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6e dimanche de Carême - A

Les Rameaux

 

Nous entendons aujourd’hui la péricope de l’entrée de Jésus à Jérusalem, acclamé par la foule, puis l’émouvant récit de la Passion de Notre Seigneur, selon saint Matthieu. Comme on l’a relevé plusieurs fois depuis le début de cette année liturgique, Matthieu s’applique à montrer la réalisation des prophéties de l’Ancien Testament en la personne du Christ.

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Voici les différents passages concernés aujourd’hui :

Voici que ton Roi vient à toi ; modeste, il monte une ânesse, et un ânon, petit d’une bête de somme (Za 9:9) ;

Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur (Ps 117 : 25-26) ; l’acclamation est reprise dans le chant du Sanctus à la Messe ; la traduction “Béni soit, au nom du Seigneur, Celui qui vient”, ne semble pas la meilleure : elle ne respecte pas la structure du texte original, et il est clair que la foule cite textuellement le psaume qu’elle connaît bien.

Ils pesèrent mon salaire : trente sicles d’argent (Za 11:12), la somme dérisoire qu’on donnait pour acheter un esclave, et qui fut remise à Judas.

Je pris les trente sicles d’argent et les jetai dans le Temple (Za 11:13).

Celui-là même avec qui j’étais en paix et qui mangeait mon pain, lève le talon contre moi (Ps 40:10).

Je vais frapper le pasteur pour que soient dispersées les brebis (Za 13:7).

Voici, venant sur les nuées du ciel, comme un Fils d’homme (Dn 7:13), que Jésus s’applique à lui-même en répondant au Grand Prêtre.

Ils mettent du fiel dans ma nourriture, et, pour apaiser ma soif, ils m’abreuvent de vinaigre (Ps 68:22).

Ils se partagent mes vêtements, ils tirent au sort ma tunique (Ps 21:19) : c’est le psaume d’aujourd’hui.

Recommande-toi à Yahwé ! Yahwé le sauvera, il le délivrera, puisqu’il l’aime ! (ibid, 9).

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné (ibid, 1).

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A ces versets s’ajoute la première lecture, extraite d’Isaïe, troisième “chant du Serviteur de Yahwé”, où l’auteur décrit littéralement le Christ souffrant, flagellé, insulté, blessé.

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De la deuxième lecture, extraite de la Lettre aux Philippiens (2:6-11), on retiendra aujourd’hui le verset 7, traduit actuellement ainsi : Il se dépouilla lui-même ; la version grecque originale utilise plus précisément un verbe qui peut littéralement être rendu par “il se vida de lui-même” (un peu comme on le dirait d’un bateau que l’on “vide” de sa cargaison).

En d’autres termes : il renonça lui-même à Sa condition divine et à la gloire qui lui est due, pour paraître en tout semblable aux hommes, avec leurs faiblesses physiques. Paul insiste : Non seulement il se comporta comme un homme, mais il s’humilia encore plus, se faisant obéissant, jusqu’à la mort, et même la mort en croix.

Jésus s’est bien fait homme, esclave même (obéissant) ; non seulement, mais encore : bandit, scélérat, pour mourir en croix comme le dernier des derniers, d’une mort la plus honteuse qui fût, la crucifixion étant effectivement réservée aux grands bandits.

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Le psaume 21 nous présente aussi cet anéantissement complet de Jésus, dans le premier verset (celui que Jésus cita à voix haute sur la Croix) : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu avandonné ?

Est-ce à dire que Dieu le Père ait abandonné, oublié Jésus ? Est-ce à dire que Jésus ait été séparé de la communion avec son Père, avec qui il est Un dans la communion de l’Esprit Saint ? La Sainte Trinité aurait-elle été disloquée à cet instant suprême ? Cela est impossible en soi.

Mais dans son humanité, Jésus devait connaître cet instant suprême, où tout s’éteint pour un homme dont la vie s’arrête : famille, amis, maison, biens, rang, récompenses et distinctions, absolument rien ne reste de tout cela.

Il faut bien nous imprégner de ce sentiment : l’être qui arrive à la mort est totalement seul, nu comme un ver qui n’a rien pour se défendre. Jésus devait éprouver cette solitude totale humaine, sinon il n’aurait pas épousé vraiment notre condition.

Mais en même temps, Jésus-Fils de Dieu reste Un avec le Père et l’Esprit, et c’est le même Jésus qui chante avec nous ce psaume 21, dont les derniers versets sont un chant de victoire et de joie devant la Résurrection :

 

Auprès de toi ma louange dans la grande assemblée (…) ;

Toutes les limites de la terre se souviendront et se convertiront au Seigneur,

toutes les familles des nations se prosterneront devant lui.

Car au Seigneur appartient le royaume, et c’est lui qui dominera les nations.

C’est lui seul qu’adoreront tous ceux qui dorment dans la terre ;

devant sa face se prosterneront tous ceux qui descendent dans la poussière.

Or mon âme vivra pour lui, et ma lignée le servira.

On parlera du Seigneur à la prochaine génération,

et l’on annoncera sa justice au peuple qui naîtra : “Voici ce qu’a fait le Seigneur !

 

Uni à notre humanité, Jésus-Christ partage avec nous cette mort pour nous entraîner dans la nouvelle vie de la résurrection.

 

Nous ne trouverons jamais les mots ni les attitudes d’action de grâce qui puissent correspondre au don que fit Jésus de Sa vie pour nous. Que notre effort continu pour répondre toujours mieux à l’appel de Jésus soit l’expression de notre reconnaissance envers Lui.

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L’appel de Jésus retentit plus fort en nos cœurs en cette période de la Passion. En général, on nous propose, le Vendredi Saint - parfois aussi chaque vendredi de Carême - un pieux exercice, d’origine très ancienne, le Chemin de Croix. C’est là une belle méditation, qui peut revêtir des formes et des modes très divers, plus ou moins brefs selon l’horaire de chacun, et qui fait beaucoup de bien à l’âme.

Notre méditation sur la Passion peut aussi prendre d’autres aspects, car l’Eglise ne veut pas nous contraindre. L’important est la méditation, le recueillement, l’union au Sacrifice du Christ. Le carême n’est là que pour nous le rappeler plus intensément, mais toute l’année - toute la vie ! - les fidèles que nous voulons être gagneront beaucoup à méditer souvent sur la Passion de Jésus : l’agonie, la sueur de sang, les insultes, les crachats, les liens, les coups, les épines, les fouets des Romains - rappelons que ces instruments de torture étaient faits avec des lanières de cuir tranchant, garnies de billes de plomb -, puis les chutes à terre, la croix si pesante, les clous, la lance.

Prions notre chapelet, avec les cinq Mystères douloureux : Agonie, Flagellation, Couronnement d’épines, Portement de la Croix, Crucifixion. Une prière si simple, si facile, tellement recommandée à tous les siècles par l’Eglise.

Source de méditations intenses, et tout-à-fait d’actualité, nous nous souviendrons aussi du si fameux Suaire de Turin, dont on n’a pas toujours bien parlé dans les innombrables écrits qui ont été publiés. A l’écart de toute polémique, mentionnons ici la déclaration faite par le Responsable lui-même du laboratoire où se firent des analyses au Carbone 14 : des erreurs auraient été faites lors de ces analyses,. beaucoup d’éléments n’auraient pas été pris en considération… Il reste que la contemplation de cette Sainte Face ne laisse personne indifférent.

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Concluant cette méditation un peu particulière, revenons à la Prière du jour, qui nous fait méditer sur l’Humanité, la mort et la résurrection du Christ :

Tu as voulu que notre Sauveur, dans un corps semblable au nôtre, subisse la mort de la croix ; accorde-nous cette grâce de retenir les enseignements de sa passion et d’avoir part à sa résurrection.

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année A

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