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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 23:14

Ignasi Casanovas Perramón

1893-1936

 

Ignasi (c’est l’orthographe catalane ; en espagnol : Ignacio) vit le jour le 21 juin 1893 à Igualada (Barcelone, Espagne) et fut orphelin de père à sept ans.

La maman, María, confia ses deux garçons aux Religieux de ce pays, les Piaristes, chez lesquels les deux garçons entendirent l’appel de Dieu.

Ignasi apprit le piano.

L’aîné, Jaime, entra au noviciat en 1905, Ignasi en 1909, à Moyá.

En 1911, après la profession simple, Ignasi partit à Irache (Navarre), pour la philosophie et la première année de théologie.

Il fit la profession solennelle en 1914 à Terrassa, prit le nom de Ignasi de Saint-Raymond, et fut ordonné prêtre en 1916 à Barcelone.

On signalera ici dans quel sanctuaire il célébra la première Messe : ce fut la chapelle de Can Brunet, une ancienne propriété de la famille remontant au 17e siècle, à Òdena.

Les Piaristes se dédient à l’enseignement. Le père Ignasi, à Terrassa, le fit avec un tel engouement, qu’il tomba malade. Aussi fut-il transféré à Vilanove i la Geltrú, puis à Olot. Plus tard, il fut au collège de Barcelone.

Quand il avait achevé son travail, il allait fréquemment auprès de sa mère, à qui il devait tant, et se mettait au piano, accompagnant les chansons que sa mère aimait chanter.

A la fin de l’année scolaire 1936, le père Ignasi se retira à Òdena, comme chaque année, pour un temps de vacances avec sa mère, dans la propriété familiale de Can Brunet.

Et voilà la révolution de juillet. Le père Ignasi pouvait obtenir un sauf-conduit et aller se cacher quelque part dans Barcelone, comme son frère aîné, mais il se refusait à laisser sa mère toute seule. Dans le pays, tout le monde le connaissait, et on lui proposa de le cacher, mais le prêtre n’avait guère envie de se déguiser, ni de mettre en danger ceux qui l’auraient dissimulé chez eux. Aussi resta-t-il à la maison, remettant son sort dans les mains de Dieu.

Le 16 août, vers deux heures du matin, il vit de la fenêtre un groupe de gens qui se dirigeaient vers la maison ; il alla vite se mettre dans le petit bosquet voisin. Pendant trois heures, les révolutionnaires fouillèrent la maison de fond en comble, chambre par chambre, prenant tout ce qu’ils trouvaient de religieux, crucifix, images, l’autel du prêtre, les ornements, pour les mettre au feu.

De sa cachette, le pauvre prêtre voyait la fumée noire du feu. A cinq heures, voyant le signal convenu du drap blanc à la fenêtre, il revint à la maison, mais la situation était désormais alarmante. Jour et nuit le prêtre et sa mère priaient et veillaient. Il dit un jour à sa mère : Ils vont me tuer, Maman. Mais puis-je mourir pour une cause plus sainte et plus noble ?

Le 16 septembre à midi, trois miliciens entrèrent brusquement par la cuisine et montèrent à l’étage. Le père Ignasi sorit tranquillement à leur rencontre, le bréviaire à la main, et leur demanda : On peut vous offrir quelque chose ? La réponse était qu’ils venaient pour lui. Il leur demanda de le laisser se changer de chaussures. A sa chère mère qui se mettait à pleurer, il lui dit : Adieu, maman, il n’arrivera que ce que Dieu veut.

En sortant de la maison, un des miliciens appela d’un coup de sifflet les six autres collègues qui s’étaient cachés autour de la maison pour empêcher toute fuite du prêtre, et ils partirent pour Òdena, tandis que la bonne maman le suivait avec des jumelles depuis la terrasse.

Parvenus au lieu-dit La Creueta, à vingt minutes de Can Brunet, le chef lui dit : Maintenant, prie, prie autant que tu veux, on ne te donne que quelques minutes pour prier.

Le père Ignasi leur répondit : Tuez-moi, mais ne faites rien à ma mère. Il fit quelques pas tranquillement, s’agenouilla et commença à prier. Il se trouvait si près de la chapelle où il avait célébré la Messe pour la première fois ! 

De sa terrasse, la maman entendit alors les six coups que reçut son fils dans la poitrine, et le dernier dans la nuque.

Quelques heures plus tard, les assassins forcèrent trois autres Piaristes à venir transporter au cimetière le cadavre du prêtre défunt. Jaime, le frère aîné de Ignasi, vint aussi se recueillir et trouva au cou de son frère la médaille de N.Dame de Montserrat, qu’il portait toujours.

Le lendemain, la maman et sa bonne vinrent voir le corps d’Ignasi, mais le gardien du cimetière préféra ne pas le leur montrer, pour éviter davantage d’émotion. La famille put récupérer le corps et l’enterrer dans une tombe à part, propriété familiale. 

Une pierre fut érigée à l’endroit de la mort du prêtre martyr, avec ces mots : 

16 septembre 1936. 

Ici donna sa vie pour Dieu et pour l’Espagne 

le Rév. P. Ignacio Casanovas Perramón, des Ecoles Pies. 

Passant, découvre-toi et prie.

Le père Ignasi fut béatifié en 1995, parmi treize Piaristes martyrs de la même époque.

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Published by samuelephrem - dans Hagiographie I
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