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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 23:00

María Ràfols Bruna

1781-1853

 

María naquit le 5 novembre 1781 au moulin d’En Rovira à Vilafranca del Penedès (Girona, Espagne), de Cristòfol et Margarida, qui la firent baptiser deux jours après.

La famille s’installa peu après dans un autre moulin, à Mascaró (Bleda), où mourut le papa, en 1790. 

La maman se remaria avec Josep Marcer et le couple s’installa à Garraf.

Le peu qu’on sait est que María étudia au collège de Barcelone.

En 1804, mourut à son tour la maman.

La jeune fille avait pu avoir l’occasion d’apprendre un peu l’art du soin des malades, car on la trouve infirmière volontaire à l’hôpital de Barcelone, où l’aumônier lui demanda d’être parmi les personnes qu’il engageait pour renforcer le personnel de l’hôpital de Saragosse.

On ne sait pas bien comment les choses se passèrent, mais on constate que María se retrouva ainsi, à vingt-trois ans, à la tête d’une nouvelle congrégation, les Sœurs de la Charité de Sainte-Anne, au service des malades, ce qui était une nouveauté à l’époque : les religieuses étaient traditionnellement cloîtrées, et n’avaient pas à s’occuper d’apostolat.

En arrivant à Saragosse, on alla implorer l’aide de Notre-Dame du Pilar. Puis il fallut organiser l’hôpital qui était une cour des miracles : malades de toutes sortes, déments, orphelins, avec un matériel inadéquat, et en plus le mauvais accueil du personnel présent, jaloux et tout-à-fait indisposé à recevoir des ordres de cette petite demoiselle. Le personnel masculin démissionna.

María s’arma de courage, de patience, de persévérance ; silencieusement surtout, elle travaillait. Les vocations se présentèrent.

Au grand étonnement des examinateurs, elle fit une prestation absolument convaincante dans l’art de la phlébotomie, qu’à l’époque on n’aurait jamais permis à une femme de pratiquer.

En 1808-1809, lors du siège de Saragosse pendant la Guerre d’Indépendance, la mère Ràfols montra tout son à-propos et sa volonté. Quand l’hôpital fut détruit et incendié, elle organisa le transport des malades, et passa dans les rues à demander l’aumône pour son hôpital, où passèrent quelque six mille malades et blessés.

Lors du deuxième assaut, devant cette situation désespérée, María et quelques Sœurs s’armèrent d’un grand drapeau blanc et allèrent directement trouver le général Lannes pour le supplier de les aider. Elles reçurent bien des moqueries de la part des soldats du camp, mais en insistant elles parvinrent jusqu’à l’officier, un homme réputé peu aimable, mais qui fut ce jour-là ému par la supplique des Religieuses.

Non seulement il leur accorda des vivres et des médicaments, mais il leur donna un sauf-conduit pour revenir demander d’autres secours, autant de fois qu’elles le voudraient.

C’est à ce moment-là aussi que María, pour donner à boire aux malades à un moment où l’on manquait d’eau, alla prendre ni plus ni moins l’eau bénite de la chapelle. Elle donna à boire aux malades et, reportant le récipient à la chapelle, s’aperçut que le niveau de l’eau n’avait pas baissé. Elle ne prétendit jamais avoir fait un miracle, mais on l’attribua toujours à ses mérites.

A la fin de la guerre, María alla se reposer deux mois à Vilafranca, mais de 1813 à 1834, elle ne cessa de s’occuper des petits orphelins, enfants abandonnés, illégitimes et malades.

Entre temps, on chercha à imposer à María d’autres constitutions que les siennes, de sorte qu’elle se vit obligée à démissionner, jusqu’à ce qu’en 1824 on reconnût formellement la Congrégation et qu’on la remît à son rang de Supérieure, jusqu’en 1829.

En 1834, elle fut victime involontaire des guerres carlistes : on l’accusa de fabriquer des balles, et donc de comploter contre la Reine. La voilà en prison pour deux mois, au terme desquels, certes, on la reconnut innocente, mais - qui sait pourquoi - on l’exila de la province.

Réfugiée à Huesca, elle se remit au travail à l’hôpital, un établissement délabré et mal organisé. L’exil dura six ans, après quoi, à la suite du changement politique, elle put revenir à Saragosse, et retrouver ses chers orphelins.

Mais sa santé était désormais très altérée. Elle s’éteignit à ce monde le 30 août 1853.

Sa Congrégation fut approuvée peu après (1858) par la reine Isabel II, et s’est étendue aujourd’hui sur les cinq continents.

Le procès de béatification fut un moment bloqué à Rome, à cause d’un faux, prétendant que María avait prophétisé certains événements avenus cinquante ans après sa mort. Ce genre de «faits mystiques» commence toujours par un refus catégorique de la part des autorités vaticanes. Récemment, on apporta la preuve du faux, et le procès put aboutir.

Mère María Ràfols a été béatifiée en 1994.

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Published by samuelephrem - dans Hagiographie M
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