puis de prêcher une religion fausse.

Arrêté, torturé, il fut condamné à mort, mais le roi commua la sentence en l’enrôlement dans sa milice (mais qui ne fut pas appliqué). François fut assigné à résidence à Hué.

Il pouvait ainsi poursuivre ses activités, même discrètement. En 1832, il fut nommé provicaire, et évêque coadjuteur, ce qui lui donnait la mission d’aller visiter les missionnaires, français et italiens.

Or en 1833 mourut le premier mandarin, qui était favorable aux Chrétiens ; le roi se sentit libéré et promulgua le décret de persécution.

Le père Gagelin fut bientôt arrêté et échangea avec Mgr Jaccard toute une correspondance, avant d’être martyrisé en novembre 1833 et Mgr Jaccard fut juste après arrêté et condamné à mort ; encore une fois, la peine fut commuée, mais en détention illimitée dans la prison d’Aï-lao, où il resta deux années. 

Comme on relâchait peu à peu la surveillance, Mgr Jaccard put reprendre de l’apostolat : il convertit un pirate qui partageait sa captivité, il entra en rapports avec des Laotiens et commença à s’initier à leur langue.

Le roi voulut encore profiter de Mgr Jaccard pour convaincre les Chrétiens de Saïgon de se soumettre.

En 1835, on transféra l’évêque à la prison de Cam-lô, d’où il pouvait plus facilement communiquer, discrètement, avec les Chrétiens, tandis que le roi le chargeait de traduire beaucoup de textes et même d’enseigner le français à des jeunes gens.

Mgr Jaccard fut en relation avec Mgr Borie et Mgr Cuenot, eux aussi futurs martyrs. Ce dernier lui suggéra de profiter de sa situation pour s’enfuir, mais il refusa par crainte de représailles envers les fidèles.

En 1838, il fut transféré à Quẚng Tri, où on lui demanda encore d’apostasier. 

Dans cette prison, il retrouva un jeune séminariste, Tôma Trân vǎn Thiện, qui avait dix-huit ans. 

On le tortura encore, il subit les coups de rotin et les tenailles rougies au feu ; on le condamna une troisième fois à la peine de mort. La sentence confirmée par la cour royale disait : 

Le coupable Phan Van Kinh (c’était la traduction de ‘François Jaccard’) est un homme d’Europe, d’une race différente de la nôtre, qui s’est introduit dans ce royaume. Il a d’abord employé la religion perverse de Jésus pour tromper le peuple. Ayant été reconnu coupable de ce crime, nous lui avons fait grâce de la vie... Mais méprisant les lois, il a osé communiquer en secret avec les chrétiens et leur a donné les livres de sa fausse religion. Il est vrai que, mis à la question, il n’a pas voulu le reconnaître ; mais les dépositions des témoins en sont des preuves suffisantes ; ainsi le coupable Phan Van Kinh ne sera pas mis à mort d’une autre manière : il sera étranglé.

L’exécution eut lieu à Nhan-Biểu (Quẚng Tri, Cochinchine), le 21 septembre 1838 ; il venait d’avoir trente-neuf ans.

On exécuta avec lui Tôma.

Son corps put être récupéré par un Chrétien, Simon Phan Đắc Hòa, futur martyr, puis envoyé à Paris, où il repose au séminaire des Missions Etrangères.

François Jaccard fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988 ; tous ceux qu’on a nommés plus haut ont été canonisés avec lui, sauf Mgr Taberd, qui mourut à Calcutta en 1840.

 

 

Tôma Trân Vǎn Thiện

1820-1838

 

Tôma Trân vǎn Thiện était né vers 1820 à Trung Quán (Quẚng Bình, Vietnam).

Séminariste, il fut arrêté et mis en prison à Quẚng Tri, où arriva bientôt Mgr Jaccard.

Voici le témoignage qu’écrivit Mgr Cuenot sur ce séminariste : 

Le jeune Thomas Thiên qui vient d’illustrer cette mission par sa mort glorieuse, était âgé de 18 ans… Il a suivi et servi le père Joseph Thô depuis l’âge de dix ans. M. Vialle lui a enseigné le latin pendant quelques mois et il venait d’arriver à Di-Loan par mon ordre pour être du petit établissement qu’y formait M. Candalh. Il ne vit qu’un seul instant ce cher confrère qui l’envoya se loger chez les chrétiens en attendant que les bruits de perquisition que l’on répandait déjà fussent éclaircis. Les soldats l’ayant rencontré deux jours après en faisant la perquisition à Di-Loan, le soupçonnèrent d’être écolier du Père et l’arrêtèrent. Je n’ai encore pu savoir jusqu’à quel excès les mandarins l’ont torturé pour le forcer à apostasier ; ce que je sais, c’est qu’il a été torturé et que de tous ceux qui ont été pris à cette occasion, il est le seul qui ait persévéré. Sa constance est d’autant plus admirable que les chrétiens de Di-Loan, pour le forcer à apostasier avec eux, refusèrent, dit-on, de partager avec lui la nourriture qu’on leur portait à tous en commun et lui reprochèrent d’être cause par son refus de la longueur de cette affaire...… Dans sa sentence il est qualifié de coadjuteur des maîtres de la religion et est condamné à mort pour n’avoir pas voulu consentir à abandonner cette religion. 

On le tortura encore, il subit les tenailles rougies au feu. Les mandarins lui demandaient : 

Comment peux-tu accepter ces souffrances et ne pas abandonner ta religion ?

- Dussé-je mourir, je n’y renoncerai jamais.

L’exécution eut lieu à Nhan-Biểu (Quẚng Tri, Cochinchine), le 21 septembre 1838, le même jour que Mgr Jaccard.

Comme ce dernier, Tôma fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

Laurent Marie Joseph Imbert

1797-1839

 

Laurent naquit à la ferme Bricart (Calas, Cabriès, Marignane, Bouches-du-Rhône) le 15 avril 1797 (ou le 23 mai 1796 ?). Ses prénoms étaient plus précisément Laurent Joseph Marius.

Il étudia à Aix-en-Provence, au pensionnat de la Retraite Chrétienne. Il fabriquait des chapelets pour payer ses vêtements et ses fournitures.

Après quelque temps au grand séminaire d’Aix, il entra dans la Société des Missions Etrangères de Paris en 1818 et fut ordonné prêtre en 1819 : il n’avait que vingt-deux ans, et bénéficia d’un indult pour son ordination.

Il s’embarqua pour la Chine en 1820, mais avant d’y arriver, il fit halte à Singapore, où il passe pour être le premier missionnaire qui y travailla. Arrivé à Pinan, il remplaça un professeur malade, pendant neuf mois. De Macao, il passa en Cochinchine et au Tonkin, où il travailla pendant deux ans.

Enfin il rejoignit la Chine en 1825 et y dirigea le séminaire de Moupin.

Il y fit connaître la lithographie, pour diffuser plus facilement le christianisme.

En 1836, il fut nommé Vicaire Apostolique de Corée avec le titre de Capsa en Byzacène et fut sacré au Seu-Tchouen : il était le premier évêque de cette région de Corée, cinquante-deux ans après la fondation de l’Eglise en Corée.

Sur place, il retrouva deux missionnaires français, les pères Maubant et Chastan ; entre l’arrivée du père Maubant et celle de Mgr Imbert (1836-1839), les Catholiques baptisés passèrent de six-mille à neuf-mille.

En trois mois, Mgr Imbert sut assez de coréen pour prêcher et confesser. Bien vite, Mgr Imbert dut se cacher pour échapper à la persécution. 

Voici le récit qu’il fit lui-même de son emploi du temps : 

Je ne demeure que deux jours dans chaque mission où je réunis les chrétiens, et avant que le jour paraisse, je passe dans une autre maison. Je souffre beaucoup de la faim, car, après s’être levé à deux heures et demie, attendre jusqu’à midi un mauvais et faible dîner d’une nourriture peu substantielle, sous un climat froid et sec, n’est pas chose facile. Après le dîner, je prends un peu de repos, puis je fais la classe de théologie à mes grands écoliers ; ensuite, j’entends quelques confessions jusqu’à la nuit. Je me couche à neuf heures, sur la terre couverte d’une natte et d’un tamis de laine de Tartarie ; en Corée, il n’y a ni lits, ni matelats. J’ai toujours, avec un corps faible et maladif, mené une vie laborieuse et fort occupée ; mais ici, je pense être parvenu au superlatif et au nec plus ultra du travail. Vous pensez bien qu’avec une vie si pénible nous ne craignons guère le coup de sabre qui doit la terminer.

Un Chrétien coréen, Andreas Son, l’hébergea.

Mais un vilain stratagème le fit découvrir. Un collaborateur de la police alla trouver un brave paysan chrétien, auquel il raconta que le gouvernement de Séoul avait décidé d’embrasser la religion chrétienne et qu’il fallait lui envoyer des missionnaires. Tout naïvement, le bon paysan indiqua à son interlocuteur l’adresse d’Andreas Son, qui hébergeait Mgr Imbert.

Le paysan arriva le premier, et informa l’évêque, qui comprit qu’on avait trompé le paysan. Mgr Imbert résolut de ne pas se cacher, pour éviter des ennuis à Andreas et aux autres Chrétiens. Le 10 août 1839, jour de la fête de son Patron, saint Laurent, Mgr Imbert se rendit lui-même au bureau de police. De là, il fut conduit à la prison de Séoul. De sa prison, il invita les deux autres prêtres français, Maubant et Chastan à se présenter spontanément à la police.

Après avoir été interrogés, Mgr Imbert et ses deux Compagnons furent bastonnés pendant deux jours, puis condamnés à mort.

Avant l’exécution, les bourreaux dénudèrent la poitrine des victimes, leur enfondèrent des flèches à travers les oreilles et leur aspergèrent le visage avant de les saupoudrer de chaux ; exposés au pilori, à genoux, ils furent achevés à coups de sabre à Saenamt’ŏ (Séoul), le 21 septembre 1839.

Leurs corps furent brûlés sur la montagne Samsŏngsan, et leurs cendres, plus tard, placées dans la crypte de la cathédrale de Myŏngdong (Séoul).

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

 

 

Pierre-Philibert Maubant

1803-1839

 

Pierre naquit à Vassy (Calvados) le 20 septembre 1803.

Après son ordination sacerdotale, il intégra les Missions Etrangères de Paris en 1831 et fut envoyé en Chine, d’où il fut volontaire pour aller évangéliser la Corée.

Il fut le premier missionnaire français à y entrer, habillé de deuil (ce qui lui permettait de couvrir sa tête et de passer inaperçu), et rejoignit Séoul en 1836, où quelques Chrétiens l’accueillirent avec enthousiasme.

Il commença par évangéliser et confesser en chinois, grâce à un interprète de confiance.

Mal nourri, mal logé et surtout exténué, il tomba malade et reçut les derniers Sacrements ; mais il guérit miraculeusement, trois mois plus tard et reprit son travail.

Avec le père Chastan qui le rejoignit, ils estimèrent le nombre des Chrétiens à six mille, car la communauté s’était déjà élargie depuis un demi-siècle. 

Ils établirent des missions, en des lieux retirés de la montagne, où ils établirent un catéchiste responsable.

Quelques chiffres pour la seule année 1837 : 1237 baptêmes, 2087 confessions, 1950 communions.

C’est le père Maubant qui proposa les trois candidats coréens pour le sacerdoce : Andreas Kim, Thomas Ch’oe Yang-ŏb, Franciscus Saverius Ch’oe Pang-je. Andreas fut le premier prêtre coréen. Les trois hommes étudièrent le latin avec le père Maubant, puis rejoignirent Macao pour y être préparés.

L’apostolat des missionnaires devint assez connu pour que les autorités s’en inquiétassent. On les rechercha.

Mgr Imbert fut arrêté le premier ; il enjoignit les pères Maubant et Chastan à se rendre spontanément, pour éviter des tracas aux communautés chrétiennes.

Avant de se livrer, les deux missionnaires firent un dernier rapport à Rome de leurs activités pour cette année 1839 : 10.000 catholiques ; 1.200 baptêmes ; 2.500 confirmations ; 4.500 confessions ; 4.000 communions ; 150 mariages ; 60 Onctions des Malades ; 600 catéchumènes.

Après avoir été interrogés, Mgr Imbert, le père Maubant et le père Chastan furent bastonnés pendant deux jours, puis condamnés à mort.

Avant l’exécution, les bourreaux dénudèrent la poitrine des victimes, leur enfondèrent des flèches à travers les oreilles et leur aspergèrent le visage avant de les saupoudrer de chaux ; exposés au pilori, à genoux, ils furent achevés à coups de sabre à Saenamt’ŏ (Séoul), le 21 septembre 1839.

Le père Maubant avait «fêté» son trente-sixième anniversaire la veille de son exécution.

Leurs corps furent brûlés sur la montagne Samsŏngsan, et leurs cendres, plus tard, placées dans la crypte de la cathédrale de Myŏngdong (Séoul).

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

 

 

Jacques-Honoré Chastan

1803-1839

 

Jacques naquit à Marcoux (Alpes-de-Haute-Provence) le 7 octobre 1803.

C’était l’aîné des huit enfants d’un couple d’agriculteurs.

Il étudia à Digne, puis au petit séminaire d’Embrun en 1820, de nouveau à Digne en 1822.

En 1823, il entra au grand séminaire et fut ordonné prêtre en 1826, à vingt-trois ans.

Après son ordination sacerdotale, il intégra sur sa demande les Missions Etrangères de Paris en 1827 et fut envoyé en Chine.

De Macao, il rejoignit Shanghai en 1834, mais ne put rejoindre la Corée et Séoul qu’en janvier 1837, et rencontra le père Maubant qui s’y trouvait depuis un an.

Mgr Imbert, qui arriva à la fin de cette année-là, organisa les missions de cette façon : le père Maubant travaillerait sur les provinces de l’est, et le père Chastan sur celles du sud.

Avec le père Maubant, ils estimèrent le nombre des Chrétiens à six mille, car la communauté s’était déjà élargie depuis un demi-siècle. 

Ils établirent des missions, en des lieux retirés de la montagne, où ils établirent un catéchiste responsable.

Quelques chiffres pour la seule année 1837 : 1237 baptêmes, 2087 confessions, 1950 communions.

Mgr Imbert fut arrêté le premier ; il enjoignit les pères Maubant et Chastan à se rendre spontanément, pour éviter des tracas aux communautés chrétiennes.

Avant de se livrer, les deux missionnaires firent un dernier rapport à Rome de leurs activités pour cette année 1839 : 10.000 catholiques ; 1.200 baptêmes ; 2.500 confirmations ; 4.500 confessions ; 4.000 communions ; 150 mariages ; 60 Onctions des Malades ; 600 catéchumènes.

Après avoir été interrogés, Mgr Imbert, le père Maubant et le père Chastan furent bastonnés pendant deux jours, puis condamnés à mort.

Avant l’exécution, les bourreaux dénudèrent la poitrine des victimes, leur enfondèrent des flèches à travers les oreilles et leur aspergèrent le visage avant de les saupoudrer de chaux ; exposés au pilori, à genoux, ils furent achevés à coups de sabre à Saenamt’ŏ (Séoul), le 21 septembre 1839.

Le père Chastan allait «fêter» son trente-sixième anniversaire.

Leurs corps furent brûlés sur la montagne Samsŏngsan, et leurs cendres, plus tard, placées dans la crypte de la cathédrale de Myŏngdong (Séoul).

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

José María Azurmendi Larrínaga

1870-1936

 

Note : on trouve comme nom de famille Azurmendi Larrínaga ou aussi Azurmendi Mugarza (Mugraza ?).

José naquit en ce monde le 18 août 1870 à Durango (Biscaya, Espagne) et fut tout de suite ondoyé ; il avait un frère jumeau, Agapito.

Les deux frères vinrent à Chipiona pour étudier au collège des Frères Mineurs franciscains, mais Agapito n’y resta pas. José commença le noviciat : première profession en 1888, la solennelle en 1891, ordination sacerdotale en 1896.

Il commença ses activités à Regla, à cause de sa santé délicate. Deux ans après s’ouvrit un nouveau couvent franciscain à Fuente Obejuna et le père José en fut un des fondateurs. Il fut aussi en Terre Sainte (1900-1913), où il s’occupa des jeunes étudiants franciscains à Bethléem (1902) et des novices à Nazareth (1907). Puis il fut envoyé à Roseto, près d’Alexandrie (Egypte), pour s’occuper de l’hôpital, ainsi qu’à Damiette.

De retour en Espagne, il fut successivement à Chipiona, Puente Genil, Lebrija et Coín : il était dans cette dernière localité en 1931, et réussit à sauver une partie du matériel du couvent, lors de la révolte de mai et de l’incendie des couvents.

Puis il fut envoyé à Sanlúcar de Barrameda comme aumônier des Clarisses, puis à Lebrija, de nouveau Coín et Lebrija.

En juillet 1936, il eut la joie d’être envoyé à Fuente Obejuna (Cordoue).

Il y avait dans ce couvent sept Religieux franciscains.

Les 20 et 22 juillet 1936, le couvent fut plusieurs fois fouillé par les révolutionnaires, à la recherche de ces mystérieuses armes qu’on les accusait de cacher dans le couvent, et qui ne furent jamais trouvées, bien sûr.

Le 27, on vint les chercher, sous prétexte de les protéger, et le couvent fut laissé en proie à la foule qui le saccagea. Les Religieux furent en réalité «protégés» dans les bureaux des Télégraphes puis, le 14 août, dans le palais de la Marquise de Valdeloro, transformé en prison.

Il y avait là une soixantaine de prisonniers. Le 20 septembre, sept camions les embarquèrent en dehors de la ville. Une bonne quarantaine d’entre eux furent fusillés à quelques kilomètres seulement, tandis que les Franciscains et autres Religieux furent emmenés dans la prison de Azuaga (Badajoz). Le martyre proprement dit commençait.

La première victime fut le père José dès le 21 septembre à midi : comme on voulait le forcer à blasphémer et qu’on n’obtenait de lui que des Vive le Christ Roi !, on le fusilla sur place.

Les autres furent martyrisés le lendemain.

Ces sept Franciscains furent béatifiés en 2007.

 

 

Jacinto Martínez Ayuela

1882-1936

 

Jacinto naquit le 3 juillet 1882 à Celadilla del Río (Palencia, Espagne), de Damaso et Teresa, qui le firent baptiser trois jours plus tard.

Conscient de sa vocation à la vie religieuse, il étudia avec enthousiasme, surtout le latin.

Il entra dans l’Ordre augustinien à Valladolid en 1897, fit la première profession en 1898, la solennelle en 1901.

En 1902, il passa au monastère de Santa María de la Vid (Burgos) et fut ordonné prêtre en 1913.

Tout en enseignant en divers collèges de l’Ordre, il prépara et passa la licence de Philosophie et Lettres. 

A Santander, il fut directeur spirituel des étudiants ; à Ceuta, il fut professeur et secrétaire ; en 1930, il fut supérieur du séminaire de Uclés.

En 1933, il fut nommé commissaire de la sous-province du Brésil.

Il prit aussi le temps d’écrire des ouvrages de théologie morale (en particulier sur saint Alfonso de’ Liguori, voir au 1er août). Dans son Ordre, c’était une référence.

En 1936, il venait de revenir en Espagne quand se déclencha la révolution de juillet. Le 23 juillet devait se tenir le chapitre provincial à Salamanque ; dans l’attente, le père Jacinto voulut passer par son cher séminaire de Uclés, où il dut cependant s’arrêter quelques jours.

Le 27 juillet, il fut contraint de quitter le pays par les «autorités» ; dans la nuit du 27 au 28, il se dirigea vers Paredes, d’où il aurait rejoint Cuenca en train. Il fut arrêté en route par des miliciens qui jugèrent incomplète sa carte d’identité et l’envoyèrent en prison, où d’autres Confrères se trouvaient déjà et d’autres encore les rejoindraient.

C’est donc dans cette prison de Cuenca que le père Jacinto passa environ deux mois à prier, confesser, encourager les autres détenus.

Le 21 septembre il fut appelé, avec trois autres prêtres, pour être fusillé non loin du cimetière de la ville.

Il reçut donc la couronne du martyre le 21 septembre 1936 et fut béatifié en 2007.

 

 

Manuel Torró García

1902-1936

 

Ce pieux laïc naquit le 2 juillet 1902 à Onteniente où il reçut la baptême et la première communion ; il fut confirmé au couvent des Pères Franciscains. 

Il fit ses études à l’école nationale et reçut le diplôme d’expert-comptable, en s’adonnant à l’étude chez lui, sous la direction de son oncle, Prudencio Alberto Estan, puis fréquenta le collège des Pères Franciscains. 

Il épousa Rosario Romero Almenar, mais leur petit garçon ne vécut que quelques heures. 

Manuel vécut de façon authentique sa vocation laïque, s’efforçant d’imprégner de l’esprit évangélique les réalités temporelles dans lesquelles il vivait comme époux, père de famille et expert-comptable.

Homme de foi profonde, il participait à la Sainte Messe et communiait chaque jour. Dévot de la Sainte Mère de Dieu, il récitait le Rosaire en famille. Dans cette intense vie de piété, toute sa personne se rendait entièrement disponible à répondre généreusement à l’action de l’Esprit Saint : membre de diverses associations laïques, il se lança dans l’apostolat organisé. Il participa à l’Action Catholique des Jeunes, dont il fut président dans la paroisse de Saint-Charles à Onteniente, il fonda les équipes d’Adoration Nocturne de Sainte-Thérèse, dont il fut le président ; il fut Tertiaire franciscain ; il fréquentait les Jeudis Eucharistiques, s’inscrivit dans la Confraternité de Notre Dame du Carmel et dans la Pieuse Union du Sacré Coeur ; il enseigna le catéchisme. Apôtre social, il pratiquait la charité par l’intermédiaire de l’Association de Saint Philippe Néri, et travaillait à l’hôpital.

Les témoins affirmèrent que Manuel était sérieux, travailleur, humble, obéissant, studieux, fidèle dans l’accomplissement de son devoir, pacifique, et ne se mettait jamais en colère. Il respirait la bonté, affable, séduisant, serviable, sensé, précis, très décent.

Ce fervent chrétien fut bien sûr la cible privilégiée des ennemis de la Religion, quand se déchaîna la persécution. Manuel en était bien conscient, disant qu’il s’attendait à affronter la persécution religieuse et probablement aussi le martyre. C’est ainsi que, peu avant le début de la révolution, le maire envoya un huissier chez Manuel pour lui demander la liste de tous les adorateurs. Manuel, comme président, s’adressa à tous les présents en ces termes : “Je sais que cette liste peut être celle de futurs martyrs ; si quelqu’un ne se sent pas de donner son nom, qu’il le dise.” A part deux, tous donnèrent leur nom, ainsi que certaines dames qui étaient là aussi, et plus tard en effet tous furent assassinés.

A Onteniente, la persécution commença par l’incendie de l’église, puis on brûla les images et les objets de la religion, et on emprisonna les catholiques. Avant cet l’incendie, Manuel s’efforça avec d’autres catholiques, de veiller à l’intérieur de l’église pour en éviter la profanation, puis s’empara du Saint Sacrement pour le mettre en sécurité chez lui. Dans toutes ces occasions, il demeurait serein, confiant sa vie à Dieu et poursuivant ses activités tout naturellement.

La veille de son martyre, il allait chez ses parents en compagnie de son épouse et, après avoir prié le rosaire, il lui dit : “Tu sais, Rosario, puisque le Seigneur ne nous a pas donné de famille, nous aurions pu aider les Nationalistes, toi comme infirmière et moi comme expert-comptable, si nous avions été dans l’autre zone ; mais une occasion comme celle-ci pour devenir des martyrs, nous n’en aurons pas d’autres ; si nous la demandons au Seigneur, il nous la donnera.” Comme son épouse la trouvait un peu dure, il lui confia que, humainement, il ne s’en sentait pas la force non plus, mais qu’il avait confiance dans la grâce de Dieu, pour cela et pour tout le reste.

Il fut arrêté le 20 septembre 1936 chez ses parents, et abattu la nuit même avec d’autres. On a dit que, déjà tombé à terre, Manuel commença à écrire de son doigt les mots du Salve Regina.  Le lendemain, sa veuve reçut quelques cigares de ceux qu’il avait donnés à ses bourreaux, mais celui qui les lui apportait lui dit qu’il ne pourrait pas les fumer, les ayant reçus de Manuel en signe de pardon et de bienveillance. Le secrétaire de la mairie affirma qu’il n’avait rien à faire avec la mort de cet innocent.

Ce même milicien “rouge” ajouta que, avant de mourir, Manuel leur demanda de les laisser chanter le Salve Regina, et ensuite de les fusiller par devant, parce que les catholiques meurent en regardant en face.

La veuve de Manuel, allant trouver les autres membres du comité, les remercia pour l’honneur qu’ils lui faisaient d’avoir fait de Manuel un martyr, et elle leur suggérait aussi de changer de vie ; ils en furent vraiment émus et l’un dit : “Ou elle est folle, ou c’est une Sainte”.

Manuel Torró García fait partie des deux-cent trente-trois Martyrs d’Espagne béatifiés en 2001.

Il est commémoré au Martyrologe le 21 septembre.

 

 

Herminio García Pampliega

1902-1936

 

Voir les détails connus des moines de Viaceli dans la notice de Julián Heredia Zubia

Né le 23 novembre 1902 à Villagonzalo Pedernales (Burgos, Espagne).

Entré chez les moines Trappistes, il prit le nom de Eugenio et fut ordonné prêtre.

Il fut martyrisé à Cuesta de las Anguilas (Santander, Cantabria) le 21 septembre 1936 et béatifié en 2015.

 

 

Nicolás de Mier Francisco

1903-1936

 

Nicolás naquit le 4 décembre 1903 à Redondo (Palencia, Espagne).

Il entra dans l’Ordre augustinien, professa en 1920 et fut ordonné prêtre en 1927.

Il enseigna au collège de Ceuta, puis à celui de Uclés, chargé de la formation des candidats au noviciat.

Les Religieux furent expulsés de leur maison de Uclés le 24 juillet 1936 et durent se réfugier chez des familles d’amis.

En compagnie du père Jacinto Martínez Ayuela, il chercha à gagner Cuenca en train, mais les miliciens leur trouvèrent une carte d’identité incomplète, et les firent mettre en prison à Cuenca où ils passèrent presque deux mois à encourager les autres prisonniers, à prier, à confesser.

Le père Nicolás reçut la couronne du martyre non loin du cimetière de Cuenca le 21 septembre 1936. Il avait presque trente-trois ans.

Il fut béatifié en 2007.

 

Francisco Pastor Garrido

1905-1936

 

Voir les détails connus des moines de Viaceli dans la notice de Julián Heredia Zubia

Né le 16 février 1905 à Valencia (Espagne).

Entré chez les moines Trappistes, il prit le nom de Vicente et fut ordonné prêtre.

Il fut martyrisé à Cuesta de las Anguilas (Santander, Cantabria) le 21 septembre 1936 et béatifié en 2015.

 

José Vila Barri

1910-1936

 

Il naquit le 14 avril 1910 à Camprodón (Girona, Espagne), aîné et seul garçon de trois enfants qui, bientôt, seraient orphelins de père.

C’est ainsi que José fut admis au Collège des Orphelins de Vilatorta en 1921. Il put y compléter ce qui manquait à ses années de l’école primaire, puis il perçut peu à peu l’appel de Dieu et entra au collège des Fils de la Sainte Famille, à Blanes, en 1925.

Il prit l’habit en 1927 à Les Corts et commença le noviciat ; en 1928 il fit la première profession, pour poursuivre ensuite les études ecclésiastiques, toujours à Les Corts.

En 1935, il fit la profession perpétuelle : c’était la porte pour les Ordres. Cette même année, il reçut la tonsure, les Ordres mineurs (il y en avait quatre à l’époque), le sous-diaconat, et le diaconat en décembre. Il fut ordonné prêtre le 7 mars 1936, à Girona.

Par sa façon de parler, sa célébration de l’Eucharistie, ce jeune prêtre exprimait la haute conception qu’il avait de sa mission.

Quand la révolution éclata en juillet 1936, don José était déjà supérieur et préfet des étudiants en philosophie à Mosqueroles. Le curé et la radio informèrent la communauté des événements dans l’Espagne. Le jeudi 22 juillet, toute la communauté et les élèves durent abandonner le collège pour se réfugier ici ou là, chez des amis ou des parents. Don José fut le dernier à quitter les murs, s’étant d’abord préoccupé de chacun ; il put se procurer un seul sauf-conduit, qu’il donna à un Frère pour rejoindre Barcelone et se réfugier au consulat américain.

Au matin du 2 août, il partit à pied pour Vic, avec deux autres Confrères, et ils furent reçus chez sa sœur Isabel. Il put procurer un sauf-conduit aux deux Confrères pour Manresa, tandis qu’il demeurait chez sa sœur en attendant la suite des événements.

Le 20 septembre 1936, il fut arrêté, avec un autre prêtre, parent, qui se trouvait là aussi.

Ce n’est que plusieurs jours après qu’Isabel apprit que les deux prêtres avaient été assassinés dans la nuit du 21 au 22 septembre.

Don José Vila Barri fut béatifié en 2013.

 

 

Vicente Galbis Gironés

1910-1936

 

Il vit le jour le 9 septembre 1910 à Ontinyent (Valencia).

Il fréquenta le collège tenu par les Franciscains, où il fut remarqué par sa conduite exemplaire.

En 1922, il fut un des premiers de sa paroisse à faire partie de la Jeunesse Catholique, embryon de l’Action Catholique, dont il fut président et bibliothécaire.

De 1930 date cet incident qui se produisit dans le train, où un voyageur se permit d’insulter la Religion catholique et ses adeptes, qu’il fallait tous mettre à mort. Calmement, Vicente répondit : S’il en est ainsi, vous pouvez commencer par moi, car c’est pour moi le plus grand honneur d’être catholique.

Après son baccalauréat, il passa la licence de droit à Valencia, en 1933. Il vécut encore chez ses parents, s’occupant généreusement d’aider le pauvre et l’infirme.

Chaque jour, il priait le chapelet, et recevait l’Eucharistie. Etudiant, il fit partie de la Fédération des Etudiants catholiques ; il fit partie aussi d’autres associations chrétiennes, comme les Adorateurs nocturnes, l’Apostolat de la Prière, les Conférences Saint-Vincent-de-Paul, les catéchistes de paroisse.

Devenu avocat, il épousa le 5 septembre 1935 María Desamparados Bonastre Oltra et eut un fils, appelé lui aussi Vicente, qui naquit le 6 juillet 1936.

Vicente fut un homme intègre, qui chercha à imprégner toutes ses activités avec l’esprit de l’évangile, comme époux, comme père, comme avocat. Ayant eu à défendre les intérêts d’ouvriers catholiques, il était la cible principale des ennemis de Dieu.

Au moment de la révolution de 1936, dès qu’il apprenait qu’une église était en danger, il s’offrait pour aller y veiller. Il n’avait pas peur du danger, convaincu de n’avoir jamais rien fait de mal. 

Plusieurs églises furent cependant incendiées, des Caholiques emprisonnés. Menacé maintes fois, il reçut la proposition fallacieuse de se faire l’avocat des révolutionnaires, pour avoir la vie sauve ; sa réponse fut tranquillement ferme : Je ne pourrai jamais être avocat de ceux qui profanent les saintes images et dévalisent les églises. Sa maison fut plusieurs fois fouillée. On lui demanda de l’argent.

Il avait prévenu le concierge que, si on venait le chercher, il ne fallait opposer aucune résistance.

Le 21 septembre 1936 vers midi, on vint l’arrêter chez lui pour lui poser quelques questions au Comité. Après seulement deux heures, il fut sorti de là avec six autres jeunes, qui prièrent le chapelet durant le déplacement. Arrivés à Benisoda, au moment d’être fusillés, ils entonnèrent le Salve Regina et un dernier Vive le Christ Roi !

Vicente venait d’avoir vingt-six ans, et son petit garçon deux mois.

Il a été béatifié en 2001.

 

 

Diego Hompanera París

1915-1936

 

Diego naquit le 13 novembre 1915 à Muñeca (Palencia, Espagne), de Gerardo et Teodora, qui le firent baptiser le lendemain, avec le nom de saint Diego (Dominique), un grand thaumaturge espagnol du 15e siècle qui était au calendrier ce jour-là.

Se sentant appelé au sacerdoce, il commença l’étude du latin avec son curé. Puis en 1930 il demanda à être reçu chez les Augustins à Guernica, mais devant les difficultés qu’il rencontrait, on lui suggéra tout simplement… de repartir chez lui.

Le jeune homme ne s’avoua pas vaincu. S’il ne pouvait pas faire d’études difficiles, il pouvait servir Dieu en se consacrant comme Frère convers : on accepta.

Ses confrères l’appelaient gentiment le petit saint, sans ironie, tant il était pieux et aimable.

Il fit donc le noviciat à Leganés, la profession en 1935, un court passage à Madrid, et fut envoyé à Málaga en septembre 1935.

Le 18 juillet 1936 commençait la triste révolution espagnole. Les six Religieux augustins passèrent la nuit sous les coups tirés par les révolutionnaires depuis la tour de la cathédrale.

Le 19, ils célébrèrent une dernière fois la messe et se dispersèrent chez des amis alentour.

Diego, avec un autre Père, trouva refuge chez la maman de trois anciens élèves, non loin du consulat allemand, mais ne put y rester qu’une nuit ; les jours suivants, il fut chez une autre dame, dont les relations lui permirent de passer indemne plusieurs fouilles et même de revenir d’une courte détention. Mais à la fin du mois d’août, ils furent arrêtés tous les deux et mis à la prison Trinidad, où Diego ne cacha pas sa condition de Religieux.

Deux semaines après, environ, on les changea de prison, et ils furent dans la prison provinciale, lui du côté des hommes, elle du côté des femmes. Ils ne purent plus se parler, tout juste s’apercevoir dans la cour, et communiquer par un médecin qui, quoique prisonnier lui aussi, circulait pour soigner les autres prisonniers.

C’est par ce dernier, que la Dame apprit le sort du Frère Diego : il fut fusillé le 21 septembre 1936 au Cimetière San Rafael. Il n’avait pas vingt-et-un ans.

Signalons qu’une des chapelles de la cathédrale de Málaga contient les restes des victimes de la persécution dans cette région : il y en a plus de deux mille, dont ceux de Diego.

Diego Hompanera París fut béatifié en 2007.

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19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 23:00

20 SEPTEMBRE

 

II.

S Eustachios, général romain, avec son épouse Theopisti et leurs enfants Agapitos et Theopistos, dont l'histoire assez rocambolesque fut très célèbre.

?

SS Fausta et Evilasios, martyrs à Cyzique.

SS Théodore et sa mère Philippa, martyrs à Pergé.

III.

S Dorymedon, martyr à Synnada en Phrygie.

V.

S Glycère, évêque à Milan.

S Montan, moine gaulois dans la Meuse : aveugle, il annonça à ste Célinie, déjà vieille, la naissance d'un fils, ce dernier fut Remi qui, enfant, frotta les yeux de Montan avec du lait de sa mère et le guérit.

VIII.

SS Hypathios, évêque, et Andreas, prêtre, ascètes renommés d'Asie Mineure, martyrs de l'iconoclasme : on les tortura avant de les livrer aux chiens, à Constantinople.

XII.

S Adelpreto, évêque à Trente, martyrisé par une ligue anti-impérialiste ; tous ne sont pas d'accord pour sa canonisation.

XVI.

B Thomas Johnson, chartreux martyr à Londres. 

XVIII.

B Francisco de Posadas, dominicain espagnol, mystique.

XIX.

S Jean-Charles Cornay, poitevin, missionnaire au Tonkin et martyr, taillé en pièces et décapité, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

SS Nam Kyŏng-mun Peteuro, Han I-hyŏng Leourensio, U Sur-im Susanna, Im Ch’i-baek Yosep, Kim Im-i Teresa, Yi Kan-nan Agata, Chŏng Ch’ŏl-yŏm Gatarina, laïcs coréens, faisant partie des cent-trois martyrs canonisés en 1984 et fêtés en ce jour ; fait unique dans l'histoire du catholicisme, l'Église en Corée naquit sur l'initiative d'un diplomate laïc ; il faut rappeler aussi que plus de dix-mille chrétiens moururent durant les persécutions.

XX.

S José María de Yermo y Parres (1851-1904), prêtre mexicain, fondateur des Servantes du Sacré-Cœur et des Pauvres, béatifié en 1990, canonisé en 2000.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiée en 2007 :

Salésiens : près de Cordoue, Teresa Cejudo Redondo de Caballero (1890-1936), tertiaire ;

- béatifié en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Andrés Molina Muñoz (*1909).


Bse Anna Maria Tauscher van den Bosch (Maria Teresa de Saint Joseph, 1855-1938), de père et grand-père pasteurs luthériens hollandais, fondatrice de la congrégation des Sœurs Carmélites du Divin Cœur de Jésus, béatifiée en 2006.

Eustachios général
2. siècle

L’histoire du général Eustachios (ou Eustathios) a connu une immense diffusion.
Mais elle a aussi suscité beaucoup de suspicions. En voici un petit résumé.
Sous l’empereur Trajan († 117), le général Placidas se divertissait à la chasse à courre, lorsqu’un cerf se dressa en face de lui, une belle croix lumineuse entre les cornes ; une voix s’adressait à Placidas : Pourquoi me poursuis-tu ? Je suis Jésus !
Nouveau Saul (cf. Ac 9:4-5), Placidas fut baptisé sous le nom de Eustathios.
Commencent une série de malheurs : sa femme (Theopisti) disparaît, un lion lui ravit un fils (Agapitos), un loup l’autre (Theopistos). 
Peu après, Eustathios, reconnu par deux de ses soldats, est ramené à l’empereur, qui lui confie la lutte contre des barbares. 
Après la victoire, Eustathios retrouve miraculeusement son épouse, puis ses deux fils qui, en réalité, ne furent pas dévorés par les bêtes qui les avaient attaqués.
L’empereur somme Eustathios de sacrifier aux dieux, en reconnaissance ; refus du général chrétien.
L’empereur alors, furieux, fait enfermer dans un bœuf d’airain qu’on chauffe à blanc et le général, et son épouse, et ses deux fils. Trois jours après, on les trouve «endormis», mais intacts.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Eustachios le Général au 20 septembre.


Dorymedon de Synnade
3. siècle

Seuls le nom et la ville de ce Martyr ont été conservés avec quelque certitude. Dorymedon a pu souffrir avec Trophimos, qu’on a rencontré le 19 septembre.
Synnade est aujourd’hui Şuhut (Turquie CW).
Dorymedon était sénateur à Antioche de Pisidie (auj. Yalvaç, Turquie CW).
Il devait être chrétien, ou le devint en rendant amicalement visite à Trophimos ; il fut arrêté et condamné aux bêtes avec ce dernier, mais comme les bêtes les respectaient, ils furent décapités, Trophimos le 19, Dorymedon le 20 septembre.
Dorymedon mourut assez probablement vers la fin du troisième siècle.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Dorymedon de Synnade au 20 septembre.

 

Hypathios et Andreas de Lydie

† 740

 

D’après le synaxaire (martyrologe) de Constantinople, Hypathios et Andreas étaient originaires de Lydie (Asie Mineure occidentale). Notre martyrologe romain nomme les deux évêques Hypathius et Asianus ainsi que le prêtre Andreas ; on se demande si le terme Asianus n’est pas simplement une apposition à Hypathios, «asiatique».

Hypathios et Andreas, donc, naquirent en Lydie et furent élevés dans un monastère. Hypathios reçut l’habit monastique, tandis qu’Andreas devint lecteur.

Chacun de son côté s’adonna aux plus intenses expressions de l’ascèse, en toute discrétion et sans  jamais oublier la charité fraternelle.

Cette sainte émulation fit que l’Eglise d’Ephèse promut Hypathios à l’épiscopat, et Andreas au presbytérat.

Mais il n’eurent pas que des amis. L’empereur iconoclaste Léon l’Isaurien s’en prit à eux, les fit déplacer à Constantinople, où les attendaient mille atrocités.

Ils furent tous deux emprisonnés, bâtonnés, déchirés, à demi tués. On leur enleva la peau de la tête et on brûla des icônes sur leur crâne. On les promena dans toute la ville après leur avoir enduit la barbe de poix. Finalement, on les égorgea et, pour compléter cet atroce tableau, on livra leurs corps aux chiens.

Ces horreurs se passaient à Constantinople, avant 741, date de la mort de ce malheureux empereur.

Les saint  Hypathios (Asianus ?) et Andreas sont commémorés le 20 septembre dans le Martyrologe Romain.

Adelpreto de Trente

† 1177

 

Adelpreto (Albert) est une figure contestée (et peut-être contestable) du 12e siècle.

On ignore tout de ses origines et de sa naissance.

En 1156, il fut nommé évêque de Trento, mais il semble qu’il ait eut davantage à faire la guerre qu’à administrer son diocèse.

En 1158, il fournit une escorte armée pour accompagner les légats pontificaux qui se rendaient auprès de l’empereur Friedrich Barbarossa. L’escorte fut cependant assaillie par les comtes de Piano, qui s’opposaient ainsi à l’empereur et retinrent prisonniers les légats. Il fallut verser une rançon pour les délivrer.

Le pauvre Adelpreto, qui avait pu s’échapper, alla se plaindre auprès du duc de Bavière (Henri le Lion), qui vint faire pression sur les comtes de Piano pour en faire les vassaux de l’Eglise de Trente, donc de notre évêque Adelpreto.

Mais quand l’empereur fut excommunié, les comtes se réveillèrent, obligèrent Adelpreto à quitter le diocèse, tandis qu’Adelpreto se rangeait aux côtés de l’empereur, méritant ainsi d’en être le fidelissimus.

Plus tard, après la bataille de Legnano (1176), les habitants de Bolzano se révoltèrent contre Adelpreto, qui dut réprimer cette nouvelle agression, mais les adhérents de la Ligue lombarde assaillirent ses troupes près de Rovereto et lui-même fut frappé d’un coup de lance mortel.

La date de cette mort semble contestée : on trouve le 8 mars 1181, ou 1177 ou 1172 (?), mais le Martyrologe le mentionne au 20 septembre, défenseur des pauvres et des orphelins.

Tandis que le diocèse de Trento considérait l’évêque Adelpreto comme martyr et saint, des historiens ont contesté la figure de l’évêque-soldat, partisan de l’empereur excommunié. Adelpreto n’a certainement pas agi contre Rome et le pape légitime ; pressé de trouver une issue à sa situation, il trouva momentanément un appui séculier pour être défendu, se réservant ensuite d’intervenir pour la conversion de l’empereur.

 

 

Thomas Johnson

? -1537

 

Il y avait à Londres une Chartreuse où vivaient une quarantaine de moines, dont la moitié environ étaient prêtres, et l’autre moitié frères convers.

Quand on leur demanda de prêter le serment reconnaissant la Suprématie du roi sur l’Eglise, ils refusèrent.

Thomas était un de ceux-là. On ne connaît rien d’autre de lui, ni sa date ni son lieu de naissance, ni sa famille.

Le 29 mai, on les envoya à la prison de Newgate, où ils furent enchaînés debout, les mains liées derrière le dos à des pitons. On voulait les laisser mourir de faim dans cette position.

Une sainte femme, Margaret Clement (ou Giggs), se faisant passer pour une crémière, réussit à toucher le gardien et à pénétrer dans la prison avec un grand bidon à lait, plein de nourriture, qu’elle distribua aux moines chartreux.

Là-dessus, le roi voulut savoir s’ils étaient déjà morts : le geôlier prit peur et n’osa plus laisser entrer Margaret, mais lui permit de passer sur le toit, de retirer des tuiles et de faire descendre la nourriture dans un filet aussi près que possible de la bouche des prisonniers. Mais ils ne purent pratiquement rien attrapper et le geôlier fit interrompre le stratagème.

William Greenwood mourut le premier, le 6 juin ; John Davy le 8 juin, Robert Salt le 9 juin, Walter Pierson et Thomas Green, le 10 juin, Thomas Scryven le 15 juin, Thomas Redyng le 16 juin 1537.

D’autres moururent plus tard : on suppose qu’on fit exprès de maintenir en vie ceux qui restaient encore, pour leur faire subir la potence, suivie de l’éviscération et de la décapitation ; ainsi, Richard Bere mourut le 9 août, notre Thomas Johnson le 20 septembre, toujours en 1537 ; William Horne fut exécuté le 4 août 1540

Ce martyre eut lieu à Newgate (Londres).

En 1886, la confirmation du culte qu’on leur rendait, équivalait à la béatification.

 

 

Francisco de Posadas

1644-1713

 

Francisco de Posadas vit le jour le 25 septembre 1644 à Cordoue (Espagne), d’Esteban Martín Losada et María Fernández de Posadas, issus de famille ancienne mais ruinée. Ils vivaient d’un petit commerce de légumes et d’œufs.

La maman pria beaucoup pour obtenir cet enfant, qui fut baptisé le 4 décembre suivant.

De cette pieuse mère, Francisco conserva le nom de famille, car celle-ci fut bientôt veuve.

Il commença à étudier auprès d’un père dominicain et d’un autre jésuite.

La maman se remaria avec Juan Pérez Cerezo, qui retira le garçon des études et le plaça chez un patron cordonnier brutal. Un prêtre, cependant, réussit à donner quelques leçons de latin à Francisco. La providence permit que Juan mourût après quatre ans de cette union difficile.

La vocation ayant germé dans le cœur de Francisco, il demanda son admission chez les Dominicains de Cordoue qui, vu son extraction humble, le refusèrent. Le jeune homme fut cependant admis dans un autre couvent dominicain proche de Cordoue, Scala Cæli (ou Escalaceli), et ceux-ci l’envoyèrent bientôt étudier à Jaén.

Bien leur en prit, car le prieur de Cordoue n’apprécia pas du tout l’entrée du jeune homme et prétendit même qu’on le renvoyât de Jaén ; s’il accepta de le laisser aller à la profession, il lui interdit l’accès à Cordoue, même pas pour aller voir sa mère.

Francisco fit la profession en 1672 et passa au couvent de Sanlúcar de Barrameda, où son talent et ses vertus firent l’admiration ; en 1678, il fut ordonné prêtre à Cadix. La renommée du Frère s’étendait, et même le prieur de Cordoue finit par l’inviter à prêcher, mais ce furent les autres Religieux du couvent qui menacèrent de mettre le feu à la chaire ; la Providence fit qu’il fut nommé aumônier à l’hospice de Cordoue, qui dépendait du couvent de Scala Cæli. Quand Francisco y arriva, un ange vint le prévenir : Ici, ce sera ta croix. En effet, peu après un Religieux lança une calomnie contre Francisco, qu’on dut éloigner pendant quelque temps ; on vint tout de même à lui pour dépanner un autre Religieux que la maladie empêchait d’aller prêcher à Almadén et Chillón ; à son retour, le calomniateur s’était repenti, le prieur du couvent demanda pardon à Francisco pour son attitude passée et le réintégra à l’hôpital, qui s’appela désormais populairement Hospice du père Posadas.

Cet humble Religieux eut ensuite une double activité de prédicateur et d’écrivain.

Ses prédications furent suivies. Des gens de toutes sortes vinrent l’écouter, y compris des prélats, y compris le prieur qui l’avait tant persécuté. Tous étaient stupéfaits de sa doctrine, de ses conseils, de sa maîtrise. Francisco en vint à prohiber les représentations théâtrales, qui détournaient les âmes de Dieu, au point que la ville de Cordoue décida la destruction totale du théâtre, en 1694.

Il eut aussi du temps pour écrire. On a de lui une Vie de saint Dominique, un traité sur Le Triomphe de la Chasteté, des sermons.

Il refusa d’être nommé provincial, il repoussa par deux fois la mitre épiscopale qu’on lui proposait.

Le père Francisco confessa aussi très simplement  à son directeur spirituel un phénomène étonnant, qui se produisait quand il célébrait la Messe ; il confiait lui-même : Je ne sais si c’est le sol qui me manque, je n’y comprends rien… Ce qu’il ne comprenait pas, est que son attrait pour le divin l’élevait littéralement de terre ; c’est ce qu’on appelle la lévitation.

Il annonça sa mort subite. Elle advint effectivement le 20 septembre 1713, lorsqu’il fut frappé d’une attaque en se mettant à table.

Francisco de Posadas fut béatifié en 1818.

 

 

Jean-Charles Cornay

1809-1837

 

Jean-Charles naquit le 27 février 1809 à Loudun (Vienne), de Jean-Baptiste et Françoise Mayaud ; il venait après Elisabeth et Olympe, et avant Eugène et Louise. C’est une famille de chrétiens pratiquants.

Il est baptisé le 3 mars suivant.

Il fait des études au collège Saint-Louis de Saumur, au Petit Séminaire des Jésuites de Montmorillon et au Grand Séminaire de Poitiers. C’est un élève régulier, humble, doux.

Il va recevoir les sept traditionnels ordres sacrés qui vont le conduire au Sacerdoce : après la tonsure, en 1828, il reçoit les quatre Ordres mineurs en 1829 (portier, exorciste, lecteur, acolyte), puis le sous-diaconat en 1830. Il pouvait être ordonné diacre et prêtre l’année suivante, mais un changement intervient dans sa marche spirituelle.

Avant de recevoir le Diaconat et d’être ordonné prêtre, il opte pour le Séminaire des Missions étrangères de Paris, ce qui contrarie passablement ses parents. Il écrit à sa mère : Laisse-moi seulement aller à Paris, j’aurai au moins trois ans à y rester et j’aurai là toutes les facilités d’examiner ma vocation, tous les moyens de m’y préparer si elle est véritable. 

Or 1830 est l’année de grands troubles à Paris : Hier, écrit-il encore, on a pénétré dans notre séminaire et l'on a affiché sept ou huit billets portant «Mort aux Jésuites de la rue du Bac», et un poignard comme signature.

Ces événements, en réalité, vont aider Jean-Charles à convaincre ses parents, auxquels il explique que, finalement, il y avait autant de risques à Paris qu’en Chine. Il persévère et reçoit, en secret d’ailleurs, le diaconat en 1831. Le 11 août 1831, il écrit encore : Je vous aime et je suis obligé de me séparer de vous peut-être pour toujours. Lundi dernier on m’a averti de me préparer à partir et c’est pour le 21 ; il faut que nous soyons arrivés à Bordeaux le 25. Il quitte la France pour la Chine, avant même d’être ordonné prêtre, car il remplace au pied levé un autre missionnaire empêché.

Après six mois de navigation sur le Cambacérès, il arrive à Macao. Il devait rejoindre la province chinoise du Sichuan, mais ses guides n’arrivent pas, de sorte qu’il va rester bloqué au Tonkin, où sévit la persécution.

Il fait le voyage à Hanoï trois ans plus tard, déguisé en chinois, pour y être ordonné prêtre, en 1834. C’est Mgr Joseph Havard qui l’ordonne, en secret.

Premier travail : apprendre l’annamite. Le père Jean-Charles se donne à l’exténuant travail apostolique, toujours calme, voire gai, malgré une santé qui décline vite.

Il était toujours promis à la mission chinoise, mais on fut dans l’impossibilité de lui fournir des guides sûrs ; il se résigna à rester au Tonkin, malgré la persécution. Il écrit : Nous sommes depuis trois mois dans une situation des plus sévères ; il ne reste pas sur pied une seule église ; on force les chrétiens à donner des billets d’apostasie ; on en veut aux prêtres du pays, et surtout à nous.

Sa santé continue de décliner, surtout sa vue. Il écrit à ses chers parents : Tous les jours mes yeux refusent de plus en plus à faire leur service. Je n’ai que trop à craindre d’être tout à fait aveugle dans moins de deux ou trois ans. S’il plaît à Dieu de me laisser au Tonkin, je souffrirai avec résignation jusqu’à ce qu’il me délivre des maux de cette vie, car le retour dans ma patrie est bien le dernier remède que je le prie d’employer.

Janvier 1837. Il répond à ses parents : J’ai reçu hier vos lettres de 1835. Pour vous répondre, il va falloir mettre ma tête et mes pauvres yeux à la torture. Il faut leur arracher jour par jour ces lignes ; encore suis-je obligé de leur donner relâche presque à chaque ligne pour les presser avec mes mains et comprimer par un bain d’eau froide l’ardeur qui les brûle. Il m’est impossible depuis longtemps d’ouvrir un livre et de soutenir une conversation… Me voilà donc devenu ermite et contemplatif au lieu de missionnaire.

Bientôt, sous la menace de la persécution, Jean-Charles se réfugie sur un radeau et même reprend quelques forces, durant cinq mois. Puis une dénonciation le fait arrêter (19 juin) et accuser d’être le chef d’une secte fausse et de fomenter la rébellion. Il est prisonnier, il subit la cangue et la cage. Torturé, il ne cesse de chanter : Après cinquante coups, on m’a délié. En arrivant à la prison, j’ai chanté le ‘Salve Regina’, le chant à la Vierge. Même les mandarins s’interrogent sur sa résistance intérieure.

La condamnation arrive : il sera taillé en pièces, les membres puis la tête coupés ; sa tête sera exposée trois jours, puis jetée au fleuve. 

Jean-Charles pardonne à son délateur.

La sentence est exécutée le 20 septembre 1837 : il est écartelé, décapité et démembré près de Son-Tây, non loin de Hanoï. Le bourreau lui arrache le foie et en mange un morceau pour devenir “courageux comme lui”.

Jean-Charles avait eu le temps d’écrire à ses parents quelques mots : Lorsque vous recevrez cette lettre, mon cher père, ma chère mère, ne vous affligez pas de ma mort; en consentant à mon départ, vous avez déjà fait la plus grande partie du sacrifice.

Jean-Charles Cornay sera béatifié en 1900, et canonisé en 1988, parmi les cent-dix-sept Martyrs du Viêt-Nam. 

Ces Martyrs sont fêtés ensemble le 24 novembre, mais saint Jean-Charles est mentionné à son dies natalis le 20 septembre au Martyrologe.

C’est le martyre de saint Jean-Charles qui enthousiasma le jeune Théophane Vénard et suscita sa vocation à aller, lui aussi, annoncer l’évangile en Extrême-Orient et y verser son sang, près d’un quart de siècle plus tard, en 1861 (v. 2 février).

Nam Kyŏng-mun Petrus

(Nam Gyeong-mun Peteuro)

1796-1846

 

 

Petrus était né à Seoul en 1796.

Jeune encore, il fut soldat, puis il gagna sa vie en vendant des viandes salées.

Lors de ses rencontres avec les prêtres catholiques, il se forma à la religion. Or, il pratiquait l’usure à des taux très élevés : un prêtre lui fit remarquer que ce n’était pas là une pratique digne de l’Evangile, et Petrus mit immédiatement un terme à ces pratiques ; il remboursa tous les intérêts qu’il avait gagnés.

En 1818, il épousa Hŏ Barbara, se convertit totalement et reçut le Baptême.

Dès lors, il accompagna les missionnaires dans leurs déplacements pour administrer les sacrements.

En 1839, il fallit être arrêté par la police, mais ses frères l’aidèrent à s’échapper, quoiqu’ils fussent eux-mêmes encore païens.

A la fin de cette période de persécutions, il n’y avait plus de missionnaires et Petrus cessa de pratiquer sa religion pendant deux ou trois ans.

En 1844 ou 1845, il décida de corriger sa vie et de faire pénitence pour ses péchés. En l’absence de prêtre qui pût lui donner de bons conseils, il pensa que la meilleure pénitence pour lui était de devenir martyr à son tour.

En attendant l’heure où Dieu lui accorderait cette grâce, il prit l’habitude de se lever tôt le matin, avant le lever du soleil, pour prier pendant plusieurs heures. Il vivait et dormait dans une pièce froide et sans chauffage ; il en tomba malade, mais considéra cela comme une grâce spéciale de Dieu, sans jamais se plaindre.

En juillet 1846, la police finit par l’arrêter, malgré les efforts de Barbara, son épouse, pour le dissimuler, tandis que, de son côté, il disait à Barbara que de toutes façons il n’en avait plus pour longtemps à vivre.

En prison, Petrus reçut la visite de ses frères, qui voulurent lui faire passer de la nourriture et des vêtements, mais il refusa tout, en esprit de pénitence. La visite de ses frères était ce qui l’effrayait le plus, car il craignait de sentir sa foi chanceler.

Il fut torturé maintes fois. Durant une de ces séances, il fit remarquer le tag de son numéro militaire, pour démontrer qu’il avait été soldat. Une autre fois, le chef de la police le frappa si fort, que le club se cassa sur ses épaules.

Un de ses meilleurs amis lui suggéra de renier sa foi, ce qu’il refusa absolument. On le battit encore et encore, le sommant de révéler les adresses des autres Catholiques, mais il ne révéla que l’adresse de ceux qui étaient déjà morts.

Finalement, il fut condamné à être battu à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Seoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresa, Agatha et Catharina, étranglés.

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

 

 

Han I-hyŏng Laurentius

(Han I-hyeong Leourensio)

1798-1846

 

Laurentius était né à Dŏksan (Ch’ung-ch’ŏng, Corée) en 1798, dans une famille de la noblesse.

De caractère solide, sachant prendre sur lui et servir les autres, il apprit le catéchisme à quatorze ans.

En quelques semaines, il devint un catholique fervent, passant plusieurs heures à méditer devant le crucifix et à demander pardon pour ses péchés antérieurs. Chaque dimanche et jour de fête, il se rendait à la chapelle de la mission, à quatre kilomètres de chez lui et par tous les temps. Il jeûnait tous les jours du carême.

En 1819, il épousa une Chrétienne et ils vécurent dans une contrée retirée près de Yangji.

Sa vie était vraiment exemplaire. Il recevait les pauvres chez lui, leur donnant de la nourriture et des vêtements, confiant que Dieu saurait le lui rendre.

Mgr Imbert le nomma catéchiste, car il était vraiment recommandable pour sa connaissance de la doctrine chrétienne, pour ses vertus et son comportement exemplaire.

Après l’arrestation du père Kim Andreas, la police chercha à arrêter tous les autres Catholiques qui le connaissaient ; Laurentius fut ainsi arrêté, presque «par hasard».

Il fut brutalement torturé. Plusieurs fois battu, il fut entièrement dévêtu et accroché au plafond ; on le battit fortement, cherchant à lui faire renier sa foi et révéler des adresses, mais il refusa.

Ses bourreaux lui lièrent les jambes en mettant entre ses pieds des bris de verre et de vaisselle, et en les serrant avec une grosse corde ; Laurentius supporta tout cela patiemment, sans rien révéler, et suscitant même l’admiration de ses bourreaux.

On l’emmena à Seoul pour son exécution ; il refusa le cheval qu’on lui proposait, préférant faire pieds-nus les cinquante-deux kilomètres du voyage.

Finalement, il fut condamné à être battu à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Seoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresa, Agatha et Catharina, étranglés.

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

U Sur-im Susanna

1802-1846

 

Susanna était la fille d’une famille encore païenne de Yangju (Kyŏnggi, Corée S) ; elle était née en 1802.

A quinze ans, elle épousa un Catholique de Inch’ŏn et devint à son tour catholique.

En 1828 elle fut arrêtée une première fois, mise en prison et durement torturée. Mais comme elle était enceinte, on la remit en liberté. Elle resta cependant marquée tout le reste de sa vie par les conséquences de ses blessures.

En 1841, son mari décéda, et elle se rapprocha de Seoul, travaillant comme domestique dans différentes familles.

Elle fut très amie de Yi Catharina, une future Martyre (v. 26 septembre), qui était morte en 1839, donc deux années avant la mort de son mari.

Susanna priait beaucoup, et acceptait n’importe quel travail pour l’amour de Dieu. Elle ne regrettait qu’une chose : d’avoir manqué le martyre ; mais Dieu allait la consoler.

Le 10 juillet 1846, Susanna fut arrêtée avec d’autres Compagnes chez Hyŏn Sŏng-mun Carolus (v. 19 septembre). Elles restèrent en prison pendant plus de deux mois, sans cesse torturées.

Finalement, elle fut condamnée à être battue à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Seoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresa, Agatha et Catharina, étranglés.

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

 

 

Im Ch’i-baek Iosephus

(Im Chi-Pek Yosep)

1803-1846

 

Iosephus était né en 1803 dans un petit village près du fleuve Han, non loin de Seoul (Corée S).

Il fut orphelin de mère assez jeune, et fut élevé avec beaucoup d’amour par son père, mais n’était pas encore baptisé.

En grandissant, Iosephus se montra toujours très aimable. Il fréquenta une école traditionnelle pendant dix ans, apprenant la littérature chinoise, la musique, la poésie… Puis il trouva sa voie dans le commerce. Sa gentillesse lui gagna beaucoup d’amis.

Il se maria ; son épouse et ses enfants furent baptisés, mais lui-même remettait son baptême à plus tard. Il aimait profondément les Catholiques, les fréquentait, les aidait, sans se préoccuper du danger qu’il courait.

En 1835, il s’engagea volontairement dans la police, pour pouvoir aider les Catholiques quand ils étaient arrêtés (c’est ce que fit saint Sébastien à Rome au 4e siècle, v. 20 janvier).

En 1846, il arriva qu’un de ses fils accompagna le père Kim Andreas sur la côte Ouest de la province de Hwanghae, et fut arrêté avec lui le 5 juin. Iosephus partit aussitôt et s’adressa au gouverneur de Haeju pour obtenir la libération de son fils, mais il fut à son tour mis en prison, et put ainsi rencontrer personnellement le père Kim.

La personnalité du père impressionna Iosephus : Kim, le premier prêtre coréen, lui apparaissait très digne, avec une foi très profonde ; les fidèles lui obéissaient, et cela le rendait très admiratif pour le père Kim. Il décida de se faire baptiser.

C’est donc le père Kim Andreas lui-même qui prépara Iosephus au baptême, en prison. Et c’est au baptême que ce néophyte reçut officiellement son nom de Iosephus.

Les amis de Iosephus cherchèrent à le faire libérer, en lui suggérant de renier sa foi ; parfois même, ils venaient en compagnie de ses deux fils et de leurs épouses, pour tenter de le persuader encore plus violemment. Rien à faire !

Iosephus fut torturé ; le chef de la police le fit plusieurs fois soulever en l’air et retomber à terre, le battit lourdement, mais ce fidèle Chrétien demeura ferme dans sa foi.

Après trois mois de prison, Iosephus apprit qu’il serait condamné à mort, et s’en réjouit beaucoup. Il disait à ses compagnons de prison qu’il allait être le premier à arriver au Ciel, et qu’il serait là pour les accueillir quand viendrait leur tour.

Son bourreau se moqua de lui un jour, parce qu’il n’était pas en mesure de réciter les Dix Commandements par-cœur, à quoi Iosephus répliqua dignement que même un fils ignorant peut rester fidèle à son père.

Le chef de la police s’acharna sur sa victime ; il intensifia la torture avec des pointes et en lui tordant les jambes. Le pauvre Iosephus gémissait de douleur, mais comme le chef de la police lui disait qu’il considérerait ces gémissements comme un signe d’apostasie (pour le libérer), Iosephus cessa totalement de gémir et souffrit en silence.

Il faut admirer comment cet homme, qui n’était pas encore catholique lors de son arrestation, supporta tant de tortures sans fléchir un moment, jusqu’à la mort.

Finalement, il fut condamné à être battu à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Seoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresa, Agatha et Catharina, étranglés.

Quand les enfants de Iosephus vinrent à apprendre la mort de leur père, ils pleurèrent, mais le chef de la police les consola en leur disant qu’il avait vu une mystérieuse lumière au-dessus du corps de leur père.

Iosephus et ses Compagnons furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

 

 

 

Kim Im-i Theresia

(Gim Im-i Teresa)

1811-1846

 

Theresia était née en 1811 à Seoul, dans une famille catholique.

Petite, elle raffolait de lire les vies des Saints ; jeune fille, à dix-sept ans, elle décida de rester vierge et de se consacrer par amour de Dieu à servir les voisins, surtout ceux qui étaient dans le deuil ; elle assistait les mourants.

Mais ses proches et amis ne comprenaient pas pourquoi elle ne se mariait pas. Pour dissiper tout équivoque, elle prit du service dans le palais princier comme couturière, pendant trois ans, puis s’en vint vivre chez des parents ou des amis, en particulier chez la nourrice de Yi Mun-u.

Successivement, elle eut la joie et l’honneur de tenir la demeure du père Kim, en 1845.

Elle semblait s’attendre à une nouvelle vague de persécution, et s’en réjouissait. Elle affirma à sa sœur qu’elle suivrait le père Kim jusqu’à la mort, et qu’elle ne vivrait plus très lontemps encore.

La veille de son arrestation, le 9 juillet 1846, elle vint voir sa sœur, qui lui proposa de passer la nuit chez elle. Mais Theresia répondit qu’elle devait aller chez Hyŏn Carolus pour parler de choses importantes avec les responsables catholiques.

Le lendemain, 10 juillet 1846, Theresia fut arrêtée avec d’autres Compagnes chez Hyŏn Carolus (v. 19 septembre). Elles restèrent en prison pendant plus de deux mois, sans cesse torturées, toujours patientes, humbles, pleines d’amour fraternel, mais Theresia était de loin la plus courageuse, exhortant ses compagnes à ne pas fléchir et à rester fidèles.

Finalement, elle fut condamnée à être battue à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Seoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresia, Agatha et Catharina, étranglés.

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

 

 

Yi Kan-nan Agatha

(Yi Gan-nan Agata)

1813-1846

 

Agatha était née en 1813, de parents païens.

A dix-huit ans, elle se maria, mais fut veuve deux ans après.

L’année suivante, en 1834, elle entendit parler de la religion catholique ; elle refusa de se remarier et demanda à sa mère de lui faire rencontrer un Catholique. Ce n’était pas difficile, car justement un de leurs parents était baptisé.

Celui-ci vint enseigner l’Evangile à Agatha, à sa mère et à son frère. Tous trois furent baptisés par le père Pacificus Yu, un prêtre chinois.

Mais les problèmes surgirent à cause du père d’Agatha, qui était un païen très obstiné. Apprenant que sa famille était devenue chrétienne, il les mit tous à la porte : Agatha n’avait qu’à se réfugier dans sa belle-famille, la maman et le frère furent carrément exilés dans la province de Kyŏngsang, ce qui laisse supposer que ce papa avait des relations avec les autorités civiles.

Agatha se montra soumise : elle rejoignit la maison de sa belle-famille, où elle fut accueillie avec joie comme catholique.

Ayant pu économiser un peu d’argent, Agatha s’acheta une maison et y vécut avec ses amies. Elle était très pieuse, et jeûnait souvent. Les Catholiques avaient de l’admiration pour cette jeune veuve ; ils disaient qu’elle était aussi brillante qu’un miroir et aussi pure que la neige.

Le 10 juillet 1846, Agatha fut arrêtée avec d’autres Compagnes chez Hyŏn Carolus (v. 19 septembre). Elles restèrent en prison pendant plus de deux mois, sans cesse torturées, toujours patientes, humbles, pleines d’amour fraternel.

Finalement, Agatha fut condamnée à être battue à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Séoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresa, Agatha et Catharina, étranglés.

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

 

 

Chŏng Ch’ŏr-yŏm Catharina

(Jeong Cheor-yeom Gatarina)

1816-1846

 

Catharina était née en 1816, d’une pauvre femme de ménage.

On ne sait au juste si elle fut baptisée petite ou plutôt à l’adolescence vers seize ou dix-huit ans.

Douce, elle était intérieurement décidée et forte.

Quand elle eut vingt ans, sa maîtresse voulut la forcer à participer aux cérémonies païennes du solstice d’hiver. Sur le refus de Catharina, la maîtresse se mit en colère, lui attacha les bras derrière le dos et la tint au-dessus d’un feu, puis la frappa jusqu’à ce qu’elle perde connaissance. Même scénario au solstice d’été suivant. Catharina en eut des blessures qu’on pouvait voir sur tout le corps ; elle était pâle et ne pouvait faire de durs travaux.

Quand enfin ses blessures furent guéries, elle se cacha dans une famille catholique de Seoul et, en 1845, put travailler comme femme de ménage dans la propre maison du père Kim Andreas.

Le 10 juillet 1846, Catharina fut arrêtée avec d’autres Compagnes chez Hyŏn Sŏng-mun Carolus (v. 19 septembre). Elles restèrent en prison pendant plus de deux mois, sans cesse torturées, toujours patientes, humbles, pleines d’amour fraternel.

Finalement, Catharina fut condamnée à être battue à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Seoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresa, Agatha et Catharina, étranglés.

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

 

José María de Yermo y Parres

1851-1904

 

La famille de ce prêtre mexicain était originaire de Burgos en Espagne. Son père, Manuel de Yermo y Soviñas, avocat en retraite, et sa mère, Josefa Parres, tous deux excellents chrétiens, tenaient une propriété de campagne à Jalmolonga (Etat de Mexico). Il était leur fils unique, et fut baptisé le jour-même de sa naissance (10 novembre 1851).

La première de tant d’épreuves que dut éprouver José, fut le décès de sa maman à peine cinquante jours après sa naissance, juste avant la fête de Noël, qui fut cette année-là bien triste pour la famille Yermo. Mais le papa enseigna toujours au petit José ce que signifie être viril et chrétien : José grandit auprès de son père, de sa tante Carmen, de sa grand-mère, apprenant d’eux ce qui fut toute sa vie le trésor de son cœur : l’amour de Dieu et l’amour au service des pauvres.

José eut des maîtres à la maison, puis fréquenta des écoles privées. En 1864, à douze ans, il recevait des mains de l’empereur Maximilien la médaille d’honneur au mérite, pour s’être particulièrement signalé dans ses études. C’est à cette époque aussi qu’il se lia d’amitié avec Juan de Dios Peza, qui devint plus tard un grand poète mexicain : leur amitié dura jusqu’à la mort, quarante années plus tard. Sa formation continua à la maison, entre autres pour l’étude du latin.

Le désir du sacerdoce fut assez précoce chez José, mais les circonstances sociales du moment ne lui épargnèrent ni les luttes, ni les crises, ni les incertitudes. Sa première expérience religieuse fut chez les Pères Lazaristes dans la Congrégation de la Mission (fondés par s.Vincent de Paul).

Après sa profession religieuse, il fut envoyé à Paris pour poursuivre ses études théologiques. De retour dans sa patrie, l’année suivante, il se donna à l’apostolat avec ferveur et enthousiasme, dans diverses missions de l’archidiocèse. Mais il n’avait pas une bonne santé et ne put continuer ce dur travail apostolique, aussi revint-il pour quelque temps dans sa famille. Mais il resta lié aux supérieurs de la Congrégation et, au sein de l’archidiocèse de México, conserva la charge de secrétaire de l’archevêque Pelagio Antonio Labastida y Dávalos.

Les crises se succédèrent, au point qu’il obtint la dispense des vœux en 1874, puis réintégra la Congrégation, qu’il quitta définitivement en 1877. Il était persuadé de ne pas être sur le bon chemin. A l’école de saint Vincent, il avait appris à aimer et à servir les pauvres. Il atterrit finalement au séminaire de León (Etat de Guanajuato), accueilli par l’évêque José de Jesús Díez de Sollano, un lointain parent, qui l’ordonna sous-diacre, diacre et prêtre en 1879, à vingt-sept ans déjà.

Ses nombreuses qualités lui valurent dès son ordination plusieurs nominations et diverses charges. Ainsi les membres du Chapitre des Chanoines proposèrent à l’évêque de le nommer sixième chapelain de chœur et second maître des cérémonies, charges qu’il assuma jusqu’à son transfer à Puebla en 1889. Ses autres charges furent à cette époque : sous-secrétaire, puis secrétaire de la Curie, co-fondateur et secrétaire de l’Académie philosophico-théologique Saint Thomas d’Aquin, inaugurée en 1880 par le même évêque Sollano y Dávalos.

On citera ici le témoignage d’un témoin oculaire, sœur Refugio Ladrón de Guevara, qui décrit ainsi ses débuts apostoliques :

“Dès lors il montra une sublime éloquence, une sorte d’onction surnaturelle qui émouvait les cœurs ; quand on apprenait qu’il avait annoncé les sermons de carême, il s’y rendait une telle foule que l’église où il prêchait, Notre Dame des Anges, était remplie. Et comme cette église n’avait pas de tambour, toute la foule se tenait dans la rue, jusqu’au trottoir d’en face, au point que la rue était fermée à toute circulation ; tout ce monde écoutait et comprenait ce que disait notre Père, car notre Seigneur lui donna une voix à la fois douce, sonore et claire, ce qui faisait qu’on l’entendait distinctement même de loin. J’en donne le témoignage.”

Un autre témoignage vient de son ami, le prêtre Miguel Arizmendi : “Il faut parler surtout du zèle avec lequel il s’est consacré à l’exercice de son saint ministère. Des personnes de tout sexe et de toute condition venaient à lui pour entendre ses conseils et le consulter dans des cas difficiles, attirés par sa vaste culture, sa grande prudence et son inaltérable vertu.

Durant sa jeunesse, il avait déjà montré son zèle en fondant une association juvénile : L’Ange de la Pureté. Séminariste, il allait faire le catéchisme dans les quartiers pauvres. Une fois prêtre, son zèle le porta auprès des jeunes, organisant principalement la catéchèse et promouvant le culte au Sacré-Cœur et la dévotion mariale dans le diocèse. Il obtint même la conversion de Juifs et de Francs-maçons. 

En 1884, la délicate santé du père Yermo fut sérieusement menacée par une grave maladie pulmonaire qui préoccupa beaucoup ses supérieurs et lui-même, au point qu’il crut opportun de renoncer à la charge de sous-secrétaire de la Curie. Durant sa longue convalescence, il décida d’aider un brave vieux curé dans l’exercice de son ministère, dans la petite église du Calvaire, située en haut d’une colline non loin de la ville. Avec ce prêtre exemplaire (don Prudencio Castro), le père Yermo prit contact avec les pauvres et les marginaux de la vie, qui avaient besoin d’une assistance matérielle et surtout spirituelle. Il s’en occupa si bien, qu’à la mort de l’évêque, le successeur de ce dernier, Mgr Tomás Barón y Morales, nomma José dans les deux quartiers de banlieue du Calvaire et de l’Enfant-Jésus, pour succéder au curé défunt (1885). 

Ce fut une nomination qui, de l’aveu de José lui-même, blessa sérieusement son orgueil. Mais il prit à cœur son travail apostolique, se chargeant lui-même des travaux les plus humbles. Dieu le préparait ainsi à rencontrer la réalité de la souffrance des pauvres.

Et voici ce qu’il découvrit un jour d’août 1885, tandis qu’il se rendait à l’église du Calvaire. Comme tous les jours, il devait traverser un ruisseau pour y accéder, et voilà qu’il découvre sous ses yeux des porcs en train de dévorer deux nouveaux-nés, probablement abandonnés là par une pauvre malheureuse. Il n’en put dormir pendant plusieurs nuits, mais cette horrible scène lui suggéra de faire quelque chose pour les enfants abandonnés et pour les pauvres.

C’est ainsi que le 13 décembre 1885, avec l’accord de l’évêque, fut fondée sur cette même colline du Calvaire de la ville de León l’Asile du Sacré-Cœur qui bientôt devint un centre d’enseignement, et la première école du Père Yermo : cette école maternelle fut la Maison Mère de beaucoup d’autres œuvres que le Père Yermo mit sur pied, et qui continuèrent à se développer même après sa mort ; les quatre jeunes filles qui secondèrent le Père Yermo dans cette première fondation, furent ensuite les premières Sœurs de la prochaine Congrégation des Servantes du Sacré-Cœur de Jésus et des Pauvres. Lui-même, très humblement, affirmait : “C’est là ce grain de moutarde qui, je ne sais comment, m’est tombé dans les mains, a pris vie et grandi, jusqu’à abriter aujourd’hui dans ses branches un grand nombre de pauvres”.

Chaque occasion nouvelle qui se présentait à lui pour aider les pauvres, était dès lors une nouvelle étape sur son chemin de fondateur ; dès lors le père Yermo chercha tous les moyens d’être fidèle à ce que Dieu lui inspirait, s’entourant de personnes sages, et priant beaucoup pour discerner la volonté de Dieu.

Les difficultés ne se firent pas attendre, et furent très nombreuses : obstacles, incompréhensions, même de la part de ses amis. Ce fut pour lui, en plus de sa mauvaise santé, le départ d’une longue ascension de son esprit d’amour vers Dieu et vers les frères en difficulté. Il surmonta toute chose avec grande force d’âme et de foi. Le père Yermo s’était donné entièrement à Dieu, et n’hésitait pas à se décharger de certaines initiatives, quand il voyait qu’elles n’étaient pas de Dieu.

Les premiers fruits aussi se firent sentir : trois ans après son arrivée au Calvaire, il avait réussi à transformer cette petite église en un centre d’adoration eucharistique et de charité chrétienne fervente. Beaucoup de fidèles venaient des autres paroisses pour s’inscrire à la Garde d’Honneur du Sacré-Cœur ; chaque premier vendredi du mois une foule de gens remplissait l’église du Calvaire et la rue jusqu’en face, comme au temps des prédications de carême du père Yermo.

Son projet était l’évangélisation et la promotion du pauvre, et surtout de la femme. Il avait conscience qu’une femme bien éduquée est la base d’une société plus juste et plus chrétienne. Ceci ne l’empêcha pas de tourner aussi son attention et sa sollicitude vers d’autres secteurs de la société défavorisée. Dès 1888, les Sœurs prirent en charge l’Asile de la Charité, une maison pour les vieillards de la ville de Puebla, qui fonctionne encore de nos jours.

Cette même année, au moment où il pensait transférer son œuvre à Puebla, survint à León une de ces terribles inondations qui se produisent quelquefois dans ces belles régions. Voici ce que rapporta un journal de l’époque : “Hier soir, au milieu de la tempête et avec l’eau jusqu’à la ceinture, le père Yermo se rendait de tous côtés, là où il pouvait y avoir quelque danger. Il semblait se multiplier. Il fit élever une digue près de la Garita et ce n’est qu’après des efforts titanesques que l’entreprise dut être abandonnée, par lui et par ceux qui l’aidaient, entraînés par son exemple…” C’est à cette occasion que le Gouverneur de l’Etat de Guanajuato, le général Manuel González, fit son éloge en lui donnant le titre de “Géant de la Charité”. Toutefois, quelqu’un a dit à sa mort que le Père Yermo fut un géant à tous les moments de sa vie.

Le Père Yermo se rendit compte que Puebla devait être la ville qui abriterait le siège de la nouvelle Congrégation. C’est là qu’il fonda l’œuvre de la “Miséricorde Chrétienne”, pour la régénération de la femme tombée dans la prostitution. C’est dans cette propriété, acquise au prix de mille sacrifices, qu’il construisit successivement des écoles, des ateliers et des dortoirs pour petites filles orphelines.

Tout lui réussissait, grâce à sa grande confiance en Dieu, mais aussi à cette façon noble, douce et convainquante qu’il avait pour se faire aider par les couches modestes de la société.

Mais ses entreprises ne devaient pas s’arrêter à Puebla. Après y avoir installé diverses œuvres de bienfaisance, voici qu’en 1890 on le voit inaugurer une école à Mérida, dans l’Etat du Yucatán, à l’extrême limite de la patrie. En 1904, l’année de sa mort, fut fondée la première école parmi les indigènes de la Sierra Tarahumara, dans l’Etat de Chihuahua ; il y transféra les Servantes, pour la promotion des “rarámuri”, en collaboration avec les Jésuites (Les rarámuri sont une population très ancienne du Mexique, de race amérindienne, qu’on a successivement appelés “Tarahumara” ; ils sont réputés pour être d’excellents coureurs de fonds, habitués qu’ils sont à franchir à pied de grandes distances pour communiquer entre eux. Ils seraient environ cent mille aujourd’hui, catholiques, avec des traditions ancestrales. Ils sont menacés par l’infiltration chez eux de la drogue et de l’alimentation “moderne”) ; il disait que c’était là son œuvre la plus précieuse, montrant toujours un grand désir de pousser les Sœurs à travailler dans ces endroits ; dans sa prière, il disait au Seigneur : “Si c’est Toi qui m’inspires cet ardent désir de missions parmi les infidèles, rends-le fécond et fais-m’en connaître la route”.

Successivement, on le vit ouvrir des écoles, des Foyers, des Maisons pour Vieillards, des hôpitaux, lancer des missions, en différents points du Mexique.

Le père Yermo ne négligea aucun moyen pour impartir à ses filles spirituelles une doctrine solide, un réel amour pour l’Eglise et pour les pauvres, et une formation spirituelle et religieuse. Dès le départ il prescrivit d’utiles normes pour régler tous les rapports internes et externes de l’Œuvre, matériels et spirituels. Ce règlement, dûment révisé à la lumière du Magistère de l’Eglise, fut intégré aux Constitutions de la Congrégation, lesquelles furent approuvées par Rome dès 1910.

Il ne faudra pas croire que le père Yermo était un saint parfait en tout depuis sa naissance. La sainteté s’acquiert par étapes successives et parfois difficiles et même douloureuses. José avait un tempérament ardent, sanguin, avec des manifestations émotives assez visibles, mais qu’il apprit à dominer suffisamment pour qu’on pût dire de lui qu’il possédait une douce tranquillité en même temps qu’une profonde compassion. On le voyait régulier, ordonné, modeste, droit, tenace ; sincère, simple ; par son éducation soignée, il se montrait affable envers tous, quels qu’ils fussent.

Il se réjouissait de sentir la main de Dieu dans tout ce qu’il entreprenait, sans pour autant que lui fussent épargnées de grandes épreuves durant toute sa vie : malentendus avec ses évêques, souffrances et infirmités de tout genre. Ses derniers jours furent assombris par une terrible calomnie qui mina encore plus sa santé déjà bien précaire depuis longtemps (il fut honteusement accusé d’être le père naturel d’un enfant). L’évêque le pria de déposer sa charge auprès des Sœurs de la Congrégation qu’il avait fondée : il se soumit humblement, il obéit. Toujours il conserva une foi et une espérance à toute épreuve, même quand ses propres amis le “lâchaient”. Sa charité était plus qu’évidente : c’était “un homme d’amour”. 

Son zèle pastoral et sacerdotal lui suggéra la fondation de la première revue sacerdotale mexicaine (El Reproductor Eclesiástico Mexicano), grâce à laquelle il maintenait des contacts avec les prêtres de tout le Mexique et même d’autres pays d’Amérique Centrale et du Sud. 

Plus d’un siècle avant le récent document pastoral des évêques mexicains, le père Yermo apparaît comme le modèle sacerdotal que ces derniers décrivent pour les prêtres modernes du vingt-et-unième siècle :  fidèle au Christ et au sacerdoce; profonde insertion dans le monde actuel pour y apporter l’Evangile particulièrement là où il fait défaut, parmi les pauvres, parmi les jeunes, et surtout là où règne la délinquence, l’exploitation de la femme, l’analphabétisme, la misère, l’ignorance, la marginalisation ; enfin, le témoignage de la charité totale, dans le don total de soi, dans le célibat et dans une vie imprégnée de prière.

Il mourut au matin du 20 septembre 1904 à Puebla de los Angeles, de la mort des Justes et des grands hommes, et il se sentait très heureux parce qu’il allait vers son Seigneur, le fidèle Ami qui ne le trahit jamais : c’est pourquoi, au moment de mourir, il demanda qu’on lui chantât un chant à Marie, Etoile des Mers, qui l’accompagna au port de l’éternité.

Après l’avoir béatifié, le 6 mai 1990, lors de son voyage au Mexique, Jean-Paul II l’a canonisé le 21 mai 2000. Il est mentionné au Martyrologe le 20 septembre.

 

 

Teresa Cejudo Redondo de Caballero

1890-1936

 

Elle naquit le 15 octobre 1890 à Pozoblanco (Cordoue, Espagne), et reçut le nom de la sainte du jour, Thérèse d’Avila (Teresa de Ávila).

Ses parents, très chrétiens, étaient José Cejudo Muñoz et Isabel Redondo Caballero.

Après la mort de sa maman, Teresa dut quitter le collège des Religieuses Conceptionnistes, pour s’occuper de ses deux petites sœurs.

Elle épousa un architecte, Juan Bautista Caballero Cabrera, dont naquit une petite fille, qui s’appela aussi Teresa.

Elle fut une femme toute donnée à l’Action catholique, aux Conférences de Saint-Vincent-de-Paul, aux Marie du Sanctuaire (sacristines).

Quand les Pères salésiens s’installèrent dans la ville, elle s’en rapprocha avec enthousiasme et fut bientôt coopératrice. Quand ils érigèrent l’Association de Marie Auxiliatrice, elle en fut la secrétaire.

Lors de la révolution de 1936, Teresa s’offrit à Dieu en victime pour le triomphe de l’Eglise. 

Six jours après l’assassinat du curé, elle fut arrêtée pour sa condition de «propagandiste catholique». Elle dit adieu à sa chère famille.

En prison, elle continuait calmement à encourager ses compagnons. Au moment du repas, elle servait tous les autres, et elle prenait en dernier ce qui pouvait rester.

Le 16 septembre, elle passa en «jugement» et fut accusée de propagande politique contre les idées marxistes. Elle répondit : Je n’ai rien fait pour défendre le capital, mais pour la loi de Jésus-Christ.

Condamnée à mort avec d’autres personnes catholiques, elle put encore embrasser ses deux sœurs et sa fille ; quelques jours avant, son mari avait lui-même été assassiné à Valencia.

Elle fut exécutée le 20 septembre 1936, après avoir demandé à mourir la dernière pour pouvoir soutenir les autres au moment suprême.

Elle-même refusa d’avoir les yeux bandés. Au moment de tomber, elle cria encore : Je vous pardonne, frères ! Vive le Christ Roi !

Elle fut béatifiée en 2007.

 

 

Andrés Molina Muñoz

1909-1936

 

Né et baptisé le 15 avril 1909 à Ogíjares (Grenade), il entra au collège tenu par les Pères Carmes de Cordoue.

Mais il souffrait déjà de rhumatismes et dut changer d’orientation : il entra au Petit séminaire de Grenade, en 1922. Après les études de philosophie et de théologie au Grand séminaire, il fut ordonné prêtre en 1933.

Les paroisses où il exerça son ministère sacerdotal, qui dura seulement trois ans, furent Instinción et Rágol.

Peu avant le déclenchement de la persécution, don Andrés alla trouver sa mère, Carmen, à l’occasion de la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel (16 juillet). C’était un jeudi, et la maman suggérait à son fils : Les choses vont mal, reste donc quelques jours encore, mais don Andrés répondit à sa mère : Dimanche, il faut que je sois avec mes fidèles, et puis je célébrerai la Saint-Jacques (le 25 juillet, ndlr).

A peine arrivé, il écrivit une lettre à sa mère pour lui décrire la situation : Ces pauvres gens - je leur pardonne de tout mon cœur - me disent que, si je veux avoir la vie sauve, je n’ai qu’à me marier ; sinon, ils me tueront… Et moi je leur ai répondu qu’ils pouvaient bien me tuer, mais que je ne veux pas renier notre sainte Religion.

Il fut bientôt arrêté et mis en prison. Le 20 septembre, on l’emmena dans un coin de Terque, appelé El Umbrión, où on le fusilla.

Don Andrés avait vingt-sept ans.

Martyrisé le 20 septembre 1936 et béatifié en 2017, Andrés Molina Muñoz sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 20 septembre.

Anna Maria Tauscher van den Bosch

1855-1938

 

Fille d’Hermann Traugott Tauscher, pasteur luthérien, Anna Maria naquit à Sandow, dans la partie de l’Allemagne qui se trouve maintenant en Pologne, le 19 juin 1855. La maman d’Anna Maria, Pauline, était luthérienne aussi, mais très mariale en même temps, et c’est pour cette raison qu’elle fit donner ce nom à sa fille lors de son baptême (c’est le grand-père, lui aussi pasteur, qui la baptisa le 24 juillet suivant). Anna Maria aura deux autres petites sœurs.

En 1862, Hermann fut nommé à Arnswalde, où Anna Maria accompagna sa mère dans la visite des pauvres et des malades. Puis Hermann fut nommé à Berlin.

Anna Maria fut envoyée avec sa sœur dans une maison des “Frères Moraves”, à la campagne, pour reprendre des forces. En 1872, son père la rappela à Berlin pour sa confirmation. Mais Anna Maria ressentait de plus en plus d’incompatibilités avec le luthéranisme ; on lui dit justement qu’elle avait un esprit catholique.

En 1873, elle refusa un parti qu’on lui présentait en vue du mariage, provoquant la colère du grand-père.

En 1874, mourut la maman d’Anna Maria, qui dut s’occuper de la maison. Puis son père se remaria. 

Elle se mit, avec quelques compagnes, à confectionner des objets au profit des missions. Elle devint directrice d’une maison de malades psychiâtriques.

Elle se convertit au catholicisme en 1888, mais sans abjurer le luthéranisme, car, dit-elle, elle n’y avait jamais adhéré, pas même une heure. Son choix aboutit à une rupture avec son père, qui ne voulut plus la recevoir.

Elle désirait entrer chez les Carmélites, mais comprit que ce n’était pas vraiment sa voie. Ayant perdu sa place de directrice, elle erra, trouva une place de dame de compagnie. En voyant dans la rue des enfants, surtout italiens, qui traînaient là après un travail harassant, elle décida d’ouvrir un refuge pour sans-abris, la Maison pour les sans-maison (1891), dans la Pappelallee 91, à Berlin, qui abrita jusqu’à cent-vingt enfants. Elle prit le nom religieux de Maria Teresa de Saint-Joseph, mais ne pouvant obtenir de l’archevêque l’autorisation de porter un habit religieux, elle partit aux Pays Bas, où elle fut admise dans la famille carmélitaine.

Beaucoup de maisons seront ouvertes sous son impulsion. Il y en aura jusqu’à cinquante-huit lors de sa mort en 1938, avec plus de mille religieuses.

Toutes ses maisons prirent le nom de “Maison de Saint-Joseph” : à Sittard aux Pays-Bas, à Crémone en Italie, et à Rocca di Papa près de Rome, où elle établit sa “maison-mère”. 

Elle fit les vœux religieux avec quelques compagnes et fonda ainsi une nouvelle congrégation, agrégée au tiers-ordre de Notre-Dame du Carmel, les Sœurs Carmélites du Divin Cœur de Jésus (1906).

Les Sœurs essaimèrent en Amérique. 

Au lendemain de la première guerre mondiale, la maison de Rocca di Papa sera expropriée sous le prétexte qu’elle appartenait à des Allemands. On se replia donc à Sittard.

Mère Maria Teresa y rédigea les Constitutions.

Elle mourut le 20 septembre 1938, son dies natalis au Martyrologe, tandis qu’elle est localement fêtée le 30 octobre.

Elle a été béatifiée en 2006.

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18 septembre 2020 5 18 /09 /septembre /2020 23:00

19 SEPTEMBRE

 

III.

S Trophimos, martyr à Synnada en Phrygie.

?

S Sabbatius, martyr à Antioche de Pisidie.

S Théodore, évêque à Vérone.

IV.

S Ianuarius, évêque à Bénévent, martyr avec les ss. Festus, Desiderius, Sosius (Sossus), Proculus, Eutychius ; il est patron principal de Naples, où chaque année son sang se liquéfie trois fois : le 1er samedi de mai, le 19 septembre, le 16 décembre.

SS Peleus, Nilus, Elia et Patermuthius, martyrs en Palestine ; Peleus et Nilus étaient évêques en Egypte, et Elia prêtre.

Ste Susanne, martyre à Eleuthéropolis.

V.

S Eustochius, évêque à Tours après Martin et Brice.

S Miletus, évêque à Trèves.

VI.

S Seine, prêtre à seize ans, fondateur d'un monastère qui portera son nom, jusqu'à la Révolution. 

S Marianus, ermite en Berry , vénéré à Evaux.

S Jean, évêque et martyr à Spolète.

VII.

S Goëry (Abbo), évêque à Metz ; auparavant il avait eu deux filles.

S Theodore, évêque à Cantorbury, originaire de Tarse, gloire de l'époque, surnommé “le philosophe”, organisateur de l'église d'Angleterre, favorisant les écoles et le chant grégorien.

IX.

Ste Pomposa, martyre à Cordoue ; elle était consacrée à Dieu ainsi que toute sa famille. 

X.

S Lantpert, évêque à Freising.

Ste Lucie, vierge écossaise et bergère à Sampigny ; les femmes l'invoquent pour avoir des enfants (ainsi naquit le fils d’Anne d'Autriche, futur Louis XIV).

XI.

S Ciriaco, abbé en Calabre.

S Arnoul, bénédictin, évêque à Gap, en remplacement de l'évêque simoniaque déposé, patron principal de Gap.

XIII.

Ste María de Cervelló, espagnole de l'ordre de Sainte-Marie de la Merci, surnommée Marie du secours, pour les grâces qu'elle obtient. 

XVI.

S Alonso de Orozco, espagnol, ermite de Saint-Augustin, prédicateur officiel de la cour, mort plus que nonagénaire, canonisé en 2002.

XIX.

S Hyŏn Sŏng-mun Garollu, catéchiste coréen martyr, canonisé en 1984 et fêté le 20 septembre.

Ste Émilie de Rodat, fondatrice de la congrégation de la Sainte-Famille de Villefranche-de-Rouergue, pour l'éducation et la scolarisation des enfants pauvres.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiées en 2001 :

Piaristes : à Madrid, María Encarnación de la Yglesia de Varo (María de Jesús, *1891), et deux anciennes élèves de l'école : Dolores et Consuelo Aguiar-Mella Díaz (nées en Uruguay en 1897 et 1898) ;

Laïques : près de Valencia, Francisca Cualladó Baixauli (*1890), couturière engagée dans les œuvres ;

- béatifié en 2020 :

Diocésains : près de Grenade, le prêtre José Becerra Sánchez (*1875).

 

Trophimos de Synnade
3. siècle

Seuls le nom et la ville de ce Martyr ont été conservés avec quelque certitude. Trophimos a pu souffrir avec Dorymedon, qu’on retrouvera le 20 septembre.
Synnade est aujourd’hui Şuhut (Turquie CW).
Trophimos fut longtemps torturé : on le fit marcher de Synnade à Antioche (de Pisidie) avec des chaussures garnies de pointes de fer à l’intérieur ; on le mit en prison et on lui creva les yeux ; il ne pouvait plus se diriger et ne voyait pas les bêtes fauves qu’on lançait contre lui, mais elles ne lui firent pas de mal ; enfin il fut décapité.
Trophimos mourut assez probablement vers la fin du troisième siècle.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Trophimos de Synnade au 19 septembre.

Ianuarius de Bénévent

† 305

 

S’il y a une occasion où le mot “légende” doit être pris au sens propre de “ce qu’il faut dire”, c’est bien le cas pour saint Janvier. Malgré quelques approximations, ce Saint peut être situé historiquement d’après des témoignages authentiques. Mais ses reliques ont été l’objet de beaucoup de vicissitudes.

Ianuarius a été simplement traduit Gennaro en italien, et Janvier en français.

Janvier, un descendant de la Gens Ianuari, était né à Naples vers 270. Prêtre, il fut élu en 302 évêque de Bénévent, près de Naples. 

Vers 303-304, au début de la grande persécution de Dioclétien, deux de ses diacres, Sosius, diacre de Misène, et Proculus, diacre de Pouzzoles, furent arrêtés avec deux gentilshommes, Eutychès et Acutius et jetés dans les prisons de Cumes par Dragontius, proconsul de Campanie.

En 305, lorsque Constance et Galère succédèrent à Dioclétien et Maximilien, Dragontius fut rappelé à Rome et remplacé par Timothée ; les chrétiens emprisonnés à Cumes furent relâchés.

Apprenant cette libération, saint Janvier, qui avait partagé la douleur des prisonniers, quitta son diocèse accompagné du diacre Festus et du lecteur Desiderius pour venir partager leur joie. Ils se rejoignirent dans une église aux environs de Pouzzoles et l'évêque, assisté de Sosius et Proculus y célébrait la messe quand il se fit au-dehors un grand bruit, suivi d'un long silence : une voix lisait le décret de persécution de Dioclétien que Timothée avait remis en vigueur.

A la sortie de l'église, Janvier guérit une de ses parentes paralytique et lui confia les deux burettes qui lui servaient à célébrer la messe ; alors, avec ses compagnons et la foule, il se rendit à Nola lors d'une marche qui parut un triomphe. Mais Timothée l'attendait sur la place de Nola et l'interrogea. Condamné à mort à l'issue de cet interrogatoire, saint Janvier sortit indemne du bûcher où on l'avait précipité ; il fut alors fouetté jusqu’au sang et jeté en prison avec Sosius, Proculus, Eutychès, Acutius, Festus et Desiderius. Puis les sept condamnés furent menés à l'amphithéâtre de Pouzzoles pour être donnés en pâture aux fauves mais les lions, les tigres et les hyènes, bien qu'affamés, se couchèrent à leurs pieds.

Timothée, fortement énervé, en perdit la vue mais Janvier la lui rendit. Devant ce miracle, cinq mille des trente mille spectateurs présents demandèrent à être baptisés par le saint ; mais Timothée, éperdument vexé, ordonna la décapitation immédiate de Janvier, Proculus et Sosius et rentra dans son palais à Nola.

Les deux diacres furent ainsi décapités le 19 septembre 305 dans le forum proche du volcan Vulcano de Pouzzoles, puis ce fut le tour de Janvier, mais le bourreau ne trouvait plus de forces  ; Janvier le pria instamment d’aller au bout de sa besogne et l’y encouragea : revigoré, le bourreau coupa la tête du saint, mais également un de ses doigts. A partir de ce moment, on ne parle plus des autres Compagnons de Janvier.

La nuit suivant le martyre, la parente paralytique que Janvier avait soignée recueillit du sang de l'évêque martyr avec une éponge, comme il était d'usage à l'époque, et en remplit les deux fioles qui avaient servi à Janvier à célébrer sa dernière messe puis elle emporta les ampoules chez elle, à Antignano. Un aveugle de Pouzzoles à qui saint Janvier avait rendu la vue à l'issue de son martyre récupéra la tête, le corps et le doigt du martyr et les plaça dans un coffre qu'il emporta à l'Agro Marciano (Fuorigrotta) à Naples ; puis, le corps fut ultérieurement transféré dans la catacombe dite de saint Janvier, toujours à Naples.

Pour certains, cela se serait passé le samedi précédant un premier jour de mai au début du IVe siècle. Ce jour-là, sur le chemin de Capodimonte, lorsque la relique passa à Antignano, la femme plaça les ampoules près du corps et le sang desséché du saint se liquéfia. 

Selon d’autres sources, ce ne serait qu’entre 413 et 431 que les reliques du martyr furent transportées dans la banlieue de Naples à la catacombe qui porte son nom et qui est, sans conteste, le plus important des cimetières paléo-chrétiens en dehors de Rome. Dès cette époque, saint Janvier était honoré comme le protecteur de la ville de Naples qui, à travers les âges, a toujours recouru à lui aux heures de dangers, spécialement lors des éruptions dévastatrices du Vésuve. 

Vers 831, un prince de Bénévent s’empara des reliques du saint et les emporta, pour les déposer au siège même où saint Janvier avait été évêque, mais en 1497 on les rapporta à Naples, où elles sont vénérées dans la cathédrale. A cette date il y avait déjà un siècle qu’on faisait état du célèbre “miracle” du sang de saint Janvier, attesté depuis 1389 (voir plus bas).

En 1964, on procéda à un examen des reliques de saint Janvier, dont il résulte que le Saint devait être assez grand, et surtout qu’il pouvait avoir environ trente-cinq ans, ce qui confirme pleinement les données historiques de sa naissance et de son martyre. 

Dès le haut moyen âge, le culte du saint martyr avait largement dépassé les frontières de la Campanie. Il a gagné tous les continents. L’un des plus beaux sites du monde, la baie de Rio de Janeiro (= Janvier), atteste sa popularité en Amérique latine.

 

 

A propos du Miracle de saint Janvier

 

Dans la notice ci-dessus, il est fait allusion au Miracle dont saint Janvier est le protagoniste depuis le XIVe siècle. 

La cathédrale de Naples abrite depuis fort longtemps, à part une éclipse à Bénévent, les reliques de saint Janvier : d’une part son Chef, car le Saint fut décapité ; d’autre part une ou deux ampoules où l’on avait pieusement recueilli un peu de son sang au moment de son martyre.

Des documents anciens prétendent - mais on ne peut le vérifier - que lors du premier transfert des reliques de saint Janvier, peu de temps après son martyre, le sang des ampoules se liquéfia au moment où passa à proximité le saint corps du Martyr, un premier samedi de mai. Ce qui est sûr, est que depuis 1389, lorsque l’évêque du lieu approche l’ampoule du reliquaire contenant le Chef de saint Janvier, le sang contenu dans l’ampoule se liquéfie, parfois instantanément, parfois au bout de quelque temps, parfois même quelques heures.

Le Miracle se reproduit trois fois dans l’année : le 19 septembre, jour anniversaire du martyre ; le premier samedi de mai, anniversaire de la première translation ; le 16 décembre, anniversaire d’une autre translation (durant laquelle cessa l’éruption du Vésuve).

On dit que, au moment du Miracle,  les pierres sur lesquelles furent décapités Janvier et ses deux Diacres, rougissent aussi. Ceci supposerait qu’on ait conservé aussi les pierres en question et qu’il s’y trouve des témoins pour observer la réalité du fait, ce que malheureusement il ne nous a pas encore été possible de vérifier.

Au cours des sept siècles écoulés depuis l’attestation de ce Miracle si étonnant, il y eut des exceptions, ou bien le Miracle se produisit à d’autres dates ; chaque fois ce fut le prélude à quelque calamité grave. 

C’est pourquoi les fidèles attendent avec une impatience non dissimulée que se produise le Miracle au moment voulu. Quand celui-ci se fait attendre, les prières et les chants des Napolitains se font plus intenses, les lamentations aussi, bientôt les cris et même, quelque part dans la foule, quelque menace à l’adresse du pauvre Saint en retard…

Mais mille ans sont aux yeux de Dieu comme un jour (cf.2P 2:8), et bientôt arrive - d’habitude - le Miracle, salué par les ovations retentissantes et victorieuses de la foule en liesse, agitant les mouchoirs blancs et chantant son action de grâce.

On se pose parfois la question de la signification à donner à ce Miracle. Sans aller chercher “midi à quatorze heures”, on peut très bien affirmer, sans risquer de se tromper beaucoup, que Dieu manifeste ainsi Sa présence au milieu de nous, par un signe inexplicable et répété qui, loin de devenir pour nous une habitude banale, doit susciter chaque fois en nous un regain de foi.

Le 19 septembre 2010, le Miracle a eu lieu précisément à 9 heures 22, répercuté au moins localement par les journalistes et les photographes. Il faut reconnaître que, sans Internet, nous serions bien embarrassés pour trouver cette nouvelle, même dans nos meilleurs journaux en langue française.

En 2013, le miracle s’est produit à 9h41 ; en 2014, à 10h11.

Le 22 mars 2015, lors de la visite de François à Naples, le pape a béni les fidèles avec cette Relique et le sang de saint Janvier s’est partiellement liquéfié ; le pape a commenté ainsi : Le sang s’est liquéfié à moitié, parce que nous ne sommes convertis qu’à moitié !

19 septembre 2016 : le miracle s’est reproduit à 10h38.

19 septembre 2018 : le miracle a été constaté à 10h05 ; le sang était déjà liquéfié quand le Cardinal Archevêque de Naples a soulevé l'ampoule pour la montrer aux fidèles.

19 septembre 2019 : le miracle a eu lieu à 10h04.

19 septembre 2020 : à 10h02, comme en 2018,  le sang été déjà entré en liquéfaction.

Peleus, Nilus, Elia, Patermuthius de Palestine
† 310

Peleus et Nilus étaient deux évêques d’Egypte.
Elia était prêtre.
On ne sait rien de plus sur Patermuthius, que son nom.
Ces quatre Martyrs furent jetés dans les flammes, avec beaucoup d’autres Compagnons, peut-être au nombre de cent cinquante.
Le lieu de leur martyre était en Palestine, sans doute en 310.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Peleus, Nilus, Elia, Patermuthius de Palestine au 19 septembre.


Eustochius de Tours
† 459

La famille d’Eustochius appartenait à l’ordre sénatorial.
Eustochius fut le cinquième évêque de Tours, à partir de 442.
Il fonda des paroisses : Braye, Yzeures, Loches (act. Braye-sur-Maulnes, Yzeures-sur-Creuse, Loches).
A l’intérieur même de la ville de Tours, il fit construire une église nouvelle pour abriter les reliques des ss.Gervais et Protais (v. 28 avril), rapportées naguère par s.Martin (v. 11 novembre).
En 453 eut lieu à Angers un concile régional : c’est Eustochius qui le présidait.
Eustochius adressa à ses prêtres une lettre dans laquelle il leur interdisait de s’adresser aux juges séculiers. L’Eglise, en effet, a ses propres juges, et n’a pas besoin de faire appel à des gens du monde pour examiner des affaires qui ne sont pas du monde.
L’épiscopat d’Eustochius dura dix-sept années, et ce saint homme mourut vers 458-459.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Eustochius de Tours au 19 septembre.

 

Marianus d’Evaux

6e siècle

 

Marianus serait né à Bourges.

Après avoir passé six années dans le monastère du Grand-Pressigny, il devint ermite dans la forêt de Combraille, se nourrissant exclusivement de fruits sauvages ou de miel qu’on lui apportait ou qu’il trouvait lui-même dans les forêts.

Beaucoup de gens venaient le visiter, mais un jour ils ne le trouvèreent pas. On l’aperçut enfin, gisant au pied d’un pommier, mort. On voyait les traces de ses pas et de ses genoux, là où il était venu se désaltérer une dernière fois dans la rivière.

On le porta au bourg d’Evaux, où se développa un culte important, à la suite de nombreux miracles opérés à la tombe de l’Ermite.

L’actuelle commune de Saint-Marien (Creuse) lui doit son appellation.

Saint Marianus d’Evaux est commémoré le 19 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sequanus abbé

† 581

 

Sequanus était le fils du comte de Mesmont (Côte-d’Or).

Le nom de Sequanus s’est aussi écrit Segonus ou Sigo, et est devenu Seine en français.

Ne pouvant obtenir de ses parents l’autorisation d’entrer dans un monastère, il se construisit une cabane à Verrey-sous-Drée et y mena une vie si austère que ses parents, craignant pour sa vie, l’autorisèrent à se faire tonsurer.

Le garçon se retrouva ainsi sous la protection du prêtre Eustadius qui, constatant l’état d’âme angélique de Sequanus, le fit ordonner prêtre alors qu’il n’avait que seize ans. Le fait est vraiment extraordinaire et dépasse tout ce que les lois canoniques de l’Eglise ont jamais permis. Mais Sequanus aurait-il eu la vingtaine d’années, qu’il n’en fallait pas plus pour susciter la jalousie des clercs : on ne devient pas prêtre avant vingt-cinq ans environ, sauf dérogation exceptionnelle.

Sequanus s’en vint auprès de s.Jean de Réomé (v. 28 janvier). Ensuite, dit la Vie extraordinaire de notre Personnage, un parent lui suggéra un endroit «idéal» pour construire un monastère : une forêt très épaisse où vivent des anthropophages, qu’on assimile à la forêt de Cestres.

Nous sommes aux alentours de 534. Sequanus rejoint sans tarder la féroce tribu, dont les habitants deviennent subitement très accueillants et l’aident à construire une maison. Les moines affluent, les malades guérissent, la moisson est protégée de la tempête menaçante…

Certains racontent que le père de Sequanus lui concéda tout le terrain dont il aurait pu faire le tour en un jour au trot de son âne. Le terrain  jouxtait les propriétés de l’actuelle abbaye de Flavigny.

De son vivant, Sequanus délivra des possédés.

Il mourut en 581.

L’abbaye prit le nom de Saint-Seine dès le 9e siècle ; Benoît d’Aniane (v. 12 février) y reçut sa formation, avant de devenir le grand réformateur de l’Ordre bénédictin. Les moines bénédictins qui l’habitaient au 17e, dépendaient de la Congrégation parisienne de Saint-Maur. Sous la Révolution, l’abbaye fut supprimée et les reliques qui s’y trouvaient furent dispersées.

Saint Seine est commémoré le 19 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Goëry de Metz

570-647

 

Goericus, diversement traduit en français : Goëry, Goeric, Goéry, Gœury, serait né vers 570, issu de la lignée Ansbertina d’Albi. Les traditions diffèrent, certaines nomment son père Gamardus, frère du sénateur Ansbertus et petit-fils de l’autre sénateur Tonantius Ferreolus.

Goëry semble avoir été marié et père de deux filles, Precia et Victorina.

D’abord soldat, il devint ensuite gouverneur de l’Albigeois.

Un premier «signe» de Dieu le toucha lorsque, frappé de cécité, il guérit par l’apposition d’une pierre rougie par le sang de s.Etienne (v. 26 décembre), ou plutôt lors d’un pèlerinage à la cathédrale de Metz, dédiée à s.Etienne, et dont l’évêque était alors son oncle, Arnoul (v. 18 juillet). En reconnaissance, il fit construire à ses frais une nouvelle église à Metz.

S.Arnoul l’ordonna prêtre et, vers 627, Goëry fut appelé à succéder à son oncle, comme trentième titulaire du siège de Metz.

Goëry fit construire à Epinal l’église Saint-Pierre ainsi que l’abbaye, à l’intention de ses deux filles.

La date retenue de sa mort se situe entre 642 et 649.

Dans le testament du roi Dagobert, Goëry est nettement désigné sour le nom de Abbo (altération de Abbas, c’est-à-dire Abbé, Père ?).

Depuis que ses reliques furent transférées à Epinal, il est devenu le Patron de cette ville.

Autrefois, on vénérait à Metz le 22 juin une sainte Prèce, qui aurait été l’une des deux filles de notre Goëry.

Saint Goëry de Metz est commémoré le 19 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theodore de Canterbury

602-690

 

 Si l’on ne connaît pas la famille et les antécédents de Theodore, on connaît bien les grandes étapes de sa vie.

Theodoros, ce don de Dieu, eut dans sa destinée quelque chose de l’apôtre saint Paul : comme lui, il naquit à Tarse de Cilicie, vers 602 ; comme lui, il allait beaucoup voyager.

Si l’habitude de notre site est de nommer les Saints par le nom original de leur langue, nous donnerons à Theodoros son nom anglais, Theodore, puisque la Providence l’a destiné à œuvrer en Angleterre.

Tarse était un diocèse appartenant à la zone d’influence de Byzance, ce qui fait que Theodore reçut une culture grecque. Puis il y eut l’invasion persane et la prise des villes d’Antioche, Damas et Jérusalem en 613 ; la ville de Tarse tomba aux mains des Perses vers cette époque, et le jeune Theodore connut certainement la culture perse. Mais ces invasions n’empêchaient pas les jeunes étudiants de voyager, et l’on peut avancer avec d’assez fortes raisons qu’il connut aussi l’école exégétique d’Antioche et la culture syriaque. Quand enfin Tarse fut envahie par les troupes musulmanes, Theodore partit pour Constantinople, où il assimila tout ce qu’on pouvait lui enseigner en astronomie, astrologie, médecine, droit romain, rhétorique et philosophie. Son intelligence et sa science le faisaient surnommer philosophe.

Après Constantinople, Theodore gagna la Ville éternelle, où il se trouvait en 667.

Cette année-là, le pape avait reçu, envoyé par deux rois d’Angleterre, le prêtre Wighard, désigné pour devenir archevêque de Canterbury, mais celui-ci mourut de la peste… Deux autres candidats se récusèrent ; on «découvrit» notre Theodore, ce grand personnage à l’apparence monachale, discret : après quelques mois de préparation, le pape le consacra évêque le 26 mars 668 et l’envoya en mission.

Theodore partit le 27 mai, accompagné d’un théologien nommé Adrianus, et de Benoît Biscop (v. 9 et 12 janvier) ; on connaît leurs étapes : Marseille, Arles, Paris, Etaples. Theodore pénétra dans son diocèse un an plus tard, le 27 mai 669. On pourra remarquer avec intérêt que le voyage de Theodore commença et s’acheva sous les auspices de s.Augustinus, premier évêque de Canterbury, qui mourut le 26 mai 604. Theodore fut le septième.

Les rois de Kent et de Northumbrie accueillaient favorablement les coutumes romaines, mais non ceux de Wessex et de Mercie ; il fallait accorder les violons et rester dans la vérité ; Theodore ordonna des évêques qui suivraient sa direction. 

En 673 fut convoqué un synode à Hertford. La date de Pâques fut établie pour tous au dimanche suivant le 14 du premier mois lunaire (le nisan hébraïque) ; plusieurs canons définirent le rayon d’action des évêques, la stabilité des moines, la discipline des clercs ; un concile se réunirait chaque année.

Theodore se montra le réel organisateur de l’Eglise anglaise unie. Il favorisa la vie monastique, les écoles, l’usage du chant grégorien - lui qui était oriental ! 

Il savait à l’occasion se faire entendre : s.Chad (v. 2 mars) aimait se déplacer à pied dans son vaste diocèse, et ne voulait pas suivre le conseil de Theodore qui lui suggérait plutôt, par sage prudence, de prendre un cheval ; Theodore le mit en selle sans lui demander son avis, montrant par là une certaine force de tempérament - et de poignets !

On a vu dans la vie de s.Wilfrid (v. 24 avril) comment Theodore se préoccupa beaucoup du diocèse d’York : d’abord, il rétablit Wilfrid, qui avait été écarté illégalement ; puis il subdivisa ce grand diocèse en trois partie, obligeant Wilfrid à rester à l’écart de toute activité pastorale ; la mesure nous semblera excessive : sur son lit de mort, Theodore demandait la réintégration de Wilfrid. 

Theodore mourut le 19 septembre 690.

Saint Theodore de Canterbury est commémoré le 19 septembre dans le Martyrologe Romain.

Pomposa de Cordoue

† 853

 

Pomposa habitait Cordoue et avait décidé les siens, parents, frères et proches, à renoncer à leurs biens périssables pour acquérir des biens éternels.

Tous, comme elle, avaient promis à Dieu la chasteté. Les parents avaient donc aliéné leur patrimoine et fait bâtir Saint-Sauveur, un petit monastère où vivait toute cette communauté familiale, au lieu-dit Pina Mellaria («Pic Ruche»), un endroit célèbre pour ses abeilles.

L’aumônier était Fandilas (v. 13 juin). L’abbé et supérieur, Felix, fut le témoin des vertus de Pomposa, la plus jeune de toute la communauté, mais non la moins ardente.

A la nouvelle du martyre de sainte Colomba (v. 17 septembre), Pomposa fut saisie par un immense désir de la rejoindre au plus tôt. Déjà quelques années auparavant, dit saint Euloge (v. 11 mars), il avait fallu la retenir par la force et la surveiller, pour l’empêcher de courir trop vite à la mort.

Mais au soir du 18 septembre, le frère chargé de la fermeture de la porte, en retira la clef et la laissa entr’ouverte. Oubli ? Erreur volontaire ? Désobéissance ? Initiative inspirée ? Dieu le sait, et peut-être en trouverions-nous des explications dans le texte d’Euloge. Le fait est que Pomposa sortit et marcha toute la nuit jusqu’à Cordoue.

Au petit matin, elle se présente au juge, rend compte de sa foi et, pour bien compléter le tableau, s’en prend au faux prophète Mahomet, en en révélant son impudicité et ses mensonges.

Pomposa fut quasi immédiatement décapitée au sabre devant les portes du palais, le 19 septembre 853.

Elle n’était pas la première martyre de l’Islam, ni la dernière, loin de là.

Son corps fut jeté au fleuve, mais recueilli et enseveli près de celui de sainte Colomba.

Le Martyrologe Romain la mentionne le 19 septembre.

 

 

Lantpert de Freising

895-957

 

Le prénom de cet évêque se trouve aussi sous la forme Lantbert ou même Lambert.

Lantpert appartenait à la famille des comtes d’Ebersberg et naquit vers 895.

En 937, il fut nommé évêque de Freising (Bavière, Allemagne S). D’après une «légende», il provoqua un épais nuage autour de la cathédrale, de sorte que l’ennemi hongrois qui s’avançait dangereusement, ne put la détruire.

C’est à la même époque que Freising eut le droit de battre monnaie.

En 952, Lantpert prit part au synode d’Augsburg.

En 955 l’évêché fut à nouveau en grand péril à cause de l’invasion des Hongrois, qui cependant furent battus à la bataille du Lechfeld.

Lantpert mourut le 19 septembre 957 à Freising, où il avait occupé le siège épiscopal pendant vingt ans.

Le Martyrologe Romain mentionne maintenant saint Lantpert, au 19 septembre. 

Il faut distinguer saint Lantpert (Lambert) d’un autre saint Lambert, évêque de Maestricht et martyr, commémoré le 17 septembre.

 

 

Lucie de Sampigny

10e siècle

 

Cette Lucie serait venue d’Ecosse, pour garder les brebis d’un riche propriétaire à Sampigny (Meuse).

Ce propriétaire lui légua sa fortune, qu’elle utilisa pour construire un petit sanctuaire ; certains disent qu’elle le construisait de ses mains pendant qu’elle gardait son troupeau.

Au 17siècle, un couvent de religieux Minimes y fut construit pour desservir l’oratoire, mais le couvent a disparu depuis.

Sainte Lucie est invoquée par les femmes stériles. C’est ainsi que la reine Anne d’Autriche vint la prier et que naquit le futur Louis XIV (septembre 1638).

La quenouille de la sainte aurait même produit le cerisier ou le bois de sainte Lucie, dont les artisans lorrains tirèrent un bon parti.

Il va sans dire que les incertitudes au conditionnel de cette notice n’ont pas permis à Lucie d’intégrer le Martyrologe Romain, quoiqu’elle soit fêtée localement le 19 septembre.

 

 

Ciriaco de Buonvicino

950-1030

 

Buonvicino se trouve près de Cosenza dans la pointe sud de l’Italie. C’est là que naquit Ciriaco vers le milieu du 10e siècle. Il avait une sœur, Maria.

Il vécut en anachorète assez longtemps, puis demanda son admission au monastère basilien grec, près de Tripidoro, dont il devint abbé.

Sa sainteté de vie attira beaucoup de vocations.

Pendant ce temps, sa sœur fondait elle aussi un monastère non loin de Buonvicino.

La renommée de Ciriaco parvint jusqu’aux oreilles de l’empereur, Michel IV, dont la fille était possédée. Il fit venir Ciriaco, dont les prières délivrèrent sa fille. Reconnaissant, l’empereur concéda à l’abbaye des terres et des privilèges.

Ciriaco mourut le 19 septembre 1030 en grande odeur de sainteté.

Plus tard, une révélation fit savoir que son corps pouvait être détruit à cause des infiltrations d’eau, et on le replaça en un endroit plus adéquat. Mais le document de cet événement disparut lors d’une émeute qui mit à sac le palais épiscopal, en 1647.

Saint Ciriaco est à présent mentionné par le Martyrologe au 19 septembre.

 

 

Arnoul de Gap

† 1075

 

Arnoul (ou Arnoux) était né à Vendôme (Loir-et-Cher) et entra au monastère bénédictin de la Trinité.

Vers 1062, son abbé le prit avec lui pour aller à Rome.

A Rome où il resta quelque temps, on suppose qu’il fut au prieuré de Sainte-Prisque, où le pape avait concédé une église de l’Aventin aux bénédictins de Vendôme. Arnoul fut peut-être même prieur.

Vers 1064, l’évêque de Gap fut déposé pour corruption, concubinage et violence. Le pape sacra lui-même évêque Arnoul pour le remplacer.

On imagine sans peine le zèle qu’il mit à réformer son diocèse, pour le purifier de toute atteinte de l’esprit de corruption et pour infuser dans le cœur de son clergé et des diocésains l’amour de la sainteté.

On rappellera volontiers ici la scène du Christ chassant les vendeurs du Temple ; l’évangéliste rappelle qu’Un mot de l’Ecriture revint à la mémoire de ses disciples : Le zèle pour ta maison me dévorera (Jn 2:17 ; cf. Ps 69:10). Arnoul n’eut pas moins à souffrir pour la réforme de son Eglise.

Le saint évêque mourut le 19 septembre 1075, jour où le Martyrologe mentionne le saint patron de Gap.

 

 

María de Cervelló

1230-1290

 

Née à Barcelone le 1er décembre 1230, María reçut le baptême le 8 décembre suivant. Le baptistère était constitué par l’ancien sarcophage de sainte Eulalia de Barcelone.

Elle fut vivement attirée par cet esprit de charité qui animait les membres de l’Ordre des Mercédaires (pour le rachat des captifs), autour de s. Pedro Nolasco (v. 25 décembre et 6 mai).

En 1265, María reçut l’habit et fit les vœux, avec d’autres compagnes.

On a donné à María le surnom de María del Socós (en catalan) ou María del Socorro (en espagnol) : Marie du Secours, car on la vit plusieurs fois, durant sa vie ou après sa mort, «accourir» portée par le vent pour aider les bateaux en difficulté sur la mer déchaînée.

Elle mourut le 19 septembre 1290 et fut canonisée en 1692.

En raison des miracles répétés au secours des matelots, elle est devenue leur patronne.

 

 

Alonso de Orozco

1500-1591

 

D’origine noble, Alonso (Alphonse) naquit à Oropesa (Tolède, Espagne) le 17 octobre 1500.

Petit, il étudia la musique et fut servant de messe à la cathédrale de Tolède.

Il fit des études à Talavera de la Reina et à l’Université de Salamanque.

En 1520, saint Tomás de Villanueva (v. 22 septembre) l’incita à entrer dans l’Ordre de Saint-Augustin, ce qu’il fit.

En 1523 il fit la profession, et en 1527 reçut le sacerdoce.

De 1530 à 1537 il fut au couvent de Medina del Campo.

En 1538 il fut nommé prieur à Soria, en 1540 à Medina.

En 1541, il fut «définisseur» (c’est-à-dire provincial) pour l’Espagne tout entière.

En 1542, il fut prieur à Séville, en 1544 à Grenade et, à partir de 1545, visiteur pour l’Andalousie.

Pendant son priorat de Séville, il affirma avoir vu en songe la Vierge Marie, qui lui commandait d’écrire. Il écrivit en effet beaucoup, et fut un des premiers à le faire en castillan.

En 1549, il s’embarqua pour aller évangéliser au Mexique, mais dès les îles Canaries la maladie le força à revenir en Espagne.

En 1554, il fut prieur à Valladolid et Carlos V le nomma prédicateur à la cour. Aussi se déplaça-t-il à Madrid dès 1561, quand la cour s’y installa et vécut alors au couvent San Felipe el Real.

A la cour, il ne se présentait que lorsque sa mission officielle l’y appelait, et réussit à faire du bien non seulement à la noblesse, mais aussi à tout le personnel subalterne.

Il aurait voulu fuir ce monde de splendeurs, mais le roi Carlos V fit savoir qu’il ne voulait pas chasser les Saints de la cour. Il lui proposa des évêchés, même celui de Tolède, qu’il refusa énergiquement.

Il fonda beaucoup d’autres monastères. Parmi ceux-ci, on rappellera celui de moniales (franciscaines) de Sainte-Isabelle, en 1589.

Il mourut en odeur de sainteté, le 19 septembre 1591.

Il fut béatifié en 1882, et canonisé en 2002.

Hyŏn Sŏng-mun Garollu

1797-1846

 

Garollu (Carolus, Charles) naquit à Séoul (Corée du nord) en 1797.

Son père mourut martyr en 1801, son épouse et ses enfants moururent en prison en 1839. Sa sœur, Benedicta, reçut aussi le martyre le 29 décembre 1839. Quelle famille héroïque !

Carolus mit toute sa vie au service de l’Eglise catholique. Le document du Saint-Siège atteste ses nombreuses contributions, ses éminentes vertus, sa personnalité chaleureuse, aimable et simple.

A l’éclosion de la persécution de 1838, Carolus pensa se dénoncer spontanément aux autorités, en témoignage de sa foi, mais les missionnaires le détournèrent vivement de cette pensée, en lui rappelant aussi la place importante qu’il avait pour assurer la vie de l’Eglise.

Avant son martyre, Mgr Imbert (v. 21 septembre) lui confia l’Eglise catholique coréenne, c’est dire à quel point l’Eglise avait confiance en ce Chrétien.

Carolus alors fit de nombreuses visites aux diverses missions catholiques, encourageant les fidèles, recueillant des offrandes pour aider les pauvres et organiser la vie spirituelle de la population.

A la fin de cette persécution, il fit publier et distribuer de courts récits sur les Martyrs et envoya des messagers jusqu’à Pékin pour établir des contacts avec les missionnaires. C’est ainsi qu’il accompagna le père Andreas Kim dans son périlleux voyage à Shanghai, sur sa petite barque de fortune en bois. A son retour à Séoul, il abrita chez lui le père Kim et se risqua même à le faire enregistrer sous son propre nom.

Après l’arrestation du père Kim, Carolus fut à son tour arrêté, ainsi que plusieurs autres femmes chrétiennes, le 10 juillet 1846.

En prison, Carolus continuait à exhorter ses compagnons chrétiens.

On dit qu’il fut durement torturé, certains affirment au contraire que la torture lui fut épargnée, mais tous savent qu’il fut condamné à mort.

Carolus fut décapité à Saenamt’ŏ, le 19 septembre 1846.

Il fut béatifié en 1925, et canonisé en 1984.

 

 

Émilie de Rodat

1787-1852

 

Fille aînée de Jean-Louis, trésorier de France à Montauban, et d’Henriette de Pomayrols, Émilie naît le 6 septembre 1787, deux ans avant l’explosion de la Révolution française, au château de Druelle, près de Rodez (Aveyron, France).

La petite fille est prise en charge par la grand-mère maternelle au château de Ginals. Plus tard, Émilie écrira elle-même que sa grand-mère lui apprit à aimer le Bon Dieu. Une grand-tante sut aussi lui apprendre à forger son petit caractère. Elle écrit : Étant petite, j’avais le défaut de bouder. J’allais me tapir dans l’embrasure d’une fenêtre. Alors ma grand-mère me disait : “Émilie, viens près de moi”. Quand je m’étais rendue à son ordre, elle ajoutait : “Regarde-moi, il faut rire”. Je faisais la revêche, mais elle persistait jusqu’à ce que je fusse décidée et que j’eusse repris mon air ordinaire.

A onze ans elle fit enfin sa Première Communion, dans la chapelle du château, après la tourmente révolutionnaire. Elle dira plus tard qu’elle s’était bien un peu ennuyée après sa communion, mais qu’elle y avait été bien préparée.

L’adolescence fut un moment douloureux dans l’évolution de la jeune fille. Une mission prêchée alors en 1804, lui permit de dissiper ses hésitations.

Émilie fréquenta quelque temps à Villefranche-de-Rouergue une sorte de “communauté” où vivaient différentes religieuses qui s’étaient retrouvées ensemble après la tourmente révolutionnaire. Sa grand-mère et sa tante s’y étaient aussi retirées. On parlait, on était pieux, on visitait les pauvres.

Émilie reçoit la Confirmation en 1805 et cherche à trouver sa voie dans la vie religieuse. Trois essais infructueux la laissent sur sa faim de dévouement, jusqu’à ce qu’en 1815 elle entende parler des Ursulines, dont les écoles gratuites pour petites filles avaient disparu. Émilie est soudain illuminée sur sa voie : elle va ouvrir une petite école, chez elle. Elle s’entourera de Consœurs pour donner le départ à une nouvelle congrégation, de la Sainte Famille. On instruira les petites filles, et on ira visiter les malades, les orphelins et les prisonniers.

Elle regroupe très vite beaucoup d’élèves, et doit plusieurs fois changer d’adresse, mais aussi elle fait l’objet de jalousies et de potins qui cherchent à la discréditer. Émilie persévéra avec une force d’âme peu commune. Elle finit par acquérir le couvent des Cordeliers, qui était abandonné.

Parmi les épreuves d’Émilie il faut parler du décès de plusieurs sœurs, emportées par la maladie, d’une crise interne à l’établissement, où l’on crut bon de subdiviser l’institut en deux branches, cloîtrée et non-cloîtrée, et aussi de la douloureuse épreuve physique qu’Émilie dut supporter à cause d’un polype au nez, qu’on lui opéra par trois fois.

Émilie subit surtout une épreuve très douloureuse, la nuit spirituelle, longue période (vingt années !) durant laquelle elle croyait avoir perdu la foi et l’espérance, et être condamnée. Par sa persévérance dans l’action charitable, elle put ne rien montrer de cette nuit à son entourage. Elle recouvra enfin la paix dans les dernières années de sa vie.

A la fin de sa vie, la Congrégation a déjà ouvert une quarantaine de maisons. Aujourd’hui, les religieuses sont plusieurs centaines.

Émilie de Rodat mourut le 19 septembre 1852 ; elle a été béatifiée en 1940, et canonisée en 1950. 

Son dies natalis est mentionné le 19 septembre au Martyrologe.

José Becerra Sánchez

1875-1936

 

José Becerra Sánchez naquit le 7 mars 1875 à Alhama (Grenade, Espagne).

Il fut ordonné prêtre en 1902, nommé vicaire à Loja et Padul. En 1922, il fut nommé dans la paroisse de sa naissance, Alhama de Grenade.

On retrouva son cadavre à Málaga, le 19 septembre 1936.

José Becerra Sánchez devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 19 septembre.

 

 

Francisca Cualladó Baixauli

1890-1936

 

Cette pieuse laïque du diocèse de Valencia naquit le 3 décembre 1890 à Molino de San Isedro (Ruzafa, Valencia, Espagne), et reçut au baptême le nom du Saint du jour, François-Xavier.

Jeune encore, elle fut orpheline de son père. Couturière de son état, elle s’occupait de sa mère et son travail leur permettait de vivre.

Chrétienne fervente et habituée de l’Eucharistie et du chapelet quotidiens, elle fit partie du syndicat catholique féminin et s’engagea de toutes ses forces dans l’Action Catholique, par la catéchèse et les œuvres de charité, secourant les pauvres avec ses propres deniers.

Arrêtée à la mi-septembre, jetée en prison, elle mourut fusillée pour sa foi. On lui avait tranché la langue pour l’empêcher de crier sans arrêt Vive le Christ Roi  !

Ce martyre eut lieu à Torres de Espioca (Benifaió, Valencia), le 19 septembre 1936.

Francisca a été béatifiée en 2001.

 

 

María Encarnación de la Iglesia de Varo

1891-1936

 

María naquit le 25 mars 1891 à Cabra (Cordoue, Espagne), et reçut au baptême les noms de Marie et de l’Incarnation, puisqu’on fêtait ce jour-là l’Annonciation, et donc l’Incarnation du Christ.

Elle fut la première élève du nouveau collège des Piaristes en 1899.

Intelligente, appliquée, elle se fit remarquer par ses études sérieuses et son comportement excellent.

Elle entra chez les Religieuses des Ecoles Pies et fit la profession à Carabanchel (Madrid) avec le nom de María de Jésus.

Elle resta à Carabanchel de 1911 à 1918, à Santa Victoria (Cordoue) de 1918 à 1922, à Madrid de 1922 à 1936, et devint supérieure du collège de Carabanchel.

Le 19 juillet, la communauté jugea opportun de quitter la maison et de se réfugier où elles pouvaient, chez des parents ou des amis.

Mère María et six autres Compagnes trouvèrent un appartement, mais elles furent dénoncées.

A cinq heures du matin du 8 août, des miliciens vinrent les appeler à se présenter au Gouvernement Civil. Ne pouvant entrer toutes dans le véhicule, trois restèrent : María et deux autres pieuses femmes, anciennes élèves liées à la congrégation, Consuelo et Dolores Aguiar-Mella Díaz.

Le 19 septembre suivant, à neuf heures du matin, fut arrêtée dans la rue Dolores, d’origine uruguayenne, dont le frère était vice-consul à Madrid et fut immédiatement alerté. Entre temps, un milicien vint annoncer que si la Supérieure l’accompagnait, on délivrerait Dolores. María le suivit, accompagnée de Consuelo, la sœur de Dolores. Mais on ne revit plus ni Dolores, ni Consuelo, ni María, et toutes les démarches du brave vice-consul n’aboutirent à rien.

On retrouva les corps des trois Religieuses, complètement défigurées, sur la route qui conduisait en Andalousie. On ne les reconnut qu’à leur habit, et au bracelet diplomatique des deux Uruguayennes, dont le frère put récupérer les corps et les ensevelir chrétiennement au cimetière de Almudena.

Ce martyre eut donc lieu près de Madrid, le 19 septembre 1936.

María, et ses deux Compagnes, ont été béatifiées en 2001.

 

 

Dolores et Consuelo Aguiar-Mella Díaz

1897-1936/1898-1936

 

Dolores naquit le 29 mars 1897, Consuelo le 29 mars 1898, à Montevideo (Uruguay), de père espagnol et de mère uruguayenne.

Elles vinrent en Espagne où elles furent élèves du collège des Piaristes. Elles ne purent devenir religieuses, mais continuèrent à vivre dans le monde comme des religieuses, unies à Dieu et au service des autres.

Elles vivaient donc à Madrid, après leurs études chez les Mères Piaristes.

Le 19 juillet 1936, la communauté jugea opportun de quitter la maison et de se réfugier où elles pouvaient, chez des parents ou des amis.

Mère María, la supérieure, et six autres Compagnes, dont Dolores et sa sœur Consuelo, trouvèrent un appartement, mais elles furent dénoncées.

A cinq heures du matin du 8 août, des miliciens vinrent les appeler à se présenter au Gouvernement Civil. Ne pouvant entrer toutes dans le véhicule, trois restèrent : María et les deux sœurs Aguiar-Mella Díaz, qui portaient le brassard diplomatique.

Le 19 septembre suivant, à neuf heures du matin, fut arrêtée dans la rue Dolores, dont le frère était vice-consul à Madrid et fut immédiatement alerté. Entre temps, un milicien vint annoncer que si la Supérieure l’accompagnait, on délivrerait Dolores. María le suivit, accompagnée de Consuelo, laquelle pensait que son brassard diplomatique la protégerait. Mais on ne revit plus ni Dolores, ni Consuelo, ni María, et toutes les démarches du brave vice-consul n’aboutirent à rien.

On retrouva les corps des trois Religieuses, complètement défigurées, sur la route qui conduisait en Andalousie. On ne les reconnut qu’à leur habit, et au brassard diplomatique des deux Uruguayennes, dont le frère put récupérer les corps et les ensevelir chrétiennement au cimetière de Almudena.

Ce triple assassinat eut de très fortes répercussions dans le monde entier, surtout en Uruguay, qui rompit les relations diplomatiques avec l’Espagne.

Ce martyre eut donc lieu près de Madrid, le 19 septembre 1936.

María, et ses deux Compagnes, ont été béatifiées en 2001.

Lors de la béatification, le pape confia à l’intercession des deux-cent trente-trois nouveaux Bienheureux, martyrs espagnols, la fin du terrorisme en Espagne, vivement applaudi par les vingt-cinq mille fidèles présents.

Dolores et Consuelo sont les premières Bienheureuses d’Uruguay.

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17 septembre 2020 4 17 /09 /septembre /2020 23:00

18 SEPTEMBRE

 

?

Ste Ariadni (ou Maria), servante, martyre en Phrygie.

III.

S Ferreolus, tribun militaire, martyr à Vienne.

?

Stes Sophie et Irène, peut-être martyres, mais on ne sait rien de plus. 

IV.

S Okeanus, martyr à Nicomédie.

S Eustorgius, évêque à Milan, ferme adversaire de l'arianisme.

VI.

S Senarius, évêque à Avranches.

S Ferréol, évêque à Limoges.

VII.

SS Walbert et Bertille, époux, parents des stes abbesses Aldegonde et Waudru.

S Eumenios, évêque à Gortyne.

IX.

Ste Richarde, impératrice, fondatrice d'une abbaye à Andlau ; une ourse avec ses petits en aurait indiqué l'endroit : longtemps, on y élevait un ours, en souvenir.

XVII.

S Giuseppe de Cupertino, mystique franciscain et thaumaturge, parfois même suspecté par ls autorités vaticanes, mais consulté par des Princes et des Cardinaux.

XIX.

S Ɖaminh Trạch (Ɖoài), prêtre dominicain tonkinois, martyr béatifié en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 1992 :

Hospitaliers : près de Madrid, le profès Jacinto Hoyuelos Gonzalo (*1914) (le 17 septembre au Martyrologe).

- béatifié en 1995 :

Marianistes : près de Ciudad Real, le profès Carlos Eraña Guruceta (*1884) ;

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près de Valencia, José García Mas et Fernando García Sendra (*1896, 1905) ;

Amigoniens : près de Valencia, les prêtres Salvador Chuliá Ferrandis (Ambrosio María de Torrent) et Vicente Jaunzarás Gómez (Valentín María de Torrent) (*1866, 1896) ; les profès José María Llópez Mora (Recaredo María de Torrent), Vicente Gay Zarzo (Modesto María de Torrent, et Justo Lerma Martínez (Francisco María de Torrent) (*1874, 1885, 1886) ;

- béatifiés en 2007 :

Salésiens : à Madrid, le prêtre Salvador Fernández Pérez (*1870).

Lasalliens : près de Tarragona, Lucas Martín Puente (Anastasio Lucas), Sebastián Obeso Alario (Honorio Sebastián), Juan Pérez Rodrigo (Nicolás Adriano) et Herman José Fernández Sáenz (Clemente Faustino (*1908, 1910, 1914, 1915) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Manuel Alcayde Pérez et Melitón Martínez Gomez (*1869, 1878) ;

- béatifié en 2018 :

S.Pierre-aux-Liens : près de Téruel, le frère convers Ismael Tajadura Marcos (Estanislao Kostka, *1902).

B Józef Kut (1905-1942), prêtre polonais martyr à Dachau, béatifié en 1999.

Ariadni de Primnesse

?

 

Du peu qu’on a retrouvé d’authentique sur cette Martyre, Ariadni aurait été la servante d’un maître païen.

Tandis que celui-ci était dénoncé comme receleur de chrétienne, puis absous, Ariadni fut présentée au juge et interrogée sur sa foi :

« Quel est ton nom ?

- Chrétienne.

- Ce monsieur, c’est ton maître ?

- Maître de mon corps, mais le maître de mon âme, c’est Dieu.

- Pourquoi n’adores-tu pas les dieux, comme ton maître ?

- Je suis chrétienne, je n’adore pas les idoles. J’adore Dieu vivant, vrai, éternel.

- Qui t’a appris à être chrétienne ?

- Mes parents.

- Vite, sacrifie, ou je te fais mourir.

- Tes supplices ne durent qu’une heure. Fais ce que tu veux : j’ai le Christ en moi qui me fortifie.

Ariadni fut condamnée au supplice ; soulevée et attachée presque nue sur un horrible chevalet, on allait la déchirer, mais la foule intercéda en sa faveur et obtint un sursis de trois jours.

La fin du martyre d’Ariadni est inconnue, de même que l’époque même de celui-ci.

Ariadni est aussi nommée Maria dans certaines recensions.

La ville de Primnesse serait en Phrygie (act. Akşehir, Turquie CW).

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Ariadni de Primnesse au 18 septembre.

 

 

Ferreolus de Vienne

? 250

 

On a vu au 28 août comment Ferreolus conseilla à son subalterne, Iulianus, de s’éloigner de Vienne pour éviter, si possible, la persécution.

Ce Ferreolus était tribun militaire, en garnison à Vienne en Gaule (act. Isère).

Il refusa d’obtempérer aux ordres de rechercher les Chrétiens, comme de sacrifier aux dieux païens. Interrogé par le juge, il répondit :

Je suis chrétien. Je ne peux pas sacrifier. J’ai servi les empereurs aussi longtemps que la religion me l’a permis. J’ai promis obéissance aux lois justes, jamais aux lois sacrilèges. Je me suis engagé à servir contre des coupables et non contre des chrétiens. Je ne réclame aucune solde. Il me suffit de vivre en chrétien et, si ce n’est pas possible, je suis prêt à mourir.

Il fut flagellé et conduit en prison.

Ici, un ange serait intervenu pour le libérer et l’aider à s’échapper (cf. Ac 5:19s), mais cette intervention ne fut guère efficace, puisque Ferreolus fut bientôt rattrapé et décapité.

Si vraiment un ange était intervenu, ç’aurait été en vue de quelque mission divine importante, comme ce fut le cas pour s.Pierre.

La persécution dont il est question pour Ferreolus, comme pour Iulianus, semble bien être celle de Dèce, vers 250.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Ferreolus de Vienne au 18 septembre.

 

 

Okeanus de Nicomédie

? 303

 

Okeanus fut peut-être un Martyr de Nicomédie (Bithynie, act. Izmit, Turquie NW) vers 303, et eut peut-être des Compagnons.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Okeanus de Nicomédie au 18 septembre.

 

 

Eustorgius de Milan

† 350

 

De par son nom, Eustorgius apparaît à certains comme issu de famille grecque.

On rapporte qu’en 344, Eustorgius (Eustorgios ?) serait justement arrivé de Constantinople à Milan, avec les reliques des Rois Mages, dans un pesant sarcophage que soutenaient deux jeunes genisses (v. une histoire très similaire dans la notice de s.Priscus de Nocera, 17 septembre).

Il est certain qu’en 344 il fut appelé à être le dixième (ou neuvième) évêque de Milan, selon qu’on retient ou non s.Barnabé comme l’évêque fondateur du diocèse au premier siècle.

En 345 et 347, il convoqua deux synodes diocésains et fit construire plusieurs églises.

Dans le cadre de la lutte contre l’hérésie arienne, Eustorgius se montra fidèle à la doctrine trinitaire. S.Athanase (v. 2 mai) le cite parmi les évêques italiens hostiles à l’arianisme ; s.Ambroise (v.7 décembre) écrit : Jamais je ne livrerai l’héritage des Pères… l’héritage d’Eustorgius le confesseur… et de tous les évêques fidèles qui m’ont précédé.

Eustorgius mourut vers 350.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Eustorgius de Milan au 18 septembre.

 

 

Senerius d’Avranches

† 578

 

On n’est pas même sûr des dates d’épiscopat de Senerius/Senarius (ou Senier), septième évêque à Avranches.

Il a succédé à s.Paterne (v. 15 avril), et donc a sans doute commencé son épiscopat vers ou après 563.

Son successeur ayant été mentionné à partir de 578, on peut en déduire que Senerius mourut vers ou avant cette dernière date.

Il est très difficile de trouver quelques autres indications particulières sur s.Senarius.

Le titre d’évêque d’Avranches, supprimé en 1801, fut restauré et réuni à celui de Coutances en 1854.

Saint Senerius d’Avranches est commémoré le 18 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ferréol de Limoges

† 597

 

Voici encore un personnage très peu connu. Seules des concordances peuvent le situer approximativement dans l’histoire, mais on ne nous a pas laissé de détails sur sa personnalité.

Il pouvait être le cinquième ou le sixième évêque de Limoges, cette imprécision étant due à la chronique du fondateur lui-même du diocèse, s.Martial (v. 30 juin), que certains ont fait vivre au 3e siècle, et d’autres, moins scrupuleux, au 1er siècle.

En 579, Ferréol apparaît lors d’une émeute populaire qui s’était déchaînée contre les exactions des rois mérovingiens (où l’on voit que les protestations contre la hausse des impôts n’est pas une chose récente).

En 584, l’église de Brive fut incendiée et Ferréol la fit reconstruire dans sa beauté primitive.

En 585, Ferréol était présent au concile de Mâcon, où fut rappelé le devoir des Chrétiens de sanctifier le jour du Seigneur.

Enfin en 591, Ferréol est présent aux obsèques de s.Yrieix (v. 25 août), qu’il aurait même présidées.

Quand mourut Ferréol ? La réponse est difficile, car son successeur fut nommé en 614. En l’absence d’autres données sur Ferréol après 597, on suppose qu’il mourut avant la fin du 6e siècle et qu’il y eut une longue vacance du siège après lui.

Saint Ferréol de Limoges est commémoré le 18 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eumenios de Gortyne

7e siècle

 

Durant sa jeunesse, Eumenios distribua ses richesses aux pauvres et vécut dans une grande ascèse.

On le voyait souvent le visage baigné de larmes. Jamais on ne l’entendit proférer quelque parole critique envers le prochain, et jamais il ne permettait d’en entendre.

Le peuple de Gortyne (Crète) le voulut comme évêque. Eumenios fut un pasteur zélé pour son troupeau ; sa prière obtint des miracles, il guérit des malades et chassa les démons.

Eumenios serait venu en pèlerinage à Rome, puis serait venu visiter la Thébaïde, où il mourut ; son corps fut rapporté et enseveli à Rhaxos en Crète.

L’Eglise orthodoxe est active en Crète, mais le titre catholique de Gortyne est seulement honorifique.

Saint Eumenios de Gortyne est commémoré le 18 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Richarde impératrice

840-900

 

Richarde naquit vers 840, fille du comte Erchanger de Souabe, comte palatin de Nordgau.

Vers 862, elle devint l’épouse de Charles le Gros, troisième fils de Louis le Germanique.

Très attachée à la foi romaine, Richarde s’empressa de soutenir divers monastères tant en Allemagne du Sud qu’en Suisse et jusqu’en Italie septentrionale.

Vers 880, elle fonda l’abbaye d’Andlau, qui est au Sud du Mont Sainte-Odile. Une pieuse légende raconte que l’emplacement de la construction fut signalé par une ourse qui, avec ses petits, gratta la terre à l’endroit idéal. C’est en souvenir de cela que l’abbaye élevait fidèlement un ours dans ses murs. Romaine dans l’âme, Richarde dédia son monastère aux saints apôtres Pierre et Paul.

En 881, les deux époux furent couronnés à Rome par le pape Jean VIII.

Faible, victime de crises de folie, Charles était incapable de gouverner sagement ; Richarde prit l’administration politique en main ; Charles alla jusqu’à humilier son épouse, l’accusa d’adultère avec son chancelier et la répudia, prétendant que leur mariage n’avait jamais été consommé. La réalité fut que Charles eut un fils naturel, Bernhard, que Richarde adopta avec plein d’amour et de douceur.

A cela s’ajoute que Richarde aurait subi l’épreuve du feu ou ordalie, sans aucune souffrance apparente. Elle fut réhabilitée. Après la mort de Charles (888) et de Bernhard, elle se retira à Andlau.

Richarde s’éteignit, croit-on, vers 900, un 18 septembre.

En 1049, le pape Léon IX (v. 19 avril) bénit l’église d’Andlau et canonisa Richarde.

Sainte Richarde impératrice est commémorée le 18 septembre dans le Martyrologe Romain.

Giuseppe Maria Desa de Copertino

1603-1663

 

Les parents de Giuseppe étaient d’humbles chrétiens de Cupertino (Naples, Italie), assez pauvres : leur petit garçon naquit, comme Jésus, dans une étable. Felice Desa était charpentier, et mourut avant la naissance de son fils ; Francesca Panara, pour sa part, fut pour lui suffisamment énergique, au point que plus tard le garçon pouvait dire : Je n’ai pas eu besoin de noviciat pour me broyer à la vie religieuse.

Giuseppe commença l’école à sept ans, mais une grave maladie l’empêcha de continuer ; il n’en guérit, dit-il, qu’à quinze ans, par une grâce obtenue de la Madonne de Galatone, à laquelle il restera toute sa vie très dévot.

On le voyait si souvent bouche bée, l’air hébété, qu’on l’avait justement surnommé bocca aperta (bouche ouverte) ; il n’était pas plus habile de ses dix doigts.

A dix-sept ans, il voulut entrer chez les Frères Mineurs conventuels, mais on n’en voulut pas. Les Capucins furent plus accueillants, mais se crurent obligés de le renvoyer, à cause de ses (déjà) trop fréquentes extases : toujours ravi en Dieu, il mettait un temps si considérable à exécuter des travaux de peu d'importance que les supérieurs, le jugeant incapable de rendre le moindre service à la communauté, le renvoyèrent dans le siècle.

Les Conventuels cependant le rappelèrent : il était sûrement assez bon pour s’occuper de la mule du couvent de la Grottella. La soumission totale du jeune Religieux les édifia, et les convainquit de le garder, et même de le pousser à la cléricature.

Il fallut étudier, pour au moins lire les prières du missel, du bréviaire. Giuseppe s’y appliqua de toute sa bonne volonté, mais dut lui-même supplier son maître : Prenez patience, vous n’en aurez que plus de mérite.

Avant le diaconat et le sacerdoce, les étudiants passent un examen. Qu’allait répondre Giuseppe à l’évêque ? Au premier examen, le prélat demanda à Giuseppe un commentaire sur Bienheureux le ventre qui t’a porté (Lc 11:27). Ce thème marial convenait parfaitement à Giuseppe, qui s’en tira merveilleusement. A l’examen suivant, les premiers s’étant montrés très brillants, l’évêque en conclut que tous les autres l’étaient aussi, et les admit tous sans autre question.

C’est ainsi que Giuseppe devint le patron des examinands, - et fut ordonné prêtre en 1627.

Après comme avant son ordination, toute la vie de Giuseppe n’est qu’une suite d’extases, de lévitations, de miracles, dont parfois on se méfia, croyant qu’il simulait un faux mysticisme. On l’amena devant le pape, qui assista lui-même à une extase de Giuseppe ; plus tard, l’Inquisition s’en mêla, et chercha à l’éloigner, mais on fut bien obligé de constater que Giuseppe n’était pas un mystificateur.

Il pratiquait des austérités inouïes, ne mangeait que tous les trois ou quatre jours, et cela avec tant de discrétion, qu'il était facile de voir que son corps même vivait d'une nourriture cachée, que les hommes ne connaissaient pas. Son corps, aussi bien que son âme, était soutenu par la sainte Eucharistie; qu'il célébrait tous les jours, avec une grande dévotion.

Comme à saint François, les animaux lui obéissaient, les éléments étaient dociles à sa voix ; à son contactt, les malades étaient guéris. En un mot, la nature semblait n'avoir plus de lois en présence des désirs de Joseph.

Il fut envoyé à Assise (1639-1653), où il s’étonna beaucoup de la richesse du sanctuaire, mais saint Francesco le consola en le convainquant que tout cela était pour l’Hôte du tabernacle. Le Gardien du couvent fut très dur pour Giuseppe ; mais celui-ci désirait surtout revoir la Madonne de Grottella à Cupertino. Pour le consoler, le général l’invita quelque temps à Rome ; à son retour, il aperçut l’image de cette Madonne, peinte sur la voûte : ravi hors de lui, Giuseppe s’envola littéralement pour baiser l’image.

Une autre fois, on l’avait appelé pour répondre à des dames dans l’église ; il obéissait, mais à peine dans l’église, il s’éleva en extase pour baiser les pieds de la Madonne ; après une prière, il «redescendit», rabattit son capuchon et se retira, oubliant complètement les dames, dont l’une était l’épouse de l’ambassadeur d’Espagne, tout effarée de ce qu’elle avait vu !

On raconte qu’il aimait tellement prier la Vierge Marie qu’un jour, les paysans refusant de venir, il fit entrer des brebis dans une chapelle et qu’elles répondaient régulièrement à l’énoncé des litanies de la Vierge.

Il aimait particulièrement le sacrement de pénitence et de la réconciliation : « Mon fils, va te laver le visage », dit-il un jour à un jeune homme qui comprit bien l’appel à se confesser.

Il célébrait habituellement la Messe en deux  heures, parfois même rappelé à la réalité par quelque ordre divin pour aller à son office de quêteur.

Il fut envoyé en divers couvents, toujours plus reculés, pour échapper aux regards indiscrets et aussi pour le mettre à l’épreuve. Giuseppe obéit sans aucune difficulté. Il se retrouva chez les Capucins de Pietrarubbia, puis à Fossombrone (1653-1657). On voulut le rappeler à Assise, mais le pape répliqua qu’il y avait assez de Francesco ! On l’envoya donc à Osimo (Ancône, non loin du sanctuaire de Loreto) ; en y arrivant, Giuseppe s’écria : Hæc requies mea (Voici le lieu de mon repos).

Il y mourut effectivement, le 18 septembre 1663.

Il a été béatifié en 1753 et canonisé en 1767.

 

 

Ɖaminh Trch (Ɖoài)

1772-1840

 

Ɖaminh (Dominique) vit le jour vers 1772 (ou 1773) à Ngoi Vi (Nam Đnh, Vietnam).

Petit il rencontra un missionnaire et sentit l’appel de Dieu.

Il fréquenta le séminaire et fut ordonné prêtre en 1822.

Il voulut alors entrer dans l’Ordre dominicain, et y fit la profession en 1825.

Ce fut un prédicateur rempli de zèle pour le salut des âmes. Il fut atteint de tuberculose, mais continua de toutes ses forces à exercer le saint ministère. Il s’occupa des séminaristes et des malades.

En 1839, il fut arrêté à Ngoc, mais les villageois purent verser une caution et obtenir sa libération. Le 10 avril 1840, il subit une nouvelle arrestation et fut mis en prison.

Il souffrait beaucoup de sa maladie, mais restait fidèle, toujours préoccupé de consoler les autres prisonniers.

Il y eut, semble-t-il, un premier procès. On le tortura pour n’avoir pas voulu fouler aux pieds le crucifix :

Voici l’image de la Croix sur laquelle est mort mon Seigneur ; c’est l’emblème de la foi et de la religion que vous devez tous professer si vous voulez être sauvés. Pour moi je l’adore et j’aime mieux mourir que de la profaner !

Quand le gouverneur apprit la constance et le courage du père Ɖaminh, il entra dans une grande fureur, fit gifler le Père, le fit frapper à coups de poing et de pied. Finalement condamné à mort, le père Ɖaminh fut décapité le 18 septembre 1840 à By Mu (Hanoi).

Ce prêtre fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988.

Une fête liturgique commune célèbre les Martyrs du Vietnam le 24 novembre.

Salvador Chuliá Ferrandis

1866-1936

 

Salvador était d’une famille chrétienne, et naquit le 16 avril 1866 à Torrent (Valencia, Espagne).

Il fréquenta le séminaire diocésain de Valencia et, une fois ordonné diacre, voulut entrer dans la congrégation des Tertiaires Capucins, fondés par le père Luis Amigó, d’où leur nom de Amigoniens.

Il entra dans le noviciat en 1891, prenant le nom de Ambrosio María.

En 1892 il fut ordonné prêtre, et fit la première profession ; en 1898, ce fut la profession solennelle.

Il résida successivement dans les couvents de Torrent, Santa Rita, Madrid, Yuste, Fundación Caldeiro (Madrid) et Godella. Il reçut les charges de maître des novices, sous-directeur, conseiller, et particulièrement de directeur spirituel et de confesseur.

Il était de nouveau à Torrent au moment de la révolution de 1936. D’abord réfugié chez sa famille, il fut arrêté, emprisonné à La Torre.

De là, on l’emmena avec sept autres prêtres et religieux au quartier La Mantellina (ou Puchá d’Alt), près de Montserrat. Durant le trajet, il remontait le courage des autres condamnés. Une fois descendus du camion, on les mit devant un fossé et on éclaira la scène avec les phares.

Au moment d’être fusillé, il demanda à avoir les mains déliées, pour donner sa bénédiction aux bourreaux, mais on le lui refusa et il les bénit avec les deux mains attachées ensemble ; une dizaine de miliciens tirèrent.

Les huit martyrs (dont cinq Amigoniens) furent d’abord ensevelis dans une fosse commune.

Le père Salvador-Ambrosio mourut martyr le 18 septembre 1936, et fut béatifié en 2001.

 

 

Manuel Alcayde Pérez

1869-1936

 

Né le 15 février 1869 à Fiñana (Almería), il reçut sa formation sacerdotale au séminaire de Guadix et fut ordonné prêtre en 1893.

 

Don Manuel n’était pas un homme porté à l’étude, mais il était imprégné de son devoir sacerdotal et accomplit son ministère fidèlement jusqu’à la fin.

 

Il fut presque uniquement vicaire de son pays natal, Fiñana, où il visitait patiemment les malades et enseignait le catéchisme dans les différents quartiers.

 

Lorsque se déchaîna la persécution de juillet 1936, une nièce vint de Barcelone pour lui proposer de partir avec elle et échapper ainsi à la persécution - c’est du moins ce qu’elle espérait, sans savoir encore que la guerre civile n’allait pas épargner Barcelone. Mais don Manuel préféra rester à son poste.

 

Le 17 septembre, il fut arrêté en même temps que son curé, don Melitón Martínez Gómez. On les fit passer sur la place centrale en se moquant d’eux, puis on les jeta en prison.

 

Le 18 septembre 1936 au petit matin, on les embarqua pour les conduire à la Côte de la Reine. Quand on les fit descendre, don Manuel dit à don Melitón : Les jours et les heures sont accomplis. Ma consolation est que nous mourions ensemble. Il demanda aussi à être exécuté à la place de don Melitón, mais les miliciens le lui refusèrent. Il demanda alors à mourir le premier.

 

Martyrisé le 18 septembre 1936 à la Cuesta de la Reina et béatifié en 2017, Manuel Alcayde Pérez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 septembre.

 

 

Salvador Fernández Pérez

1870-1936

 

Salvador naquit le 29 juillet 1870 à San Pedro de Creciente (Pontevedra, Espagne).

Il entra à l’école salésienne de Sarriá à dix-neuf ans. Il y fit le noviciat et fit la profession en 1891.

Après ses études de philosophie, il fut envoyé à l’oratoire Don Bosco de Santander, où il reçut le sacerdoce.

Il exerça son ministère à Málaga, à Vigo-San Matías, Santander (dans les deux maisons de Don Bosco et María Auxiliadora).

En 1910-1913, il fut le premier directeur du nouveau collège d’Orense, puis alla à Vigo-San Matías. En 1915, il fut pour sept années à Baracaldo, puis revint à Orense comme confesseur.

En 1924, il fut nommé à Allariz, puis de nouveau à Orense comme directeur-préfet.

En 1931, il revint à Baracaldo comme confesseur, puis en 1935 à Estrecho.

Le 19 juillet 1936, après l’assaut du collège, il alla se présenter avec les derniers salésiens à la Direction Générale de Sécurité, et fut laissé en liberté.

Il se réfugia chez diverses familles parentes ou amies, jusqu’au 28 août. Il trouva alors un logement dans la pension Manzano, jusqu’au 18 septembre.

Ce jour-là, des miliciens vinrent l’arrêter comme prêtre et l’emmenèrent d’abord à la tcheka Méndez Álvaro, puis à celle de Fomento.

On ne sait pas où il fut martyrisé, et l’on présume que ce fut ce même 18 septembre 1936. Dix jours après, on put voir la photographie de son cadavre à la Direction de Sécurité.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

José María Llópez Mora

1874-1936

 

José María naquit le 22 août 1874 à Torrent (Valencia, Espagne).

Il fréquenta l’école communale avant d’entrer en 1889 dans la congrégation des Tertiaires Capucins, fondés par le père Luis Amigó, d’où leur nom de Amigoniens.

En 1896 il fit la profession comme frère coadjuteur et porta désormais le nom de Recaredo María.

Il exerça un apostolat très fécond auprès des jeunes en situation difficile, en plusieurs écoles, montrant des dons peu communs pour approcher et aider ces malheureux garçons.

En dernier lieu, il se trouva au couvent de Notre-Dame-du-Mont-Sion, à Torrent, s’occupant inlassablement à enseigner la doctrine de la foi aux enfants, à ouvrir des écoles du soir gratuites pour eux, ainsi qu’à établir des œuvres de charité.

On le connaissait pour son naturel doux, toujours entouré d’enfants, visitant les malades et les prisonniers.

Au moment de la révolution de 1936, il fut expulsé avec les confrères du couvent, le 20 juillet.

D’abord réfugié chez une parente, il fut arrêté le 4 août et enfermé dans la prison de l’endroit.

De là, au petit matin du 18 septembre 1936, on l’emmena avec sept autres prêtres et religieux au quartier La Mantellina (ou Puchá d’Alt), près de Montserrat. Une fois descendus du camion, on les mit devant un fossé et on éclaira la scène avec les phares.

Fusillés, les huit martyrs (dont cinq Amigoniens) furent d’abord ensevelis dans une fosse commune.

Le frère José-Recaredo María mourut martyr ce 18 septembre 1936, et fut béatifié en 2001.

 

 

Melitón Martínez Gomez

1878-1936

 

Né le 10 mars 1878 à Jérez del Marquesado (Grenade), il fut baptisé le jour-même.

 

Il se forma au séminaire de Guadix et fut ordonné prêtre en 1901. Il passa ensuite la licence de théologie à Grenade.

 

Il fut nommé curé de Fiñana pendant vingt-cinq ans, jusqu’à sa mort. Il y eut seulement une «absence» de trois années, qu’il passa à Galera (un nom de pays fort à propos pour illustrer ce moment de «galère») : une honteuse calomnie était arrivée aux oreilles de l’évêque, qui dut provéder à une enquête sérieuse. Au bout de trois ans, l’évêque conclut à l’innocence du Prêtre et le rétablit dans sa charge. Les paroissiens le reçurent avec grande démonstration de joie, y compris avec la musique de l’harmonie.

 

Don Melitón était si généreux que les samedis, une foule de pauvres gens faisaient la queue devant l’église pour recevoir quelque aumône du curé. Quand il visitait les malades, il leur laissait aussi quelque chose qu’il glissait sous l’oreiller.

 

Il sentait arriver la tourmente révolutionnaire. Quand ses proches lui proposèrent de revenir dans son pays, il refusa de quitter sa paroisse : J’irai au Ciel en versant mon sang pour le Christ.

 

Le 17 septembre, il fut arrêté en même temps que son vicaire, don Manuel Alcayde Pérez. On les fit passer sur la place centrale en se moquant d’eux, puis on les jeta en prison.

 

Le 18 septembre 1936 au petit matin, on les embarqua pour les conduire à la Côte de la Reine, où on les fusilla.

 

Martyrisé le 18 septembre 1936 à la Cuesta de la Reina et béatifié en 2017, Melitón Martínez Gomez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 septembre.

 

 

Carlos Eraña Guruceta

1884-1936

 

Carlos vit le jour le 2 novembre 1884 à Arechavaleta (Guipuzcoa, Espagne), de

Entré dans la Société de Marie (Marianiste) en 1899, il y fit la profession en 1903 et prononça les vœux perpétuels en 1908.

Il excella dans l’enseignement auprès des enfants. Il fut successivement à Escoriaza, Villafranca de Oria (aujourd’hui Ordizia), Madrid. Il fut directeur d’école à La Mancha, Ciudad Real (1916-1927), à Tetouán (Maroc, 1927-1933), où il fit construire un nouveau bâtiment, enfin à Madrid (1933-1936).

Le 24 juillet 1936, le collège de Madrid fut incendié, obligeant les membres de la communauté à se disperser. Carlos fut arrêté et relâché par deux fois. Il vint à Ciudad Real, pensant que la situation y était plus calme. Mais la persécution y sévissait tout autant, aussi se mit-il en devoir de retrouver les Confrères éparpillés dans divers endroits, leur apportant son soutien, quelques ressources financières aussi quand il le pouvait.

Le 6 septembre, il fut à nouveau arrêté et conduit en «prison», dans l’ancien séminaire, où il continua à montrer une attitude pleine de sérénité et de confiance en Dieu.

Il fut fusillé à Alarcos au matin du 18 septembre 1936.

Frère Carlos fut béatifié en 1995.

 

 

Vicente Gay Zarzo

1885-1936

 

Il vit le jour le 19 janvier 1885 à Torrent (Valencia, Espagne), de bons parents chrétiens du Tiers-Ordre franciscain.

Il entra au noviciat des Capucins amigoniens (branche refondée par le père Amigó) en 1903, avec le nom de Modesto María.

Il fit la profession solennelle en 1911 ; malgré ses demandes réitérées, il ne put accéder au sacerdoce, sans qu’on en connaisse actuellement d’explications.

Il fut un excellent pédagogue auprès des jeunes délinquants, transmettant son savoir-faire en maçonnerie. Ses dernières années se passèrent à Torrent, où il enseigna aux enfants en même temps qu’il était économe du couvent.

Vers le 8 septembre 1936, on le mit à la prison El Torre de Torrent.

Il fut exécuté à la Fuente de la Mantellina aux premières heures du 18 septembre 1936.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

Justo Lerma Martínez

1886-1936

 

Il vit le jour le 12 novembre 1886 à Torrent (Valencia, Espagne), de bons parents chrétiens du Tiers-Ordre franciscain.

Petit, Justo fit partie de la Pieuse Union de Saint Antoine de Padoue. C’était un enfant vif, taquin, peu travailleur et joueur. La vie religieuse le changea totalement.

Il entra au noviciat des Capucins amigoniens (branche refondée par le père Amigó) en 1905, avec le nom de Francisco María.

Il fit la première profession en 1907 comme Frère Convers.

Il fut un excellent pédagogue auprès des jeunes délinquants, et en reçut expressément les félicitations des autorités académiques.

La Fondation Caldeiro où il se trouvait, ayant été évacuée, il rejoignit son pays natal.

On ne tarda pas à le mettre en prison à Torrent.

Il fut exécuté à la Fuente de la Mantellina aux premières heures du 18 septembre 1936.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

Vicente Jaunzarás Gómez

1890-1936

 

Il vit le jour le 6 mars 1890 à Torrent (Valencia, Espagne).

Il entra au noviciat des Capucins amigoniens (branche refondée par le père Amigó) en 1911, avec le nom de Valentín.

Il fit la profession solennelle en 1919 et fut ordonné prêtre en 1920.

Il fut un excellent pédagogue auprès des jeunes délinquants, transmettant son optimisme avec ses bonnes histoires.

Le 29 août 1936, on le mit en prison à Torrent.

Le 15 septembre, fête de Notre-Dame des Douleurs, leur Patronne, et le 17 septembre, fête de Stigmates de Saint-François d’Assise, les prisonniers chantèrent ensemble leur Office ; on entendait particulièrement le père Valentín depuis la place.

Il fut exécuté à la Fuente de la Mantellina aux premières heures du 18 septembre 1936.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

José García Mas

1896-1936

 

José vit le jour le 11 juin 1896 à Pego (Alicante, Espagne).

Après ses études chez les Franciscains de Pego et Benissa, il entra au séminaire de Valencia.

Ordonné prêtre en 1923, il exerça son ministère sacerdotal à Carroja, Patró y Benisili (Alicante) ; en 1936, il était recteur du sanctuaire Ecce Homo de son pays natal, Pego.

Son zèle et sa clairvoyance stimula plusieurs jeunes à distinguer leur vocation sacerdotale.

Le 4 septembre 1936, il fut arrêté chez lui et mis en prison. Il avait prévenu ses frères que, si on l’arrêtait et qu’on le tuât, il fallait pardonner.

Le 18 septembre 1936, lui et don Fernando García furent emmenés, les mains liées derrière le dos, au lieu-dit La Pedrera de Gandía, où ils furent fusillés.

Don José fut béatifié en 2001.

 

 

Ismael Tajadura Marcos

1902-1936

 

Il naquit le 17 juin 1902 à Las Quintanillas (Burgos, Espagne) et fut baptisé trois jours plus tard. Il reçut la Confirmation en 1904.

En 1918, il entra dans la congrégation de Saint-Pierre-aux-Liens, prit le nom de Estanislao Kostka et fit la profession en 1919.

Sa sensibilité envers les malades et son esprit de service lui valurent d’être chargé de l’infirmerie.

En juillet 1936, les miliciens prirent d’assaut la maison de Barcelone, et Ismael réussit d’abord à s’enfuir chez des amis. Peu après, on l’arrêta une première fois, mais on le laissa en liberté.

Pensant pouvoir encore rendre service, Ismael s’engagea dans l’armée. On l’envoya sur le front près de Teruel, mais, reconnu, il fut arrêté, accusé d’espionnage et condamné à mort.

Il reçut la palme du martyre en la localité Alcañiz (Teruel), le 18 septembre 1936.

Ismael Tajadura Marcos, béatifié en 2018, sera commémoré au Martyrologe le 18 septembre.

 

Fernando García Sendra

1905-1936

 

Fernando vit le jour le 31 mars 1905 à Pego (Alicante, Espagne).

Après ses études chez les Franciscains de Pego, il fut un an chez eux comme aspirant, puis entra au séminaire de Valencia.

Ordonné prêtre en 1931, il exerça son ministère sacerdotal à Bolulla et Sagra.

Lors de la révolution de juillet 1936, il vint simplement habiter chez ses parents à Pego.

C’est là qu’il fut arrêté le 4 septembre et mis en prison, comme d’autres prêtres du même endroit.

Le 18 septembre 1936, lui et don José García Mas furent emmenés, les mains liées derrière le dos, au lieu-dit La Pedrera de Gandía, où ils furent fusillés. Mais don Fernando ne mourut pas tout de suite sous les balles ; gravement blessé, il perdit connaissance ; plusieurs heures après, il se réveilla dans une mare de sang ; il trouva encore quelques forces pour se relever et se diriger vers une habitation proche, demandant un peu d’eau et d’aide. Or, les occupants de la maison non seulement lui refusèrent toute assistance, mais ils appelèrent les gens de la milice.

Alors don Fernando s’éloigna, mais culbuta dans une mare et se blottit dans un champ cultivé. C’est là que les miliciens le retrouvèrent, et lui donnèrent le coup de grâce, lui tirant une balle dans la tête.

Don Fernando fut béatifié en 2001.

 

 

Lucas Martín Puente

1908-1936

 

Il vit le jour le 20 septembre 1908 à Castroceniza (Burgos, Espagne) et fut baptisé dès le lendemain.

En 1923 il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cambrils.

En 1925, à Fortianell, il prit l’habit et le nom de Anastasio Lucas, puis fit le scholasticat.

En 1927, il fit de l’apostolat à Barceloneta, puis en 1930 fut professeur au Sacré-Cœur de Cambrils.

En 1933, il dut passer à Alcora, conformément aux nouvelles lois concernant l’enseignement. Mais en 1935 sa santé l’obligea à rejoindre Tarragona.

Il fut un Religieux plein de piété, pacifique, aimant l’ordre. 

Lors de la révolution de 1936, le collège fut fait évacuer par les miliciens, qui le saccagèrent, en brûlèrent les meubles. 

Notre Anastasio, avec quatre autres Frères, devant éviter de compromettre les gens qui les hébergeaient, furent accueillis dans l’Hôtel Nacional, se présentant comme un professeur avec ses élèves, en voyage d’études. Le patron, un bon chrétien, ne s’y trompa pas et leur accorda l’hospitalité. Mais il fut dénoncé par une employée ; les Frères furent immédiatement arrêtés, avec le patron en question.

Le soir, les miliciens les firent monter en camion découvert et, sous une pluie battante, les conduisirent hors de Tarragona. 

Profitant de l’obscurité et de la pluie, le Frère Anastasio réussit à sauter du camion. On mitrailla les autres dans le camion même, entre Ferrán et Tamarit, tard dans la nuit du 18 septembre 1936.

Il ne semble pas que le brave maître d’hôtel ait été retenu dans la cause de béatification des Frères. Les quatre Frères furent béatifiés en 2013.

 

 

Sebastián Obeso Alario

1910-1936

 

Il vit le jour le 12 décembre 1910 à Añoza (León, Espagne) et fut baptisé le 18.

En 1923 il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cambrils.

En 1926, il commença le noviciat proprement dit, prit l’habit et le nom de Honorio Sebastián, puis fit le scholasticat.

Il fit de l’apostolat à Cambrils puis, en 1930, à Tarragona.

Il fut un Religieux plein de piété, énergique, volontaire, plein d’amour pour les enfants et efficace dans l’enseignement. 

Lors de la révolution de 1936, le collège fut fait évacuer par les miliciens, qui le saccagèrent, en brûlèrent les meubles. 

Notre Sebastián, avec quatre autres Frères, devant éviter de compromettre les gens qui les hébergeaient, furent accueillis dans l’Hôtel Nacional, se présentant comme un professeur avec ses élèves, en voyage d’études. Le patron, un bon chrétien, ne s’y trompa pas et leur accorda l’hospitalité. Mais il fut dénoncé par une employée ; les Frères furent immédiatement arrêtés, avec le patron en question.

Le soir, les miliciens les firent monter en camion découvert et, sous une pluie battante, les conduisirent hors de Tarragona. 

Profitant de l’obscurité et de la pluie, le Frère Anastasio réussit à sauter du camion. On mitrailla les autres dans le camion même, entre Ferrán et Tamarit, tard dans la nuit du 18 septembre 1936.

Il ne semble pas que le brave maître d’hôtel ait été retenu dans la cause de béatification des Frères. Les quatre Frères furent béatifiés en 2013.

 

 

Juan Pérez Rodrigo

1914-1936

 

Il vit le jour le 27 janvier 1914 à Añoza (León, Espagne) et fut baptisé le 29.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes de Monreal.

En 1930, à Cambrils, il commença le noviciat proprement dit, prit l’habit et le nom de Nicolás Adriano, puis fit le scholasticat.

Il fit de l’apostolat à Bonanova puis, en 1933, fut professeur au scholasticat. En 1934, il fut envoyé à Tarragona.

Il fut un Religieux plein de piété, sérieux, exigeant, plein de respect pour les supérieurs. 

Lors de la révolution de 1936, le collège fut fait évacuer par les miliciens, qui le saccagèrent, en brûlèrent les meubles. 

Notre Nicolás, avec quatre autres Frères, devant éviter de compromettre les gens qui les hébergeaient, furent accueillis dans l’Hôtel Nacional, se présentant comme un professeur avec ses élèves, en voyage d’études. Le patron, un bon chrétien, ne s’y trompa pas et leur accorda l’hospitalité. Mais il fut dénoncé par une employée ; les Frères furent immédiatement arrêtés, avec le patron en question.

Le soir, les miliciens les firent monter en camion découvert et, sous une pluie battante, les conduisirent hors de Tarragona. 

Profitant de l’obscurité et de la pluie, le Frère Anastasio réussit à sauter du camion. On mitrailla les autres dans le camion même, entre Ferrán et Tamarit, tard dans la nuit du 18 septembre 1936.

Il ne semble pas que le brave maître d’hôtel ait été retenu dans la cause de béatification des Frères. Les quatre Frères furent béatifiés en 2013.

 

 

Jacinto Hoyuelos Gonzáles (Gonzalo)

1914-1936

 

Jacinto vit le jour le 11 septembre 1914 à Matarrepudio (Santander, Cantabria, Espagne), de Flaviano et Dalmacia, qui le firent baptiser dès le lendemain. Il fut confirmé en 1921.

Les premiers mots qu’il apprit à dire, furent le nom de Jésus et l’Ave Maria.

En 1923, il entra au collège des Frères Maristes, où il reçut la Première communion, puis ses parents déménagèrent à Menaza (Palencia).

Pauvre, il prit très vite l’habitude de donner son pain à plus pauvre que lui, et même son lit. Plus d’une fois, à l’exemple de ses parents, il introduisit chez lui un malheureux, et disait à sa mère : Maman, ce Pauvre ne sait pas où dormir cette nuit et n’a rien mangé aujourd’hui ; s’il vous plaît, recevez-le.

A seize ans, il dut quitter la maison pour aller travailler aux champs comme journalier.

Grâce à son curé, il fut heureusement orienté vers les Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu et put entrer dans cet Ordre à Palencia. En 1935, il émit la profession religieuse.

En janvier 1936, il fut envoyé comme conscrit à Ciempozuelos (Madrid). Il accomplit son service militaire à la clinique militaire, où étaient soignés les militaires atteints de maladie psychique.

Le 7 août 1936, il fut arrêté par les miliciens, mais sauvé in extremis par le docteur de la clinique, qui le réclama comme étant un soldat à ses ordres.

Un mois plus tard, d’autres infirmiers du clan de la milice le prirent à parti, cherchant à le faire blasphémer ; refusant, il fut par eux maltraité, et condamné à mort.

Le soir du 18 septembre 1936, ils l’emmenèrent aux environs de Ciempozuelos, où se trouvait un pont. Ils lui attachèrent une corde au cou, de sorte que, poussé dans le vide, il mourut étranglé ; puis ils le criblèrent de balles. Il venait d’avoir vingt-deux ans.

Frère Jacinto fut béatifié en 1992. Le Martyrologe l’a mis au 17 septembre.

 

 

Hermán Fernández Sáenz

1915-1936

 

Il vit le jour le 6 avril 1915 à Logroño (Espagne) et fut baptisé le 18.

En 1928 il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cambrils.

En 1930, il commença le noviciat proprement dit, prit l’habit et le nom de Clemente Faustino, puis fit le scholasticat.

Il fit de l’apostolat à Tarragona.

Il fut un Religieux plein de piété, travailleur, discret. 

Lors de la révolution de 1936, le collège fut fait évacuer par les miliciens, qui le saccagèrent, en brûlèrent les meubles. 

Notre Clemente, avec quatre autres Frères, devant éviter de compromettre les gens qui les hébergeaient, furent accueillis dans l’Hôtel Nacional, se présentant comme un professeur avec ses élèves, en voyage d’études. Le patron, un bon chrétien, ne s’y trompa pas et leur accorda l’hospitalité. Mais il fut dénoncé par une employée ; les Frères furent immédiatement arrêtés, avec le patron en question.

Le soir, les miliciens les firent monter en camion découvert et, sous une pluie battante, les conduisirent hors de Tarragona. 

Profitant de l’obscurité et de la pluie, le Frère Anastasio réussit à sauter du camion. On mitrailla les autres dans le camion même, entre Ferrán et Tamarit, tard dans la nuit du 18 septembre 1936. Clemente Faustino avait vingt-et-un ans.

Il ne semble pas que le brave maître d’hôtel ait été retenu dans la cause de béatification des Frères. Les quatre Frères furent béatifiés en 2013.

 

 

Józef Kut

1905-1942

 

Józef est originaire de la voïvodie de Grande Pologne. Il naît le 21 janvier 1905, de Józef et Marianna Piaskowska.

Après ses études primaires, il fréquente le lycée de Ostrow Wielkopolski, dont il sort bachelier en 1924. 

Il se prépare au sacerdoce aux séminaires de Poznan et Gniezno et reçoit l’ordination sacerdotale le 16 juin 1929. 

Il est successivement vicaire à Chodziez, puis à la paroisse de Saint-Nicolas de 1930 à 1936, enfin curé de paroisse à Goscieszyn.

Arrêté par les forces nazies le 30 octobre 1941, il est envoyé au camp de Dachau.

Il aurait pu obtenir sa libération s’il acceptait de renoncer au ministère sacerdotal et s’il donnait sa signature pour obtenir la nationalité allemande. Ce qu’il refusa évidemment.

Torturé, affamé, malade, il meurt le 18 septembre. Son corps est brûlé dans un four crématoire.

Il a été béatifié parmi les cent-huit Martyrs polonais de la Seconde Guerre mondiale, en 1999, qui sont fêtés ensemble le 12 juin (en Pologne), tandis qu’au Martyrologe le bienheureux Józef Kut est mentionné à son dies natalis le 18 septembre.

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16 septembre 2020 3 16 /09 /septembre /2020 23:00

17 SEPTEMBRE

 

IV.

S Satyrus, frère de s. Ambroise, juriste, qui voulut rester célibataire. 

Ste Théodora, dame romaine qui s'était mise au service des martyrs.

VII.

S Flaceau, prêtre au Mans.

VIII.

S Lambert, évêque à Maastricht, dont il fut éloigné un temps à cause du maire du palais ; un domesticus du domaine royal le fit égorger.

S Rodingus, peut-être irlandais, fondateur et abbé à Beaulieu-en-Argonne.

IX.

Ste Columba, martyre à Cordoue, où ses frère et sœur étaient abbé et abbesse.

X.

S Unni, évêque à Hambourg, successeur de s. Oscar et missionnaire en Scandinavie.

XII.

S Regnauld, chanoine régulier à Soissons, ermite dans la forêt de Craon, puis à Mélinais.

XIII.

Ste Hildegard de Bingen, mystique, auteur de divers ouvrages de médecine et pour le chant, proclamée Docteur de l’Eglise en 2012.

XV.

B Cherubino Testa, des ermites augustins près de Turin.

S Pedro de Arbués, espagnol, chanoine à Saragosse où il devint le premier Inquisiteur, ce qui lui valut un complot, et le martyre : il mourut en priant pour ses ennemis.

XVII.

S Roberto Bellarmino, troisième de douze enfants d'une famille toscane, jésuite, évêque à Capoue, cardinal et Docteur, auteur d'un "Petit catéchisme", traduit en soixante-deux langues.

XVIII.

S Emmanuel Nguyễn Vǎn Triệu, prêtre martyr en Cochinchine, ancien garde du corps du mandarin, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

B Jan (Stanisław) Papczyński, fondateur polonais des Clercs de l'Immaculée Conception (pères mariens), béatifié en 2007, canonisé en 2016.

XIX.

S Giovanni Croese (Francesco Maria da Camporosso), berger, capucin à Gênes, surnommé le “Padre santo” ; il s'offrit à Dieu au moment d'une épidémie, qui s'arrêta juste après sa mort.

S Zygmunt Szczesny Felinski, évêque à Varsovie, originaire de l'actuelle Ukraine, longtemps exilé en Sibérie par le pouvoir tsariste, fondateur de la Famille de Marie, pour les enfants et les pauvres, béatifié en 2002, canonisé en 2009.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près de Castellón, Juan Ventura Solsona (*1875), un temps envoyé au Mexique ;

Amigoniens : près de Madrid, le prêtre Timoteo Valero Pérez (*1901) ;

- béatifié en 2007 :

Laïcs : près de Ciudad Real, Álvaro Santos Cejudo Moreno Chocano (*1880).

B Zygmunt Sajna (1897-1940), prêtre polonais martyr, fusillé par les nazis, béatifié en 1999.

Bse Rosa Maria (Leonella) Sgorbati (1940-2006), missionnaire italienne martyre, abattue à Mogadiscio, béatifiée en 2018. 

Satyrus, frère d’Ambroise
† 379

S.Ambroise de Milan (v. 7 décembre) avait une sœur aînée, Marcellina (v. 17 juillet) et un jeune frère, Uranius Satyrus.
Leur père était préfet en Gaule. A sa mort, la famille s’installa à Rome.
Aidé d’un certain Symmacus, Satyrus fit de brillantes études de droit et devint avocat. On lui confia le gouvernement d’une province, où son sens de la justice le fit aimer.
Il n’avait pas encore reçu le Baptême, mais se comportait très dignement, sobrement ; il tenait à conserver la chasteté. Les propriétés qu’il possédait, il les gérait honnêtement, simplement, payant ses ouvriers, dont il n’exigeait pas l’impossible.
Satyre tint à reprendre à un certain Prosperus des biens qu’il avait soustrait à Ambroise, et pour bien mener l’affaire, dut s’embarquer pour l’Afrique. Un naufrage menaça l’embarcation. Satyrus sut que des Chrétiens portaient l’Eucharistie avec eux ; il la leur demanda, se la noua autour du cou avec un linge et se jeta à l’eau ; une fois en sûreté, il organisa le sauvetage de tous les passagers. 
Son premier geste fut de remercier Dieu, puis de demander le Baptême. 
L’affaire avec Prosperus fut résolue dans la justice et l’amitié : Prosperus restitua les biens, sans devenir ennemi de Satyrus.
Passant par Rome, Satyrus rejoignit promptement Ambroise à Milan, où il mourut bientôt, assisté de Marcellina et d’Ambroise. Ce fut vers 379.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Satyrus, frère d’Ambroise, au 17 septembre.


Rodingus de Beaulieu
† 680

Ce personnage, qu’on appelle Rouin en français, pouvait être d’originie irlandaise et même s’appeler Chrodingus.
Il aurait d’abord été moine dans l’abbaye de Tholey, dont l’abbé, Paul, appelé au siège épiscopal de Verdun (641), confia la direction à Rodingus.
Rodingus ensuite se serait retiré dans la forêt d’Argonne. Ici intervient une «légende», selon laquelle le seigneur de l’endroit fit fouetter notre Fondateur, qui décampa rapidement et partit en pèlerinage à Rome ; là, s.Pierre lui aurait demandé de retourner à Beaulieu ; arrivé sur place, il guérit le seigneur malade (tout le reste de la famille ayant péri de mort mystérieuse) ; ce dernier manifesta sa reconnaissance en aidant Rodingus à construire un monastère, qui devint l’abbaye de Beaulieu-en-Argonne.
Devenu presque centenaire, Rodingus se serait retiré dans le voisinage, à Bonneval, qui est maintenant connu comme ermitage Saint-Rouin. Il s’y trouverait une fontaine miraculeuse.
Rodingus serait mort en 680.
L’abbaye fut détruite en 1789, on devine pourquoi, et il n’en subsiste aujourd’hui que des pans de murs et, surtout, un pressoir du 13e siècle, classé Monument Historique : les moines pouvaient y presser quelque trois tonnes de raisin.
Saint Rodingus de Beaulieu est commémoré le 17 septembre dans le Martyrologe Romain.


Lambert de Maastricht
636-705

Lambert naquit vers 636 à Maastricht. Sa famille devait être princière et certains de ses membres furent des comtes dans le royaume franc.
Ce petit prince fut confié d’abord à l’évêque de Maastricht, Théodard (v. 10 septembre), puis à l’école royale. Lambert grandit en âge et en sagesse, il se montrait à la fois leste et courageux, modeste et chaste.
Une biographie raconte que, jeune homme, il opéra des miracles, faisant jaillir une source pour étancher la soif des ouvriers constructeurs d'une église, ou portant des charbons ardents dans les plis de son manteau sans l'endommager. 
Ses vertus  peu ordinaires l'élevèrent sur le siège épiscopal de Maastricht, pour succéder à Théodard, qui avait été assassiné (vers 669). On a avancé qu’il n’avait alors que vingt et un ans, un âge certainement impossible pour une consécration épiscopale, mais on admettra que Lambert ait pu être évêque autour de ses trente ans. Si l’on retient la date de naissance donnée plus haut, il pouvait avoir trente-trois ans.
Une lutte de palais fit assassiner Childéric II, roi d’Austrasie, dont le pouvoir fut repris par Ébroïn, maire du palais de Neustrie, qui s’en prit aux partisans du roi défunt. Aussi Lambert se retira pendant sept années dans le monastère de Stavelot, tandis qu’un intrus, certain Pharamond, usurpait sa place.
Une anecdote illustre la modestie et la sainteté de Lambert dans ce monastère. Une nuit froide d’hiver où il dormait dans le dortoir commun, il voulut se relever pour prier, mais une de ses sandales lui échappa et réveilla le dortoir en tombant par terre. L’abbé, sans attendre et sans vérifier, imposa à ce “grand coupable” (!) d’aller faire pénitence dehors devant le crucifix. Lambert obéit sans répliquer. Plusieurs heures après, l’abbé se rendit compte de sa méprise et alla retrouver l’évêque transi de froid et couvert de neige. Lambert n’eut qu’un mot fraternel : Saint Paul ne m'enseigne-t-il pas que je dois servir Dieu dans le froid et la nudité ? (cf. 1Co 4:11) ; revenu de sa méprise, l’abbé fit chauffer un bon bain chaud pour réconforter le pauvre évêque tout transi.
Lambert fut enfin rappelé sur son siège épiscopal ; il était le père de tous, surtout des pauvres. Pauvre lui-même, il tenait à avoir un siège sans ornementation, des vêtements modestes et usagés. Il parcourut la grande région nordique de Taxandrie, l’ancienne Campine, s’efforçant d’y faire disparaître le culte païen envers les dieux celtes Cernunnos et Arduinna.
Son amour des âmes le porta même à entreprendre la conversion des peuples païens qui n'appartenaient pas à son diocèse.
Malgré des menaces de mort, son zèle ne se rebuta point, et il eut la consolation de ramener beaucoup de brebis égarées dans le bercail de l’Église. 
Durant un de ses déplacements, il fut protégé par deux amis, lesquels «éliminèrent» deux agents du fisc qui guettaient sans cesse l’évêque et entravaient son action pastorale. La riposte ne se fit pas attendre : Lambert et ses deux amis furent à leur tour abattus, à Liège, le 17 septembre 705. On a pu avancer que ce meurtre avait été commandité par Pépin II d’Héristal, auquel le saint évêque avait fait quelques remontrances sur sa conduite matrimoniale.
L’épiscopat de Lambert avait duré trente-six ans.
L’évêque égorgé (ou assommé) fut enterré à Maastricht, en la basilique Saint-Pierre, dans la banlieue, entre la Meuse et le Geer. Lors de l’examen de ses reliques en 1896, on constata une profonde blessure à l’occiput.
Peu après sa mort, vers 718, saint Lambert fut transporté à Liège et devint ainsi le patron de ce diocèse. La cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Lambert de Liège fut construite sur les lieux de l’assassinat de Lambert.
Saint Lambert est reconnu comme le principal organisateur de l’Église belge. Plus de cent-quarante églises et sanctuaires lui sont dédiés.
Il est mentionné au 17 septembre dans le Martyrologe.


Columba de Cordoue
† 853

Columba est l’une des quarante-huit martyrs recensés par s.Eulogio (v. 11 mars), témoin contemporain des événements.
Elle appartenait à une famille chrétienne de Cordoue, où sa sœur aînée, Isabel, avait épousé un autre chrétien, Jeremía. Leur frère s’appelait Martino.
La sainte vie de ce couple suggéra très tôt à Columba de se consacrer totalement au Christ ; sa mère tenta de s’y opposer fermement, mais elle mourut subitement.
Isabel et Jeremía avaient fondé un double monastère à Tábanos, proche de Cordoue, et c’est leur frère Martino qui était l’abbé des moines. Isabel et son mari voulurent à leur tour s’y retirer, et Isabel devint abbesse.
Columba était à bonne école ; elle grandit dans la science de l’Ecriture, et surtout de la sainteté. Il lui arrivait de rester en oraison trois ou quatre heures de suite, parfois une demi-journée, pleurant tout doucement. Elle priait prosternée sur une natte, et le pavé sous cette natte était mouillé par ses pleurs.
Au moment de la persécution, les moniales se replièrent à Cordoue dans une maison privée, près de la basilique Saint-Cyprien. 
Un jour, Columba fut envahie d’un zèle impétueux et d’un désir irrésistible du martyre. Il est probable qu’elle ait été dans l’ignorance d’une décision toute récente des évêques réunis en concile à Cordoue en 852, lesquels prohibaient aux Chrétiens toute provocation. Columba, donc, sortit furtivement de son habitation et alla directement se présenter au juge, se déclarant chrétienne et l’invitant tout simplement à se convertir.
La sentence fut immédiate : elle n’eut que le temps de remettre une pièce au bourreau, avant d’être décapitée, le 17 septembre 853. Le corps de la Martyre fut jeté au Guadalquivir, et retrouvé quelques jours plus tard, indemne de toute corruption.  
Sainte Columba de Cordoue est commémorée le 17 septembre dans le Martyrologe Romain.

Hildegard de Bingen
1098-1179

Hildegard Vermerssheim naquit le 16 septembre 1098, de parents nobles et très chrétiens, à Bermersheim près d’Alzey (Hesse, Germanie). Elle est leur dixième enfant.
Toute petite elle fut favorisée de visions surnaturelles, de choses que personne ne voyait autour d’elles.
A cinq ans, elle dit à sa gouvernante : Regarde le joli petit veau qui est dans cette vache, et de le décrire tel qu’on le voit apparaître peu après.
A huit ans, on la confie aux moniales bénédictines de Disibodenberg (“Montagne de saint Disibode”, cf. 8 juillet), auprès de la célèbre recluse sainte Jutta : elle apprend à lire, à écrire, apprend le latin, la médecine, l’histoire naturelle.
A quinze ans, elle reçoit le voile et, à la mort de Jutta, est nommée supérieure : elle a trente-huit ans (1136). C’est que ses visions ne l’empêchent pas d’être moniale exemplaire, et c’est pour ses vertus - non pour ses visions - qu’elle devient abbesse.
Sur invitation céleste, et aussi de son entourage, Hildegard commence à rédiger ou à dicter ses visions ; elle a plusieurs secrétaires successifs, dont deux écriront une biographie de la sainte.
En 1147, elle fonde l’abbaye de Rupertsberg (“Montagne de saint Rupert”, cf. 15 mai), près de Bingen, et en 1165 celui de Eibingen.
Contemporaine de saint Bernard, Hildegard vivait en pleine Querelle du Sacerdoce et de l’Empire. Elle sera en correspondance avec les papes, les empereurs, les princes, les prélats, les abbés. Elle voyagera en Germanie de Cologne à Bamberg en passant par Trèves, elle viendra en Lorraine, sans épargner sa faible santé pour venir en aide là où la Providence l’appelait.
Outre les centaines de lettres de sa correspondance qu’on a conservées, elle nous a laissé divers ouvrages : Scivias (Sci : sache, apprends ; vias : les voies du Seigneur), le Liber vitæ meritorum (Livre des Mérites), le Liber divinorum operum (Livre des œuvres divines), un commentaire sur la règle de saint Benoît, un autre sur le Symbole trinitaire de saint Athanase, une vie de saint Rupert et une de saint Disibodus, un traité de médecine en neuf livres, de nombreuses œuvres pour le chant liturgique (où la mélodie couvre parfois plus de deux octaves, quand on sait qu’une voix ordinaire n’en couvre qu’une et demie), à quoi il faudra ajouter toutes sortes de visions et de prophéties, que saint Bernard a lui-même qualifiées de grâces du ciel.
Hildegard élaborera aussi une sorte de langue personnelle, avec des signes et des phonèmes qu’elle seule connaissait, avec laquelle elle écrivit son ouvrage Lingua ignota (avec version latine), fruit de ses visions qui l’emportaient, comme saint Paul, jusqu’au troisième ciel (2Co 12:2), ou peut-être encore plus haut…
Hildegard mourut le 17 septembre 1179 à Rupertsberg. Elle venait d’avoir quatre-vingt-un ans.
Sa grande célébrité la fit vite “béatifier” et son nom arriva dans le Martyrologe, au 17 septembre, avec le titre de sainte sans canonisation vraiment officielle.
Le pape allemand Benoît XVI a reconnu officiellement cette canonisation en 2012, et annonça qu’il proclamerait sainte Hildegard Docteur de l’Eglise, reconnaissant ainsi l’inspiration de cette grande Sainte et la garantie doctrinale de ses écrits.


Regnault de Mélinais
?-1190

Regnault demeure aujourd’hui à peu près inconnu.
D’après les chroniques de Mélinais, il était originaire de Picardie et était devenu chanoine régulier à Saint-Jean-des-Vignes, à Soissons.
Une légende raconte que Regnault lui-même avait participé à l’assassinat de Thomas Becket (v. 29 décembre) en 1170 ! Regnault serait venu dans la forêt de Mélinais pour y terminer ses jours dans la solitude et le remords. Conscient de sa co-responsabilité, le roi Plantagenêt lui aurait octroyé une chapelle et y aurait fait construire une église pour des chanoines réguliers de l’Ordre de Saint-Augustin.
Plus objective, la tradition rapporte qu’obsédé par le désir de la vie érémitique, comme beaucoup de ses contemporains, sans écouter les objurgations d’Yves de Chartres, qui lui proposait plutôt la vie cénobitique (communautaire), Regnault se rendit dans la forêt de Craon, près de Robert d’Arbrissel (v. 25 février).
Après la mort de Robert, Regnault se retira à Mélinais (Sarthe), où s’élevait depuis 1138 la fameuse abbaye, royalement subventionnée par les rois d’Angleterre, ainsi que par les comtes et ducs des provinces voisines. Elle possédat jusqu’à trente paroisses. Comme en beaucoup d’autres lieux, il ne reste de cette abbaye si prospère que quelques ruines.
Regnault mourut un 17 septembre, vers 1104.
Saint Regnault est mentionné au 17 septembre dans le Martyrologe.


Cherubino Testa
1451-1479

Il portait bien son prénom ! Cherubino naquit en 1451 à Avigliana (Turin, Italie NO), unique enfant de Filippo et Lucrezia, un couple de famille ancienne et renommée.
En 1471, il entra au couvent des Ermites de Saint-Augustin de cette même localité et fut ordonné prêtre.
Dans l’intervalle de quelques années, il monta les degrés de la sainteté par l’austérité de sa vie, sa mortification, son obéissance joyeuse, sa profonde piété et sa grande pureté.
Il avait une particulière dévotion envers la Passion du Seigneur, qui le ravissait en extase devant l’image du Crucifié.
On lui confia le soin de recevoir les pauvres, qu’il accueillit avec le plus grand empressement, et recourant à l’occasion à la générosité de ses propres parents.
La maladie le frappa, et le conduisit à la mort, survenue le 17 septembre 1479, quand il n’avait que vingt-huit ans.
Les cloches du pays se mirent à sonner d’elles-mêmes, comme pour signifier l’entrée de cette belle âme dans la Vision béatifique.
Il y aurait eut un autre prodige. Les frères de la communauté remarquèrent un parfum qui sortait de son tombeau. On voulut alors transférer les restes de Cherubino dans un endroit plus adéquat et, en ouvrant son tombeau, on remarqua qu’un lys sortait de son cœur. Ce serait la raison pour laquelle on représente Cherubino avec le lys dans sa main, comme saint Joseph ou saint Antoine de Padoue et d’autres encore, qui brillèrent particulièrement par la vertu de Pureté.
Le culte de Cherubino se développa et fut confirmé en 1865.
Le Martyrologe mentionne maintenant le bienheureux Cherubino au 17 septembre.


Pedro de Arbués
1441-1485

Né en 1441 à Épila (Aragon, Espagne centre-nord), de bons et nobles chrétiens, il étudia d’abord avec son père, puis à Huesca, d’où on l’envoya à la grande université de Bologne (Italie), où il prit ses grades en théologie et en droit.
En 1474 il fut ordonné prêtre, puis fut chanoine augustin à Saragosse. Il se montra zélé dans l’exercice de son sacerdoce.
C’était l’époque où l’on voulait éradiquer les erreurs provenant de l’Islam (rappelons que l’Espagne avait été sous le joug musulman pendant cinq siècles), mais aussi du Judaïsme, qui avait accueilli favorablement l’invasion islamique au 8e siècle.
En 1484, Pedro fut nommé inquisiteur pour l’Aragon. Faute de documents certains, on ne sait exactement s’il ordonna des tortures et des condamnations à mort ou s’il fut seulement victime de son zèle. Le fait est qu’un complot se trama, dont il fut averti, mais qu’il attendit sans inquiétude, assurant qu’il préférait être un bon martyr qu’un mauvais prêtre.
Le 14 septembre 1485, en la fête de la Sainte Croix, alors qu’il se rendait au chœur pour les matines, s’étant agenouillé devant le maître-autel, il fut assailli par huit hommes qui l’égorgèrent et prirent la fuite. Les autres chanoines étaient en train de chanter le psaume de l’invitatoire : N’endurissez pas vos cœurs comme à Meriba (Ps 94), verset où le psalmiste invite à ne pas imiter la dureté des Juifs au désert ; ils accoururent, mais Pedro n’avait plus qu’un souffle et dit : Loué soit Jésus-Christ, je meurs pour sa sainte foi.
Sa blessure au cou était mortelle ; il agonisa trois jours, priant pour ses ennemis.
Don Pedro de Arbués mourut le 17 septembre 1485.
On lava la dalle où il était tombé, mais le sang y réapparut mystérieusement. Les gens en imbibèrent des linges.
Pedro fut béatifié en 1664, canonisé en 1867. Pie IX, qui le canonisa, l’invoqua pour la conversion des Juifs et des Francs-maçons.


Roberto Bellarmino
1542-1621

Roberto Francesco Bellarmino naquit à Montepulciano, non loin de Florence, le 4 octobre 1542, jour de la fête de saint François d’Assise, dont il porta le nom. Il était le troisième de douze enfants. Les parents, bons chrétiens, étaient de petite noblesse. Le père s’appelait Vincenzo Bellarmini. La maman, Cinthia Cervini, était la sœur du pape Marcel II.
La maison paternelle fut pour lui une école de vertu, où sa piété se développa promptement, et plus d'une fois, dès l'âge de six ans, les gens du voisinage se réunissaient autour de lui pour l'entendre prêcher la Passion de Notre-Seigneur. 
Après avoir reçu ses premières leçons d’un précepteur, il entra à quatorze ans au collège des Jésuites de sa ville natale. Il s’y fit remarquer par sa piété, sa bonne camaraderie, son aptitude pour les études, son goût pour le chant et la musique. Par la façon dont il riposta un jour à ceux qui attaquaient l’honneur de son collège, on eût pu deviner déjà en lui le futur ardent défenseur de l’Église.
Après le collège, son père eût préféré qu’il suivît des cours de médecine à Padoue, mais Roberto entra dans la Compagnie de Jésus (1560). Après le noviciat, il étudia la philosophie au Collège Romain, puis les Humanités à Florence et Mondoví. Après plusieurs années d'éloquentes et fructueuses prédications, et quatre ans de professorat au collège romain, il gagna Padoue pour y faire la théologie. 
Ses prédications y furent très appréciées : on remarquait son affabilité, sa maîtrise de soi et sa maturité d’esprit.
En 1569, le supérieur des Jésuites, Francesco Borgia, envoya Roberto à Louvain, où se trouvait une très célèbre Université, pour y compléter ses études de théologie, mais en même temps il devait s’occuper de l’apostolat auprès des étudiants, charge pour laquelle il reçut les ordres mineurs, puis les ordres majeurs. Là encore, ses prédications enthousiasmèrent tous ceux qui l’entendaient, par son ardeur, sa science et la force de son éloquence, qui se doublait d’une constante simplicité, nourrie par sa piété et son humilité.
Il devint professeur de théologie à Louvain même, pendant sept ans. Grand admirateur de saint Thomas d’Aquin, il en introduisit la méthode dans l’Université. Son zèle le poussa à étudier l’hébreux et il publia une grammaire hébraïque. Il voulait réfuter les hérétiques, et il commença par Baïus, le chancelier de l’Université de Louvain !
Le climat nordique ne lui ayant pas profité, il dut regagner l’Italie (1576). Il reçut alors la chaire de controverse au Collège romain, qu’il occupera pendant douze années. Des milliers d’étudiants l’écoutaient, parmi lesquels ceux des Collèges germanique et anglais, qui devraient ensuite affronter les hérésies dans leurs propres pays. La doctrine de Roberto Bellarmino était si sûre qu’on le surnomma le “marteau des hérétiques”.
Ses Controverses eurent un tel succès unanime, qu’on le pria de les publier. Les trois volumes connurent maintes éditions et traductions. Le protestant Théodore de Bèze reconnaîtra la valeur de cet ouvrages en disant : C’est le livre qui nous a perdus ! Roberto savait se montrer rigoureux dans la défense de la doctrine catholique, mais extrêmement respectueux dans sa façon de parler aux “adversaires”, ce qui les confondait doublement.
Il fut deux ans supérieur du Collège romain. C’est à Rome qu’il se lia au jeune Luigi de Gonzaga, dont il deviendra le père spirituel. Puis il fut nommé provincial des Jésuites à Naples.
Le pape Clément VIII le rappela pour être son théologien particulier, consulteur au Saint-Office (l’actuelle Congrégation pour la Doctrine), et recteur de la Pénitencerie. Le père Bellarmino continuait d’écrire, de publier. Ainsi fut édité son Catéchisme, traduit en diverses langues, dont la française fut approuvée par Richelieu et utilisée par saint François de Sales. Le même pape Clément VIII ordonna l’utilisation de ce Catéchisme dans les paroisses.
Clément VIII voulut récompenser tant de zèle et de succès en nommant le père Bellarmino cardinal. Un religieux jésuite, normalement, ne peut recevoir une telle distinction, et l’ordre s’y opposait, mais le pape passa outre et imposa la calotte rouge au père Bellarmino qui protestait de toute son âme (1599).
Le Cardinal Bellarmino chercha à vivre dans la simplicité de toujours, malgré un certain faste auquel il devait se plier à contre-cœur. Il resta modeste, et fermement réticent à toute manifestation de népotisme, si fréquent à l’époque, et dont même sa famille aurait voulu bénéficier.

Une querelle assez âpre s’éleva entre les Jésuites et les Dominicains à propos d’un livre de Molina sur le libre arbitre et la grâce. Le pape, d’une façon un peu autoritaire, voulait imposer ses conclusions malgré les suggestions du cardinal Bellarmino. Pour faire court, le pape alors nomma brusquement Bellarmino archevêque de Capoue. Mais la querelle ne s’apaisa finalement que sous le pape suivant, qui eut enfin la bonne idée de se ranger à l’avis du cardinal Bellarmino.
Comme archevêque, le nouvel élu entendit bien résider dans son diocèse, contrairement à une habitude fréquente alors, où les évêques résidaient à la cour d’un roi ou au Vatican. Mgr Bellarmino répara sa cathédrale, assez délaissée, et visita chaque année les paroisses de son diocèse, qu’il aidait au besoin de ses propres deniers. Il chercha particulièrement à relever le niveau du clergé. Là encore ses prédications remportèrent un grand succès.
C’est de cette époque que furent retenus déjà quelques miracles opérés par ce saint Cardinal : des malades à l’agonie furent guéris ; un figuier reverdit ; un chanoine de Capoue fut témoin d’une bilocation… Il fit aussi quelques prédictions. Il avait le don de lire dans les âmes, il chassa des démons…
Aux deux conclaves suivants, le cardinal Bellarmino aurait pu être désigné pour le siège de saint Pierre, mais une autre majorité se forma, à sa plus grande satisfaction. Lui-même penchait pour le cardinal français François de la Rochefoucauld. Même Henri IV avait suggéré aux cardinaux français d’élire Roberto Bellarmino.
Le nouveau pape (Paul V) nomma le cardinal Bellarmino à plusieurs fonctions auprès des Congrégations romaines, de sorte que le cardinal donna sa démission d’archevêque, pour être totalement à l’œuvre dans ses responsabilités vaticanes. 
En même temps qu’il continuait à écrire pour défendre l’autorité du pape (notamment en Angleterre, contre James Ier), le Cardinal Bellarmino entretenait une vaste correspondance dans toute l’Europe, composait un commentaire sur les Psaumes, et s’occupait activement à Rome.
Saint François de Sales disait de lui : « Il sait tout, excepté faire le mal. » 
Il soutint les causes de canonisation de Ramón de Peñafort, de Francesca Romana, de Carlo Borromeo, d’Iñigo (Ignace) de Loyola, le fondateur des Jésuites (voir des notices de ces Saints aux 7 janvier, 9 mars, 4 novembre, 31 juillet. Il affirma avec conviction la doctrine de l’Immaculée Conception (qui ne serait proclamée qu’au XIXe siècle). Il protégea efficacement l’ordre des Célestins, parvenant à réconcilier les deux branches française et italienne.
Il dut aussi s’occuper en première personne de l’instruction du procès de Giordano Bruno, dont il démontra l’hérésie au terme d’une longue série d’interrogatoires. Ceci ne veut pas dire que c’est lui qui demanda la mise à mort de l’hérétique. Ces façons font partie d’un contexte historique auquel notre Cardinal n’a rien à voir : les actes mêmes du procès exigeaient qu’on n’attentât pas à la vie du condamné, mais le fanatisme prévalut et Giordano fut brûlé vif à Rome en 1600.
Bellarmino rencontra aussi Galileo. Il admettait que le système héliocentriste pouvait être une théorie mathématique, mais sans devoir aboutir à une affirmation philosophique et à un système théologique dangereux.
Le cardinal Bellarmino entretint des relations très amicales avec d’autres saintetés de l’époque : Filippo Neri, Carlo Borromeo, Jean Berchmans, Luigi de Gonzaga (voir aux 26 mai, 4 novembre, 13 août, 21 juin). 
Le Cardinal Bellarmino était devenu complètement sourd. A la fin de l’été 1621, la fièvre le gagna durant sa retraite annuelle au noviciat de Saint-André au Quirinal. Tout Rome défila près de lui, le pape Grégoire XV en tête. On ne se gênait pas pour emporter quelque objet en guise de relique, jusqu’au sang que les médecins lui prélevaient pour le soulager.
Le cardinal Roberto Bellarmino mourut le 17 septembre 1621. Il voulait des funérailles discrètes, mais le pape en fit de solennelles.
La cause de canonisation avança lentement, non pas par manque de témoignages - qui furent au contraire nombreux et unanimes - mais entre autres par la suppression temporaire de la Compagnie de Jésus.
Saint Roberto Bellarmino fut béatifié en 1923, canonisé en 1930, et proclamé Docteur de l’Eglise en 1931.
Il est mentionné au 17 septembre dans le Martyrologe.

Jan (Stanisław) Papczyński

1631-1701

 

Il naquit le 18 mai 1631 à Podegrodzie (Pologne), benjamin des sept enfants de Tomasz et Zofia Tacikowskich. 

Petit, il «joua à être prêtre», construisant des autels, faisant des processions. 

Il fréquenta l’école des Jésuites et des Piaristes à Podolińiec, Jarosław, Lviv et Rawa Mazowie.

A la fin de ses études, contrairement aux souhaits de ses parents, il voulut entrer en religion. Il préféra la congrégation des Piaristes, en raison de leur dévotion mariale. Il y prit le nom de Stanisław de Jésus et Marie.

Après le noviciat, il fit la profession en 1656, et reçut l’ordination sacerdotale en 1661.

Séminariste, il enseigna déjà la rhétorique avec un texte qu’il avait lui-même écrit : Le Messager de la Reine des Arts, qui lui valut bien des louanges.

Il fut professeur à Varsovie, mais aussi confesseur renommé ; il eut parmi ses pénitents le nonce papal, Antonio Pignatelli, futur pape Innocent XII.

Ses dévotions personnelles étaient en particulier : la Divine Providence, la Passion du Christ, l’Eucharistie, la Sainte Vierge, les Ames du Purgatoire et leur salut.

Lorsqu’en 1669 on prétendit atténuer la règle de la Congrégation, il préféra demander une dispense des vœux et fonder une nouvelle famille religieuse, les Marianistes de l’Immaculée Conception (différents des Marianistes français). Les Religieux porteraient un habit tout blanc en l’honneur de l’Immaculée Conception de Marie. On trouve aussi l’appellation moins équivoque de Pères mariens.

Pour une fois, cette fondation était due à un homme natif de Pologne, de sorte qu’il obtint assez facilement l’approbation diocésaine.

La première communauté s’établit dans la forêt Korabiewickiej et fut approuvée en 1673. C’était une communauté d’ermites, qui recevaient des hôtes désireux de vivre un temps de retraite. En 1679, l’institut devint de droit diocésain et répandit la dévotion à l’Immaculée Conception ainsi que la prière pour le salut des âmes du Purgatoire. Les Religieux enseignaient aussi les fondements de la Foi, confessaient. 

Le père Stanisław prit une mesure énergique pour combattre l’alcoolisme, qui pénétrait jusque dans les murs du monastère : il interdit totalement la vodka. 

Désireux d’obtenir aussi l’approbation papale, Stanisław partit pour Rome, à pied, en 1690, mais le pape mourut en février 1691 et il y eut une vacance de cinq mois avant l’élection d’Innocent XII, de sorte que Stanisław remplaça provisoirement l’approbation papale en affiliant sa Congrégation à d’autres Ordres déjà approuvés.

En 1699, il envoya cette fois-ci un Confrère à Rome, qui entra en contact avec les Frères Mineurs franciscains ; le Général franciscain présenta au nouveau pape la Règle des Dix Vertus de la Bienheureuse Vierge Marie, qui comportait l’affiliation légale de la Congrégation à l’Ordre franciscain. Le pape donna son approbation. 

L’évêque leur confia ensuite le couvent de Nouvelle Jérusalem, qui s’appelle aujourd’hui Mont Calvaire, où les Religieux reçoivent des pèlerins.

Le père Stanisław fut peu à peu rongé par la maladie. Il s’éteignit à ce monde le 17 septembre 1701 et fut béatifié en 2007.

La canonisation a été proclamée en 2016, après qu’une jeune fille de vingt ans soit sortie indemne du coma à la suite de problèmes respiratoires. Les médecins avaient supprimé toute assistance et la maman fit une neuvaine de prières, au terme de laquelle la jeune fille avait repris toutes ses facultés ; elle put se marier et elle est la maman de deux enfants.

 

 

Emmanuel Nguyễn Vǎn Triệu

1756-1798

 

Emmanuel vit le jour vers 1756 à Thợ Đùc (Phu Xuân, aujourd’hui Huế, Vietnam).

Orphelin de père encore petit, il grandit avec sa sœur chez sa mère et, à quinze ans, rejoignit l’armée.

Après quinze autres années d’activités militaires, il choisit d’entrer plutôt au service de l’armée du Ciel, et se prépara au sacerdoce.

Il fut ordonné prêtre en 1793.

Aguerri par ses longues années militaires, il organisa son apostolat avec autant de zèle que d’efficacité et fit beaucoup pour l’expansion du Règne du Christ dans le Vietnam.

A la fin du siècle, la situation des Chrétiens devint à nouveau difficile, à la suite de tensions politiques qui entraînèrent la méfiance vis-à-vis des croyants, jusqu’à ce qu’un édit de mai 1798 proscrivît la religion catholique.

Le père Emmanuel vint alors se réfugier chez sa vieille mère, qui avait maintenant les cheveux tout blancs. Il resta là et construisit une petite maison pour elle et sa sœur, allant célébrer la Messe dans la paroisse voisine.

Le 8 juillet, toute une troupe vint encercler le village pour arrêter le curé et des Chrétiens ; ne connaissant pas encore le père Emmanuel, ils ne pensèrent pas à l’arrêter, mais c’est lui-même qui se présenta pour partager le sort de ceux qui avaient été arrêtés. Sa mère pleurait, mais il la reprit doucement : Dieu m’a donné l’honneur de témoigner pour Lui. Ne pleure pas, Maman, faisons la volonté de Dieu.

Pendant les quarante jours suivants, il fut enchaîné par les mains et les pieds, trois fois il fut battu jusqu’au sang, plusieurs fois traîné devant un tribunal. On lui demanda qui était sa femme, il répondit : Je ne suis pas marié, parce que je vis le célibat du prêtre.

Pendant tout le temps de sa captivité, le père Emmanuel resta serein, confiant en Dieu, réconfortant les autres prisonniers. Il reçut la visite d’un autre prêtre déguisé, auquel il put se confesser, ainsi que sa mère.

La condamnation arriva le 17 août : le père devait être écrasé sous les pieds des éléphants, mais la condamnation fut remise.

On fit encore des propositions au père ; il répondit qu’il préférait mourir que de cesser de prêcher le Nom du Christ.

Condamné à mort, à l’image de Notre-Seigneur, le père Emmanuel fut emmené avec six autres voleurs condamnés. Sur le lieu du supplice, un soldat lut la sentence capitale. Emmanuel s’agenouilla et pria. Il fut décapité le 17 septembre 1795 à Bãi Dâu (Saigon). 

Ce prêtre fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988.

Une fête liturgique commune célèbre les Martyrs du Vietnam le 24 novembre.

 

 

Giovanni Croese (Francesco da Camporosso)

1804-1866

 

Anselmo Croese et Maria Antonia Garzo étaient d’humbles cultivateurs, à Camporosso (proche Ventimiglia, Italie).

Quatrième des cinq enfants de cette famille, Giovanni naquit le 27 décembre 1804, et reçut au baptême le nom du saint Apôtre de l’Amour, l’évangéliste Jean qu’on fête ce jour-là. Le petit garçon commença d’aller à l’école, mais ne fut pas ce qu’on peut appeler un élève enthousiaste. de sorte qu’il resta à la ferme pour aider les parents aux travaux et pour garder le petit troupeau.

En 1816, il fait la Première Communion. Une vilaine maladie pousse ses parents à le conduire au sanctuaire marial de Laghet (La Turbie, Nice), dont il revient guéri.

Ce n’était pas un demi-chrétien : un jour qu’il voyageait avec son père, il donna à un pauvre petit garçon de son âge son habit tout neuf.

En 1822, Giovanni fait un essai chez les Frères Mineurs Conventuels de Sestri Ponente, avec le nom d’Antonio.

En 1824, il passe à Voltri, dont il préfère la style de vie plus austère. Postulant, il prend le nouveau nom de Francesco Maria. Là, on remarque la charité avec laquelle il sait donner aux pauvres son repas en se contentant pour lui des restes qu’il trouvait.

En 1825 il commence le noviciat proprement dit, au couvent des Capucins de Saint Barnabé à Gênes, comme frère lai. Le 17 décembre, il reçoit l’habit, et fait la profession religieuse le même jour de l’année suivante. 

Il n’a que vingt-et-un ans, mais ses supérieurs l’envoient tout de suite à la maison principale de la Province, au couvent de l’Immaculée Conception de Gênes. Il travaille à la cuisine et à l’infirmerie, puis il est frère quêteur, en 1831, d’abord dans la campagne, dans la vallée du Bisagno, puis en ville à partir de 1834, et sera finalement responsable de tous les frères quêteurs à partir de 1840.

Il restera dans ce couvent près de quarante ans, jusqu’à la mort.

Sa charge de quêteur se doubla d’un véritable apostolat auprès des familles, par ses conseils, son assistance discrète ; il savait être proche des marins, nombreux à Gênes, ainsi que de ceux qui allaient émigrer en Amérique. On le connaissait bien, on le voyait partout pieds-nus, toujours souriant, toujours bon, au point qu’on le surnomma le Padre santo, le saint Père, lui qui n’était pas même prêtre.

Il se mortifiait beaucoup, couchant sur des planches, prenant des croûtons de pain mouillés dans de l’eau chaude, portant de vieilles étoffes qu’il raccommodait lui-même.

En 1866, une épidémie de choléra éclata en août : il s’offrit à Dieu pour la faire cesser, et en mourut effectivement, le 17 septembre 1866.

Les miracles se multiplièrent.

Le Padre santo fut proclamé bienheureux en 1929, et réellement saint en 1962. Il est tellement connu avec ce surnom, qu’on en a complètement oublié son nom de famille.

Saint Francesco Maria de Camporosso est mentionné au Martyrologe le 17 septembre. Les Franciscains le fêtent le 19 septembre.

Note. Les Italiens, qui n’aiment pas le jour 17 comme les Français le 13, remarqueront que saint Francesco reçut l’habit un 17, fit la Profession un 17, et mourut un 17…

 

 

Zygmunt Szczesny Felinski

1822-1895

 

Septième de onze enfants, Zygmunt (Sigismond) naquit le 1er novembre 1822, dans la noble famille de Gerard et Eva Wendorff à Wojutyn (Pologne, aujourd’hui Ukraine). Sa mère était écrivain.

De ses parents très chrétiens, Zygmunt apprendra l’amour de Dieu, le sacrifice pour la patrie, le respect de l’homme, valeurs qui le soutinrent dans l’épreuve, à la mort de son père en 1838, ou quand sa mère fut déportée en Sibérie pour avoir soutenu les paysans, ou aussi quand le gouvernement tsariste confisqua le patrimoine de la famille.

Il étudia les mathématiques à l’université de Moscou et, en 1847, partit à Paris où il étudia à la Sorbonne et au Collège de France.

Il se lia aux émigrés polonais et, en 1848, soutint l’insurrection de Poznan.

En 1851, il décida de devenir prêtre et rentra dans sa patrie au séminaire diocésain de Zytomierz (Jitomir), pour poursuivre ensuite ses études à l’Académie ecclésiastique catholique de Saint Petersbourg (Russie).

Il sera ordonné prêtre en 1855, à trente-trois ans.

Son activité pastorale commence parmi les pères dominicains de la paroisse Sainte Catherine à Saint Petersbourg, de 1855 à 1857, puis comme directeur spirituel des élèves de l’Académie ecclésiastique, enfin comme professeur de philosophie.

En 1856, il fonde le “Refuge pour les Pauvres” et, en 1857, la congrégation religieuses des Franciscaines de la Famille de Marie.

En 1862, il est nommé archevêque de Varsovie, capitale de la Pologne assiégée par les troupes tsaristes et où les évêques, par protestation, avaient ordonné la fermeture de toutes les églises. Le nouvel archevêque commençe par re-consacrer la cathédrale, profanée par les troupes russes, puis fait rouvrir toutes les églises.

Mgr Szczesny Felinski put gouverner son archidiocèse jusqu’en 1863, malgré l’hostilité de certains milieux, y compris du clergé, s’efforçant d’appliquer une vaste réforme religieuse et morale de la nation, tout en  s’efforçant de réduire au maximum l’impact gouvernemental sur les affaires intérieures de l’Eglise.

Ses travaux furent incessants : visites pastorales, réforme des études à l’Académie de Varsovie et dans les séminaires, élévation du niveau culturel du clergé, encouragement auprès du clergé pour une activité plus pastorale pour annoncer la Parole de Dieu, catéchiser, organiser de petites écoles primaires pour y diffuser de sains principes de vie morale dans la société.

Il appela les Franciscaines de la Famille de Marie, qu’il avait fondées à Saint Petersbourg, pour s’occuper à Varsovie des enfants abandonnés, et développa le culte au Saint Sacrement et envers Notre-Dame.

Courageusement, il écrivit au Tsar après l’insurrection de janvier 1863, le suppliant de mettre fin aux représailles du gouvernement russe. Plus tard, il s’éleva contre l’exécution de l’aumônier des insurgés, Agrypin Konarski, qui fut pendu le 12 juin 1863, ce qui lui valut, deux jours après, d’être déporté à Jaroslavl, sur la Volga au centre de la Russie, où on le laissa pendant vingt ans dans la plus grande pénurie.

Mais il ne restait pas inactif pour autant : sur place, il s’intéressa aux catholiques et en particulier aux prêtres déportés en Sibérie, fondant plusieurs œuvres de miséricorde. Il recueille des fonds pour la construction d’une église catholique à Jaroslavl.

Des négociations entre le Vatican et la Russie aboutirent à sa libération en 1883, mais pas à sa réintégration comme archevêque de Varsovie. Il fut alors nommé évêque titulaire de Tarse. 

Mgr Szczesny Felinski passa les douze dernières années de sa vie à moitié exilé à Dzwiniaczka (diocèse de Lviv) sous l’autorité autrichienne du moment.

Là encore il se donna infatigablement au bien spirituel des paysans polonais et ukrainiens, fondant la première école de l’endroit, un orphelinat, une église et un couvent pour ses Religieuses.

Il mourut à Cracovie, le 17 septembre 1895. Il n’avait plus que sa soutane et son bréviaire, mais il laissait tout son amour pour le peuple.

Il a été béatifié en 2002, et canonisé en 2009. 

Il sera inscrit au Martyrologe dans une prochaine édition.

 

Juan Ventura Solsona

1875-1936

 

Juan naquit à Villahermosa del Río (Castellón, Espagne) en l’an 1875, dans une famille pauvre qui comptait onze enfants. Le papa était tisserand.

Juan fut très tôt orphelin de père, et sa mère dut souffrir beaucoup pour élever tous ses enfants.

Il obtint une bourse d’étude pour fréquenter le séminaire de Valencia. Il fit partie de la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains et fut ordonné prêtre en 1901.

Il fut envoyé huit ans comme vice-recteur et professeur au séminaire de Cuernavaca (Mexique).

En 1909, il revint en Espagne et enseigna dans les séminaires de Tolède et Cuenca, avant d’être envoyé comme vice-recteur au Collège Espagnol de Rome de 1911 à 1919. 

Il fut ensuite nommé directeur spirituel au séminaire de Barcelone, jusqu’en 1923 : cette année-là, il eut la permission de quitter la Fraternité dont il faisait partie et, malgré sa demande d’y revenir, sa santé ne le lui permit pas.

Nommé curé de Notre-Dame-des-Anges à Cabanyal, il y resta dix ans, et finit par être nommé archiprêtre de Villahermosa del Río, son pays natal où vivait encore sa vieille maman octogénaire.

Il fut arrêté une première fois le 18 juillet 1936 au moment de la guerre civile espagnole, durant un voyage à Valencia. Quelqu’un obtint sa libération et lui fournit un habit de paysan pour revenir chez lui.

Le 2 août, l’église était fermée, le 10 il se cacha dans un grenier, où il put encore célébrer la messe le 29 août. Pour ne pas compromettre ceux qui l’hébergeaient, il devait changer d’endroit continuellement ; finalement, il décida de se présenter spontanément au Comité.

On lui promit qu’il ne lui arriverait rien et il se mit à travailler dans les champs.

Toutefois, un commando vint l’arrêter le 17 septembre suivant, pour l’enfermer au siège de Castillo de Villamalefa. Là, l’abbé Juan demanda à pouvoir encore dire quelque chose : il pardonna à ceux qui allaient le fusiller, répétant les paroles du Christ en croix.

Puis il fut exécuté : c’était le 17 septembre 1936.

Ensuite, les miliciens vinrent chez sa mère, qu’ils expulsèrent, et saccagèrent la maison.

Don Ventura Solsona fut béatifié en 2001.

 

 

Álvaro Santos Cejudo y Moreno Chocano

1880-1936

 

Ce pieux laïc naquit à Daimiel (Ciudad Real) le 19 février 1880, de Francisco Cejudo y Lara, ouvrier, et de María Moreno Chocano y García, qui le firent baptiser dès le lendemain ; le petit garçon s’appela ainsi Álvaro Santos ou Santos Álvaro on trouve les deux formes, mais il semble bien que le prénom habituel fut Álvaro.

Il eut une petite sœur, Manuela, avec laquelle il partagea ses jeux d’enfance.

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes en 1893, dans leur noviciat de Bujedo, et prit l’habit en 1896, avec le nom de Álvaro de Cordoue (qu’on fête le 19 février).

Malheureusement, en 1901, diverses circonstances familiales l’obligèrent à quitter la congrégation.

Álvaro devint alors machiniste dans les Chemins de fer. 

Il épousa María Rubio Márquez, et devint père de sept enfants, dont trois moururent en bas âge.

Devenu veuf en 1931, il vivait encore avec deux filles. Un jour, celles-ci lui exprimèrent leur désir d’entrer chez les religieuses Trinitaires à Cuenca.

Il eut d’abord la réaction, bien compréhensible, de se sentir abandonné ; mais tout aussitôt affirma : Oui, j’offrirai à Dieu ce double sacrifice ; dès maintenant, vous avez ma permission.

Ils se rendirent tous trois à Cuenca, où, malgré ses faibles revenus, il se déclara très honoré d’offrir au Seigneur ses deux filles et de pourvoir à toutes leurs nécessités.

Un témoignage unanime le montra fils, époux, père et frère vraiment irréprochable. Au travail, il ne voulait pas prendre de congés, pour gagner davantage et donner plus à ses filles. 

Quand ses compagnons de travail le critiquaient sur sa religion, il haussait la voix seulement pour défendre les intérêts de Dieu et de l’Eglise, sinon, il restait toujours calme et discret. Il répétait : Mes ennemis ne pourront pas me faire plus de mal que ce que Dieu permettra. Je peux tout en Celui qui me réconforte (cf. Ph 4:13). Après certaines de ses réponses, ils lui dirent un jour : Dis-donc, tu as bu un peu plus que d’habitude, aujourd’hui, mais il rétorqua : Dites-moi ce que vous voulez ; mais je ne peux pas entendre que Dieu est si offensé, et rester muet. 

Il portait une petite croix ; ils lui disaient : Enlève ça, sinon on va te tuer. Mais il lui en fallait davantage pour être intimidé.

Adorateur nocturne de l’Eucharistie, qu’il recevait fréquemment, fervent du Sacré-Cœur et du chapelet, généreux pour les pauvres malgré ses maigres ressources, il s’efforçait de faire passer entre les mains de ses compagnons de travail des articles sur la foi et l’Evangile, s’efforçant ainsi d’être apôtre à chaque instant.

Arrêté le 2 août 1936 à Santa Cruz de Mudela (Ciudad Real), pour le fait d’avoir deux filles Religieuses, d’être un bigot et de ne rien faire d’autre que d’entendre la Messe, il eut la grande consolation de se retrouver prisonnier avec ses anciens Confrères des Ecoles Chrétiennes.

Il fut ensuite transféré dans le couvent des Trinitaires, transformé en prison, d’où on le fit sortir la nuit du 17 septembre.

Il fut assassiné pour sa fidélité au Christ, le 17 septembre 1936, et fut béatifié en 2007.

 

 

Timoteo Valero Pérez

1901-1936

 

Il naquit à Villarejo (Terriente, Teruel, Espagne) et fut baptisé le 24 janvier 1901, jour où l’on fête saint Timothée, dont il reçut le nom. 

Il était le cinquième des six enfants de Jorge Valero Gómez et de María Pérez Pérez, qui s’appelaient Román, Baltasara, Jerónimo, Roberto, Timoteo, Pedro.

Il fréquenta l’école du village, fondée comme école primaire pour enfants pauvres et orphelins, et tenue par les pères Tertiaires Capucins (Amigoniens). C’est là qu’il reçut ses leçons de latin, qu’il fit ses humanités… et ressentit la vocation religieuse.

Il en était pleinement convaincu, rappelant à ses parents ce mot de Notre Seigneur : Celui qui aime son père et sa mère plus que moi, n’est pas digne de moi (Mt 10:37). Aussi était-il rassuré qu’en offrant à Dieu leur fils, ils ne manqueraient de rien par la suite.

Il entra chez les Pères Amigoniens en 1917, prenant l’habit dans la maison du noviciat à Godella (Valencia), et fit la première profession en 1919.

Il acheva ses études de philosophie à Madrid en 1922, de théologie à Carabanchel Bajo en 1926, où il fit la profession perpétuelle (1925).

Il reçut le sacerdoce à Godella en 1928, des mains du Fondateur lui-même, Mgr Luis Amigó.

Il exerça le saint ministère à Carabanchel Bajo (Madrid) et à Madrid même, particulièrement auprès des jeunes en difficulté. Jeune, joyeux, musicien, le père Timoteo réussissait pleinement auprès de ces adolescents.

Dès 1931, quand fut proclamée la République et que le danger montait, il alla ouvrir le tabernacle et consomma, avec un des élèves, toutes les saintes hosties, pour éviter le danger qu’elles fussent profanées.

Au moment de la guerre civile, la communauté fut dissoute et le père Timoteo trouva refuge à Madrid.

Le 17 juillet 1936, il était en train d’accompagner des jeunes à Segovia, et ils visitèrent l’aqueduc romain, mais durent revenir bien plus tôt que prévu.

Le 20 juillet, l’école fut transformée en tchéka par les miliciens, de sorte que les Religieux durent se trouver un refuge quelque part dans Madrid. Le père Timoteo fut quelques heures chez une couturière du collège, mais préféra se rendre chez son frère Roberto. De là, il fut à Tolède, et repartit dans la belle-famille de Roberto, puis de nouveau chez Roberto : on n’était jamais à l’abri d’une perquisition de la part des miliciens, ni d’une dénonciation ; il semble que le père Timoteo fut dénoncé par la belle-sœur de Roberto, qui ne s’entendait pas bien avec l’épouse de celui-ci.

Les agents vinrent perquisitionner, mais ne trouvèrent rien ni personne ; mais Timoteo, qui était un farceur, s’approcha sur la pointe des pieds du trou de la serrure et lança une boutade qui, en réalité, attira l’attention des miliciens ; ceux-ci revinrent sur leurs pas et arrêtèrent Timoteo.

C’était le 14 septembre, fête de la Sainte Croix. Timoteo fut conduit à la tchéka Alberto Lista, puis à celle de Fomento, transformée fin août en Comité Provincial d’Investigation Publique et installée ensuite dans les sous-sols des Beaux-Arts : ceux qui y étaient introduits, étaient d’habitude fusillés sans jugement et enterrés dans la fosse commune.

Le père Timoteo fut conduit au quartier de Vicálvaro, où il fut exécuté en sa qualité de prêtre et religieux, le 17 septembre 1936.

C’est son frère Roberto qui alla le reconnaître, dans la fosse commune du cimetière de Vicálvaro.

Il fut béatifié en 2001.

Zygmunt Sajna

1897-1940

 

Zygmunt (Sigismond) naquit à Żurawlówce (Podlasie, Pologne) le 20 janvier 1897, de Franciszki et de Franciszka. Il a une sœur : Maria Zyta.

En 1909, la famille déménagea à Melnik.

Après son baccalauréat au lycée de Siedlce (1918), il fit ses études sacerdotales au séminaire de Varsovie et fut ordonné prêtre en 1924.

Il fut d’abord nommé vicaire à Jadów, puis à Babice.

Dès octobre 1924, il fréquenta l’Université Grégorienne de Rome pour des études de droit canonique, mais n’arriva qu’au grade du baccalauréat, car des problèmes cardio-pulmonaires l’obligèrent à revenir prématurément dans son pays.

En 1926, il fut donc nommé aumônier des Sœurs de l’Immaculée Conception à Szymanów.

En 1931, il dut recevoir un traitement particulier à Zakopane, puis, sa santé s’étant améliorée, il fut nommé successivement en plusieurs paroisses de Varsovie : Saint-Antoine-de-Padoue en 1931, Saint-Alexandre en 1932, Saint-Jean-Baptiste (1935), finalement le Mont-Calvaire (1938).

Au moment de l’invasion hitlérienne, il soutenait avec patriotisme le moral des Polonais et, pour ce motif, fut surveillé activement par les autorités allemandes. On lui imposa la résidence surveillée, lui interdisant d’aller officier à l’église.

Il aurait pu s’échapper, mais préféra rester au milieu de ses paroissiens. Finalement, il fut arrêté, gardé prisonnier dans la caserne, puis dans un refuge pour personnes âgées et malades.

En avril 1940 on l’emprisonna à Varsovie ; il réussit à conserver avec lui des ornements sacerdotaux, son bréviaire et le chapelet. Battu, torturé (il eut les dents enfoncées), sommé de renier sa foi, il ne céda jamais. 

Pendant tout le temps qu’il fut détenu, il réussit à se procurer en cachette des hosties qu’on lui apportait de l’extérieur ; autant qu’il le put, il confessa et donna la communion.

Le 17 septembre 1940, tout un groupe de deux-cents personnes, comprenant en majeure partie des gens de l’intelligentsia polonaise, fut abattu à Palmiry. Un témoin raconta qu’au dernier moment, l’abbé Zygmunt donna l’absolution à tous ces co-détenus et leur adressa une dernière parole avant la mort. 

Il fut béatifié parmi cent-huit martyrs polonais, en 1999.

 

Rosa Maria Sgorbati

1940-2006

 

Rosa naquit le 9 décembre 1940 à Gazzola (Emilie de Romagne, Italie E), benjamine des trois enfants de Carlo et Giovannina Vigilini. Elle reçut le baptême peu après.

En 1950, la famille s’installa à Milan, où le père espérait trouver du travail ; il mourut cependant l’année suivante.

Déjà, Rosa manifestait son désir de devenir missionnaire. Elle en reparla à sa mère vers 1956, mais la maman lui conseilla d’attendre ses vingt ans.

Effectivement, vers 1963, elle alla se former à Sanfrè (Piémont), chez les Sœurs de la Consolata, fondées par s.Giuseppe Allamano (v. 16 février), et prit le nom religieux de Leonella. Après le temps de postulat, elle fit le noviciat à Nepi. Elle fit la première profession en 1963..

En 1966, elle alla en Angleterre pour recevoir une formation d’infirmière ; en même temps, elle apprenait la langue anglaise, qu’elle parla couramment.

En 1970, Sœur Leonella fut envoyée au Kenya ; c’était son rêve ! Elle travailla d’abord au Consolata Hospital Mathari de Nyeri puis au Nazareth Hospital de Kiambu, près Nairobi. comme sage-femme et aida à l’accouchement de quelque quatre mille bébés. Elle ouvrit elle-même une petite école d’infirmières au Nkubu Hospital de Meru.

C’est en 1972 que Leonella fit la profession solennelle.

En 1993, elle fut nommée Supérieure provinciale des Sœurs du Kenya.

En 2001, nouvelle destination : Mogadiscio (Somalie), un pays agité par des groupes islamistes. Sœur Leonella y fonda une école de soins pour enfants et en devint la directrice. Les trente-deux premières élèves reçurent un diplôme de l’Organisation Mondiale de la Santé.

Tout le monde aimait Sœur Leonella, cette Religieuse si dévouée, tout le monde sauf certains groupuscules qui lui en voulaient ; on savait qu’elle était en danger, mais elle répondait : Je me suis donnée au Seigneur, il peut faire de moi ce qu’il veut.

Après un court séjour au Kenya, elle revint en Somalie, rencontrant beaucoup de difficultés pour obtenir son visa des autorités islamiques. Elle put revenir à Mogadiscio le 13 septembre 2006.

Le drame se vérifia quatre jours plus tard, le 17 septembre 2006. En sortant de l’hôpital de Mogadiscio, Leonella fut abattue en pleine rue, avec son garde du corps, par deux hommes se réclamant d’un Tribunal islamique.

Portée à l’hôpital, Leonella y mourut quelques minutes après ; elle répétait : Je pardonne !

Nouvelle martyre, Leonella a été béatifiée en 2018 et sera commémorée le 17 septembre au Martyrologe.

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15 septembre 2020 2 15 /09 /septembre /2020 23:00

16 SEPTEMBRE

 

III.

S Priscus, premier évêque à Nocera, dont il est le patron principal ; on ne sait s'il fut martyr.

IV.

SS Abundius et Abundantius, avec Marcianus et Johannes, martyrs romains.

Ste Euphemia, vierge et martyre à Chalcédoine.

?

SS Victor, Felix, Alexander et Papias, martyrs à Rome.

V.

Ste Camelle, martyre à Ricaud, invoquée contre les maladies des yeux.

S Nynia, évêque écossais, d'origine bretonne. 

VI.

S Principe, évêque au Mans : il eut quelques difficultés avec Clovis, qui avait fait assassiner au Mans son parent Rignomer, frère du roi de Cambrai.

VIII.

Ste Eugénie, abbesse au Mont Sainte-Odile.

IX.

SS Rogel et Serdieu (Abdallah), martyrs à Cordoue pour avoir osé prêcher l'Evangile dans la mosquée.

X.

Ste Ludmilla, grand-mère de s. Venceslas : la mère de celui-ci, païenne, la fit assassiner.

Ste Edith, vierge anglaise à Wilton, fille du roi Edgar.

XI.

S Victor III, pape éphémère († 1087), après avoir été un brillant abbé au Mont-Cassin.

XII.

S Vital, fondateur et abbé à Savigny.

XIII.

S Martín dit Sacerdos, abbé cistercien à Huerta puis évêque à Sigüenza, d'où il retourna à son abbaye.

XV.

B Louis Aleman, évêque en Arles ; de bonne foi il combattait la primauté romaine au profit de la suprématie du concile.

XVII.

Bx Dominicus Shobioye, Michael Timonoya et son fils Paulus, martyrs à Nagasaki.

S Juan Macias, berger espagnol, frère convers dominicain à Lima et portier.

XIX.

S Kim Tae-gŏn Andreas, premier prêtre coréen martyr, canonisé en 1984 et fêté le 20 septembre.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 1995 :

Piaristes : près de Barcelone, le prêtre Ignasi Casanovas Perramón (*1893) ;

- béatifiés en 2001 :

Amigoniens : près de Valencia, le prêtre Salvador Ferrer Cardet (Laureano María de Burriana, *1884) ; les profès Manuel Ferrer Jordá (Benito María de Burriana) et Pablo Martínez Robles (Bernardino María de Andújar) (*1872, 1879) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Antonio Martínez García (*1892) ;

Clarétains : près de Barcelone, Joan María Alsina Ferrer, prêtre, et Antoni Perich Comas, profès (*1874, 1911).

Priscus de Nocera

3. siècle

 

Une dizaine d’évêques et de martyrs de ce nom sont vénérés. De l’un d’eux, il est dit qu’il fut un des soixante-douze disciples du Seigneur, que la Dernière Cène eut lieu chez lui à Jérusalem et qu’il vint en Occident dès le premier siècle. Il serait mort en 68, contemporain de s.Pierre.

A Capoue également on vénère un saint Priscus comme premier évêque.

Même s.Paulinus de Nole (v. 22 juin) a peut-être fait une confusion entre plusieurs Priscus, écrivant que le premier évêque de Nocera était aussi vénéré à Nole, ce qui n’est pas non plus invraisemblable.

Il est tout de même très probable que le premier évêque de Nocera vécut au moins au troisième siècle.

On lui attribue quelques miracles étonnants.

Le premier est que, ayant célébré les Saints Mystères très tôt et seul, il fut accusé d’hérésie (!). Il devait se présenter au pape pour se justifier ; mais n’ayant rien à offrir au Pontife romain, il convainquit un troupeau d’oies de le suivre jusqu’à Rome, où il les remit au pape (si l’on connaissait le nom de ce pape, on aurait une précision au sujet de la date de l’événement). Toujours est-il que le pape, illuminé par une apparition angélique qui disculpait totalement Priscus, le renvoya avec une énorme fontaine de marbre, que Priscus transporta simplement sur deux genisses. On peut encore la voir sur une place de Nocera.

Après ce deuxième miracle, on en signale un troisième, à la mort de Priscus. Celui-ci, sentant arriver sa dernière heure, alla demander aux ossements de ses sœurs de lui faire un peu de place : les ossements se déplacèrent en effet et Priscus s’y coucha pour rendre le dernier soupir.

Ce dernier «miracle» pourrait contredire la tradition qui fait de Priscus un martyr.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Priscus de Nocera au 16 septembre.

 

 

Abundius du Mont Soratte

† 304

 

Les historiens ont abandonné les textes se rapportant à Abundius.

On le donnait comme prêtre, accompagné d’un diacre nommé Abundantius.

Ils auraient ressuscité par leurs prières le fils, Iohannes, d’un certain personnage nommé Marcianus.

Sur ordre de Dioclétien, ils auraient été décapités tous les quatre, au nord de Rome, vers le Mont Soratte le long de la Via Flaminia.

Actuellement, seul s.Abundius est nommé dans le Martyrologe Romain avec ses Compagnons, au 16 septembre.

 

 

Euphemia de Chalcédoine

284-305

 

Il existe différentes versions du martyre d’Euphemia. En voici une.

Le père d’Euphemia était un sénateur, Philophronos, marié à Theodosia.

Ils vivaient à Chalcédoine (auj.Kadıköy, Istanbul, Turquie).

Or le gouverneur fit donner l’ordre à tous les habitants de venir adorer l’idole d’Arès et de lui offrir des sacrifices.

Une ciquantaine de Chrétiens refusèrent, parmi lesquels notre Euphemia. Ils restèrent dans une maison où ils priaient intensément. La maison fut découverte, les Chrétiens arrêtés et torturés.

Fou de rage devant la fermeté de ces Chrétiens, le gouverneur les envoya à l’empereur Dioclétien pour les juger ; il garda seulement Euphemia, espérant que, une fois seule, cette jeune fille aurait cédé.

Mais Euphemia résista aux fausses promesses de richesse du gouverneur. Elle fut alors soumise à diverses tortures, dont elle sortit indemne à chaque fois : la roue garnie de couteaux tranchants s’immobilisa ; le four chauffé à bloc effraya les bourreaux qui y virent deux anges redoutables ; elle marcha sans se blesser sur un faux tapis de gazon qui recouvrait une quantité de lames tranchantes ; les bêtes lâchées contre elle la respectèrent.

Euphemia ne mourut d’aucune de ces tortures ; mais bientôt elle rendit l’âme et un terrible tremblement de terre mit en fuite et les gardes et les badauds, de sorte que les parents purent reprendre son corps et l’enterrer dignement. Ce devait être vers 305.

Sainte Euphémie fut immensément vénérée, jusqu’en Espagne ou en Autriche. De plus, le concile de Chalcédoine (451), fut célébré dans son église, ce qui la rendit, si l’on peut dire, encore plus célèbre.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Euphemia de Chalcédoine au 16 septembre.

 

 

Victor, Felix, Alexander et Papias de Rome

?

 

On commémore ces quatre Martyrs ensemble, sans connaître mieux leur identité, leur vie, leur martyre. La période de leur mort est simplement inconnue.

Victor était peut-être un évêque : aurait-il été arrêté dans sa province et amené à Rome ? Certains ont pensé l’identifier avec le pape s.Victor 1er (v. 28 juillet).

Leurs corps furent ensevelis à Rome, sur la voie Nomentane, au lieu-dit «près de la Chèvre».

Le Martyrologe Romain mentionne les saints Victor, Felix, Alexander et Papias de Rome au 16 septembre.

 

 

Nynia d’Ecosse

† 432

 

De cet évêque écossais assez peu connu, on s’en remettra utilement au jugement de s.Bède (v. 26 mai) :

Les Pictes du Sud avaient abandonné l’erreur de l’idolâtrie et reçu la foi en la vérité par la prédication de l’évêque Nynia, très révérend et très saint ; c’était un homme de la nation des Bretons, qui avait fait des études régulières à Rome sur la foi et les mystères de la vérité.

Son siège épiscopal, remarquable par une église dédiée à saint Martin évêque, où Nynia lui-même repose avec plusieurs saints, est maintenant aux mains des Angles. Ce lieu, contigu à la province de Bernicie, est appelé par le peuple ‘Ad candidam casam’ {Près de la Maison Blanche}, car il fit une église de pierre, ce qui est insolite chez les Bretons.

Il serait mort vers 432.

Le nom lui-même de Nynia a reçu une multitude de variantes : Nynia, Nyniga, Ringan, Lingan, Roman, Trinyon, Trinian, Triman, Truinnein, Truyons. En latin : Ninianus, bien sûr, mais aussi Nennius, Nemnius, Nemnivus. Il y aurait certainement des formes celtiques ou irlandaises. Ces nombreuses variantes peuvent attester la grande diffusion du culte envers s. Nynia.

Il existe aussi un Livre des Miracles de s.Nynia, dont apparemment on ne peut disposer du texte.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Nynia d’Ecosse au 16 septembre.

 

 

Rogelio et Servodeo

† 852

 

Au Martyrologe du 15 septembre, on a mentionné deux Martyrs, Emilas et Jeremías, qui devaient être exécutés dans l’après-midi.

Ils étaient encore en prison quand on leur adjoignit deux autres Chrétiens, Rogelio et Servodeo.

Rogelio était un moine déjà âgé, eunuque, originaire probablement de Grenade.

Servodeo (traduction de Abdallah, serviteur de Dieu), était un autre eunuque depuis l’enfance, qui accompagnait Rogelio. Il venait, lui, d’Orient.

Le désir commun de ces deux amis était de donner leur vie pour extirper du sol espagnol l’erreur musulmane. Un jour ils profitent d’une réunion de prière dans la mosquée pour s’y introduire et, sans autre entrée en matière, se mettent à prêcher l’Évangile à la foule, promettant le ciel aux justes, et l’enfer aux impies.

On imagine la bousculade, les protestations, les insultes, les coups et déjà les mauvais traitements. Un juge put imposer le silence et ordonner d’enfermer les deux Témoins chrétiens, qui retrouvent ainsi nos Emilas et Jeremías, juste avant leur supplice.

On met aux fers Rogelio et Servodeo, avec des chaînes pesantes et meurtrières. Bien affaiblis, ils ont encore l’audace de proclamer leur foi intacte.

La sentence ne tarde pas : on leur coupera les mains, puis les pieds, puis la tête.

Infiniment heureux de mourir pour leur foi, les deux sont impatients d’attendre.

Un récit contemporain exalte ce moment : La gentilité elle-même, stupéfaite d’un tel spectacle, commençait à juger le christianisme avec je ne sais quoi qui sentait l’indulgence. Donc, placés au lieu de la décapitation, les saints martyrs, avant même l’avertissement du licteur, tendent les mains, présentent les bras : le fer tombe sur l’articulation, et les mains sautent de part et d’autre. Puis les jambes sont amputées. Ils ne montrèrent aucune tristesse ; finalement, le cou tranché, ils s’écroulèrent. Leurs cadavres tronqués, accrochés à des fourches, sont placés au delà du fleuve parmi les croix des autres.

C’était le 16 septembre 852, jour où les deux saint martyrs Rogelio et Servodeo sont commémorés au Martyrologe.

Victor III

1086-1087

 

Danferius de Benevento prit le nom de Desiderius en entrant en religion.

Il était né de famille princière en 1027, son père étant le prince lombard Landolfo V. Danferius fut d’abord ermite à La Cava, avant d’entrer au monastère bénédictin de Bénévent.

Quand l’abbé du Mont-Cassin fut élu pour devenir Étienne IX (1058), il lui succéda, pour un abbatiat glorieux qui dura près de trente ans. C’est pendant cette période que le Mont-Cassin devint une abbaye magnifique et célèbre.

Peu après, le même Étienne IX élève Desiderius au cardinalat et l’envoie comme représentant pontifical auprès de l’empereur Isaac Commène ; malheureusement, la rencontre n’aboutit pas à la résolution du schisme.

A Étienne IX succédèrent Nicolas II, Alexandre II, et surtout Grégoire VII. Recueillir l’héritage et continuer la réforme de saint Grégoire VII était une charge redoutable, à laquelle fut appelé Desiderius, qui prit le nom de Victor.

L’élection s’était faite en plusieurs temps : Grégoire VII l’aurait lui-même désigné comme “papable”, mais les cardinaux réformateurs auraient mis en question cette élection. Puis il aurait été acclamé par les cardinaux sur pression du parti normand, qui connaissait bien Desiderius (il avait beaucoup travaillé à rapprocher les Normands du pape Grégoire VII). Mais Desiderius hésitait toujours. L’année suivante, toujours désigné, mais attaqué par le parti schismatique de Clément III (Guibert de Ravenne), il fait convoquer un concile à Capoue, où enfin il semble bien qu’il ait fait l’unanimité (1087).

Victor III n’était toujours pas consacré. Il commença par aller célébrer Pâques dans son monastère du Mont-Cassin, puis accepta de se faire consacrer en mai.

Toutefois l’antipape Clément III avait toujours ses partisans dans Rome. Victor III retourna au Mont-Cassin, d’où il convoqua un concile à Bénévent pour condamner Clément III, mais il condamna aussi, qui sait pourquoi, deux grands partisans de Grégoire VII, l’évêque Hugues de Die et l’abbé Richard de Saint-Victor à Marseille.

Il semble que Victor III ait aussi organisé une croisade contre les Sarrasins de Tunisie où, selon un auteur contemporain, cent-mille musulmans furent tués en un seul jour.

L’œuvre papale de Victor III s’arrête là : il mourut cette même année 1087, le 16 septembre, jour où il est mentionné au Martyrologe.

Victor III fut béatifié en 1727. En l’absence de canonisation officielle, c’est Léon XIII qui lui confirma son titre de saint.

Son successeur sera Urbain II.

 

Note. Une curieuse histoire rapporte qu’en réalité Victor III était un enfant juif, ravi en Germanie et éduqué au monastère du Mont-Cassin ; devenu pape, il aurait reconnu être fils d’un célèbre Rabbin, et aurait alors disparu… On attendra sans doute longtemps encore les preuves historiques certaines.

 

 

Vital de Savigny

1050-1122

 

Vital naquit vers 1050 au village de Tierceville (Calvados), de Raimfroy et Roharde.

Quand il commença à fréquenter les écoles, ses condisciples, par déférence pour sa vertu, le surnommèrent le «petit abbé».

Ce trait rappelle la réputation qu’avait saint Basile durant ses études à Athènes (v. 1er janvier).

Vital, donc, alla étudier à Liège. Revenu dans son pays, il y ouvrit une école apostolique. Sa réputation grandit.

Mais tandis qu’il songeait à quitter son pays, le comte de Mortain, en fit son chapelain, et Vital le resta pendant environ vingt ans. Il s’évertua à ramener la paix autour de lui, et entre le comte et son épouse.

En 1093, ne rêvant que de la vie solitaire, Vital se retira, d’abord dans les environs de Mortain, et avec ses premiers disciples fonda une première communauté dite du Neubourg. D’autres communautés s’ouvrirent dans toute la région, particulièrement au désert de Dompierre, paroisse de Mantilly, diocèse de Séez.

Non loin de là se trouvait l’ermitage fondé par saint Guillaume Format (v. 24 avril). Dans un esprit de charité pour les âmes, Vital sortit de temps en temps de sa retraite en vue de combattre la licence et les désordres des mœurs ; il opéra des conversions et vit des disciples venir se grouper autour de son ermitage.

En 1105 Raoul de Fougères lui donna une partie de la forêt de Savigny pour y construire un monastère.

Vital s’appliqua à établir le bon ordre dans sa communauté, devenue nombreuse ; il lui imposa la règle de saint Benoît avec d’austères constitutions. En moins de quarante ans, l’abbaye prit de grands développements ; elle essaima en Angleterre et en Irlande.

On offrit à Vital le monastère de Château-Gontier ; il alla aussi à Saint-Sulpice-des-Chèvres (forêt de Pail), deux fois en Angleterre, appelé par saint Anselme (v. 21 avril) ; en 1106, il chercha vainement à empêcher la bataille entre Robert Courteheuse et Henri Beauclerc.

Le fondateur se dépensait pour l’accroissement de son œuvre, quand il sentit sa fin approcher ; il s’y prépara par un redoublement de ferveur. La nuit même qui précéda son trépas, il se rendit à l’office, mais ne put l’achever. Au moine qui demandait la bénédiction avant de lire la lecture, il dit : Que l’intercession de la sainte Vierge Marie nous unisse à l’assemblée des Anges !, et il expira, le 16 septembre 1122.

Un nuage lumineux remplit alors l’église d’un suave parfum.

Il y eut des miracles au tombeau de Vital. Le culte qu’on lui rendit aboutit à une fête en son honneur dans l’ordre de Cîteaux, en 1738. En 1793, les reliques furent profanées, mais on put les recueillir et les sauver.

De l’abbaye de Savigny ne restent que quelques pans de murs, magnifiques.

Saint Vital de Savigny est mentionné au Martyrologe le 16 septembre.

 

 

Martín de Hinojosa

1140-1213

 

Martín vit le jour vers 1140 à Deza (Soria, Castille, Espagne), de Miguel Muñoz, seigneur de Hinojosa (Finojosa) et courtisan d’Alonso VII, et de Sancha Gómez ; il fut parent de l’archevêque Rodrigo Jiménez de Rada.

A vingt ans, Martín entra au monastère cistercien de Cántavos, qui se transféra en 1162 à Huerta : c’est l’abbaye, encore existante, de Notre-Dame-de-Huerta.

Elu abbé du monastère dès 1166 (à vingt-six ans, mais certains disent : en 1185), Martín bénéficiera de l’appui des rois de Castille et Aragon, de la noblesse, mais aussi des petites gens qui collaborèrent à la construction des principaux bâtiments.

Il dut quitter le monastère quand il fut élu pour l’évêché de Sigüenza. Dans ce diocèse, il rétablit la discipline parmi les chanoines, en envoya quelques-uns à l’université de Paris. Il fut présent au chapitre général des Cisterciens en France.

Après quelques années d’activité pastorale (certains disent deux, d’autres huit), il revint dans son cher monastère en simple moine.

Mais il ne resta pas inactif. On l’appela pour l’inauguration du nouveau couvent de Notre-Dame de Óvila. C’est au retour qu’il s’éteignit, à Sotoca de Tajo, le 16 septembre 1213.

Son corps est conservé dans l’abbaye de Huerta ; son chef se trouve, dit-on, dans la cathédrale de Sigüenza, mais d’aucuns prétendent que cette dernière relique appartient à un autre évêque, saint Sacerdos, évêque de Limoges et connu comme saint Sardot ou Sardou (v. 5 mai). Il y aurait eu confusion, puis assimilation : Martín est surnommé Sacerdos dans le Martyrologe, qui le mentionne au 16 septembre.

 

 

Louis Aleman

1390-1450

 

Voici un nouvel exemple de personnage qui, dans la confusion du Grand Schisme d’Occident, combattit énergiquement, mais de bonne foi, le pape légitime, mais resta intimement attaché à la Vérité.

Louis Aleman naquit vers 1390 au château d’Arbent (Bugey, Ain).

Après ses études en Avignon, il sera diplômé en droit canonique. Son parent François de Conzié et son oncle archevêque de Narbonne lui obtinrent des promotions rapides.

En 1409, il fut chanoine et secrétaire de son oncle au concile de Pise ; en 1410, il fut légat du pape Alexandre V en France ; en 1417, il eut les titres de gardien de l’Eglise de Lyon et abbé au Puy.

Il assista au concile de Constance, où fut élu le pape Martin V, qui le nomma alors archevêque de Maguelone (1418), puis d’Arles (1423, puis gouverneur des Romagnes, de Bologne, de l’exarchat de Ravenne, puis cardinal de Sainte-Cécile au Transtévère (1426).

En 1428, une faction de Bologne le tint prisonnier pendant presque un mois.

Libéré, il se retira à Rome, dans une situation apparente de disgrâce ; mais durant l’interminable concile de Bâle (1431-1449), il regagnera un moment son diocèse d’Arles, puis apparaîtra au concile de Bâle en 1434, où il jouera un rôle très important. D’esprit conciliariste de par sa formation et ses relations, Louis s’opposait à l’autorité du pape et tenta même de le faire déposer.

Nommé président du concile en 1438 (et nommé aussi abbé commendataire de l’abbaye de Montmajour), il réussit, avec l’appui de l’empereur, à faire déposer le pape Eugène IV en 1439 et à faire élire pape Amédée VIII de Savoie, qui prit le nom de Félix V. Ce dernier fut évidemment excommunié par le pape légitime Eugène IV, qui de conséquence priva aussi Louis Aleman de toutes ses charges.

Mais Louis comprit son erreur ; il convainquit Félix V d’abdiquer (1449) et le nouveau pape Nicolas V restitua à Louis tous ses honneurs, le nommant même son légat en Allemagne.

Louis revint enfin à Arles, où il n’avait plus reparu depuis 1434. Il mourut de la peste le 16 septembre 1450 à Salon, dans le château de l’Empéri, résidence des évêques d’Arles.

Un culte populaire se développa rapidement autour de sa tombe ; des miracles eurent lieu, un procès commença. Louis fut béatifié en 1527.

Le Martyrologe le mentionne au 16 septembre.

 

 

Dominicus Shobyōye

?-1628

 

Dominicus Shobyōye était un laïc japonais, né à Nagasaki.

Il était membre du Tiers-Ordre dominicain.

Il fut martyrisé par la décapitation le 16 septembre 1628 à Nishizaka (Nagasaki) et béatifié en 1867.

 

 

Michaël et Paulus Himonoya

?-1628

 

Michaël et Paulus Himonoya étaient deux laïcs japonais, nés à Nagasaki ; Paulus était le fils de Michaël.

Ils étaient tous deux membres du Tiers-Ordre dominicain.

Ils furent martyrisés par la décapitation le 16 septembre 1628 à Nishizaka (Nagasaki) et béatifiés en 1867.

 

 

Juan Macías

1585-1645

 

Juan naquit le 2 mars 1585 à Ribera del Fresno, en Extremadure, au diocèse de Plasencia. Son père s’appelait Pedro de Arcas et sa mère Juana Sánchez, qu’il perdit dès l’âge de quatre ans. Son oncle l’employa à la garde des brebis.

Notre Juan aurait dû porter le nom de Arcas Sánchez, mais on l’appela bien vite comme on appelait tous les bergers de la propriété familiale les “macías”, du nom des terres de l’endroit ; ou aussi Juan Pastorcillo : Jean le petit berger.

Une nuit de Noël, à huit ans, sans doute sur quelque invitation céleste, il annonce qu’il part.

Il rejoint un marchand qu’il avait connu et travaille quelques années avec lui. Puis il s’embarque pour l’Amérique. On rejoint Carthagène (Colombie), on traverse la Nouvelle Grenade, on passe par Pasto et Quito (Equateur) et on arrive finalement au Pérou.

Le premier souci de Juan fut de s’enquérir des Dominicains présents à Lima, car, disait-il, il avait entendu une voix, à vingt ans, qui lui disait de les rejoindre au Pérou.

Formé au métier, il travaille dans les foires de la ville : il partage avec les pauvres le peu qu’il gagne, et rend des services au monastère dominicain de Sainte Marie-Magdeleine, auquel il se lie comme frère et où il est enfin admis et prend l’habit le 23 janvier 1622. Il fait les vœux solennels le 25 mars 1623, jour de l’Annonciation.

Il se lie d’amitié avec Martín de Porres et Rosa (voir aux 3 novembre et 24 août).

Désormais membre de la communauté dominicaine, Juan prit le chemin de la prière assidue, de la pénitence et de la charité.

Il dut bientôt subir une opération difficile pour soigner une grave infirmité, ce qui ne l’empêcha pas de continuer à se soucier des nécessiteux, qu’il aidait à la porte du couvent : tous les pauvres, les malades, les abandonnés de Lima venaient lui demander ses conseils.

De caractère, il préférait se retirer et éviter la conversation. Seule l’obéissance put le maintenir comme portier du couvent, pendant plus de vingt ans, charge qu’il exerça avec toute la joie et la disponibilité possibles. Il se montrait d’une humilité exemplaire envers ses semblables. A genoux il donnait à manger aux pauvres. Jamais il ne regardait les femmes en face, dirigeant son regard vers le sol pour éviter toute tentation.

Juan fut favorisé de grâces extraordinaires. Ainsi, lors d’un tremblement de terre à Lima, tandis que tous les religieux sortirent dans le jardin, Juan affirma qu’une voix le retenait là, la voix de la Vierge Marie, qui le protégeait : en effet, ni le couvent ni l’église ne furent détruits.

A soixante ans, Juan comprit qu’il allait enfin partir pour rejoindre au Ciel son cher ami, saint Jean l’Évangéliste, qu’il avait vu plusieurs fois en vision. Il raconta lui-même, plein de reconnaissance à Dieu, toutes les grâces qu’il avait reçues depuis sa jeunesse, en particulier de la vision de la gloire qu’il aurait reçue au ciel.

A Juan de la Torre, son ami, qui le suppliait de “ne pas l’abandonner”, il répondit : Je vous en donne ma parole, je vous serai plus ami là-bas que je ne l’ai été ici.

Quand vint “l’heure”, Juan en avertit ses Confrères, qui vinrent lui apporter le Saint Viatique dans sa cellule. Après quelques instants, le Prieur lui administra le Sacrement des Malades, qu’on appelait alors l’Extrême Onction, tandis que la Communauté priait et chantait. Juan s’éteignit au chant du Salve Regina, au matin du 16 septembre 1645.

Quand, trente-six ans plus tard, on voulut transférer les restes de Juan dans un cercueil de cèdre, ceux-ci étaient intacts.

Plus tard, en 1678, un jeune novice qui souffrait déjà d’une hernie inguinale, fit malencontreusement un effort physique en travaillant, de sorte que les médecins ne pouvaient le sauver que par une intervention qu’on ne savait pas faire à l’époque. Le novice reçut les derniers sacrements, mais le Prieur lui mit entre les mains une petite image de Juan, qui était mort une trentaine d’années plus tôt. Quand les religieux revinrent visiter le malade, il était debout et ne souffrait plus.

Un autre miracle attesté, fut la multiplication du riz dans le grenier, quand une religieuse invoqua Juan pour donner à manger aux pauvres.

Juan fut béatifié en 1837, et canonisé en 1975.

Le Martyrologe le mentionne le 16 septembre.

Kim Tae-gŏn Andreas

(Gim Dae-geon Andeurea)

1821-1846

 

 

Andeurea (Andreas) naquit le 21 août 1821 à Solmoe (Naep’o, Ch’ungch’ōng, Corée), dans une famille déjà chrétienne.

Son arrière-grand-père, Kim Chin-hu Pius était un fonctionnaire d’Etat, de famille noble, et reçut le baptême à cinquante ans, grâce aux insistances de son fils, le grand-père d’Andreas. Pius déposa sa charge et vécut chrétiennement jusqu’à son martyre, le 20 février 1814, après plus de dix années de prison.

Le petit-fils de Pius, Kim Che-jun Inyasio, vivait avec son épouse Ko Ursula à Solmoe, où naquit leur fils Andreas. Successivement, ils s’installèrent à Kolbaemasil (Kyōnggi), pour tenter de s’éloigner des zones de la persécution.

En 1836, le père Maubant (v. 21 septembre) passa dans cette localité et remarqua Andreas : le garçon avait quinze ans, une intelligence vive, et avait déjà été fortifié par l’épreuve des persécutions. C’était un candidat idéal pour le séminaire et le sacerdoce. Deux autres jeunes désiraient être prêtres : Ch’oe Pang-je Peuranchiseuko (Franciscus) et Ch’oe Yang-ōb Tomaseu (Thomas). Tous trois accompagnèrent le père Maubant à Macao, où se trouvait le séminaire des Missions Etrangères.

Ils y arrivèrent après six mois de voyage, le 6 juillet 1837, et furent accueillis avec joie par les Pères du séminaire. Ils y étudièrent l’Histoire et la Géographie, le Français et le Latin, la Théologie… Il est étonnant et réconfortant de voir comment ces jeunes assimilaient si facilement des matières auxquelles ils étaient si peu préparés.

La vie à Macao n’était cependant pas toujours facile. Par deux fois, les élèves et les Pères durent se replier sur Manille, pour échapper à la Guerre de l’opium. Autre épreuve : Peuranchiseuko, l’un des trois séminaristes coréens, mourut en 1838 à Macao. L’année suivante, alors qu’Andreas avait dix-huit ans, son père, Inyasio, fut martyrisé, le 26 septembre 1839 ; il n’est pas sûr qu’Andreas ait appris la nouvelle tout de suite, les communications étant très conditionnées.

Andreas continuait ses études. En 1842, il fut désigné pour être l’interprète auprès de l’amiral Cécil, qui commandait un navire de guerre français ; il fut donc présent au moment de la signature du Traité de Nanking.

Après ces événements, Mgr Ferréol essaya vainement d’entrer en Corée par la frontière nord, en compagnie d’Andreas, mais toutes leurs tentatives échouèrent. Andreas retourna donc en Chine, et c’est en Chine qu’il fut ordonné diacre.

Rempli de zèle pour son pays, il fit une autre tentative, qui réussit : il s’introduisit seul en Corée, en passant par Ūiju, et arriva à Seoul le 15 janvier 1846. Mais pour ne pas éveiller les soupçons, il rencontra seulement quelques catéchistes ; il n’alla même pas rencontrer sa mère, qui tournait dans les environs en quête de nourriture.

Il tomba malade pendant un mois environ. A peine remis, il conduisit des missionnaires français en Chine : ils quittèrent Chemulp’o dans une petite embarcation en bois et finirent par arriver sains et saufs à Shanghai, après une traversée dans une mer houleuse.

Le 17 août 1845, Andreas Kim fut ordonné prêtre à Shanghai, par Mgr Ferréol : c’était le premier prêtre coréen.

A la fin du même mois, Andreas accompagna en Corée Mgr Ferréol et le père Daveluy (v. 30 mars). Ils passèrent par l’île Cheju Island, traversèrent cette fois-ci encore de fortes tempêtes et accostèrent à Kanggyōng (Ch’ungch’ōng). en octobre.

Cette fois-ci, le père Andreas rencontra sa chère maman, mais très brièvement.

Un de ses premiers soucis fut d’introduire d’autres prêtres en Corée : son Confrère, Ch’oe Yang-ōb, et les missionnaires français qui attendaient en Chine une occasion pour rejoindre la Corée. Andreas rencontra des pêcheurs chinois de l’île de Yōnp’yōng, qui auraient pu prendre à bord les prêtres et les amener en Corée.

L’idée était réalisable, mais la manœuvre extrêmement dangereuse. Andreas fut découvert et arrêté le 5 juin 1846.

On l’envoya à la prison de Seoul. Mais le personnage embarrassait : c’était un homme très cultivé, parlant plusieurs langues, et en outre très bon, très poli avec l’entourage. Le roi n’aurait pas voulu le faire mourir, mais il céda à la pression de ses ministres et le condamna.

C’est alors que Andreas écrivit une dernière lettre ; les précédentes, il les avait écrites en latin, mais celle-ci le fut en coréen. S’adressant à tous les Croyants, qu’il appelle ses Frères, il leur rappelle la vanité de ce monde qui passe, la nécessité d’être des Chrétiens non seulement de nom, leur recommandant de s’aimer les uns les autres, ajoutant :

Vingt d’entre nous sont ici en prison ; ils vont bien, grâces à Dieu. Après notre mort, prenez soin de leurs familles endeuillées.

Soyez fidèles, et nous nous retrouverons au Ciel. Je vous embrasse avec tout mon amour.

Il signe avec la mention Vicaire Général, bien qu’il n’ait été prêtre qu’un an, dont trois mois en prison, mais il avait réellement aidé l’évêque dans sa charge pastorale.