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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 23:00

Mariam Baouardy (Bawardy)

1846-1878

 

Cette religieuse libanaise naquit le 5 janvier 1846 à Abellin (Galilée, Liban), de parents chrétiens du rite melkite.

Ces parents avaient perdu leurs douze petits garçons en bas âge. Tristes mais confiants, ils firent le pèlerinage à Bethléem, à cent soixante-dix kilomètres de chez eux, pour demander à Dieu la naissance d’une petite fille, par l’intercession de la Mère de Dieu. Cette fille naquit en effet neuf mois plus tard et reçut au baptême le nom de Mariam.

Dieu, qui ne fait pas les choses à moitié, accorda à Mariam un petit frère, Boulos (Paul), l’année suivante.

En 1849, grosse épreuve : les deux parents moururent à quelques jours d’intervalle. La petite fille fut recueillie par un oncle paternel, le petit garçon par une tante maternelle ; ils ne devaient jamais plus se revoir.

En 1854, Mariam reçut l’Eucharistie. Peu après, son oncle emmena toute sa famille à Alexandrie (Egypte).

Quand elle eut une douzaine d’années, son oncle pensait la marier, selon une vieille habitude de ces régions, mais Mariam voulait déjà se consacrer à Dieu et refusa ce projet ; elle dut s’enfuir.

Recueillie chez un musulman, ce dernier la sommait de passer à l’Islam, comme le font tous les musulmans, qui haïssent le christianisme, mais Mariam entendait conserver sa foi catholique ; l’homme se fâcha et lui trancha la gorge, abandonnant le corps de la jeune fille dans la rue.

Alors intervint un «signe» de Dieu que, seule, Mariam, put raconter : elle n’avait pas été atteinte de façon mortelle, et était restée vivante dans cette rue ; elle se retrouva mystérieusement dans une grotte, où une belle Religieuse vint la soigner patiemment pendant plusieurs mois. Mariam comprit peu à peu que cette Religieuse n’était autre que la Vierge Marie. Le 8 septembre 1858, fête de la Nativité de Marie, et année des apparitions de Lourdes, Mariam était guérie. Il ne lui resterait désormais qu’une grosse cicatrice, et une voix brisée.

Sauvée et guérie, elle était cependant seule au monde. Elle trouva du travail çà et là, selon la Providence, et arriva à Jérusalem.

Là, un jeune homme mystérieux se présenta à elle pour la conduire au Saint-Sépulcre ; parvenue à l’endroit, elle promet à son «guide» de faire le vœu perpétuel de chasteté, s’il en fait autant, de sorte que le jeune homme se consacra en même temps qu’elle. On ne nous dit pas ce qui advint les jours suivants, mais Mariam arrivera ensuite à Beyrouth, enfin à Marseille.

Dans la ville phocéenne, Mariam rencontra les Sœurs de Saint-Joseph-de-l’Apparition et y effectua une période de noviciat ; mais Mariam état complètement inculte, ne sachant ni lire ni écrire, et parlait mal le français ; les Religieuses n’ayant pas vocation à instruire une personne adulte, la maîtresse de novices lui suggéra de s’orienter vers le Carmel.

Mariam suivit ce conseil, et arriva au Carmel de Pau, où elle fut admise comme Converse, avec le nom de Marie de Jésus Crucifié (1867).

Elle n’avait pas encore prononcé ses vœux perpétuels, qu’elle fut choisie pour intégrer un groupe en partance pour fonder un nouveau Carmel en Inde (1870).

C’est donc à Mangalore en Inde, que Mariam émit sa profession solennelle, le 21 novembre 1871, fête de la Présentation de Marie au Temple. Mais ses dons mystiques (entre autres les stigmates) semblaient suspects ; on alla jusqu’à supposer que sa profession n’était pas valide !

En 1872, l’obéissance à l’évêque de Mangalore la renvoya alors au Carmel de Pau, où la sainteté de la petite sœur commença à rayonner.

En 1875, nouvelle mission : Mariam fut choisie parmi les dix Carmélites qui allaient ouvrir un Carmel à Bethléem, là où les parents de Mariam avaient demandé à Dieu la naissance de leur fille. Mais cette fois-ci, Mariam était très utile à la communauté, étant la seule à parler arabe !

Ce qui a été dit jusqu’à présent n’est qu’un bref historique de cette grande Ame, qui fut en même temps favorisée de dons célestes particulièrement extraordinaires ; ses proches eurent en effet de multiples occasions d’observer Mariam pendant des moments d’extases, de lévitations, de bilocation ; on remarqua qu’elle portait les stigmates de la passion et qu’elle reçut la transverbération du cœur ; elle prophétisa, elle reçut des visions de Saints et Saintes, dont une permit de localiser précisément le village d’Emmaüs ; cette petite femme ignorante eut l’inspiration de poèmes…

En 1878, elle fit une chute qui entraîna une fracture de bras. La gangrène prit, et sœur Mariam mourut le 26 août 1879, dans sa trente-troisième année.

Dans son pays, on l’appelle couramment al-Qiddisa, la Sainte.

Mariam Baouardy fut béatifiée en 1983 et devait être canonisée en 2015.

 

Le miracle reconnu pour la béatification

 

Une petite Libanaise, Khasneh, était estropiée de naissance. Les parents prièrent pendant huit mois, par l’intercession de Mariam Baouardy, qui était née tout près de chez eux. Une tante, de son côté, commença une neuvaine de prières le 13 décembre 1929 : chaque jour, elle communiait, faisait le chemin de la Croix et s‘imposait quelques mortifications. Le 20 décembre suivant, à midi, la petite fille se leva d’un coup en criant : Regarde, mes pieds marchent !

 

La bienheureuse Mariam appelée au secours d'un nouveau-né

 

Le miracle retenu pour la canonisation de Mariam est la guérison d'un nouveau-né d'Augusta, en Sicile, dans la province de Syracuse, le petit Emanuele Lo Zito.

Ses parents, Biagia et Luigi Lo Zito, ont vu leurs vœux exaucés quand Biagia est tombée enceinte. Mais au huitième mois de grossesse, Biagia perçut quelque chose d'anormal. Malgré les paroles rassurantes de son médecin, elle alla consulter un spécialiste : l'enfant n'avait pas grossi ces dernières semaines. De fait, le bébé souffrait, le cordon ombilical autour du cou. Une césarienne était urgente.

C'est ainsi qu'Emanuele naquit le 17 avril 2009, à midi. Le petit prématuré pesait 2,6 kg. Le premier danger était écarté. Dans l'après midi, on le porta à sa maman pour qu'elle le nourrît. Or Biagia constata que son enfant avait les pieds et les mains bleutés et qu'il pleurait faiblement. L'alarme fut donnée, mais la cause restait obscure. La grand-mère maternelle insista, l'enfant fut finalement transféré à l'hôpital de Catane, le 18 avril. 

Son état était critique. Un premier diagnostic tomba : hypertension pulmonaire. Il fallait le transférer dans un autre hôpital : à l'hôpital Garibaldi. Le 20 avril, un autre diagnostic plus grave était annoncé au papa : le bébé souffrait d'un problème cardiaque ; le pronostic vital était engagé. On décida du transfert de l'enfant dans un quatrième hôpital: l’hôpital Saint-Vincent de Taormina. 

Les médecins ne laissaient pas d'espérance à Luigi. Devant l'imminence de l'issue fatale annoncée, il rentra chez lui chercher des vêtements pour le bébé. 

En chemin, il rencontra un ami, Luigi Ingaliso, très confiant dans la bienheureuse Mariam Baouardy. La situation était tendue, la rencontre brève, les paroles difficiles : Luigi Ingaliso promit de prier pour l'enfant. Il alla chercher une relique de la bienheureuse qu'il conservait chez lui, sûr qu'elle pouvait intercéder pour la guérison d'Emanuele. Il décida de faire porter la relique à Biagia. 

Ce fut le début d'une chaîne de prière par l'intercession de Mariam, qui impliqua la famille, le village d'Augusta, des amis et des personnes inconnues, jusqu'aux carmélites de Terre Sainte.

Le bébé était arrivé à l'hôpital de Taormina déjà agonisant. Cette fois, les médecins affinent le diagnostic : il s'agit d'une cardiopathie congénitale très complexe qui fait que les veines pulmonaires ne retournent pas au cœur, mais au système des veines hépatiques. L'opération envisagée est à haut risque pour ce minuscule patient, agonisant, et âgé de trois jours.

Mais la maman peut enfin se rendre à Taormina et elle a l'idée de toucher le corps de l’enfant avec la relique de la bienheureuse Mariam. 

Un des médecins a témoigné qu'il est absolument inhabituel qu’un bébé affecté d'une telle malformation puisse survivre trois jours après sa naissance, et sans aucune opération qui relie les veines pulmonaires au cœur. De plus, au moment de l'intervention, l'état clinique du bébé était désespéré : les médecins n'ont pas su expliquer la rapidité de la guérison et l'absence totale de séquelles. 

Cette guérison subite et totale a été attribuée à l'intercession de la bienheureuse Mariam de Jésus Crucifié. 

La bienheureuse carmélite devait être canonisée en 2015 qui est à la fois l'Année de la vie consacrée et l’année du cinq-centième anniversaire de la naissance de la grande réformatrice du carmel, Thérèse d’Avila.

 

 

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