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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 08:51

Agatha de Palerme

† 251

 

On sera frappé de la parfaite conformité des lignes suivantes avec ce qu’on dit habituellement sur sainte Agathe.

Ces lignes proviennent des Visions d’Anna Katharina Emmerick, une illustre stigmatisée allemande, qui était parfaitement illettrée (v. 9 février).

Je vis qu’Agathe avait été martyrisée dans une autre ville, à Catane. Ses parents habitaient Palerme, sa mère était chrétienne en secret. Son père était païen. Je vis que sa mère l’avait, dès son enfance, instruite secrètement dans la religion chrétienne. Elle avait deux suivantes. Dès ses premières années, elle avait des rapports familiers avec Jésus. Je la vis souvent assise dans le jardin, ayant auprès d’elle un bel enfant resplendissant de lumière qui lui parlait souvent et jouait avec elle…

Je crois qu’elle le voyait aussi, car je la vis faire divers arrangements qui supposaient sa présence. Je l’ai vue grandir merveilleusement en pureté et en force intérieure… Je vis aussi avec quelle fidélité extraordinaire elle coopérait à la grâce, comment elle ne cessait de repousser ou de punir sur elle-même la moindre tache, la moindre imperfection. Quand elle voulait se coucher le soir, son ange gardien se tenait souvent sous une forme visible près d’elle et lui rappelait quelque chose qu’elle avait oublié : alors elle se hâtait de le faire…

Je l’ai vue souvent, dans son enfance, se glisser furtivement loin de sa mère avec des aumônes et des aliments… Je la vis souvent se pincer et se frapper pour des désirs et pour les moindres fautes…

Je vis que, vers sa huitième année, elle fut conduite à Catane dans une voiture avec plusieurs autres jeunes filles. Cela se faisait par l’ordre de son père qui voulait qu’elle fût élevée dans toutes la liberté d’une éducation païenne…

Elle avait des cheveux foncés, de grands yeux noirs, un beau nez, une figure ronde, quelque chose de très doux et de très ferme en même temps et une physionomie où se manifestait une force d’âme extraordinaire. Je vis sa mère mourir de chagrin loin d’elle.

On la mena chez une femme à l’air hardi qui avait cinq filles… La femme et ses cinq filles se donnaient toute la peine imaginable pour former Agathe à la vertu entendue à leur manière, mais elle restait indifférente à tout cela.

Je vis dans la maison de cette femme, Agathe combattre ses penchants naturels avec une constance et un courage remarquables et lutter contre toutes les séductions. Quintianus, qui plus tard la fit martyriser, y venait souvent. Il était marié, mais il ne pouvait pas souffrir sa femme. C’était un homme désagréable, d’un caractère bas et orgueilleux : il rôdait dans la ville, espionnant tout ce qui se faisait et il vexait et tourmentait tout le monde.

Je le vis chez cette femme : il regardait souvent Agathe comme on regarde un bel enfant : il ne se permettait rien d’inconvenant avec elle…

Plus tard, je vis (Agathe) de nouveau dans sa ville natale : son père ne vivait plus. Elle avait environ treize ans.  Elle confessait publiquement la foi chrétienne et avait près d’elle des gens de bien. Je la vis enlevée de sa maison par des personnes que Quintianus avait envoyées de Catane ; je vis comment, en sortant de la ville, elle s’aperçut que tous ses amis l’abandonnaient et retournaient à la ville. Elle pria Dieu de faire paraître un signe de cette ingratitude, et un olivier stérile sortit de terre à cet endroit.

Je vis ensuite Agathe jetée en prison, interrogée et frappée. On lui coupa les mamelles : un homme la tenait pendant qu’un autre lui enlevait le sein avec un instrument qui ressemblait à une tête de pavot. Il s’étendait sur trois tiges, formant comme une bouche et détachait comme d’une morsure la mamelle qui le remplissait tout entier. Les bourreaux eurent encore la cruauté révoltante de lui mettre sous les yeux avec des moqueries ses mamelles coupées ; puis ils les jetèrent à ses pieds comme sur une planche.

Pendant son supplice, Agathe dit à Quintianus : «Peux-tu, sans frémir d’horreur, arracher à une femme cette partie du corps qui, chez ta mère, t’a nourri autrefois ?»

Elle était pleine de fermeté et de calme et dit : «Mon âme a de plus nobles mamelles, que tu ne peux pas m’enlever.» La blessure était parfaitement ronde ; il n’y avait pas de déchirure , le sang jaillissait en plusieurs petits jets.

J’ai vu souvent ce même instrument employé pour les supplices des martyrs : on enlevait ainsi du corps des saints des morceaux de chair tout entiers.

Je vis ensuite Agathe dans la prison, où un saint vieillard lui apparut et lui dit qu’il guérirait ses blessures… Je vis le vieillard sourire et dire : «Je suis (le) serviteur (de Jésus), Pierre : vois ! ton sein est déjà guéri», puis il disparut. Elle avait ses deux seins parfaitement remis.

Je vis Agathe conduite de nouveau au martyre. Dans un caveau étaient des âtres sous lesquels on avait allumé du feu : ils étaient profonds comme des coffres et garnis à l’intérieur de toutes sortes d’objets pointus et anguleux. Lorsque Agathe eut été jetée dans une de ces caisses, la terre trembla, un mur s’écroula et écrasa les deux amis de Quintianus. Il y eut un soulèvement dans le peuple, si bien que Quintianus s’enfuit. La vierge fut ramenée en prison, où elle mourut.

Je vis Quintianus se noyer misérablement dans une rivière, comme il était en route pour aller confisquer les biens de sainte Agathe. J’ai vu comment, plus tard, une montagne ayant vomi des flammes, le peuple s’enfuit devant le fleuve de feu qui en coulait auprès du tombeau d’Agathe, dont il opposa le couvercle au feu qui s’éteignit.

Les dernières expressions font évidemment allusion à une éruption du volcan proche de Catane, l’Etna, qui se produisit le 5 février 252.

Sainte Agathe est justement commémorée et fêtée le 5 février.

Son nom est aussi mentionné dans la prière du Nobis quoque, peccatoribus du Canon romain de la Messe.

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Published by samuelephrem - dans Hagiographie A
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