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15e dimanche per annum

 

 

On pourrait croire que l’Eglise ait réservé pour l’été ce petit extrait du prophète Isaïe, ainsi que la parabole du semeur, qui font allusion aux récoltes.

Mais Isaïe parle d’une autre récolte : il s’agit d’une récolte spirituelle, des fruits de la parole divine semée dans nos cœurs. Dieu n’envoie pas {sa} parole, c’est-à-dire le Verbe Eternel, Jésus-Christ, uniquement pour parler, mais pour nous convaincre de la Vérité, et nous amener tous dans le Royaume éternel.

Le but premier de la création était de nous faire participer à la Lumière divine. Saint Irénée le dit clairement (Traité contre les Hérésies) : Ce n’est pas par besoin de notre service que (Dieu) nous ordonne de le suivre, mais pour nous procurer le salut. Car suivre le Sauveur, c’est participer à la lumière.

 

*       *       *

La Parole de Dieu, la Loi et les Prophètes, l’enseignement du Christ, tout cela est un immense travail mystique destiné à préparer nos terrains intérieurs à recevoir cette semence divine, à la faire pousser et fructifier.

David chante dans son psaume 64 cette abondance de dons divins dans une joyeuse action de grâce.

Toutes les récoltes sont-elles aussi abondantes et «ruisselantes» ? Hélas, non. Il y a des coups durs : grêle, inondations ou sécheresse, maladies, qui n’accordent pas aux paysans la récompense méritée pour tant de labeur.

 

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C’est que cette belle création voulue par Dieu n’est pas restée dans sa perfection initiale, car le péché l’a blessée : saint Paul dit que la création a été livrée au pouvoir du néant, elle crie sa souffrance. Et nous aussi, nous souffrons. 

Toute l’épître aux Romains de l’Apôtre est écrite pour relever l’opposition entre la Vérité et le Mensonge, entre notre monde soumis au péché et le monde futur libéré du péché.

Dans le passage d’aujourd’hui, le mot-clé de saint Paul est l’espérance : la création a gardé l’espérance d’être libérée.

L’espérance est une attente, parfois longue ou même pénible, mais qui aboutit à un résultat heureux : la préparation d’un examen, la maman qui va accoucher, le malade convalescent… Ainsi, notre vie est une attente.

Mais ce qui est merveilleux, c’est l’aboutissement de cette attente : réussir un examen n’est qu’une étape dans un long cheminement, tandis que l’entrée dans l’autre Vie sera la gloire sans fin, le bonheur total, la joie inaltérable. Une gloire sans commune mesure avec les souffrances du temps présent.

Apprenons seulement à recevoir ces souffrances sans nous plaindre, uniquement dans l’attente du monde éternel.

 

*       *       *

Nous n’avons pas besoin d’expliquer la parabole du Semeur : Jésus s’en est déjà chargé. Mais quelques détails du récit évangélique valent la peine d’être relevés.

Jésus sort de la maison, parce que trop de gens venaient le questionner, l’écouter, et leur présence devait déranger ses hôtes. C’est lui qui sort, comme les apôtres et les missionnaires qui à leur tour quitteront leur demeure pour prêcher. 

Jésus, profitant de la configuration des lieux, monte dans une barque, de sorte que sa voix portait davantage en direction de ceux qui étaient assis sur le rivage. Cette barque, c’est l’Eglise.

A nous, qui avons si souvent entendu l’explication de Jésus sur le semeur, le sens de la parabole n’est pas obscur. Mais ceux qui l’entendaient pour la première fois, devaient certainement attendre une suite à l’histoire.

Comment se fait-il que Jésus ait précédemment invité toutes les foules, qui peinent sous le fardeau, à venir à lui (cf. Mt 11:28), et puisse dire maintenant qu’il ne leur est pas donné de connaître les mystères du Royaume ? Discrimination ? Exclusion ?

Certainement pas. Mais nous ne sommes plus dans le cadre du Discours sur la montagne et Jésus ne parle plus qu’à ses disciples et à ses apôtres. Il y a une foule de gens qui écoutent, et certainement pas toujours avec le désir de «recevoir» la Parole divine. Ils sont là aussi par curiosité, et certains même ont déjà des pensées jalouses et méchantes. Ce sont des auditeurs sans oreilles.

Il faut comprendre d’abord que le semeur est bien Jésus, le Verbe divin, le Verbe incarné ; et après lui, ceux à qui il confie cette mission : les apôtres et leurs successeurs (les évêques), leurs collaborateurs (les prêtres et les diacres). Il n’y a pas d’autre enseignement à recevoir. Ceux qui n’écoutent pas Jésus, ne peuvent recevoir la Vérité.

Ceux qui ont des oreilles, vont comprendre ; mais Jésus ne veut pas donner d’explications à ceux qui n’ouvrent pas leur cœur. Il les a même récemment avertis très solennellement : Capharnaüm, au jour du jugement, le pays de Sodome aura un sort moins rigoureux que toi (Mt 11:24). Les Pharisiens se concerteront pour le perdre (Mt 12:14), l’accusant même de travailler par Béelzéboul, le prince des Démons (Mt 12:24), et osant lui demander un signe (cf. Mt 12:38), alors que Jésus multiplie les miracles sous leurs yeux.

Les hommes de bonne volonté vont cultiver le sol de leur âme, le soleil va y apporter la grâce pour faire fructifier. 

Le grain qui ne tombe pas dans la bonne terre préparée, concerne les hommes qui sont en-dehors du champ, plus ou moins éloignés de l’Eglise. Leur terrain contient des pierres et des épines, et nous savons que, par définition, une «culture» ne peut pas recevoir n’importe quoi, mais doit être expurgée des pierres et des épines.

Il y a les tentations, qui nous détournent de la Vérité. Saint Paul écrit à ce sujet : La chair convoite contre l’esprit et l’esprit contre la chair ; il y a entre eux antagonisme, si bien que vous ne faites pas tout ce que vous voulez (Gal 5:17).

Les épines sont les mauvais exemples qui étouffent notre première volonté.

Les oiseaux, ici, sont tous ces petits démons quotidiens, rapides et voraces, qui s’empressent par tous les moyens, de «piquer» le bon grain de la Vérité : les tendances du monde, les modes, les distractions inutiles et dangereuses, les mauvaises conversations…

Mais Jésus ne parle pas en secret. Tandis qu’il donne ses explications, il laisse tous les auditeurs capables, s’ils le veulent, d’ouvrir la porte de leur cœur, et de faire entrer en eux le Bon grain, la Vérité.

 

*       *       *

Pour avoir la force nécessaire à la «culture» de notre champ, demandons-en la grâce à Dieu. La Prière parle justement de reprendre le bon chemin, de rejeter ce qui est indigne du nom chrétien. Même s’il est fatiguant de dépierrer un terrain, on aboutit tout de même à un résultat. Notre attente, notre espérance, ne sera jamais déçue. 

 

 

 

 

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année A

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