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9 septembre 2018 7 09 /09 /septembre /2018 09:35

 

Miguel Beato Sánchez

1911-1936

 

Beato (bienheureux), Miguel le fut de nature, mais aussi par la grâce de Dieu et le don de soi.

Il naquit le 10 avril 1911, à La Villa de Don Fadrique (Tolède, Espagne), avec un frère jumeau, Domingo, qui mourut à trois ans. Après eux naquirent cinq autres enfants : Juan et María Esperanza, qui moururent jeunes, María Teresa, María Dolores et Jesús, qui purent témoigner plus tard de la sainteté de leur aîné..

Les parents, Miguel et Andrea, étaient d’humbles travailleurs très chrétiens, craignant Dieu et aimant l’Eglise.

Miguel fut baptisé deux jours après sa naissance, et confirmé en 1916. Il reçut la Première communion en 1917. Dans son pays, on l’appelait Miguelillo. Il grandit dans la pratique des bonnes vertus, pieux, généreux ; jamais on ne le vit se battre avec ses camarades. Lui et ses sœurs firent partie de l’Alliance en Jésus par Marie, une congrégation laïque qui regroupait des jeunes vivant dans le monde.

Miguel imita bien vite le curé de la paroisse, en «disant la messe» à la maison. Il se mettait au cou deux bavettes d’enfant, une devant et une derrière, pour figurer la chasuble. Dans la famille, on souhaitait bien que Juan, l’aîné, devînt prêtre, mais il ne ressentait pas la vocation ; Miguel s'amusait à dire : Yo, bela, yo seré cura (Et ben, c’est moi qui serai curé).

Il entra au Petit séminaire de Tolède en 1923, passa au Grand, et acheva ses études avec d’excellentes appréciations : benemeritus et valde meritus. Il reçut les premiers ordres en décembre 1934, le sous-diaconat en juin 1935.

Il aurait pu être ordonné prêtre dès 1935, mais il dut passer par le conseil de révision : on lui trouva la poitrine rétrécie, et il fut réformé.

Il attendit patiemment le moment de l'ordination, tout en s’occupant dans la bibliothèque de l’archevêque. La providence fit qu’il fut ordonné prêtre le 11 avril 1936, lendemain de ses vingt-cinq ans. En même temps que lui furent ordonnés aussi deux prêtres qui moururent martyrs, mais qui appartiennent à une cause de béatification non encore achevée.

Don Miguel célébra sa première Messe en forme privée, sans chanter, car les temps étaient déjà difficiles.

Il fut nommé vicaire dans son pays natal, où la tension était déjà forte depuis la proclamation de la République en 1931 : il y avait eu des assassinats. Don Miguel cependant se lança dans l’apostolat avec plein de zèle, réunissant les jeunes de l’Action Catholique, parlant aux enfants, même s’ils étaient fils d’anarchistes.

Le 18 juillet 1936, l’église fut fermée. Don Miguel se renferma chez lui avec le Saint-Sacrement, que le curé avait réussi à extraire du tabernacle, profitant d’un moment d’inattention des miliciens. Pendant quelques jours, don Miguel put encore célébrer la Messe et donner les Sacrements aux fidèles, chez lui.

Le 3 août, on arrêta le curé, don Francisco López-Gasco y Fernández-Largo, qui fut assassiné le 9 août.

Don Miguel attendait son heure. Une de ses prières quotidiennes était, les bras en croix : v Seigneur, si tu as besoin de ma vie pour le salut de l’Espagne, je te la donne ; que je sois une victime, jamais un traître. Il se préparait à son martyre en lisant les vies des Martyrs. Avec grande joie, il s’exclamait : Regarde comme ils répondent à leurs bourreaux !

Une pieuse dame lui suggéra de ne pas porter la soutane et d’aller travailler dans les champs en civil. L’idée partait d’un bon sentiment, mais il répondit : Ma soutane, je ne m’en sépare pas, même s’il faut la colorer de mon sang ! Quelques jours après, cependant, il apprit que la soutane de son curé, martyr, était l’objet de moqueries infâmes, aussi retira-t-il la sienne, bien à contre-cœur.

Le 28 août, les miliciens mirent le feu à toutes les saintes images de l’église, en particulier celle du Christ, à laquelle on avait attribué une protection spéciale, dix ans plus tôt, quand on avait réussi à éteindre un feu de campagne qui menaçait les champs et les habitations. Les jours suivants, les miliciens exhibaient des morceaux de ces images et statues, pour s’en moquer encore.

Le 5 septembre, un milicien vint lui dire d’aller ramasser dans l’église les restes des images et statues pour les brûler. Il y alla, voyant dans cet acte, une façon de mettre fin aux profanations.

Le 6 septembre, des miliciens vinrent le chercher. Il ne devait pas revenir chez lui.

On l’enferma en prison, en le frappant continuellement pour lui faire abjurer sa foi, pour le faire blasphémer, mais il ne répondait que Vive le Christ Roi !

On poussa la profanation jusqu’à lui faire endosser la tunique du Nazareno de l’église, on lui aurait mis aussi une croix entre les bras, et on lui fit faire le Chemin de Croix dans l’église, le drapeau rouge autour de la poitrine.

On lui mit dans la bouche le canon d’un pistolet, qui lui provoqua un vomissement de sang ; on l’emmena dans une porcherie ; on voulut lui faire piétiner un crucifix, mais il refusa toujours. Un voisin de prison lui suggéra : Dis-leur ce qu’ils veulent ; Dieu sait bien que tu ne le dis que des lèvres. Et lui : Je ne peux pas !

Les bourreaux se sentaient terriblement vexés de voir ce jeune prêtre plus courageux qu’eux-mêmes. N’en pouvant plus de l’entendre répéter invariablement Vive le Christ Roi !, ils lui coupèrent la langue avec un couteau de boucher.

Le Martyr avait la bouche en sang, les dents tombaient, la langue coupée, le corps tout défait. On lui porta son repas du soir, assez loin de lui pour se moquer encore : Allez, appelle le Bon Dieu ! Pourquoi ne vient-il pas t’aider ?

Les bourreaux avouèrent plus tard qu’ils auraient bien voulu lui sauver la vie, mais qu'ils se virent "contraints" de le tuer, et qu’il mourut «seulement» pour n’avoir pas cédé.

Au soir du 8 septembre, ils lui dirent encore une fois de piétiner un crucifix. Sur son refus, un milicien lui donna un tel coup de poing qu’il tomba par-terre. 

Ici, les détails ne coïncident pas totalement. Selon une version, on lui donna tant de coups, qu’on le crut mort ; venus le lendemain matin, 9 septembre, pour l’enterrer, et s’apercevant qu’il vivait encore, les miliciens l’abattirent. Dans l’autre version, les miliciens ne revinrent qu’au matin du 10 septembre. S’apercevant qu’il murmurait encore Ah, mon Dieu !, ils lui déchargèrent une pluie de coups de bâtons, jusqu’à son dernier soupir. Alors ils l’emportèrent pour l’enterrer dans un coin de champ, laissant une de ses mains en-dehors : des chiens la dévorèrent. De fait, quand on exhuma le corps en 1939, la main du prêtre manquait. Le corps était couvert de plaies.

La date retenue pour la mort de don Miguel est le 10 septembre 1936 : il avait tout juste cinq mois de sacerdoce.

Don Miguel a été béatifié en 2007 : Beato de famille, il est maintenant Bienheureux au ciel.

  

Miguel Beato Sánchez

1911-1936

 

Miguel vit le jour le 10 avril 1911 à La Villa de Don Fadrique (Tolède, Espagne), troisième des sept enfants de Miguel et Andrea : Juan, Domingo (son jumeau), et María Esperanza moururent jeunes, María Teresa, María Dolores et Jesús purent témoigner plus tard de la sainteté de leur aîné.

Miguel fut baptisé le 12 avril, et confirmé en 1916. Il reçut la Première communion en 1917.

La famille était très pratiquante. Miguel (qu’on surnommait Miguelillo) et ses sœurs firent partie de l’Alliance en Jésus par Marie, une congrégation laïque qui regroupait des jeunes vivant dans le monde.

Miguel imita bien vite le curé de la paroisse, en «disant la messe» à la maison. Il se mettait au cou deux bavettes d’enfant, une devant et une derrière, pour figurer la chasuble. Dans la famille, on souhaitait que Juan, l’aîné, devînt prêtre, mais il ne ressentait pas la vocation, et Miguel répliquait : Yo, bela, yo seré cura (Et ben, c’est moi qui serai curé).

Fidèle au catéchisme, qu’il apprenait avec plaisir, il fuyait ses camarades qui se battaient, et, à la maison, faisait volontiers tout ce que sa mère lui demandait.

Miguel entra au Petit séminaire de Tolède dès 1923 et passa au Grand séminaire. Les appréciations sur sa conduite et ses études furent benemeritus et valde meritus. Il reçut donc les premiers ordres en décembre 1934, le sous-diaconat en juin 1935. Ses études étaient formellement achevées, et il devait recevoir l’ordination diaconale et sacerdotale, mais il dut faire le service militaire.

En réalité, il en fut exempté à cause de sa poitrine trop étroite, et il attendit ces ordinations patiemment, tout en s’occupant dans la bibliothèque de l’archevêque. Il fut ordonné diacre en mars 1936, et prêtre le 11 avril, lendemain de son vingt-cinquième anniversaire.

En même temps que lui furent ordonnés aussi deux prêtres qui moururent martyrs, qui appartiennent à une cause de béatification non encore achevée.

On le destinait à sa paroisse natale, La Villa de Don Fadrique, comme vicaire. Le curé et son vicaire allaient bientôt verser leur sang.

Dans cette localité, la tension était déjà forte depuis la proclamation de la République en 1931.  Il y avait eu des assassinats. Don Miguel cependant se lança dans l’apostolat avec plein de zèle, réunissant les jeunes de l’Action Catholique, parlant aux enfants, même s’ils étaient fils d’anarchistes.

Le 18 juillet 1936, l’église fut fermée. Don Miguel se renferma chez lui avec le Saint-Sacrement, que le curé avait réussi à extraire du tabernacle, profitant d’un moment d’inattention des miliciens. Pendant quelques jours, don Miguel put encore célébrer la Messe et donner les Sacrements aux fidèles, chez lui.

Le 3 août, on arrêta le curé, don Francisco López-Gasco y Fernández-Largo, qui fut assassiné le 9 août.

Don Miguel attendait son heure. Chaque jour, il priait un Notre Père, qu’il achevait par cette jaculatoire : Que je sois une victime, mais jamais un traître. Les bras en croix, il répétait : Seigneur, si tu as besoin de ma vie pour le salut de l’Espagne, je te la donne ; que je sois une victime, jamais un traître.

Une pieuse femme du pays lui fit dire par ses frère et sœurs de ne pas porter la soutane en sortant de chez lui. Il répondit fermement : La soutane, je ne l’enlève pas, même si je dois la teindre de mon sang. Mais quand il apprit que les miliciens profanaient celle de son curé martyr, il la retira, avec douleur.

Le 28 août, les miliciens mirent le feu à toutes les saintes images de l’église, en particulier celle du Christ, à laquelle on avait attribué une protection spéciale, dix ans plus tôt, quand on avait réussi à éteindre un feu de campagne qui menaçait les champs et les habitations. Les jours suivants, les miliciens exhibaient des morceaux de ces images et statues, pour s’en moquer encore.

Le 5 septembre, un milicien vint convoquer don Miguel, qui le suivit sans rien dire. On l’emmena à l’église avec d’autres prêtres du pays, pour rammasser dans l’église les morceaux de statues, les charger dans un camion et aller les brûler. Ce faisant, don Miguel remerciait Dieu qu’ainsi les miliciens ne pourraient plus profaner ces saints objets. Il revint chez lui le soir.

Le 6 septembre, on vint l’arrêter pour de bon. L’interrogatoire fut pénible : don Miguel répliqua que Dieu existe, qu’il croyait en Dieu et, au lieu de blasphémer, répondit : Vive le Christ Roi !

On lui fit faire un véritable Chemin de Croix : avec un drapeau rouge autour de la poitrine, un morceau de colonne sur les épaules, on le fit marcher dans l’église ; il tomba à terre et on se moqua de lui. N’obtenant du prêtre que des Je suis croyant et Vive le Christ Roi toujours plus convaincus, ils le mirent dans la maison du Marquis de Mudela, transformée en prison.

Là, une double file de miliciens armés l’attendaient. Le chef recommença les mêmes questions, obtint les mêmes réponses ; il enfila dans la bouche du prêtre le canon de son pistolet, provoquant un vomissement de sang. On mit le prêtre dans la porcherie : les miliciens passaient le voir en le provoquant : Dis, tu es plus fort que nous ? On voulut lui faire piétiner un crucifix, on lui promit de le laisser en vie s’il acceptait seulement de faire ce qu’ils lui demandaient. Ils n’obtinrent qu’un refus répété et total.

Les miliciens se fatiguaient ; ils voyaient bien que ce jeune prêtre de vingt-cinq ans était plus courageux qu’ils ne le pensaient. Ils en vinrent à lui sectionner la langue avec un couteau de boucher.

Un autre prisonnier, feignant un étourderie, réussit à passer près de la cellule de don Miguel et lui lança : Miguel, répète ce qu’ils te disent ; Dieu sait bien que tu le diras des lèvres, mais pas du cœur. Et don Miguel : Je ne peux pas. Il avait la bouche pleine de sang, 

On lui apporta son repas, à l’opposé de la place qu’il occupait, en se moquant de lui, comme pour le Christ en croix : Allez, appelle ton Dieu, pourquoi ne vient-il pas t’aider ?

Les miliciens tenaient à le faire céder. Ce fut inutile. Ils se virent «obligés» de le tuer.

On arriva au 8 septembre, jour de la Nativité de Notre-Dame, on le sortit de la porcherie pour le conduire dans une autre pièce. Dans l’intervalle, on le frappait en l’insultant : Le type du Christ Roi. D’autres l’attendaient et voulaient le faire marcher sur un crucifix ; sur son refus, on l’envoya à  terre avec un coup de poing.

Le 9 (ou le 10) au matin, on le croyait mort, mais on l’entendit encore souffler : Ah, mon Dieu ! On lui assena alors tant de coups de bâton, qu’il n’eut plus la force que de dire Ah, ma mère ! et expira.

Les bourreaux allèrent l’enterrer au lieu-dit La Veguilla, en laissant hors de terre sa main, avec le poing fermé, qui fut dévorée par les chiens. De fait, quand on exhuma le corps en 1939, la main du prêtre manquait. Le corps était couvert de plaies.

Don Miguel fut béatifié en 2007. Beato de famille, il est maintenant Bienheureux au ciel.

 

 

 

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