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14 mars 2020 6 14 /03 /mars /2020 00:00

14 MARS

IV.    

S Alexandros, martyr à Pydna, pour avoir proclamé la divinité du Christ.
S Léon, évêque inconnu et martyr à Rome.

V.    

S Lazarus, évêque à Milan.
S Innocent, évêque à Vérone.

VI.    

S Leobinus, abbé à Brou, évêque à Chartres, thaumaturge.

VII.                        

S Boniface, italien, évêque à Ross. 

VIII.    

S Eustathius, martyr des arabes à Carrhes.

IX.    

S Euschemon, évêque à Lampsaque, adversaire de l’iconoclasme.

X.    

Ste Mathilde, reine d’Allemagne, mère de : Othon le Grand, futur empereur ; Henri, duc de Bavière ; Brunon, évêque à Cologne ; Gerberge, femme de Louis IV d’Outremer; Hedwige, grand-mère de Hugues Capet ; elle réussit à réconcilier ses deux fils aînés entre eux et avec elle.

XII.    

Ste Paulina, princesse allemande, fondatrice du double monastère de Paulinzella. 

XIII.    

Bse Eve, recluse, amie de Ste Julienne (cf. 5 avril), elle obtint du pape Urbain IV, ancien archidiacre de Liège, la confirmation de la Fête-Dieu pour l’Eglise universelle.
B Jean de Barastre, abbé à Mont Saint-Eloi, à qui s.Louis remit une épine de la Couronne du Christ.
B Pietro de Tréja, franciscain dans les Marches d’Ancône, mystique, ami de Corrado de Offida.

XIX.    

B Giacomo Cusmano, médecin et prêtre à Palerme, fondateur de deux familles : les Sœurs Servantes des Pauvres et les Missionnaires Serviteurs des Pauvres, béatifié en 1983.

Alexandros de Pydna
† 310

Alexandros vivait à Pydna (Macédoine, auj. disparue), au temps de l’empereur Maximien (305-311).
La Macédoine n’était pas le premier foyer de l’hérésie d’Arius, qui se développait en Egypte et en Palestine, mais Arius propagea astucieusement sa doctrine en Asie Mineure et en Grèce, en la mettant en musique sur des airs populaires.
Bien sûr, il y eut des discussions entre Grecs, Alexandros voulut se prononcer et proclama que Jésus-Christ était Dieu, et non une créature de Dieu. La discussion tourna mal, et le courageux Croyant fut décapité.
Des miracles se produisirent à son tombeau.
Saint Alexandros de Pydna est commémoré le 14 mars dans le Martyrologe Romain.


Lazzarus de Milan
† 449

Lazzarus semblait être de l’antique famille milanaise des Beccardi.
Après ses études, il fut ordonné prêtre, et devint, vers 438, le dix-neuvième archevêque de Milan.
Il gouverna ce diocèse jusqu’en 449, donc pendant onze années.
On a dû égarer les documents de son épiscopat.
Saint Lazzarus de Milan est commémoré le 14 mars dans le Martyrologe Romain.


Leobinus de Chartres
† 555

On a le bonheur de disposer d’une Vita de Leobinus, très célèbre, qui ne contient «pas trop d’invraisemblances» (!).
Leobinus (Lubin) était originaire du Poitou.
Son père lui confia la garde des troupeaux ; mais Leobinus demanda à un moine de lui écrire les lettres de l’alphabet sur la ceinture, ce que voyant, son père lui offrit un véritable abécédaire.
Leobinus entra très jeune dans un monastère : il voulait s’instruire. 
Un diacre se permit de lui donner trois «conseils», assez étranges ; qu’on en juge : ne pas se mettre au service d’un évêque, refuser tout direction d’église, ne pas entrer dans un petit monastère. Ce diacre avait dû vivre quelque épisode difficile avec un prélat… Avoir la responsabilité d’une église est un gros fardeau, sans doute, dont le peuple de Dieu a besoin pour être conduit sur le chemin de la sainteté, mais là encore, notre diacre avait dû remarquer quelles difficultés existent parfois entre curés jaloux… Quant au petit monastère, on verra que c’est justement ce que préconisera Teresa de Ávila…
Leobinus parcourra plusieurs étapes : d’abord auprès d’un certain ermite Avitus dans le Perche, Micy pendant le temps d’un noviciat, Lérins (mais dont il fut dissuadé par un moine qui lui parla de sa décadence), Javols (auprès de s.Hilaire, v. 13 janvier), Lyon (monastère de l’Ile-Barbe). Tous ces déplacements s’expliquent par le désir intense de Leobinus d’apprendre et de vraiment trouver un maître.
Le séjour à Lyon s’acheva au moment d’une invasion des Francs. Leobinus fut lié par des soldats, plongé plusieurs fois dans un trou et laissé là évanoui.
Avec deux compagnons, il retourna auprès d’Avitus, qui le nomma alors cellérier. A la mort d’Avitus, il se retira dans une solitude près de Charbonnières, pendant cinq ans.
C’est alors que l’évêque de Chartres conféra à Lubin le diaconat et le nomma abbé au monastère de Brou, avant-même de l’ordonner prêtre.
Le même évêque lui confia une mission auprès de s.Césaire d’Arles (v. 27 août). Là, Leobinus osa encore une fois parler d’aller à Lérins, mais Césaire le gronda sévèrement en lui reprochant de vouloir abandonner son poste : Leobinus rentra à Brou. Son abbatiat dura en tout douze années. Pendant cette période, Leobinus souffrit d’un douloureux cancer au nez, qui lui déforma les traits.
A la mort de l’évêque de Chartres, Ethaire, on nomma Leobinus pour lui succéder. Seuls quelques évêques objectaient les traces malheureuses de son cancer. Mais c’était surtout sans compter sur son humilité ! Aussi on usa d’un stratagème : on lui demanda seulement d’accompagner «le» moine qu’il jugerait le plus digne de la consécration épiscopale. Innocemment, Leobinus accepta de bon gré la proposition et… quand il arriva à Chartres, on lui aannonça que c’était lui, et personne d’autre, qu’on désirait, et que d’ailleurs un moine en avait rêvé la nuit précédente.
Une fois évêque, Leobinus ne fit que des miracles. Il suffisait de toucher son vêtement pour obtenir la guérison. Un des heureux bénéficiaires fut le prêtre Caletrix ou Caletricus, futur successeur de Leobinus sur le même siège (v. 4 septembre).
La maladie rongea Leobinus pendant sept années encore. Leobinus mourut un 14 mars d’une année qu’on peut situer  entre 552 et 567, uniques dates connues où, en 552, Leobinus soussigna le concile de Paris, et, en 567, Caletricus soussigna celui de Tours.
Le culte de Leobinus se développa rapidement ; il est considéré à l’égal d’un fondateur d’Eglise et modèle d’évêques. Une verrière de la cathédrale de Chartres retrace les épisodes de sa vie et de ses miracles. 
Les reliques de s.Leobinus furent profanées par les Huguenots au 16e siècle, et son chef disparut lors de la Révolution.
Saint Leobinus est commémoré le 14 mars dans le Martyrologe Romain.


Mathilde
875 env.-968

Mathilde (en latin Mathildis, qui a donné en français Maude ou Mahaut), eut pour père le comte Thierry ou Dietrich de Saxe, descendant du fameux Witikind (v. 7 janvier), prince des Saxons, et pour mère la comtesse Reinhilde, du sang des princes de Danemark et de Frise. 
Elle naquit vers 875, et fut élevée par son aïeule Mathilde, alors abbesse des bénédictines de Hereford. On l’instruisit des saintes Ecritures, en même temps qu’elle se rendait habile au travail des mains ; aimable et candide, active, chaste, généreuse, elle fut comblée par le ciel de toutes les grâces.
En 909 ou 913, elle épousa Henri l’Oiseleur, fils d’Othon, duc de Saxe. Trois ans après, par la mort de son beau-père, elle devenait duchesse de Saxe ; en 919, elle était reine d’Allemagne par l’élection de son mari comme successeur du roi Conrad. Dieu, par cette élévation extérieure, voulait mettre dans un plus grand jour les grâces de sa fidèle servante et les vertus dont son âme était ornée. Elle montra toujours une soumission parfaite et une fidélité inviolable envers son époux ; elle n’eut avec lui qu’un cœur, un esprit , une même volonté. Ils faisaient ensemble leurs aumônes et leurs libéralités ; bâtissaient des monastères et des hôpitaux ; dans l’intimité, ils accomplissaient en commun leurs exercices de piété. Pendant que Henri portait ses armes victorieuses dans le pays de ses ennemis, qu’il rendait tributaires les Danois et les Esclavons, soumettait la Bavière et la Bohême, Mathilde visitait, nourrissait, servait les pauvres de Jésus-Christ, les malades et les prisonniers. Ce digne époux mourra en 936.
Mathilde sut rester humble malgré son rang. Elle se mortifiait volontiers et donnait beaucoup de son temps à la prière. Dieu lui donna trois fils et deux filles, qui eurent une noble destinée. Othon le Grand fut empereur d’Allemagne, Henri fut duc de Bavière, Brunon fut archevêque de Cologne, Gerberge épousa Louis d’Outremer, roi de France, Hedwige enfin épousa Hugues le Grand, le père de Hugues Capet.
Mathilde connut la discorde dans sa famille, car ses deux fils aînés se jalousaient. Ce fut au point que ces deux hommes ne s’entendirent que pour dépouiller leur mère de ses biens et l’obliger à se retirer dans le couvent de Engerhen en Westphalie. Mathilde était consciente qu’elle était à la source de cette mésentente, car elle aurait voulu que la couronne de son mari échût à son deuxième fils, Henri, plutôt qu’à l’aîné, Othon.
Devenu roi, Othon épousa Edith ; sur invitation des évêques d’Allemagne, celle-ci s’employa pour adoucir les sentiments de son mari, lequel consentit enfin à demander pardon à sa mère et à la faire revenir. Henri à son tour demanda pardon. Mathilde put ainsi reprendre sa vie généreuse, construisant églises et hôpitaux, et surtout le célèbre monastère de Polden, aujourd’hui malheureusement disparu, où vivaient trois mille clercs.
Quand Othon fut sacré empereur à Rome, en 962, il chargea sa mère de l’administration des affaires. Puis Mathilde vint trouver son autre fils Brunon à Cologne, où il était archevêque. Tous trois allèrent ainsi à Northausen en Thuringe où Mathilde avait fondé un grand monastère féminin. 
C’est là que Mathilde, sentant arriver sa fin, voulut rester. Peu de temps avant de mourir, elle se fit transporter à Quedlinburg, car elle voulait être enterrée auprès de son mari.
Elle prophétisa encore que son petit-fils, devenu archevêque de Mayence, mourrait avant elle, ce qui eut lieu, car ce dernier mourut subitement.
Sa dernière heure venue, elle demanda d’intenses prières aux religieuses, aux ecclésiastiques ; elle se confessa, reçut l’Eucharistie, se fit étendre sur un cilice posé à terre et fit une dernière fois le signe de la croix avant d’expirer, le 14 mars 968.
On a dit que sainte Mathilde était morte à Halberstadt, mais il faut préciser que Quedlinburg était alors dans le diocèse de Halberstadt. Cette localité passa au protestantisme en 1539, et les reliques de sainte Mathilde se trouvent toujours là au fond d’un temple luthérien, tandis qu’une autre église (catholique) fut édifiée en 1858 sous le vocable de cette Sainte.
Le Martyrologe romain la commémore le 14 mars.

Paulina de Paulinzella
1067 - 1107

Elle naquit vers 1067 en Saxe, fille de Moricho, dans une famille de la haute noblesse, de la lignée de Kefernburg-Schwarzburg. 
Ce que Moricho avait reçu du roi Heinrich IV, passa en héritage à Paulina, avec d’autres domaines.
Paulina habita d’abord à Gatterstädt. Pieuse, elle fit plusieurs voyages à Rome pour obtenir enfin l’autorisation papale de fonder un monastère.
L’histoire raconte qu’étant un jour en déplacement avec sa suite, elle se perdit dans la forêt près de Rottenbach et Hengelbach. On trouva une petite cabane pour se réfugier. Tandis que les serviteurs étaient effrayés par le bruit du vent et la crainte des bêtes sauvages, Paulina eut la vision de la Mère de Dieu, qui la conduisit au milieu de la forêt : les arbres devinrent des colonnes de cathédrale, où l’on entendait un chant merveilleux.
En 1102, devenue veuve pour la deuxième fois, Paulina se retira avec quelques compagnes dans cette forêt de Thuringe pour y vivre dans la solitude ; ce furent ainsi les débuts de Marienzelle (la demeure de Marie).
Les vocations se multipliant autour de la sainteté de vie de ces ermites, Paulina fonda un monastère, qui évolua en double monastère pour les hommes et pour les femmes, près de Ilmenau. Le monastère prit le nom de Paulinzelle (demeure de Paulina). Tandis que les moines se consacraient principalement à la prière et au chant liturgique, les moniales s’occupaient des malades et de la pastorale.
Les moines qui vinrent y habiter, en 1106, étaient de l’abbaye bénédictine de Hirsau. C’est le pape Pascal II qui consacra le monastère.
Paulina vécut les dernières années de sa vie en recluse.
Elle dut faire un voyage à Hirsau en 1107, durant lequel elle tomba malade et mourut à Münsterschwarzach, le 14 mars 1107.
Le magnifique monastère fut supprimé au temps de la Réforme, et son église à trois nefs détruite. Les ruines actuelles laissent entrevoir l’importance des bâtiments. 
Sainte Paulina est commémorée au Martyrologe le 14 mars.


Eve de Liège
† 1266

Si l’on sait peu de choses sur cette sainte femme, ce qu’on en connaît demeure de première importance pour l’Eglise.
Elle vivait à Liège, et voulut se retirer comme béguine auprès de l’église Saint-Martin, ce qui explique qu’on la nomme aussi Eve de Saint-Martin.
Les béguines étaient de pieuses femmes qui s’isolaient et s’adonnaient à la prière, la méditation, la pénitence, l’ascèse.
Eve choisit la règle cistercienne pour son mode de vie. Elle rencontra Julienne de Cornillon, une autre béguine très sainte, qui avait eu révélation de propager la dévotion à l’Eucharistie.
Elles s’entendirent pour se rencontrer une fois l’an.
Eve, au début de sa vie ascétique, fut assaillie d’horribles tentations, qu’elle supporta et dépassa avec force et patience, encouragée par Julienne qui lui prédit qu’elles cesseraient bientôt.
A la mort de Julienne (1258), Eve intervint pour faire présenter au pape la demande de Julienne, d’instituer la Fête-Dieu. Or le nouveau pape, Urbain IV, providentiellement, était l’ancien archidiacre de Liège, Jacques Pantaléon, qui avait connu Julienne.
Quand il sut qu’Eve était encore en vie, il lui fit parvenir un bref pour la féliciter de son zèle (1264) et l’informer de l’institution de la Fête-Dieu, par la bulle Transiturus de hoc mundo.
La rédaction de l’office de cette fête avait été confié simultanément à saint Thomas d’Aquin et à saint Bonaventure ; quand Thomas présenta son travail au pape, Bonaventure déchira le sien humblement, affirmant qu’on ne pouvait faire mieux que Thomas. Il déchira peut-être un trésor…
Eve mourut peu après, probablement le 14 mars de 1266.
Elle est bienheureuse, fêtée à Liège le 14 mars, jour où elle est inscrite au Martyrologe sous la dénomination de Eve du Mont Cornillon.


Giacomo Cusmano
1834-1888

Giacomo naquit le 15 mars 1834 à Palermo (Sicile, Italie), quatrième des cinq enfants de Giacomo et Maddalena Patti, propriétaires assez importants. Les frères et sœurs s’appelaient Vincenzina, Pietro, Giuseppina, Giacomo et Giuseppe.
Le petit garçon n’avait que trois ans lorsque sa maman mourut du choléra en 1837.
Le papa était un bon chrétien et Giacomo junior grandit dans la piété et l’amour du prochain. Presque trop : il était si généreux de ses beaux habits (qu’il lançait du balcon à quelque pauvre qui passait), qu’on dut fermer à clef son armoire.
Après avoir reçu à la maison sa première formation d’un prêtre, don Francesco Libassi, qui le prépara aussi à la Première communion et à la Confirmation, Giacomo fréquenta le collège des Jésuites, de 1841 à 1851, avec une pause d’interruption en 1848-1849, lorsque les Jésuites furent momentanément interdits.
En 1850, Giacomo demanda son admission dans l’Ordre jésuite et s’apprêtait à partir pour Naples, lorsque son frère Pietro arriva et l’emmena manu militari à la maison.
L’adolescent avait seize ans ; il obéit. Revenu chez son père, il s’inscrivit à la faculté de médecine de Palerme.
En même temps, il attira autour de lui toute une troupe de jeunes auxquels il transmit son idéal, autant scientifique que religieux. 
En 1852, mourut Monsieur Cusmano. Pietro, le frère aîné, marié, n’était plus à la maison : Giacomo devenait l’administrateur de la propriété familiale. Envers les ouvriers, qui l’appelèrent don Giacomino (don Jacominet), il se montra courtois, donnant ses ordres avec douceur, se montrant reconnaissant pour le travail accompli. Et quand il rentrait à la maison, il lui arrivait volontiers de faire monter sur sa jument tel paysan pauvre, trop fatigué pour faire le chemin à pied.
En 1855, il avait vingt-et-un ans et passa son doctorat en médecine et chirurgie avec la meilleure note.
Il continua d’être assidu auprès des pauvres. Quand un de ses amis, embarqué dans les événements indépendentistes de l’époque, lui proposa de le rejoindre, il resta étranger à cette offre pour se retirer dans ses propriétés. 
Il songea à se consacrer à Dieu pour s’occuper activement des pauvres. Dûment conseillé par un saint prêtre, il se prépara au sacerdoce, qu’il reçut après une seule année de préparation, si grande était déjà sa culture. 
On le vit désormais avec les cheveux courts, la barbe rasée, en soutane, ce qui ne manquait pas de susciter quelques moqueries des habitants. Il fut ordonné prêtre en 1860.
D’abord il fut vicaire dans le quartier de sa famille. Il était si préoccupé des pauvres et des mourants, qu’il dormait tout habillé pour être prêt au moindre appel. Aux pauvres, il distribuait les récoltes des propriétés familiales ; il circulait avec une petite charrette pour recueillir aussi vêtements et vivres pour les pauvres. 
Déjà on venait nombreux se confesser à lui ; méfiant envers lui-même, il fréquenta les cours de théologie morale et d’Ecriture Sainte au séminaire. Il se mortifia, par le jeûne, par les nuits passées à dormir sur une croix. Une pénible fistule intestinale le frappa et le fit souffrir toute sa vie.
Nommé archiprêtre, il refusa pour réaliser une première œuvre : la Maison de la Miséricorde, qu’il confia aux Filles de la Charité, pour recevoir et soigner les pauvres. L’œuvre fut financée par les notables locaux.
Quand la Sicile fut annexée à l’Italie «unifiée», les biens de l’Eglise furent confisqués et beaucoup d’ouvriers perdirent leur travail. En 1866, même l’évêque fut incarcéré. Don Cusmano imagina un mouvement charitable : obtenir de tous les habitants de Palerme de mettre chaque jour de côté quelque chose de leur repas, pour nourrir des pauvres. 
Après quelques débuts difficiles, quand on le vit soigner les victimes d’une nouvelle épidémie de choléra, on s’enthousiasma pour l’aider et ainsi naquit le Boccone del Povero, la Bouchée du Pauvre. 
Dans son zèle, don Cusmano donna aussi quelque chose de plus aux familles qui avaient quelque animal domestique ; il paya les dettes des plus désespérés, les sauvant du suicide.
Des hommes et des femmes vinrent l’aider, entre autres sa propre sœur Vincenzina. Mais il eut aussi l’exigence d’en refuser si elles n’étaient pas suffisamment pieuses et discrètes.
En 1868, il obtint l’approbation du pape ; n’ayant pu obtenir les bâtiments de quelque couvent supprimé, il ouvrit près de son église un réfectoire, un orphelinat, des ateliers pour travailler les tissus, les chapelets, les chaussures, le vin, et même un dépôt de pétrole.
Il forma aussi des prêtres pour encadrer l’œuvre, dédiée à saint Joseph. Il alla prêcher dans les environs.
Il s’éloigna un moment à Agrigente, lorsque son grand ami don Turano y fut nommé évêque ; mais il revint à Palermo, où on le réclamait avec insistance. Nommé chanoine, il refusa encore cette dignité, pour ne s’occuper que de son œuvre.
Il y eut un moment de crise ; des désertions, la chute des collectes, les maladies… Don Cusmano obtint enfin une église plus grande avec les bâtiments voisins d’un couvent vide, qui fut remis en état. On fallit le lui faire démolir, ou le lui reprendre, mais il réussit à démontrer que le bâtiment était un monument historique et qu’il fallait au contraire le restaurer. On l’approuva.
Une de ses conquêtes fut un Juif converti, un certain Abraham, que sa famille ne voulait plus recevoir s’il ne repassait pas au judaïsme.
Se sentant cependant indigne et incapable, don Cusmano songea à remettre tout son travail à d’autres Religieuses, mais un songe où il vit la Sainte Vierge, le réconforta (1878). Peu après il rencontra la voyante de La Salette, Mélanie Calvat, qui l’encouragea.
Il ouvrit alors une nouvelle Congrégation, les Servantes des Pauvres, dont la supérieure fut sa sœur, Vincenzina. Des hommes se joignirent à l’œuvre. Même le maire de Palerme, un franc-maçon convaincu, fut tellement frappé du courage et du travail de don Cusmano, qu’il lui donna en 1881 une ancienne maison de Jésuites, la Quinta Casa al Molo.
On y réunit près de cinq cents pensionnaires, qui apprenaient à travailler les chaussures, les vêtements, l’imprimerie, la reliure.
En 1881, s’ouvrit encore près de Palermo un nouveau centre, grâce à la générosité de donateurs. Il s’y trouva jusqu’à trois cents petites filles.
En 1882, s’ouvrit une autre maison à Agrigente. On donna à don Cusmano une autre ex-maison religieuse à Valguamera. La même année, le pape l’encouragea personnellement. En 1883, une autre maison s’ouvrit à Monreale, puis à Caltanissetta.
C’est en 1884 que naquit effectivement la branche masculine de son œuvre : les Serviteurs des Pauvres.
En 1885, il rencontra à Messine le fameux chanoine Annibale Maria Di Francia, qui voulait unir son œuvre personnelle à celle de don Cusmano. Mais celui-ci fut inspiré de laisser à don Annibale son indépendance ; en effet, ce dernier fonda ensuite les pères Rogationnistes et les Filles du Zèle Divin (voir au 1er juin).
La même année, une pénible épidémie de choléra s’abattit sur Palerme. Don Cusmano ouvrit un petit hôpital où il soigna les malades ; des centaines qu’il reçut, il n’en mourut qu’une trentaine.
En novembre 1885, il ouvrit encore un centre sur les terres de sa famille.
1887 fut difficile ; les mauvaises récoltes engendrèrent la famine, et la révolte. Don Cusmano emprunta pour nourrir les pauvres. Il dut aussi subir une difficile opération chirurgicale. Affaibli, il fit installer le téléphone dans toutes ses maisons, pour rester informé des nécessités de chacune.
Cette même année fut officiellement fondé l’ordre des Missionnaires Serviteurs des Pauvres.
L’abbé Giacomo Cusmano fut surnommé le Don Bosco du Sud. 
Sa santé baissait, ses forces diminuaient. Peu avant de mourir, il organisa encore l’Association des Dames de la Charité, après quoi il murmura : Ma mission est terminée.
En février 1888, il dut avec tristesse renoncer à célébrer la sainte Messe. Début mars, on arriva à le soulager d’une pleurésie. Le 13 mars il put converser longuement sur l’œuvre avec ses Confrères. La nuit suivante, il s’éteignit, le 14 mars 1888.
Don Giacomo Cusmano a été béatifié en 1983.
Depuis, l’œuvre s’est assez rapidement étendue à l’étranger : au Mexique d’abord, puis, les dernières soixantes années, au Congo et au Cameroun, au Brésil ; récemment encore aux Philippines et en Inde.

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