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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 09:39

Roch

1340-1379

 

Roch est considéré comme l'un des saints les plus populaires et vénérés de tout le monde catholique. Malgré cette popularité, on sait peu de choses sur sa vie. 

Il existe de fortes différences jusqu’aux indications qu’on avance comme «sûres» sur le Personnage.

Il serait né vers 1300 ou vers 1340 à Montpellier, d’une famille honorable, les Rog (ou plus précisément Roctch), d’où lui serait venu l’appellatif qu’on lui connaît, sans qu’on sache mieux son prénom de baptême. Si l’on orthographie habituellement Roch, il faut écrire Róc en occitan.

Sa mère était, dit-on, déjà avancée en âge au moment de cette naissance, et l’enfant portait sur sa poitrine une marque en forme de croix.

On a présumé qu’il aurait fait des études de médecine à Montpellier, d’où lui serait venu l’usage d’une petite lancette pour soigner les bubons de la peste.

A l'âge de vingt ans, ayant perdu ses parents, il vendit tous ses biens pour rejoindre le tiers-ordre franciscain, faisant vœu de se rendre à Rome afin de prier sur la tombe des apôtres Pierre et Paul. 

S'étant arrêté à Acquapendente, près de Viterbe, durant son pèlerinage, il ignora les conseils de la population en fuite à cause de la peste et décida de rendre service dans l'hôpital du lieu. C'est de là que partit sa réputation de sainteté : en trois mois d'activité, il fit de nombreux miracles en guérissant des malades de la peste. Puis il passa à Cesena, où se vérifia la même situation, ainsi qu’à Rome.

Un cardinal, soigné par Roch, le garda à son service pendant trois ans, puis Roch gagna Novare et Piacenza. Là, touché par le même mal de la peste, il se retira dans une cabane isolée, où la Providence lui fit jaillir une source d’eau fraîche et suscita un brave chien pour lui apporter un bon pain qu’il dérobait un seigneur local ; ce dernier, intrigué par les disparitions et du pain et du chien, suivit ce dernier jusqu’à Roch et, tout honteux de sa vie égoïste, se convertit.

C’est à ce bon chien, ami de saint Roch, que remonteraient l’appellatif de roquet qu’on donne à un chien de la rue, ainsi qu’à l’expression Saint Roch et son chien qui désigne deux amis inséparables.

Roch remonta en Lombardie, où les autorités le mirent en prison, le soupçonnant d'être un espion. Puis Roch regagna Montpellier, où son oncle, gouverneur de la ville, ne le reconnut plus et le fit à son tour enfermer dans la prison. 

Il y mourut, cinq ans plus tard, un 16 août, entre 1376 et 1379. C’est alors qu’on le reconnut à la marque de la croix qu’il portait sur la poitrine.

Les versions ne s’accordent pas. Roch aurait été mis au cachot à Voghera (Lombardie) ou à Montpellier. Cette prison aurait duré quatre ou cinq ans, et Roch serait mort dans l’une ou l’autre de ces deux localités.

Le culte de saint Roch serait parti de Lombardie pour certains, pour d’autres de Constance, où il fut invoqué pendant le concile qui s’y tenait (1414-1419) et où avait surgi une nouvelle épidémie de peste. Le culte est attesté à Voghera dès 1382.

Le dominicain saint Vincent Ferrier (voir au 5 avril) et tout l’Ordre dominicain diffusèrent beaucoup le culte à saint Roch, donnant à supposer que Roch était du Tiers-Ordre dominicain, et non du franciscain.

Sous le pontificat de Clément VIII (non pas l’anti-pape du même nom, mais celui qui reçut l’abjuration du futur Henri IV et régna de 1592 à 1605) - lorsque la peste représentait dans toute l'Italie un mal désormais connu depuis plusieurs siècles, on décida d'apporter à Rome une relique de saint Roch, le Saint Thaumaturge, pour préserver la Ville éternelle de catastrophes effroyables. Ainsi, le bras du Saint fut déposé dans l'église de Saint Sébastien-hors-les-Murs, ; avant saint Roch, saint Sebastien avait compté parmi les principaux protecteurs contre la peste. Quelques années à peine après l'arrivée de la relique dans la ville, on décréta le transfert de celle-ci dans l'église dédiée à saint Roch, près du port de Ripetta. Ce lieu était justement symbolique, puisque les épidémies de peste se contractaient là, puisque celle-ci arrivait des terres lointaines qui communiquaient avec Rome à travers les échanges commerciaux par bateaux.

D'après les chroniques de l'époque et les témoignages conservés dans les archives de l'Association européenne des amis de Saint Roch, la procession pour le transfert de la relique se déroula solennellement parmi le peuple. C'étaient des files de cardinaux, d'évêques et de prêtres, le Sénat romain, des confraternités, des corporations et des ouvriers, des commerçants, des écoles, des artisans et une immense foule de personnes simples, en particulier des pêcheurs.

Le premier grand prodige attribué à l’intercession de saint Roch remonte à 1624 ; une épidémie de peste fauchait des centaines de victimes par jour, dans la ville de Palerme, et certains symptômes faisaient craindre que le mal pût se diffuser jusqu'à Rome. Le pape Urbain VIII (1623-1644) avait une grande dévotion à Saint Roch. Il décida d'ordonner des prières publiques, auxquelles il participait, pour obtenir de Dieu, par l'intercession du Saint Thaumaturge, que la Sicile fût libérée de ce terrible mal et que Rome fût préservée de la contagion. Le dimanche 18 août 1624, Urbain VIII alla célébrer la messe dans l'église de Saint Roch où il fit installer la relique du Saint sur l'autel majeur. Quelques jours seulement passèrent et le fléau menaçant cessa à Palerme et dans toute l'île sicilienne, évitant aussi les rives du Tibre.

Urbain VIII ordonna que le Magistrat de la ville de Rome offrît chaque année à saint Roch, le jour de sa solennité, un calice en argent et quatre cierges. Aujourd'hui encore, sur un mur de la nef droite, à l'entrée de l'église de Saint Roch, on peut lire l'inscription, datée de juillet 1625, qui atteste l'approbation du Sénat romain.

Une autre épidémie se propagea à Rome en 1656. Au cours de l'été, un bateau provenant du port de Naples accosta à Nettuno, près de Rome, laissant aux abords du port des vêtements contaminés par la peste. On raconte que certains de ces habits furent accidentellement emportés dans la ville, propageant la maladie avec une rapidité foudroyante. Très rapidement, quatorze mille cinq cents personnes périrent. Le pape d'alors, Alexandre VI (1655-1667) qui se trouvait en vacances à Castelgandolfo, rentra précipitamment à Rome pour venir au secours des citoyens par des dispositions d'urgence et pour demander des prières publiques et des offices solennels en mémoire de saint Roch dans l'église qui lui était dédiée. Après cela, le fléau cessa. 

Le 18 septembre de l'an 1854. Le Journal de Rome, organe officiel de l'État pontifical, publiait l'annonce du pape Pie IX (1846-1878) que tout fidèle romain attendait avec frénésie, en ces jours où régnait l'angoisse due à l'épidémie de choléra qui s'était diffusée dans la ville. L'impatience fut apaisée à la lecture de la déclaration du pape : étaient accordées une indulgence de sept ans aux personnes qui visiteraient l'église de Saint-Roch, et une indulgence plénière pour celles qui s'y rendraient sept fois.

Ce geste réconforta la multitude des fidèles qui, en ces jours-là, affluaient sans discontinuer à l'intérieur de cette église à la façade néoclassique, qui se dresse avec élégance devant l'Autel de la paix (Ara Pacis). Les semaines qui avaient précédé la propagation de la peste jusqu'à Rome, Pie IX avait demandé d'urgence que, outre les images les plus vénérées de la Vierge et les reliques des saints Pierre et Paul, on exposât aussi au public le prodigieux bras de saint Roch dans son église.

L'ordre du pape fut rapidement exécuté mais avant même l'exposition, des bandes de fidèles s'entassaient déjà sur les marches de l'église, persuadés que l'intercession du Saint bien-aimé arrêterait ce fléau qui avait déjà causé des milliers de morts en quelques semaines. Dès lors, la calamité enregistra une baisse sensible et constante et finit par disparaître complètement en décembre 1854, quelques jours avant Noël.

Ce fut la dernière fois que la ville de Rome connut une épidémie de peste d'une telle ampleur.

On compte aussi d'innombrables intercessions miraculeuses attribuées à saint Roch, en Europe et dans le monde. 

Effectivement, on recourt à saint Roch dans tous les cas de maladies contagieuses, hommes ou bêtes : peste, silicose (donc en faveur des tailleurs de pierre, des paveurs, des carriers) ; pour les fripiers, les rôtisseurs, les cardeurs de laine.

Cette dévotion s’est répandue en France, en Allemagne et en Belgique, en Italie, mais aussi en Espagne et en Croatie, au Brésil et à Québec (Canada), au Sénégal…

 

Le culte à saint Roch fut confirmé sous Urbain VIII en 1629.

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Published by samuelephrem - dans Hagiographie R
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