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2e dimanche de Pâques

Dimanche de la Miséricorde

 

Avant tout commentaire sur les textes, une explication s’impose à propos des dimanches du temps de Pâques. Depuis les premiers temps de l’Église, les cinquante jours qui séparent les deux fêtes de Pâques et de Pentecôte constituaient “Le jour” unique de la Résurrection. C’est pourquoi plusieurs évangiles de ces dimanches relatent des faits du “premier jour de la semaine”, du jour même de la Résurrection.

C’est pourquoi aussi ces dimanches s’appellent «dimanches de Pâques» et non «dimanches après Pâques», chacun de ces dimanches faisant corps avec le dimanche-même de la Résurrection.

Le deuxième dimanche de Pâques avait aussi d’autres appellations : dimanche in albis (parce que les baptisés y portaient encore leur bel habit blanc, albus, d’où vient notre «aube») ; dimanche de quasimodo (parce que le chant d’entrée commence en latin par ce mot, tiré de l’épître de saint Pierre) ; dimanche de saint Thomas (par référence à la présence particulière de Thomas dans cet évangile).

Exprimons aujourd’hui notre profonde action de grâces à Dieu, pour cette fête du Dimanche de la Miséricorde, instituée en 2000 par Jean-Paul II, désormais élevé à la gloire des autels et canonisé en ce même dimanche, deuxième dimanche de Pâques 2014.

 

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Souvent, les lectures nous préparent à l’évangile. Mais en cette période, il faudrait presque lire l’évangile en premier lieu, car les faits qui y sont rapportés ont précédé les Actes des Apôtres.

L’apparition de Jésus aux Apôtres, dont parle l’évangéliste Jean, se situe au soir du premier jour, c’est-à-dire le lendemain du septième jour de la semaine (le sabbat, ou samedi). C’est donc bien le premier jour que Jésus est ressuscité, ce jour devenu depuis le dimanche, dominica dies : le jour du Seigneur.

Le “premier jour” de la création, Dieu avait créé la lumière (cf. Gn 1:3-5) ; le huitième jour est désormais le jour de la nouvelle création, de la nouvelle lumière, la vraie, celle du nouvel Homme. Les musiciens y reconnaîtront la gamme musicale : après sept sons, le huitième reprend le premier, c’est l’octave.

C’est là l’explication de l’antique coutume de l’Église de célébrer l’Octave d’une fête importante (Noël ou Pâques, actuellement) : pendant ces huit jours, on célèbre la même fête avec le même office chaque jour, à peu de choses près.

Donc nos chers Apôtres sont là, sauf Thomas. Au petit matin, Pierre et Jean étaient allés constater les dires de Madeleine, mais ils sont bien vite revenus, et ils ont verrouillés les portes par crainte des Juifs. Ils ont encore peur, et on les comprend. Et voilà que Jésus arrive en les rassurant, par deux fois : Paix à vous ! S’il leur montre ses plaies fermées, c’est pour les convaincre que c’est bien lui qui est là, mais que la douleur est passée, qu’il est bien vivant, ressuscité.

Jésus ne s’arrête pas là ; il continue de préparer les Apôtres à leur mission, en leur insufflant le pouvoir de remettre les péchés. Voilà institué ce Sacrement de la Miséricorde, du Pardon, qui n’aurait pas existé si Jésus ne s’était d’abord offert en Victime d’expiation pour les péchés de tous les hommes. Maintenant vainqueur de la mort et du péché, Il offre à tout être qui le Lui demandera, le pardon de ses péchés. 

Telle est l’origine de notre Dimanche de la Miséricorde, comme le demanda le Christ Lui-même à sainte Faustine Kowalska, dans les années trente du siècle dernier.

Les Apôtres viennent donc d’être investis du pouvoir de remettre les péchés. Est-ce à dire que saint Thomas, absent, a été exclu de ce pouvoir ? En vérité, il a peut-être reçu encore davantage, lorsque Jésus lui dit, le dimanche suivant : Heureux ceux qui croient sans avoir vu, car ainsi Il lui a indiqué comment il pourra conduire à la Vérité tous ceux à qui il annoncera le Royaume. On sait que Thomas évangélisera l’Inde, et l’Extrême-Orient, jusqu’en Mandchourie, puisque les missionnaires du XIVe siècle retrouveront là des récits ou des croyances héritées de cette première évangélisation. On ne peut douter que l’Apôtre n’y ait pas utilisé son pouvoir de remettre les péchés.

Les Chrétiens des rites syro-occidental (Moyen-Orient) et syro-malabar (Inde) revendiquent toujours leur titre de Chrétiens de saint Thomas.

 

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La résurrection du Christ a maintenant provoqué un changement radical dans le comportement des Apôtres et des premiers Chrétiens : ils ne se cachent plus, ils n’ont plus peur. Dans les Actes des Apôtres, saint Luc nous décrit le genre de vie de cette communauté, pleine de joie et de sentiments fraternels : on met tout en commun, on prie, on loue Dieu, on va au Temple. Quelle simplicité ! Quel amour ! Quel empressement !

 

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Nous pouvons bien nous associer à cette joie avec le psaume 117 qui est proposé aujourd’hui, comme dimanche dernier, mais de façon plus complète. 

Rendez grâce au Seigneur ! 

On m’a poussé, bousculé, mais le Seigneur m’a défendu : allusion à la mort et à la résurrection ; 

La pierre rejetée par les bâtisseurs est devenue pierre d’angle, ce verset-même que commentait Jésus en se l’attribuant, face aux Juifs incrédules (cf. Mt 21:42 ; Mc 12:10 ; Lc 20:17), et que commentera saint Pierre dans sa première Lettre (1P 2:6-7) ;  

Voici le jour que fit le Seigneur, le jour de la Lumière.

 

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Saint Pierre exprime aussi cette joie immense dans son épître, peu de temps avant son martyre à Rome (64 ou 67). Il sait qu’il sera, lui le premier, attristé par toutes sortes d’épreuves, comme le seront aussi ceux à qui il s’adresse, mais il rappelle que notre foi totale en Jésus ressuscité vaut bien plus que l’or, et nous conduira au salut.

 

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Le “Jour du Seigneur”, le dimanche, doit être pour nous tous une occasion de joie, de témoignage de foi, de “résurrection” personnelle. Comme les premiers Chrétiens, retrouvons-nous au Lieu saint, autour de la Sainte Table, prions et chantons, mettons en commun notre joie, nos possibilités, nos dons, notre temps…

 

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Encore un petit mot, à l’adresse de ceux qui disent être comme saint Thomas, préférant le doute à la foi, tant qu’ils n’ont pas vu. 

Oui, vous pouvez faire comme lui : vous êtes autorisés à douter, pendant huit jours, mais huit jours seulement ; ensuite vous irez évangéliser les incroyants, vous irez affronter tous les dangers humains, vous supporterez toutes les fatigues et les soucis des voyages difficiles, pourvu que la Bonne Nouvelle se diffuse. Et pour donner plus de force à vos paroles, vous encouragerez vos auditeurs avec les mots du Christ : Heureux ceux qui croient sans avoir vu. Et vous accepterez, si Dieu le veut, de donner votre vie et de verser votre sang pour témoigner de la Résurrection du Christ. 

Alors, oui, vous serez “comme saint Thomas”, pleinement heureux. Saint Thomas est heureux non pas d’avoir douté, mais d’avoir cru.

Le Jour du Seigneur, c’est le Jour de la Foi. Thomas voit l’Homme ressuscité, et confesse le Dieu éternel : Mon Seigneur et mon Dieu.

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année A

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