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14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 23:00

Elvira Moragas Cantarero

1881-1936

 

Elle naquit le 8 janvier 1881 à Lillo (Tolède, Espagne), deuxième fille de Ricardo et Isabel, et aînée d’un garçon, Ricardo, qui fut toujours proche d’elle.

Quand son père fut nommé à Madrid, il y ouvrit une pharmacie. 

Elvira fut confirmée en 1887. Capricieuse et volontaire, elle apprit de sa mère à se dominer.

Elle fréquenta le collège des Mercédaires, et fit deux pèlerinages à Rome et à Lourdes.

Très intelligente, elle passa son baccalauréat en 1899, avec mention excellente, chose rare qui fut relevée dans les journaux.

Cette jeune fille grandissait dans la joie des plaisirs mondains : elle faisait du cheval ; mais aussi elle grandissait dans l’amour de Dieu ; elle entra à l’Université, fait tellement nouveau que son père ou son oncle l’accompagna chaque jour aux cours ; elle fut une des premières femmes espagnoles à passer la licence de pharmacie (1905).

Deux jeunes gens pensèrent à l’épouser ; le premier renonça lui-même, l’autre fut éconduit pour ses idées anti-religieuses.

Après la mort du papa en 1909, ce fut le fils qui lui succéda (après avoir pris le diplôme de pharmacie) et non Elvira ; cette dernière resta auprès de sa mère jusqu’à sa mort en 1911, et dirigea la pharmacie jusqu’à ce que son frère eût le diplôme.

En même temps, elle s’occupait de catéchèse paroissiale ; le saint curé, José María Rubio Peralta (voir au 2 mai) l’orienta vers le Carmel.

Le 21 juin 1915, elle entra chez les Carmélites, prenant le nom de María Sagrario de Saint-Louis-Gonzaga : Notre-Dame du Sagrario est la patrone de Tolède ; saint Luigi Gonzaga est le Saint fêté le 21 juin.

Elle reçut l’habit en décembre 1915, fit la première profession en 1916, la solennelle en 1920. 

Cette nouvelle religieuse n’avait pas pour autant perdu sa vivacité. Elle aimait collaborer aux tâches humbles et venait souvent aider à la cuisine ; un jour qu’on lui en barra l’accès (elle devait y venir trop souvent), elle y entra par la fenêtre ! Une jeune religieuse ne voulait pas se faire aider pour éplucher les pommes de terre : María Sagrario lui expliqua qu’en épluchant une pomme de terre, elle considérait qu’elle «perfectionnait» une créature de Dieu.

En 1927, elle fut élue prieure du couvent, elle la plus jeune. Puis elle fut nommée maîtresse des novices.

A partir de 1933, elle fut à l’accueil, et reçut ainsi les premières nouvelles des événements alarmants de l’Espagne.

Dieu permit qu’elle fût réélue prieure le 1er juillet 1936. 

Le 18 juillet, on envoya des pierres contre les portes de l’église et du couvent. Elle proposa aux Religieuses de rejoindre leurs familles, mais aucune ne voulut se séparer d’elle.

Les 18 et 19 juillet, elles prièrent devant le Saint-Sacrement. Des Sœurs partirent se mettre en sûreté, d’autres restèrent, dont la prieure.

Le 20, n’ayant pu mettre le feu au couvent, la foule enragée força les portes et pénétra dans la clôture. Les Carmélites consommèrent les Saintes Hosties et s’enfuirent dans le jardin, tandis que le couvent était saccagé.

La prieure se présenta devant les envahisseurs et fit sortir les Carmélites. On les bloqua contre le mur et María Sagrario crut qu’elles allaient être fusillées sur place ; elle cria Vive le Christ Roi, mais on ne leur fit rien ce jour-là ; elles entonnèrent le Te Deum, le Salve Regina et quelques psaumes. Puis on les emmena à la Direction de Sécurité.

On les fit attendre, on les oublia, on finit par les conduire dans leurs familles respectives. María Sagrario se retrouva avec trois autres Carmélites chez les parents de l’une d’elles. Son frère vint lui proposer de partir avec lui chez les siens, mais elle préféra rester avec ses Compagnes.

Quand les fouilles de maisons commencèrent, María Sagrario resta seulement avec une autre. Une dénonciation fit arrêter d’autres Religieuses, dont l’une portait sur elle l’adresse de María Sagrario, qui fut ainsi repérée.

Le 14 août au soir, des miliciens arrivèrent, lui demandèrent où était le trésor du couvent, puis l’emmenèrent à leur tchéka. Ils voulurent lui prendre un papier qu’elle tenait cousu dans son habit, mais elle l’avala (ce devait être une attestation de dépôt en banque, prévu pour le maintien du couvent). Après des heures d’interrogatoire et de pressions, on la condamna à mort. Peu après minuit, elle fut abattue dans le square San Isidro. Elle reçut ainsi la palme du martyre au matin de l’Assomption, 15 août 1936.

De retour à la tchéka, les bourreaux mentirent aux autres Carmélites : La Mère est en route pour Burgos. Se rendant compte qu’elles n’étaient pas dupes, une autre milicienne ajouta ironiquement : Pauvres petites, elles n’ont pas de Mère.

María Sagrario fut béatifiée en 1998.

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Published by samuelephrem - dans Hagiographie E
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