Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
25 septembre 2020 5 25 /09 /septembre /2020 23:00

26 SEPTEMBRE

 

-XII.    

S Gédéon, un des Juges d'Israel (cf. Jg 6-8).

?    

S Senator, martyr à Albano.

IV.    

SS Côme et Damien, martyrs en Cilicie, médecins "anargyres", du grec an et arguron parce qu'ils ne demandaient pas d'argent pour leurs prestations, mais seulement de se convertir et de suivre le Christ ; inscrits au Canon Romain, patrons des médecins.

S Eusebius, évêque à Bologne.

SS Cyprien et Justine, martyrs en Asie Mineure, mais très contestés : lui, un mage converti, martyrisé avec la vierge Justine.

VI.    

S Vigile, évêque à Brescia.

S Maugan, abbé en Angleterre.

VII.    

S Colman, moine irlandais, neveu présumé de s. Columba, abbé à Lann Elo.

XI.    

S Stefano de Rossano, disciple de s. Nilo (voir ci-après).

S Nilo le Jeune, calabrais, époux infidèle puis moine de rite byzantin, abbé à Tusculum (monastère transféré à Grottaferrata).

XIII.    

Bse Lucia de Caltagirone, religieuse du tiers-ordre franciscain à Salerne.

XIX.    

SS Hŏ Kye-im Magdalena, le catéchiste Nam I-gwan Sebastianus, Kim Yuridae Iulitta, Chŏn Kyŏng-hyŏb Agatha, Cho Shin-ch’ŏl Carolus, Kim Che-jun Ignatius, Pak Pong-son Magdalena, Hong Kŭm-ju Perpetua, Kim Hyo-im Columba, ainsi que (à des jours incertains de ce mois-ci) Kim «Kop-ch’u» Lucia, Yi Catharina et sa fille Cho Magdalena, laïcs coréens martyrs, canonisés en 1984 et fêtés le 20 septembre.

Ste Marie Victoire (Thérèse) Couderc, deuxième de dix enfants, fondatrice des Religieuses de Notre-Dame de la Retraite du Cénacle, pour les retraites, en souvenir des Apôtres au cénacle. 

B Gaspar Stanggassinger, rédemptoriste allemand, deuxième de seize enfants, éducateur et professeur, béatifié en 1988.

XX.    

B Luigi Tezza (1841-1923), camillien italien, orphelin de père à neuf ans, et dont la mère devint plus tard visitandine, fondateur de la congrégation des Filles de Saint-Camille ; il réconcilia avec Rome la communauté camillienne de Lima ; béatifié en 2001.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiées en 1995 :

Doctrine Chrétienne : près de Valencia, Joséfa Romero Clariana (María du Calvaire) et Teresa Rosat Balasch (Amparo) (*1871, 1873) ;

  - béatifiés en 2001 :

Dominicains : près de Tarragona, le profès Ráfael Pardo Molina (*1899) ;

Capucins : près de Valencia, le prêtre Julio Esteve Flors (Buenaventura de Puzol, *1897) ;

Amigoniens : à Madrid, le prêtre Manuel Legua Martí (León María de Alaquás, *1875) ;

Laïques : près d’Alicante, María Jordá Botella (*1905), de l'Action Catholique ;

- béatifiés en 2013 :

Clarétains : près de Tarragona, les profès Pau Castellá Barberá et Andreu Felíu Bartomeu (*1862, 1870) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Ginés Céspedes Gerez (*1901) ;

Laïcs : près d’Almería, Rafaél Calatrava Ros, Andrés Casinello Barroeta, Adolfo Martínez Sáez (*1881, 1886, 1906), Jaime Calatrava Romero (*1913, fils de Rafaél.

 

Gédéon

XIIe siècle avant Jésus-Christ

 

Les Hébreux se sont laissés aller à l’infidélité. Pour les punir, Dieu lâche contre eux les peuples du pays. Les Hébreux accablés implorent Dieu, qui leur donne des chefs, des “juges”. L’un des principaux est Gédéon, “celui qui abat”. Ses actes sont racontés dans le Livre des Juges, aux chapitres 6, 7 et 8.

Il était de la tribu de Manassé. Son premier exploit fut d’abattre un autel à Baal édifié par son propre père. Celui-ci, pour excuser son fils, s’écria : “Que Baal se défende !” Ce cri, Yeroubbaal, demeura le surnom du jeune homme.

Avant d’entrer en campagne contre l’ennemi, Gédéon obtint du ciel un signe. Il avait mis une toison sur un pré en pleine nature, et la trouva le matin, sur sa demande, pleine de rosée, alors que le sol alentour était sec. La nuit suivante, il demanda l’inverse : c’est la toison qui restait sèche au milieu du sol humide.

Plusieurs Pères de l’Eglise commentèrent ainsi cet événement : la toison représente Israël autrefois humectée par la grâce, plus plus tard privée de cette grâce ; la terre entière, ce sont les nations, obtenant alors les biens spirituels qui auparavant leur étaient refusés.

Aux vêpres de la Maternité de Marie (1.janvier), une antienne chante : Quand tu es né de façon ineffable de la Vierge, les Ecritures se sont accomplies ; comme la rosée sur la toison tu es descendu pour sauver le genre humain. Ici, la toison est Marie elle-même, inondée de la grâce, recevant en son sein Jésus, silencieuse et douce rosée déjà annoncée par Isaïe : Cieux, faites tomber la rosée, et que les nuées fasse venir le Juste (Is 45:8).

Fort de ce signe, Gédéon rassembla une grande “armée” : trente-deux mille hommes, dont vingt-deux mille se retirèrent aussitôt, vaincus par la peur ; mais Dieu voulait montrer mieux encore sa puissance et mit à l’épreuve les dix mille qui restaient : il ne faudrait garder que ceux qui laperaient d’une main un peu d’eau fraîche le long du cours d’eau ; ceux qui se mettraient à genoux pour boire abondamment rentreraient chez eux. Il n’en resta finalement que trois-cents.

Ces trois-cents entourèrent le camp ennemi de nuit. Au signal, tous s’écrièrent Pour Yahwé et pour Gédéon, en sonnant de la trompe, sans bouger de leur place. L’effet de surprise et de panique fut tel dans le camp ennemi, qu’il s’entretuèrent eux-mêmes ou s’enfuirent, promptement rattrapés par les hommes de Gédéon.

Gédéon refusa la royauté et procura quarante ans de paix à Israël. Il mourut âgé, père de nombreux enfants (car il avait eu plusieurs épouses, chose encore admise ; on le verra encore à propos du roi David, mais cette polygamie finit par être totalement abandonnée et condamnée).

Le saint juge Gédéon a trouvé sa place au Martyrologe le 26 septembre.

 

 

Senator d’Albano

?

 

Senator fut assez probablement un Martyr.

Il est vénéré en la cité d’Albano, près de Rome, mais on ne sait s’il fut martyrisé là, ou seulement transféré d’ailleurs.

L’époque de sa mort semble  être vers le troisième ou quatrième siècle.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Senator d’Albano au 26 septembre.

 

 

Cosme et Damien

† 303

 

Cosmas (Cosme ou Côme) et Damianus seraient originaire de Cilicie ou d’Arabie. On a dit qu’ils étaient frères, et même jumeaux.

Ils pratiquaient la médecine d’abord en Cilicie, à Aigéai, puis vinrent à Cyr dans le sud de la Syrie.

Ils étaient connus pour pratiquer leur art sans demander à être payés, d’où leur surnom de “anargyres” (= sans argent). Mais surtout, ils s’efforçaient de guérir les plaies intérieures de leurs patients, en les amenant sur le chemin de la conversion au Christ.

On rapporte de façon assez traditionnelle une très mystérieuse “greffe” de jambe qu’ils auraient pratiquée, prélevant une jambe à un défunt maure, pour remplacer celle malade d’un de leurs patients. Si le fait est historique, on peut s’étonner d’une telle intervention car, s’il est vrai que la “greffe” de la jambe noire pouvait être un témoignage vivant et constant du miracle, le malade devait donc désormais apparaître avec ses deux jambes de couleur différente et susciter plus d’un regard au moins amusé, sinon indiscret.

Mais ce n’était là qu’un exemple des nombreux miracles opérés par nos saints médecins. Le préfet de Cilicie aurait voulu leur faire abjurer la foi, en les torturant d’horribles manières, et finalement les fit décapiter. Avec eux, auraient été aussi martyrisés leurs jeunes frères Antimos, Leontios et Euprepios.

Si les historiens ne croient pas beaucoup à ce qu’ils appellent là des “légendes fabuleuses”, il reste que ces deux Martyrs furent extrêmement célèbres dès le IVe siècle, de Jérusalem à Rome en passant par Constantinople.

Les crânes des saints Côme et Damien sont vénérés en plusieurs endroits, sans doute parce qu’on en a fractionné différentes parties, qui se trouveraient à Rome, à Brême, à Bamberg, à Madrid, à Münich, à Brageac (Cantal).

Côme et Damien sont invoqués comme les patrons des médecins. Ils sont nommés dans la prière du Communicantes au Canon Romain de la messe.

Leur fête est actuellement au 26 septembre.

 

 

Eusebius de Bologne

4. siècle

 

Eusebius fut le cinquième évêque de Bologne (Emilie, Italie NE).

On sait qu’il participa au concile d’Aquilée en 381, pour condamner l’arianisme, aux côtés de s.Ambroise (v. 7 décembre).

Ce dernier avait aussi une estime particulière pour Eusebius, parce qu’il avait vivement encouragé l’état de virginité pour les jeunes filles.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Eusebius de Bologne au 26 septembre.

Stefano de Rossano

925-1001

 

Stefano (Etienne) était d’une famille paysanne et naquit vers 925 à Rossano (Cosenza, Calabre, Italie).

Epris de l’idéal monastique, il rejoignit s.Nilo de Rossano (v. ce même jour) dont il devint le plus fidèle des disciples.

Nilo ne se contenta pas de la bonne volonté de Stefano, il l’aida à mettre le doigt sur son grand défaut : la paresse indolente. Ce n’est pas facile de «réveiller» un paresseux, mais Stefano montra, par son humilité et son obéissance, que la grâce de Dieu peut opérer de vrais changements dans le cœur de l’homme.

Lorsque Nilo se déplaça, Stefano l’accompagna : à Capoue, Vallelucio (Mont-Cassin), Serperi (Gaète).

C’est dans cette dernière ville qu’il mourut, en 1001.

Nilo désirait être enseveli auprès de son cher disciple, mais il dut quitter Gaète et mourut un peu plus tard à Tusculum (Grottaferrata).

Saint Stefano de Rossano est commémoré le 26 septembre dans le Martyrologe Romain, le même jour que son maître, Nilo.

 

 

Nilo de Rossano

910-1005

 

Dans une des premières familles de Rossano (Cosenza, Calabre, Italie), naquit un enfant qui reçut d’abord le nom de Nicola, par dévotion au grand s.Nicolas de Bari (v. 6 décembre).

Toute la région de Calabre était imprégnée de l’influence de Constantinople, particulièrement en ce qui concernait la liturgie. Mais aussi les habitants étaient la proie des incessantes razzias musulmanes en provenance de Sicile.

Nicola grandit dans cette ambiance «gréco-arabe» qui n’était pas de toute paix. Il devint décurion de Rossano, responsable des impôts, un poste bien en vue. Il se maria, mais fut infidèle. A la mort de son épouse, il fut touché de la grâce divine et voulut se faire moine : il avait trente ans (940). Mais il ne pouvait rester là où il était trop connu. Il rejoignit le monastère de San Nazareo, près de Seminara, où il reçut le nom de Nilos, comme ce célèbre disciple de Jean Chrysostome, ex-préfet de Constantinople devenu moine au Sinaï (v. 12 novembre).

Il alla ensuite au monastère San Mercurio à Palma (Campanie), où il se montra humble, mortifié, aimant la contemplation.

Il refusa d’être choisi comme higoumène (abbé) et se retira dans la solitude, où le rejoignirent deux disciples, dont Stefano (v. supra).

En 952, le monastère San Mercurio fut entièrement détruit par une incursion arabe. Nilo revint à Rossano, où il devint higoumène. Nouvelle invasion en 956, mais les Arabes furent repoussés.

Nil était alors devenu un personnage de référence, qu’on respectait, qu’on consultait, et qui en imposait par ses sentences pleines de sagesse - et par ses prophéties. Il ne cessait d’intervenir personnellement auprès des autorités en faveur des prisonniers, des malheureux, des opprimés, des victimes. L’émir arabe fut touché de sa générosité et lui renvoya les prisonniers avec la rançon.

Après 982, Nilo se réfugia à Capoue puis reçut du Mont-Cassin le monastère de Val Luce, où il put reprendre la liturgie en rit oriental. Ensuite,  il passa à Serperi (Gaete).

En 997 fut élu pape un intrus, Jean XVI, d’origine gréco-calabraise comme Nil. Celui-ci le supplia d’abdiquer, sans résultat. L’antipape fut détrôné, eut le nez et la langue coupés et les yeux crevés ; à son tour, l’empereur Otto III le jeta en prison : Nilo, alors - il avait quatre-vingt sept ans ! - intervint pour obtenir au moins un traitement moins cruel pour le malheureux prisonnier. Nilo annonça à l’empereur et au pape «légitime» (Grégoire V) une mort prochaine : Otto III mourut bientôt à vingt-deux ans, empoisonné ; le pape mourut à trente ans, terrassé par un mal horrible ; Jean XVI, lui, mourut en 1013, retiré dans un monastère et avec des sentiments de profonde repentance.

Après dix années passées à Serpeto, Nilo s’en vint à Tusculum, non loin de Rome, où il obtint le monastère de Sainte-Agathe. C’est là qu’il mourut en 1004 ou 1005, à quatre-vingt quinze ans.

Les moines furent successivement transférés à Grottaferrata, où il se trouvent toujours actuellement, non loin de Castel Gandolfo et Rocca di Papa.

Nilo a été appelé le Jeune, par opposition à l’Ancien, son patron de Constantinople.

Saint Nilo de Rossano est commémoré le 26 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lucia de Caltagirone

? - 1400

 

Née à Caltagirone (Sicile) dans la deuxième moitié du 14e siècle, de pieux parents, Lucia fut confiée à saint Nicola de Bari (v. 6 décembre).

Petite, elle fit une grave chute, mais fut réconfortée par une vision de s.Nicola.

A treize ans, elle suivit à Salerno une tertiaire franciscaine, à la mort de laquelle elle entra au couvent franciscain, toujours comme tertiaire.

Elle y resta jusqu’à la fin de ses jours, dans une profonde prière pour expier les péchés, avec une particulière dévotion envers les Cinq plaies de Jésus-Christ.

On la nomma même maîtresse des novices, mais en plus le bruit de ses vertus s’étant répandu, on accourait de toutes parts pour lui parler, lui demander un conseil, une prière.

Elle mourut en 1400. Par manque d’autres précisions, on l’a inscrite dans le Martyrologe au 26 septembre.

Son culte a été reconnu en 1456 et confirmé en 1514.

Kim «Kop-ch’u» Lucia

(Gim «Gop-chu» Luchia)

1769-1839

 

Lucia était née en 1769 à Seoul (Corée du Sud).

«Kop-ch’u» était son surnom de bossue, c’est tout ce qu’on retenait de sa vie personnelle.

Probablement baptisée dès l’enfance, elle eut cependant pour époux un païen qui ne lui permettait pas d’aller voir les autres Catholiques, de sorte qu’elle l’abandonna et alla vivre en différentes familles catholiques, heureuses de l’accueillir. Elle rendait service, s’occupait des enfants et des vieillards, en échange de l’hospitalité.

Malgré l’absence quasi totale de culture, cette femme avait la science du cœur. On reste stupéfait de l’aplomb avec lequel elle répondit à certaines questions.

Ainsi, voulant expliquer à un noble ce qu’est l’enfer, et voyant l’autre étonné de ce que l’enfer pût contenir tant de monde, elle répliqua : Vous n’avez jamais remarqué que votre petit cœur peut contenir des milliers de livres ?

On l’arrêta. Cette femme toute menue, faible et âgée, soigna les co-détenus malades et leur donna les quelques pièces qu’elle avait sur elle.

On ne lui épargna pas les cruelles bastonnades, pour lui faire avouer où se cachaient les Catholiques, mais elle répondait simplement qu’elle voulait mourir pour Dieu.

Elle fut battue trente fois. On dit qu’on entendait taper sur ses os. De retour en prison, elle ne tenait plus debout.

Luchia agonisa et mourut dans la prison de Seoul, un jour imprécis de la fin du mois d’août ou du début de septembre 1839. Le Martyrologe Romain la mentionne cependant en même temps que les neuf Martyrs du 26 septembre.

Béatifiée en 1925, elle fut canonisée en 1984.

 

 

Hŏ Kye-im Magdalena

(Heo Gye-im Magdallena)

1773-1839

 

Magdalena était une coréenne chrétienne, dont la famille vivait à Pongchŏn (Shihŭng). Elle était née en 1773 à Yongin (Gyeonggi-do (Corée S).

Elle épousa un homme païen, qu’elle espérait conduire au baptême, sans y réussir ; mais elle éleva chrétiennement ses enfants, deux d’entre eux sont d’ailleurs également canonisées dans le même groupe de Martyrs coréens : Yi Magdalena (v. 20 juillet 1839) et Yi Barbara (v. 3 septembre 1839).

Ce qu’on sait sur cette sainte épouse et mère chrétienne, est qu’elle fut durement torturée, et qu’elle endura ces horribles souffrances avec courage et patience. Elle avait déjà préparé ses filles à souffrir, à son tour elle souffrit de façon exemplaire.

Au terme de ces tortures, Magdalena fut décapitée à la Petite Porte Ouest de Seoul, le 26 septembre 1839, avec huit autres Martyrs.

Béatifiée en 1925, elle fut canonisée en 1984.

 

 

Nam I-gwan Sebastianus

(Nam I-gwan Sebaseutianu)

1780-1839

 

Sebastianus était né en 1780 à Chungju (Chungcheong-do, Corée S), dans une famille chrétienne.

Sa mère mourut quand il était encore petit, et son père fut condamné à l’exil en 1801.

Sebastianus accompagna probablement son père en exil : c’est en exil, à Tansŏng (Kyŏngsang), qu’il se maria. Mais il ne savait encore rien du catholicisme ; sachant à peine le Notre Père et le Je vous salue, Marie, il ne savait pas qu’il y avait un sacrement de mariage.

Vers 1820, il tomba gravement malade, et reçut le baptême. Sa concubine le quitta.

Peu après, il put revenir d’exil ; il rencontra des Catholiques à Ŭiju et fit partie du groupe conduit par Chŏng Ha-sang (v. 22 septembre) pour accompagner le père Yu. Sebastianus devint l’assistant de ce prêtre et catéchiste, et le reçut chez lui.

Il est probable qu’alors il se maria de façon chrétienne et sacramentelle.

On ne sait pour quelle raison il gagna la campagne au moment de la persécution ; de toutes façons, il était beaucoup trop connu pour éviter une arrestation et se préparait lui-même à mourir en martyr pour le Christ.

Il fut arrêté à Ich’ŏn (Kyŏnggi), dénoncé par un apostat. Le chef de la police le tortura, lui demanda de renier sa religion, il eut les bras et les jambes tordus, il fut cruellement battu pendant plusieurs interrogatoires.

Condamné à mort, Sebastianus fit dire à sa femme par un des gardiens, qu’il partait le premier et qu’il l’attendait au Paradis.

Il fut décapité dans un faubourg de Seoul, le 26 septembre 1839, avec huit autres laïcs.

Béatifié en 1925, il fut canonisé en 1984.

 

 

Yi Catharina

(Yi Gatarina)

1783-1839

Cho Magdalena

(Jo Magdallena)

1807-1839

 

Catharina était née en 1783 à Seoul (Corée S).

Baptisée dès la naissance, elle ne reçut pas une formation chrétienne très soignée, et épousa un païen, qu’elle réussit cependant à convertir, et elle eut plusieurs enfants.

Un de ceux-ci fut Cho Magdalena, la plus fervente de tous. Elle se levait tôt pour prier ; la journée, elle aidait sa mère à coudre et à tisser.

Quand elle eut dix-huit ans, sa mère lui parla de mariage, mais Magdalena dit à sa mère qu’elle préférait rester consacrée au Christ. Yi Catharina ne s’opposait pas, en principe, à une telle décision, surtout par amour du Christ, mais elle craignait surtout qu’au cas où elle serait martyrisée, sa fille resterait seule sans aucun soutien, aussi tenta-t-elle de persuader Cho Magdalena ; mais celle-ci resta ferme dans son dessein.

On voit dans quelle ambiance vivaient les Catholiques coréens : le martyre pouvait être la part de n’importe qui à n’importe quel moment, c’était une issue «normale».

Que fit Magdalena ? Elle quitta la famille et les proches pour éviter d’autres remarques fastidieuses, et vint travailler à Seoul dans une autre famille catholique. Mais elle travailla au-delà de ses forces et tomba malade ; rétablie, elle alla dans une autre famille, où le travail était plus adapté à ses forces, put gagner un peu d’argent, qu’elle envoya à sa mère.

Quand elle eut atteint les trente ans, elle revint à la maison maternelle, pensant que désormais on ne la molesterait plus. Elle s’occupa en activités charitables, instruisant les catéchumènes, assistant les malades, baptisant les enfants en danger de mort, se chargeant toujours des tâches plus difficiles pour aider tout le monde.

Pour éviter cependant la persécution qui venait de reprendre, Catharina s’en vint avec Magdalena à Seoul. Mgr Imbert (v. 21 septembre) l’apprit et les aida à trouver une bonne famille pour y travailler en paix. Mais cette paix dura peu, et Seoul devint en réalité le centre le plus dangereux de la persaécution. Nos deux Chrétiennes se préparèrent à affronter la situation avec courage.

Magdalena vint à apprendre qu’on recherchait Mgr Imbert. Elle suggéra à ses amies, en cas d’arrestation de l’évêque, d’aller se constituer avec elle pour obtenir sa libération. L’idée fut acceptée, mais les événements se précipitèrent. On arrêta les cinq demoiselles dès fin juin ou début juillet 1839, tandis que Mgr Imbert se rendit de lui-même à la police le 10 août 1839.

Magdalena allait sur ses trente-trois ans.

On n’épargna pas aux demoiselles les cruelles bastonnades, pour les faire apostasier, mais elles résistèrent à la souffrance.

Après des tortures cruelles, on les laissa agoniser quelques semaines dans les prisons de Seoul. Leur désir du martyre ne se réalisa peut-être pas au sens physique, mais elles moururent en glorifiant Dieu, et leur mort fut reconnue comme un martyre.

Tandis que Mgr Imbert fut martyrisé le 21 septembre, Catharina et Magdalena moururent vers la fin du mois de septembre (ou le commencement d’octobre) 1839. Le Martyrologe Romain les mentionne cependant en même temps que les neuf Martyrs du 26 septembre.

Béatifiées en 1925, elles furent canonisées en 1984.

 

 

Kim Iulitta

(Gim Yuriaeta)

1784-1839

 

Iulitta était née à la campagne en 1784, dans les environs de Seoul (Corée S).

Ses parents étaient des Chrétiens convaincus et exemplaires : l’évêque, Mgr Ferréol, en fit un  éloge éloquent.

Etablis à Seoul même, les parents pensèrent donner leur fille en mariage, mais Iulitta préférait rester vierge, épouse de l’Epoux éternel, Jésus-Christ ; et pour confirmer son ferme désir, elle se coupa les cheveux. Les parents alors lui dirent qu’ils en décideraient quand les cheveux auraient repoussé.

Au moment de la persécution de 1801, ils retournèrent dans leur campagne d’origine ; Iulitta en profita pour partir discrètement et elle put se faire engager à la cour royale comme domestique.

Mais il n’était pas facile de pratiquer la religion catholique à la cour, de sorte qu’elle partit se mettre au service d’une famille catholique.

Elle travailla les tissus, se fit couturière et, ayant économisé un peu d’argent, put s’acheter un petit logement.

C’est qu’elle avait une volonté de fer, et on admirait sa parole décidée et son style de vie sévère. On la voyait fréquemment en prière et en méditation. Les gens disaient qu’elle n’avait probablement jamais commis de péchés…

Elle se préparait à être un jour arrêtée, ce qui arriva. Le chef de la police lui demanda de renier sa foi, de révéler l’adresse des Catholiques et le lieu où ils cachaient leurs livres.

Sur son ferme refus de parler, elle fut battue.

Devant la haute cour, elle fut encore battue, par trois fois. Quand on sait en quoi consistait une seule flagellation, on comprend ce que Iulitta supporta. Elle fut exemplaire jusqu’à la fin.

Au terme de ces tortures, Iulitta fut décapitée à la Petite Porte Ouest de Seoul, le 26 septembre 1839, avec huit autres Martyrs.

Béatifiée en 1925, elle fut canonisée en 1984.

 

 

Chŏn Kyŏng-hyŏb Agatha

(Jeon Gyeong-hyeob Agata)

1790-1839

 

Agatha était née à Seoul en 1790, de parents non chrétiens.

A la mort de son père, elle était encore jeune, et dut vivre dans une grande pauvreté.

Une dame de la cour l’aida et s’établit avec elle. Quand le frère d’Agatha voulut la marier, cette dame ne voulait pas s’en séparer, de sorte qu’elle la fit admettre comme dame de cour elle aussi.

Sous l’influence de Pak Lucia, qui était à la cour, Agatha devint catholique.

Elle songea que, tout de même, cette vie à la cour était trop luxueuse pour pratiquer vraiment l’Evangile, de sorte qu’elle fit la malade et quitta la cour.

Elle habita chez Lucia, passant le temps à prier, à pratiquer les vertus chrétiennes et à faire des lectures pieuses.

On l’admirait, elle fit de nombreuses conversions. Elle ne se plaignait jamais ni de sa pauvreté ni de sa petite santé. Elle attendait seulement d’être arrêtée.

Ce jour arriva. On la tortura d’autant plus durement qu’elle était une dame de la cour.

Le chef de la police, n’arrivant pas à lui faire renier sa foi, la renvoya à la haute cour de justice.

Elle refusa énergiquement d’apostasier et de révéler des noms de Chrétiens, leurs domiciles et les cachettes de leurs livres, même devant mourir dix mille fois.

On la battit si cruellement, que sa chair partait en lambeaux, ses os furent cassés, son sang coulait à terre. Même des non-Catholiques admirèrent ce courage.

Le frère d’Agatha était un membre officiel du gouvernement, et craignait pour sa place ; il fit tout ce qu’il put pour la faire apostasier, et même chercha à la tuer : il lui envoya un gâteau empoisonné ; mais elle se méfia, y piqua une de ses épingles à cheveux, qui changea aussitôt de couleur… Alors le frère chargea le tortionnaire de la battre à mort. Mais il ne parvint pas à la faire mourir : même sa nièce, la fille de son frère, s’étonna de ce qu’elle avait récupéré en un seul jour. Le frère alors demanda qu’elle restât en prison à vie.

Agatha pria Dieu de pouvoir mourir pour sa foi : elle fut décapitée à la Petite Porte Ouest de Seoul, le 26 septembre 1839, avec huit autres Martyrs.

Béatifiée en 1925, elle fut canonisée en 1984.

 

 

 

Cho Shin-ch’ŏl Carolus

(Jo Sin-cheol Garollu)

1795-1839

 

Carolus était né en 1795 à Hoeyang (Kangwŏn, Corée S) dans une famille encore païenne.

Il fut orphelin de mère en 1800, et alors son père dilapida tous ses biens.

Le pauvre Carolus vécut quelques années dans un temple bouddhiste, y recevant quelques maigres aumônes. On lui proposa un jour d’accompagner un commissaire qui voyageait entre la Corée et Pékin.

Ayant accepté (il avait déjà vingt-trois ans) et s’étant imposé par son heureux caractère et son honnêteté, il put gagner assez d’argent pour aider son père et ses frères.

C’est durant ces déplacements qu’il rencontra les pères Yu Chin-gil et Chŏng Ha-sang, qui lui parlèrent du catholicisme. Il hésita, mais la parole des prêtres fut convainquante : il devint catholique, et même fervent.

Avec ces mêmes prêtres, il rendit visite à l’évêque de Pékin, fut baptisé et confirmé.

Les relations qui nous sont parvenues parlent de l’activité de Carolus : il travailla beaucoup pour l’Eglise, humblement, doucement, heureux de rendre service et d’amener à la foi d’autres personnes (au moins dix).

Sa «proie» la plus difficile fut son épouse, qui devint finalement une très bonne catholique et mourut dans la Foi. Carolus se remaria avec une Catholique, et continua son travail entre la Corée et Pékin. Quand les missionnaires français vinrent en Corée, en particulier le père Maubant (v. 21 septembre), il les aida de son mieux, leur servant à l’occasion d’interprète.

Carolus répétait qu’il voulait suivre la voie de la Croix. Durant un de ses déplacements, il vit en rêve, par deux fois, Jésus sur le Mont Thabor, entouré des apôtres Pierre et Paul et qui lui promettait la couronne du martyre. Il comprit que c’était un clair avertissement du Christ et se prépara désormais à cette ultime Rencontre.

Durant une de ses absences, la police vint arrêter tous ceux qui vivaient chez lui, y compris les enfants ; à son arrivée, voyant la situation, il se rendit au bureau ce police, déclarant qu’il était le propriétaire de cette maison : on l’arrêta à son tour.

Questionné sur l’origine de tous ces objets religieux trouvés chez lui, Carolus répondit qu’il les avait achetés à Pékin, mais sans dire chez qui, de sorte que le chef de la police le fit suspendre pieds et poings liés et le fit frapper.

Peu après, on arrêta Mgr Imbert (v. 21 septembre), la police l’interrogea, mais en vain, pour lui arracher la lieu de la cachette des autres missionnaires. Les coups ne lui firent pas ouvrir la bouche un instant. Même le chef de police reconnut qu’il semblait n’être qu’un bout de bois ou de fer.

Une fois les pères Maubant et Chastan arrêtés, on envoya Carolus avec eux à la Haute Cour ; là encore, il subit d’autres séances de bastonnades.

Condamné à mort, Carolus fit passer aux siens un petit mot, les invitant de le suivre eux aussi au Ciel.

Il fut décapité dans un faubourg de Seoul, le 26 septembre 1839, avec huit autres laïcs.

Béatifié en 1925, il fut canonisé en 1984.

 

 

Kim Che-jun Ignatius

(Kim Je-jun Inyasio)

1796-1839

 

Ignatius était né en 1796 à Myeoncheon (Chungcheong-do, Corée S). C’était le petit-fils d’un autre Martyr, Kim Chin-hu Pius (mort en 1814) et il fut le père de Kim Tae-gŏn, le premier prêtre coréen, martyrisé en 1846 (v. 16 septembre).

Quand Kim Tae-gŏn partit pour se former à Macao, Kim Che-jun comprit très bien le danger auquel s’exposait toute sa famille.

Il fut d’ailleurs dénoncé par un de ses gendres, qui le fit arrêter par la police. Ignatius, qui était de forte nature, aurait eu tôt fait de se débarrasser des policiers, mais il n’opposa aucune résistance.

Il fut traité de criminel non pas seulement parce qu’il était catholique, mais parce qu’il avait permis à son fils d’aller à Macao, ce qui était contraire à la loi nationale.

On ne sait pas quelles tortures il dut subir en «punition», mais Ignatius céda et renia oralement sa foi ; cependant il resta en prison, car son délit d’avoir laissé partir son fils en Chine, était impardonnable.

Les Catholiques qui lui rendirent visite lui expliquèrent que, même sans ce délit, il n’aurait jamais été relâché, et l’invitèrent à se reprendre pour confesser vaillamment sa foi.

A l’image de saint Pierre qui pleura après avoir renié le Christ, Ignatius se repentit au fond de son cœur. Il en appela à la Haute Cour et confessa sa foi ouvertement.

On ne lui épargna pas les cruelles bastonnades, mais cette fois-ci, il résista jusqu’au bout.

Condamné à mort, Ignatius fut décapité dans un faubourg de Seoul, le 26 septembre 1839, avec huit autres laïcs.

Béatifié en 1925, il fut canonisé en 1984.

 

 

Pak Pong-son Magdalena

(Bak Bong-son Magdallena)

1796-1839

 

Magdalena était de famille non-chrétienne et habitait Seoul.

Elle épousa à quinze ans un païen et en eut deux filles.

Bientôt veuve, elle revint dans la maison de son père, dont la deuxième épouse, Kim Cecilia, attendait vivement Magdalena pour l’aider à adhérer au catholicisme. C’était alors en 1834, Magdalena avait déjà trente-neuf ans.

Elle alla vivre chez le frère de sa belle-mère, en dehors de Seoul. Il y vivait bien une douzaine de personnes pauvres, dont Magdalena s’occupa avec tant de douceur et de charité, qu’elle s’oubliait tout-à-fait elle-même ; tous ceux qui la voyaient admiraient comment elle faisait tout cela pour l’amour de Dieu. Magdalena attendait calmement l’heure de son arrestation.

Cette heure sonna. Après son arrestation, on la tortura plusieurs fois, et toujours elle résista, maintenant fermement sa foi et refusant encore plus fermement de révéler les noms des Chrétiens et leurs cachettes. On lui tordit les jambes, on la frappa violemment sur les tibias : l’unique chose qu’elle disait, était qu’elle voulait mourir pour Dieu.

Elle mourut effectivement pour Dieu, fidèle, humble et glorieuse Martyre.

Magdalena fut décapitée à la Petite Porte Ouest de Seoul, le 26 septembre 1839, avec huit autres Martyrs.

Béatifiée en 1925, elle fut canonisée en 1984.

 

 

Hong Kŭm-ju Perpetua

(Hong Geum-ju Pereupetua)

1804-1839

 

Perpetua était née dans les faubourgs de Seoul (Corée S) en 1804.

C’était une femme forte, de caractère, d’intelligence, de manières et de paroles.

Elle grandit chez sa grand-mère, et épousa à quinze ans un homme non baptisé. Elle s’efforçait de pratiquer sa religion catholique comme elle pouvait.

Elle eut un fils, qui fut bientôt orphelin de père ; aussi alla-t-elle vivre avec lui à Minarikol. Là mourut aussi le petit garçon. Mais le propriétaire de la maison, un catholique, enseigna à Perpetua  les éléments du catéchisme qu’il savait, et Perpétue se mit à prier, avec une telle ferveur qu’elle en pleurait souvent.

On admirait sa ferveur, mais aussi sa compassion pour les autres, qu’elle servait comme la dernière des servantes.

Elle disait souvent : Je m’habille en rouge, parce que je veux être une martyre.

Elle fut bientôt arrêtée, torturée, battue ; on l’accrocha au plafond pour la battre encore : rien ne lui fit perdre son calme.

Après trois jours de tortures, elle fut présentée à la haute cour, de nouveau battue sur les jambes, sans jamais céder.

En prison, la fièvre l’amena presque à la mort, mais elle se reprit mystérieusement et continua de servir ses compagnons avec total désintéressement. Chacun la considérait comme sa sœur aînée.

Perpetua fut décapitée à la Petite Porte Ouest de Seoul, le 26 septembre 1839, avec huit autres Martyrs.

Béatifiée en 1925, elle fut canonisée en 1984.

 

 

Cho Magdalena

(Jo Magdallena)

1807-1839

 

 

Voir la notice Yi Catharina

 

 

Kim Hyo-im Columba

(Gim Hyo-im Gollumba)

1814-1839

 

Columba était née vers 1814 au lieu-dit Pamsŏn près de la rivière Han non loin de Seoul, dans une famille encore païenne.

Après la mort du père, la mère fut baptisée, ainsi que ses six enfants, dont trois voulurent rester vierges : notre Columba, et ses deux sœurs, Agnes et Clara.

Leur frère aîné Antonius les accueillit chez lui, à Yongmŏri, à douze kilomètres de Seoul.

Après plusieurs années, la persécution éclata.

Les deux sœurs Columba et Agnes étaient sur le point d’être arrêtées par des policiers, dont l’un commença à montrer de mauvaises intentions envers Agnes. Columba protesta : Si tu veux nous mettre en prison, on te suivra. Mais pourquoi attenter à une «criminelle» de la campagne ?

Columba et Agnes furent présentées à la cour. On leur demanda pourquoi elles n’étaient pas mariées ? La réponse fut : Nous ne nous sommes pas mariées pour servir Dieu, le Créateur de toutes choses, avec un corps et un cœur purs, et pour sauver nos âmes.

Elles ne cédèrent pas une seconde. Le chef de la police, fâché et humilié, les tortura, particulièrement Columba, qui eut les jambes tordues, et le corps tout percé par des objets pointus. La réponse de Columba fut toute simple : elle n’avait rien à dire, dût-elle mourir.

A leur retour en prison, les deux jeunes filles furent déshabillées et battues violemment. Columba eut le corps brûlé douze fois avec un charbon de bois incandescent, mais resta constante dans sa foi.

Quelques jours après, les plaies de Columba étaient déjà complètement guéries, et la jeune fille en pleine santé. Les gardes crurent qu’elle était possédée de quelque esprit et prirent certaines mesures, selon leurs habitudes des rites païens ; évidemment, ils ne pensaient pas à l’Esprit Saint qui avait donné cette force et cette grâce aux deux jeunes Martyres.

C’est alors que le chef de la police imagina quelque chose qu’on ne fait pas même dans des lieux païens : il déshabilla complètement Columba et Agnes et les mit dans la prison des hommes, où se trouvaient plein de voleurs. Ceux-ci étaient invités à faire n’importe quoi avec les femmes. Mais le céleste Epoux vêtit les deux vierges avec sa grâce et sa force ; pendant deux entières journées, elles furent là au milieu de ces voleurs qui étaient là à les regarder comme des bêtes, mais une mystérieuse force les subjugua et les empêcha de faire le moindre geste impudique sur les deux femmes. Finalement, les gardiens leur rendirent leurs vêtements et les reconduisirent dans la prison des femmes.

On demanda à Columba pourquoi elle n’offrait pas de sacrifices à ses ancêtres ; réponse :

- Ce n’est pas la peine d’offrir un repas à des personnes mortes, qui ne peuvent plus manger.

Et à la demande si Confucius et Mencius étaient des Saints :

- Ils étaient peut-être saints, mais seulement en ce monde.

A la fin de l’interrogatoire, Columba protesta devant les juges pour avoir été, elle et sa sœur, déshabillées et jetées au milieu des voleurs. Vous pouvez nous tuer, dit-elle, mais vous n’avez aucun droit légal de faire ce genre de choses avec nous. Le juge principal fut fâché du comportement des gardiens de prison et punit les responsables.

En prison, Columba tomba malade, mais se remit promptement. Elle reçut encore une cruelle flagellation, par trois fois, mais resta entièrement fidèle au Christ.

Elle fut finalement décapitée à la Petite Porte Ouest de Seoul, le 26 septembre 1839, avec huit autres Martyrs. Parmi ces huit autres, on ne compta pas les deux sœurs de Columba ; les récits semblent les oublier pour ne mentionner que Columba, pour laquelle on a pu recueillir et vérifier davantage de détails.

Béatifiée en 1925, Columba fut canonisée en 1984.

Marie-Victoire (Thérèse) Couderc

1805-1885

 

Marie-Victoire Couderc est née à Sablières en Ardèche le 1er février 1805, quatrième des douze enfants de Claude et Anne Méry. La famille Couderc, tout en étant assez aisée, vit simplement et a l'estime des habitants du village : la foi est bien enracinée.

Marie-Victoire fait sa première communion en 1815 et parle bientôt de devenir religieuse, mais son père ne veut pas en entendre parler.

A dix-sept ans elle entre au pensionnat des Sœurs de Saint- Joseph aux Vans. Marie-Victoire y apprendra le bien-vivre, mais ne sera jamais une intellectuelle. Elle écrira simplement, comme elle parlait, sans trop de soucis pour son orthographe.

Deux ans après, son père vient la chercher pour qu'elle soit présente avec toute la famille à la mission animée par trois missionnaires diocésains, dont le père Étienne Terme. Ils viennent de Lalouvesc (ou La Louvesc, Ardèche) où ils ont la charge du pèlerinage auprès du tombeau de saint Jean-François Régis (v. 31 décembre). 

Le père Étienne Terme est aussi curé d'Aps (aujourd'hui Alba) où, voyant la pauvreté des villages environnants privés d'écoles chrétiennes, il réunit quelques jeunes filles qui souhaitent se consacrer à l'éducation humaine et chrétienne des enfants. Cette congrégation devient la Congrégation de Saint Régis. 

Au moment de la mission à Sablières, Marie-Victoire a vingt ans et un grand désir de se consacrer à Dieu. Elle se confie au père Terme qui lui propose d'entrer au noviciat d'Aps. Après quelques pourparlers difficiles avec Monsieur Couderc, en janvier 1826, elle quitte sa famille et rejoint la communauté d'Aps où elle prend le nom de Thérèse.

Nommé à Lalouvesc en 1824, le père Terme constate que la promiscuité dans les auberges ne favorise guère le pèlerinage surtout pour les femmes. Il lui vient alors l'idée d'ouvrir une maison d'accueil uniquement pour celles-ci. Dès l'hiver 1825-1826, il organise avec deux jeunes filles, l'accueil des femmes dans un lieu provisoire. Sans argent, ne comptant que sur la Providence, il entreprend en même temps la construction d'une maison : le Cénacle actuel. En 1827, il appelle Thérèse et deux autres sœurs à Lalouvesc pour prendre en charge cette nouvelle fondation. Thérèse est nommée maîtresse des novices. Un an plus tard, la supérieure étant appelée dans une autre communauté, elle doit « remplir les fonctions de supérieure »... elle n'a pas vingt-trois ans.

Vers 1832, Thérèse devient supérieure générale de toutes les communautés fondées par le père Terme : Lalouvesc est alors la Maison-Mère. Très vite, Thérèse prend conscience que l'accueil des femmes est insuffisant : elles arrivent là un peu par hasard, elles ne cherchent pas toujours le recueillement, et la communauté ne peut pas mener une réelle vie religieuse. En 1828, elle parvient, quoique difficilement, à convaincre le père Terme de n'accepter que des femmes qui voudraient prendre un temps de prière et d'approfondissement de la foi durant trois ou neuf jours pour mener ensuite une vie chrétienne solide dans leur milieu. 

C’est alors que le père Terme, au cours d’une retraite chez les jésuites de Vals près du Puy, découvre providentiellement les « Exercices spirituels » de Saint Ignace de Loyola. Dès son retour, il propose aux sœurs d’en faire à leur tour l'expérience et de s’en servir pour aider les personnes qui viennent en pèlerinage. Les sœurs n'osent pas employer tout de suite le mot de retraite. En 1831, le père Terme consacre les biens et les personnes de la communauté au Sacré-Cœur par les mains de Marie. Les maisons de retraite se développent malgré le manque de moyens. Entre temps, les sœurs émettent leurs premiers vœux.

Le 1er novembre 1834, avant d'entreprendre ses missions en Ardèche, le père Terme projette d'entrer dans la Compagnie de Jésus (ou Jésuites). Durant un mois, une mission le conduit de Viviers à Lanarce, puis dans son village natal (Le Plagnal) où, épuisé par son ministère et miné par la fièvre, il meurt le 12 décembre 1834 à l'âge de quarante-trois ans. Dans son testament, le père Terme confie son œuvre à Thérèse : à vingt-neuf ans, elle devient responsable. 

Thérèse manifeste alors ses capacités et son esprit de décision. Elle demande à l'évêque que la communauté soit confiée au père Renault, le provincial des jésuites de France. Jusqu'en 1837, elle gouverne la petite congrégation avec l'appui des jésuites et collabore avec eux. La communauté de Lalouvesc passe quelques années heureuses dans la paix et la vie apostolique. La question de maintenir dans une même congrégation maisons de retraite et écoles se pose. La séparation entre les Sœurs de Saint Régis qui garderont les écoles et les Sœurs de la Retraite (plus tard Notre Dame du Cénacle) sera une grosse épreuve pour Thérèse.

1837 est l’année où Thérèse prononce ses vœux perpétuels. Mais, épuisée, elle tombe malade et doit aller se reposer à Notre Dame d'Ay. En la fête du 15 août, renouvelant le geste du père Terme, elle remet tout à Marie et se démet de sa fonction de supérieure. Apaisée, elle remonte à Lalouvesc, où elle est confrontée à de gros problèmes financiers : une novice, jeune veuve fort riche, a remis son héritage au Cénacle, mais l’incompétence de l’économe était grande. En outre, pendant l’absence de Thérèse, la suspicion s'est développée à son égard. 

En octobre 1838, avec l'accord de l'Évêque de Viviers, le père Renault provoque la démission de Thérèse pour nommer à sa place une autre veuve qui vient d'entrer dans la communauté : Madame de La Villeurnoy, qui devient officiellement “supérieure fondatrice”. Très vite, les dettes s'accumulent, des sœurs partent. Le père Renault se rend compte de son erreur et destitue Madame de La Villeurnoy, qui laisse la communauté en plein désordre. Thérèse s'enfonce dans le silence et l'humilité, alors que le père Renault est prêt à lui redonner sa responsabilité et à lui rendre justice. Mais elle s'efface et encourage les sœurs à élire Mère Charlotte Contenet. Celle-ci réussit à redresser un peu la situation ; la congrégation se développe, mais Thérèse est continuellement tenue à l’écart et se trouve confinée dans d'humbles et pénibles travaux.

Le projet d'une fondation à Lyon se fait jour : Thérèse et une autre sœur sont envoyées pour nettoyer une maison proposée par Pauline Jaricot. Les locaux ne conviennent pas, les recherches s'engagent pour trouver un autre lieu. Thérèse prend l'initiative de signer l'acte d'achat pour un terrain sur la colline de Fourvière. Mère Contenet découvre alors les capacités et le dévouement de Thérèse : elle lui redonne sa confiance. 

En 1844, une communauté s'installe à Fourvière : Thérèse est nommée assistante. La congrégation prend désormais le nom de Notre Dame du Cénacle. A la mort de Mère Contenet, une pénible situation de schisme divisa les religieuses, jusqu’à ce que la “concurrente” de la nouvelle supérieure décidât de se retirer dans le monde. L’évêque nomma alors Thérèse supérieure générale. Pendant vingt-cinq ans, Thérèse sera de plus en plus entourée d'estime et d'affection. 

Fin 1856, elle devient supérieure de la communauté de Tournon. En 1860, elle est nommée assistante de la supérieure de Montpellier : durant cette période sa vie spirituelle s'intensifie, alimentée par des grâces mystiques.

En 1867, le Cénacle de Montpellier est fermé, et Thérèse revient à Lyon qu'elle ne quittera plus. Vers 1875, Mère Thérèse demande à sa supérieure la permission de s’offrir en victime à Notre-Seigneur. C’était le début d’une longue épreuve intérieure, la participation à l'agonie du Christ. Thérèse fut frappée particulièrement dans ses jambes, elle devint sourde, ce qui l’isola davantage encore. Sans le savoir, elle priait parfois à haute voix, provoquant l’édification de qui l’entendait. Dans les dernières années, sa santé se dégrade et elle éprouve de grandes souffrances physiques. Si Thérèse n'a plus de fonctions d'autorité sauf en de brèves occasions, elle n'est plus à l'écart. Elle est peu à peu reconnue comme témoin du passé, la première «religieuse».

La maladie puis la vieillesse vont la diminuer physiquement et au plan spirituel, ce sera aussi la nuit : Thérèse ne goûtera plus la présence de Dieu, mais continuera à prier longuement. 

En 1877, la nouvelle supérieure générale, au courant des différentes crises traversées par la congrégation, fait connaître Thérèse comme cofondatrice avec le père Terme : c'est une reconnaissance officielle. En 1878, des chrétiennes laïques s'agrègent à la congrégation.

Désormais vénérée de toutes, Thérèse meurt le 26 septembre 1885 au Cénacle de Fourvière. Quelques jours plus tard, son corps est transporté à Lalouvesc.

Thérèse a été déclarée bienheureuse en 1951, et sainte en 1970. Le village de Lalouvesc, lieu de pèlerinage à saint Jean-François Régis est devenu aussi lieu de pèlerinage à sainte Thérèse Couderc, particulièrement fréquenté durant l’été.

En 2010, la congrégation compte environ cinq cents sœurs présentes dans treize pays, outre les autres formations qu’elles animent ailleurs, dans des pays où elles n’ont pas (encore… ) ouvert de maisons : Chine, Malaisie, Burkina Faso, Bénin, Côte d’Ivoire.

Sainte Thérèse Couderc est mentionnée le 26 septembre au Martyrologe.

 

 

Gaspar Stanggassinger

1871-1899

 

Il fut le deuxième de quinze (ou seize !) enfants d’une humble famille de Berchtesgarden (Bavière, Allemagne) et naquit le 12 janvier 1871.

Dès l’âge de neuf ans, il se sentit appelé au sacerdoce.

Il commença en 1881 à Freising des études qui ne furent pas brillantes. Mais trois ans plus tard, il put entrer au séminaire où l’ambiance et son heureux caractère lui firent surmonter ces difficultés.

Il eut moins de difficultés à aborder le chemin de la sainteté : à seize ans, il obtient la permission de faire le vœur de chasteté. Dans son journal, il écrit que tout est grâce. Il est envahi par l’ardeur de sa dévotion au Saint-Esprit.

En 1889, frappé par la fièvre typhoïde, il fit une confession générale, reçut les Sacrements… et se remit rapidement. L’ascension allait se poursuivre.

Durant les vacances, il s’occupa avec grand zèle des jeunes et des petits, leur enseignant qui est Jésus. 

Après le baccalauréat, il entra au Grand séminaire, où cette fois-ci il se passionna pour la philosophie de saint Thomas, pour les Sciences naturelles, la Dogmatique (où il eut la mention cum laude), l’Ecriture Sainte, l’Histoire de l’Eglise.

Il se sentit peu à peu appelé à rejoindre la congrégation des Rédemptoristes, qui avait été interdite par le Kulturkampf, raison pour laquelle sa famille s’y opposa aussi. Mais lors d’un pèlerinage à Altötting, il entendit la Sainte Vierge lui dire d’aller à Gars, près de l’Inn, chez les Rédemptoristes. 

Le 6 octobre 1892, il commença le noviciat à Gars, et reçut l’habit. Gaspar monta toujours plus en sainteté ; prières, méditations, mortifications, retraites, tout lui semblait bon pour se sanctifier davantage.

En 1893, il fit la profession, à Dürnberg, où il étudia la théologie, sans rien changer à ses exigences personnelles, acquises durant les années précédentes. Il comprit la nécessité de prendre sur soi davantage, d’écouter, de ne pas juger ni sermonner. 

Sous-diaconat en 1893, diaconat en 1894, sacerdoce en 1895 : Gaspar était prêt pour la prédication, pour laquelle il recommandait à lui-même : Je dois annoncer la parole de Dieu, non la mienne.

A peine ordonné, il fut nommé professeur au Petit séminaire rédemptoriste de Dürnberg, où les élèves le prirent tout de suite en grande estime pour ses profondes qualités pédagogiques. S’il se trompait, il pouvait demander pardon à genoux. S’il y avait des frottements entre les élèves et les professeurs, il intervenait pour rétablir la paix. Il abhorrait les révélations extraordinaires, il se contentait de l’évangile.

On lui confia l’économat, l’élaboration des nouveaux statuts, les programmes d’étude. En 1897, il fut chargé des postulants. Il allait s’asseoir avec les élèves pour parler avec eux : lui qui aurait voulu partir aux missions, considéra que les élèves étaient sa mission. Il leur répétait : Je ne suis qu’un roseau creux, à travers lequel Dieu parle.

Tout ce travail lui provoqua en 1897 un excès de tension et un moment d’épuisement, mais il ne rallentit pas pour autant son rythme d’activités.

En 1899, le Grand séminaire fut transféré à Gars. Il y arriva le 11 septembre pour y prêcher dès le 13 une retraite aux élèves, tout en se sentant proche de sa fin.

Le 22 septembre, avec de fortes douleurs d’abdomen, il fut sans forces et écrivit : Je vois bien la différence qu’il y a entre «prêcher la patience» et «souffrir avec patience».

Le 24 septembre il célébra la Messe dans l’infirmerie et demanda le Sacrement des malades, qu’on lui administra le 25. On lui diagnostiqua alors une appendicite, puis une péritonite. Ses derniers mots aux jeunes furent : Honorez et aimez la Bonne Mère, faites des visites à Jésus-Sacrement.

Après avoir reçu l’Eucharistie et invoqué saint Alfonso de’ Liguori (le Fondateur des Rédemptoristes, voir au 1er août), il s’éteignit à cette vie dans la matinée du 26 septembre 1899.

Le premier miracle retenu pour sa béatification se vérifia en 1935, par la guérison totale d’une tumeur à l’estomac d’une Religieuse.

Gaspar Stanggassinger fut béatifié en 1988.

 

 

Luigi Tezza

1841-1923

 

Luigi vint au monde à Conegliano (Treviso, Italie du Nord) le 1er novembre 1841, fils de Augusto, un médecin, et Catalina Nedwiedt.

En 1850, orphelin de père, il accompagna sa mère à Padoue pour ses études.

En 1856, il entra chez les Camilliens ou Ministres des Infirmes de saint Camille de Lellis. Convaincue de la solidité de cette vocation, la maman entra alors chez les Visitandines de Padoue, où elle acquit une réelle réputation de Religieuse exceptionnelle.

Ordonné prêtre, Luigi fut nommé directeur des jeunes aspirants puis, après quatre ans, vice-maître des novices. Il aurait beaucoup aimé aller travailler dans les pays de mission, mais il y renonça par obéissance.

En 1871, il fut envoyé en France comme maître des novices, puis supérieur de la nouvelle province. En 1880, expulsé de France comme étranger, par la loi anti-religieuse, il y rentra clandestinement pour réunir la communauté dispersée.

Elu procureur et vicaire général, il partit pour Rome où il rencontra Giuditta (Giuseppina) Vannini (voir au 23 février), à laquelle il proposa de donner naissance à la branche féminine des Camilliens : les Filles de Saint Camille, approuvées en 1931.

En 1900, il fut envoyé comme visiteur et réformateur de la communauté de Lima (Pérou). Il y resta vingt-trois ans. En même temps qu’il alla soigner les malades de toutes conditions, il fut aussi confesseur au séminaire et en diverses congrégations religieuses. 

Il fit tant de bien qu’on le surnomma le Saint de Lima. 

Il mourut à Lima le 26 (ou le 23) septembre 1923 et fut béatifié en 2001.

Pau Castellá Barberá

1862-1936

 

Pau (Paul) naquit le 3 mai 1862 à Selva del Camp (Tarragona, Espagne), de Pau et Francesca, qui le firent baptiser deux jours après.

Il grandit dans une ambiance très chrétienne, agrémentée par la musique.

A vingt-trois ans, il voulut entrer comme convers chez les Clarétains ou Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie.

Après le noviciat à Barbastre, il fit la profession en 1886. Dès lors, il resta six ans dans cette communauté, rendant service comme cordonnier.

Puis il fut envoyé à Lleida, et finalement dans les difficiles missions de Fernando Poo, des îles au large de la Guinée Equatoriale. C’était une destination «dangereuse», car on savait que beaucoup y étaient déjà morts de la malaria.

Pau avait alors trente ans. Il arriva sur l’île de Fernando Poo en janvier 1893. Il devait y rester jusqu’en 1908, s’occupant de tout, et surtout de traiter avec des personnes qui n’étaient pas particulièrement habituées à obéir ! Il fut sur l’île de Corisco, de Santa Isabel, Sant Carlos et Maria Cristina. Tout lui réussissait, rien n’était difficile. Habile, presque diplomate, il savait anticiper les réactions et prévoir les solutions. Pour cela, tous l’estimaient.

En 1908, il dut tout de même retourner en Espagne, avec une santé ébranlée qu’il ne put jamais récupérer. Il resta à Barbastre, exemple de piété et de douceur, avec sa vénérable barbe blanche.

Un séjour à La Selva del Camp en 1921 ne fut pas davantage salutaire. Et c’est là que la révolution de 1936 le rattrappa.

En juillet, toute la communauté dut se séparer, en tout vingt-trois personnes qui allaient recevoir la palme du martyre.

Lui-même fut reçu chez des neveux, où il put rester deux mois, passant son temps dans la prière. 

En septembre 1936, on le découvrit ; ce vieillard de soixante-quatorze ans fut jeté en prison et condamné à mort pour être Religieux. 

Il fut assassiné à Reus le 26 septembre 1936, avec un Confrère, et fut béatifié en 2013.

 

 

Andreu Feliu Bartomeu

1870-1936

 

Andreu naquit le 15 septembre 1870 à Selva del Camp (Tarragona, Espagne), de Josep et Francesca, qui le firent baptiser trois jours après.

Il grandit dans une ambiance très chrétienne, et surtout avec les Clarétains ou Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie., présents dans ce pays depuis 1868.

Andreu les aidait comme sacristain, chantait avec eux avec sa belle voix, montrant une profonde piété envers la Reine des Saints, dont il n’oublia jamais de fleurir l’autel.

A dix-sept ans, il voulut entrer au noviciat. Or à cet âge-là, il était déjà «trop tard» (?) pour commencer la préparation au sacerdoce, de sorte qu’il se prépara à être Frère convers. De toutes façons, ce qui lui importait, était de partir pour les missions.

Après une première formation comme postulant,, il fit le noviciat à Barbastro, et la profession à Cervera en 1889. 

Il resta quelque temps à Cervera, puis fut envoyé à Zafra (Badajoz). Conquis par les vertus de ce Frère exemplaire, ses Supérieurs l’envoyèrent en 1903 aux îles Fernando Poo (Guinée Equatoriale).

Le Frère Andreu savait très bien confectionner les vêtements, entretenir la sacristie, soigner les malades avec amour, et aussi cultiver la terre : on pouvait tout lui demander. On imagine le travail qu’il fit durant la trentaine d’années qu’il resta là-bas.

Il revint en Espagne en 1934, accosta à Barcelone et fut finalement envoyé à la communauté de Selva del Camp, son pays d’origine.

En juillet 1936, toute la communauté dut se séparer, en tout vingt-trois personnes qui allaient recevoir la palme du martyre. Andreu renonça à venir dans sa famille, pour ne pas la compromettre, et alla camper quelque part dans la nature, dans une pauvre cabane.

En septembre 1936, on le découvrit ; ce vieillard de soixante-six ans fut dénoncé au Comité de Reus, jeté en prison et condamné à mort pour être Religieux, comme son Confrère Pau Castellá.

Ils furent tous deux assassinés à Reus le 26 septembre 1936, et béatifiés en 2013.

Note. La date de ce martyre est parfois le 26 octobre, possible confusion avec la date de la béatification (27 octobre). Qu’on veuille bien nous aider à préciser ce détail.  

 

 

Josefa Romero Clariana

1871-1936

 

Elle vint au monde le 11 avril 1871 à Carlet (Valencia), de Agostino et Giuseppa, des gens très modestes.

Malgré l’avis opposé des siens, Josefa entra en 1892 chez les Sœurs de la Doctrine Chrétienne, où elle prit le nom de María du Calvaire. 

Elle fut dans les communautés de San Vicens dels Horts, Tabernes de Valldigna, Guadasuar et Carlet, travaillant dans les tâches humbles, à la cuisine, à la buanderie.

En 1909, elle fut témoin de la Semaine Tragique de Barcelone, quand déjà des groupes ennemis de l’Eglise se soulevèrent.

En 1931, à la proclamation de la République, elle assista à la fermeture de maisons religieuses.

En 1936 enfin, lors de la révolution de juillet, elle dut quitter précipitamment le collège de Carlet, malgré sa faible vue (car elle était presque aveugle) et se réfugia chez sa sœur, qui cachait déjà deux autres cousines, de la même congrégation, et où on la découvrit en septembre.

Le 26 septembre 1936, on la fusilla à Llosa de Ranes, au lieu-dit Barranco de los Perros, avec Mère María du Suffrage (Teresa Rosat Balasch), avec laquelle elle fut béatifiée en 1995.

Selon de récentes recherches, il s’avérerait qu’on ne sait pas réellement où et comment furent assassinées ces deux Religieuses. Des trois hommes qui les assassinèrent, deux furent fusillés à leur tour, avant qu’on les ait interrogés sur ce détail, le troisième disparut. Ainsi l’exécution aurait eu lieu probablement sur la route de Alcira à Benimuslem.

 

 

Teresa Rosat Balasch

1873-1936

 

Elle vint au monde le 15 octobre 1873 à Mislata (Valencia), fille unique de Emanuele et Teresa, et à qui fut donné le nom de la Sainte du jour, sainte Thérèse d’Avila.

Entrée en 1896 chez les Sœurs de la Doctrine Chrétienne, elle prit le nom de María du Refuge (ou Amparo). 

En 1898, elle fit la profession temporaire, la solennelle en 1906.

Elle fut supérieure à Tabernes de Valldigna, Molins del Rey, Cabrera de Mar, Cornellá et Carlet.

En 1909, elle fut témoin de la Semaine Tragique de Barcelone, quand déjà des groupes ennemis de l’Eglise se soulevèrent.

En 1931, à la proclamation de la République, elle assista à la fermeture de maisons religieuses, et dut s’habiller en civil.

En 1936 enfin, lors de la révolution de juillet, elle se réfugia chez une amie, mais fut bien vite repérée et mise en prison à Carlet le 19 septembre.

Sachant sa mère âgée et malade, elle disposa qu’elle fût reçue dans l’Institut.

Le 26 septembre, on la fusilla, dit-on, à Llosa de Ranes, au lieu-dit Barranco de los Perros, avec la Sœur María du Calvaire (Josefa Romero Clariana), avec laquelle elle fut béatifiée en 1995.

Selon de récentes recherches, il s’avérerait qu’on ne sait pas réellement où et comment furent assassinées ces deux Religieuses. Des trois hommes qui les assassinèrent, deux furent fusillés à leur tour, avant qu’on les ait interrogés sur ce détail, le troisième disparut. Ainsi l’exécution aurait eu lieu probablement sur la route de Alcira à Benimuslem.

 

 

Manuel Legua Martí

1875-1936

 

Manuel naquit le 23 avril 1875 à Alacuás (Valencia, Espagne) et fut baptisé le jour même.

Son père étant un bienfaiteur des Religieux, le garçon connut les Religieux Amigoniens de Torrent ou Tertiaires Capucins de Notre-Dame des Douleurs.

Il fit une première expérience, en 1892, mais la maladie l’obligea à interrompre.

Persévérant dans sa vocation, Manuel demanda sa réadmission, et put enfin faire la profession en 1904, avec le nom de León María de Alacuás. Il fut ordonné prêtre en 1906.

Cette congrégation s’occupait particulièrement de la rééducation de jeunes prisonniers, à l’Ecole Santa Rita de Madrid.

Le père León fut sous-directeur puis supérieur de la maison, et conseiller général. 

On sait, par une photographie de l’époque, qu’il accompagna en 1934 le Visiteur Général de la congrégation, qui devait visiter les communautés d’Amérique.

L’Ecole Santa Rita fut prise d’assaut en août 1936, et les miliciens commencèrent par réunir tous les Religieux dans une seule salle. Voyant venue leur dernière heure, ils se donnèrent mutuellement l’absolution avant de mourir… mais les miliciens les relâchèrent et ils se réfugièrent çà et là.

Le père León trouva refuge chez un de ses élèves, mais on vint l’en tirer avec violence, ainsi que le père de l’élève, et on alla les fusiller immédiatement sur la route de Madrid vers la France, le 26 septembre 1936.

Il fut béatifié en 2001.

 

Rafaél Calatrava Ros
1881-1936

Né le 9 août 1881 à Almería, il fut reçu docteur en droit à Grenade. Avocat unanimement respecté de ses collègues, il fut surtout un grand Chrétien, en toute simplicité.

Pratiquant convaincu, il priait la Sainte Vierge, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (canonisée depuis peu, v. 30 septembre), et appartenait à l’association de l’Adoration Nocturne.

En 1911, il épousa Carmen Romero Martínez ; ils eurent onze enfants, dont Jaime, qui allait mourir martyr comme lui.

Ils furent quatre laïcs appartenant à cette même association eucharistique, qui furent arrêtés et immolés ensemble, avec le prêtre don Ginés Céspedes Gerez (v. 26 septembre : Andrés Casinello Barroeta, Adolfo Martínez Sáez et Jaime Calatrava Romero). Ils partagèrent la prison «chez les Adoratrices», un couvent réquisitionné pour être prison, et sur le bateau-prison Astoy Mendi.

Martyrisé le 26 septembre 1936 à Pozo de Cantavieja (Tahal) et béatifié en 2017, Rafaél Calatrava Ros sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 septembre. On trouve aussi la date du 25 septembre, qui semble contredire la présence de Jaime aux côté de son père jusqu’au bout.

 

Andrés Casinello Barroeta
1886-1936

Né le 23 août 1886 à Almería, Andrés était d’une famille d’avocats. 

Il fut ingénieur des Mines et exerça son métier à Vera, Linares et Almería.

En 1914, il épousa Serafina Cortés Barroeta, qui mit au monde sept enfants, dont deux moururent en bas âges ; Andrés les appelait les Anges de la famille. 

Son inspiration chrétienne était d’abord le Saint-Sacrement : il fut le président de l’association de l’Adoration Nocturne à partir de 1924 jusqu’à sa mort ; il lisait la Sainte Ecriture et avait toujours son chapelet à la main. Les évêques l’appréciaient : Mgr Martínez Noval lui confia en particulier la réalisation du monument au Sacré-Cœur : cette statue de cinq mètres de haut avait été installée solennellement en 1930 ; elle fut détruite et même fusillée lors de la révolte de 1936.

On comprend qu’un homme comme Andrés fut une des victimes de choix de la persécution religieuse de 1936. Andrés fut arrêté chez lui le 13 août par des miliciens qui prétendaient l’inviter à faire quelques déclarations. Andrés les suivit tout simplement, sans même saluer son épouse qu’il pensait retrouver quelques minutes plus tard. Mais il ne revint pas.

On le fit passer dans la «prison» du couvent des Adoratrices, puis à bord du bateau-prison Astoy Mendi, d’où il fut conduit avec trois autres Compagnons Adorateurs (v. ce même jour, Rafaél Calatrava Ros, Adolfo Martínez Sáez et Jaime Calatrava Romero) à Pozo de Cantavieja (Tahal) pour y être fusillé, un mois après ses cinquante ans.

Martyrisé le 26 septembre 1936 et béatifié en 2017, Andrés Casinello Barroeta sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 septembre.

Julio Esteve Flors

1897-1936

 

Il vit le jour le 9 octobre 1897 à Puzol (Valencia), de Vicente et Josefa, qui eurent neuf enfants. Il fut baptisé dès le lendemain.

Entré au Séminaire Séraphique de Massamagrell, il reçut l’habit en 1913, professa en 1914, avec le nom de Buenaventura de Puzol et fit les vœux solennels en 1918.

Il fut ordonné prêtre en 1921 à Rome, où il fut reçu au doctorat en philosophie et en droit canonique à l’Université Grégorienne.

Il fut professeur, il prêcha et fut assidu au confessionnal.

Il enseigna à Orihuela et en d’autres centres de l’Ordre.

Très intelligent, il était en même temps très humble.

L’été 1936, devant abandonner le couvent, il se réfugia chez ses parents à Puzol.

Il était conscient de son sort : Je me prépare pour la palme du martyre. Oui, je recevrai la palme du martyre, parce que je mourrai pour la religion.

Les miliciens l’arrêtèrent le 25 septembre 1936, avec son père et son frère qui, l’ayant hébergé, étaient complices.

A minuit, le 26 septembre 1936, ils les emmenèrent tous les trois au cimetière de Gilet (Valencia). Ils furent fusillés à deux heures du matin.

Juste avant de mourir, il prophétisa aux bourreaux : Avec la même mesure avec laquelle vous mesurez maintenant, vous serez à votre tour mesurés (cf. Mt 7:1). Après la guerre, quand les bourreaux furent arrêtés, ils reconnurent la vérité de cette phrase. 

Le père et le frère du p. Buenaventura ne sont pas béatifiés.

Le père Buenaventura fut béatifié en 2001.

 

Adolfo Martínez Sáez
1898-1936

Né le 23 juillet 1898 à Alhabia (Almería), il grandit avec sa mère et ses frères aînés à Pechina, après la mort de son père. 

Ce fut d’abord un Chrétien au sens fort du mot, toujours doux, aimable, serviable.

Il suivit les cours de Magistère à Almería tout en travaillant pour gagner sa vie.

Il appartenait à l’association de l’Adoration Nocturne. Il épousa en 1929 Carmen Gázquez Ferrer, qui mit au monde leur fils unique, Adolfo lui aussi, et mourut peu de temps après.

A Almería il fonda avec son frère un excellent collège chrétien. Lors de la persécution de 1936, on lui demanda de retirer le Crucifix de l’établissement ; sa réponse claire et nette fut : Pour me séparer du Christ, il faut d’abord qu’on passe sur mon corps ! 

Il fut alors arrêté, envoyé à la «prison» du couvent des Adoratrices, puis sur le bateau-prison Astoy Mendi.

Martyrisé le 26 septembre 1936 à Pozo de Cantavieja (Tahal) et béatifié en 2017, Adolfo Martínez Sáez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 septembre.

 

 

Ráfael Pardo Molina

1899-1936

 

Ráfael vit le jour le 28 octobre1899 à Valencia (Espagne), aîné de huit enfants.

Généreux, disponible pour rendre service, il dut travailler longtemps à la ferme pour aider sa famille. Il s’occupa en outre de la catéchèse paroissiale, participa à l’Adoration nocturne, à la confraternité de Saint-Filippo-Neri, visitait les malades chaque dimanche.

Il entra en 1919 à l’Ecole apostolique des Dominicains à Solsona (Lleida), avec l’idée d’accéder un jour au sacerdoce, mais la Providence ne le lui permit pas, aussi demanda-t-il à être admis comme convers, en 1921, comme son frère Luis.

En 1926, il fit la première profession à Calanda et s’occupa activement du jardin du couvent pendant six ans, suscitant l’admiration des paysans de l’endroit.

En 1932, il fit la profession solennelle et fut envoyé à Valencia, en qualité de sacristain adjoint. Il travailla beaucoup au culte des Saints, à la vénération des Reliques.

Ainsi, lorsque les temps devinrent difficiles et même dangereux, il s’employa à cacher tout ce qu’il put d’objets du culte dans des maisons privées. Quand les fouilles firent découvrir ces trésors et qu’on les confisqua, le Frère Ráfael n’hésita pas à aller trouver un avocat et aller déposer une déclaration à la mairie de Valencia, pour dénoncer le sacage subi au couvent. Grâce à cette démarche, ledit matériel fut déposé en sûreté à la mairie, et, au moins en partie, récupéré au lendemain de la guerre civile.

Lui-même se cacha en divers endroits de Valencia, du 19 juillet au 26 septembre, jour où on l’arrêta l’après-midi. Un groupe de miliciens le surprit, l’arrêta et alla le fusiller sur la route de Valencia à Nazaret, au lieu-dit Azud de Oro, Ribera del Turia, le 26 septembre 1936.

Le Frère Ráfael fut béatifié en 2001.

 

Ginés Céspedes Gerez
1901-1936

Né le 12 octobre 1901 à Garrucha (Almería), il fut baptisé quatre jours plus tard.

Il entendit très tôt l’appel de Dieu et eut une affectueuse dévotion envers la Mère de Dieu.

Son père le destinait à bien autre chose, mais Ginés tint à devenir prêtre ; il entra au Petit séminaire d’Almería en 1913, passa au Grand et fut ordonné prêtre en 1924.

Ses études de séminaire furent très brillantes ; il écrivait dans le journal La Independencia.

Il exerça son ministère sacerdotal à Níjar, puis à Fernán-Pérez jusqu’à sa mort. S’il ne fut pas chanoince de la cathédrale, il fut archiprêtre de Níjar dès 1932.

Lors de la persécution de l’été 1936, il se cacha. Mais ses parents ayant été menacés par les miliciens, il alla se présenter spontanément le 26 août ; arrêté immédiatement, il fut conduit sur le bateau-prison Astoy Mendi.

On lui proposa la liberté s’il acceptait de renoncer à son sacerdoce et de s’enrôler dans la propagande anti-religieuse. Sa réponse franche et courageuse fut son arrêt de mort : Si je devais naître vingt fois, je serais toujours prêtre.

Martyrisé le 26 septembre 1936 à Pozo de Cantavieja (Tahal) et béatifié en 2017, Ginés Céspedes Gerez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 septembre.

 

 

María Jordá Botella

1905-1936

 

Cette Marie vit le jour le 26 janvier 1905 à Alcoy (Alicante, Espagne) et fut baptisée le même jour avec le nom de María Pilar. Elle fut confirmée cette même année, selon une coutume de l’époque. Elle reçut la Première communion en 1912.

Elle fréquenta le collège Saint-Vincent-de-Paul et grandit dans la foi chrétienne.

A onze ans, elle s’inscrivit dans les rangs des Enfants de Marie.

Elle passa ensuite au collège de Onteniente, puis revint chez ses parents, où elle vécut d’une façon qu’on a pu justement qualifier d’exemplaire.

Elle faisait partie de l’Action Catholique, ainsi que d’autres associations chrétiennes, comme le Patronat des Ouvrières de Saint Maur et l’Apostolat de la Prière, montrant tout son zèle apostolique et son engagement social.

Dès 1931, à la proclamation de la République, elle fut le point de mire des ennemis de l’Eglise.

Quand se déchaîna la fureur révolutionnaire de l’été 1936, elle passa à Madrid pour vivre chez un de ses frères, mais c’est là qu’on la reconnut comme chrétienne pratiquante et qu’on l’arrêta pour la reconduire et l’emprisonner à Alcoy, du 20 au 26 septembre.

Le 26 septembre 1936, on l’emmena à Benifallim pour la martyriser. Ce martyre commença par une tentative de viol, auquel elle résista de toutes ses forces ; elle fut abattue, victime de sa foi et de sa pureté.

María fut béatifiée en 2001.

 

Jaime Calatrava Romero
1913-1936

Né le 20 décembre 1913 à Grenade, Jaime avait pour père Rafaél Calatrava Ros (v. ce même jour).

Dévôt marial comme son père, il ne manqua jamais de s’arrêter au sanctuaire de Notre-Dame de la Mer à Almeria.

Après ses études ches les Frères des Ecoles Chrétiennes, il passa la licence de droit à Grenade ; avocat, il travailla avec son père.

Il faisait partie, comme son père, de l’association de l’Adoration Nocturne, de l’Action Catholique ; il fonda l’Association des Etudiants Catholiques.

Il tenta une expérience chez les Dominicains d’Almagro, mais sa vocation n’était pas là : il se maria en février 1936 avec Elvira Enciso Reynaldo. 

Il fut arrêté en même temps que son père mis en prison puis sur le bateau-prison Astoy Mendi, dont il partagea le martyre. En effet, quand on appela son père, il s’avança spontanément pour rester avec lui. On voulait l’en empêcher, mais il insista.

Son épouse était enceinte de leur unique fils, mais il ne put le connaître, car il reçut la palme du martyre, en même temps que son père, à Pozo de Cantavieja (Tahal) le 26 septembre 1936.

Béatifié en 2017, Jaime Calatrava Romero sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 septembre.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 9000 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
  • Contact

Recherche

Pages

Liens