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23e dimanche per annum

 

 

Il semble qu’il y ait aujourd’hui un réel fil conducteur qui relie les trois lectures : l’amour fraternel.

 

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Le prophète Ezéchiel reçoit de Dieu une mission : il devra être un guetteur. Non pas un surveillant sévère, un inspecteur sourcilleux, un contrôleur impitoyable qui n’est là que pour appliquer les ordres. Le guetteur doit aider à retrouver le bon chemin celui qui s’en est écarté, sa mission est toute en charité.

Même le mot méchant de l’Ecriture ne doit pas résonner pour nous comme quelque synonyme de «condamné», «exclus», «rejeté» : le méchant est le pécheur, nous sommes tous pécheurs. Et la preuve que Dieu ne veut pas notre condamnation, c’est qu’Il charge le prophète d’avertir ce pécheur.

Qui doit donc être ce guetteur ? On pourrait répondre a priori qu’il s’agirait d’abord de l’évêque, puisque epi-scopus signifie littéralement celui qui regarde par-dessus, qui observe. Par extension, ce pourraient être tous les prêtres qui ont charge d’âmes, mais aussi tout responsable à quelque niveau que ce soit, tout père de famille, tout homme qui veut le bien de son prochain. Au fond, chaque baptisé est appelé à être guetteur, à être une fidèle sentinelle pour barrer le chemin au mal.

 

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Que nous dit le psaume 94 ? acclamer notre Rocher, nous incliner et nous prosterner… mais allons bien jusqu’au bout : Aujourd’hui, écouterez-vous sa parole ? Ecouter la Parole de Dieu, au sens le plus biblique du terme, c’est obéir au commandement de Dieu ; écouter la Parole, c’est mettre en application ce que dit le Verbe éternel dans l’Evangile.

Le mot même obéir, en latin ob-audire,, signifie exactement écouter en face : écouter avidement pour ne rien perdre de ce qui est dit. C’est la réponse à l’avertissement du guetteur. 

Ce psaume 94 a bien sa place au début de l’Office : quand la journée commence, c’est une invitation divine à écouter Dieu.

 

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On a dit précédemment que tout baptisé doit être ce guetteur charitable qui s’oppose à l’entrée du Mal.

Saint Paul va plus loin dans l’application de cette mission : la mesure de notre harmonie avec la Loi, ce sera l’ amour mutuel, cet amour fidèle et désintéressé qui nous fera corriger amoureusement toute transgression fraternelle, avec le même amour qu’on nettoie avec attention toute tache sur une nappe ou sur une vitre.

Il est intéressant de remarquer que saint Paul ne parle pas des quatre premiers Commandements, ceux qui concernent directement nos devoirs envers Dieu et nos parents ; il reprend ceux qui se rapportent au prochain : l’adultère, qui brise l’amour vrai ; le meurtre, qui tue la vie ; le vol et la convoitise, qui lèsent injustement le prochain ; ce sont ces commandements que spontanément nous aimons être appliqués envers nous-mêmes. A nous de les appliquer pour les autres !

On rejoint ici le conseil du Christ : Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le semblablerment pour eux (Lc 6:31), ainsi que son grand commandement : Tu aimeras ton prochain comme toi-même (Mt 22:39). C’est un principe tellement profondément inscrit dans le cœur des hommes, qu’il a été énoncé dans toutes les civilisations, dans le bouddhisme, le confucianisme, l’hindouisme, l’islam. 

Ce qu’il faut, c’est appliquer le principe. On pourrait se demander au nom de quoi, à notre époque «moderne», on a enlevé, torturé et assassiné des étrangers, mis en fuite des habitants innocents…

 

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Jésus-Christ est clair : Si ton frère a péché, va lui parler, toujours au nom de cette mission, de tout baptisé, d’être un guetteur attentif contre toute incursion du mal. 

C’est là aimer son prochain comme soi-même : le protéger contre le mal comme on se protège soi-même du mal, de la contagion.

Jésus recommande la persévérance et la ténacité : prends avec toi une ou deux personnes ; et finalement : dis-le à la communauté. On peut voir là le devoir qu’a l’Eglise de réunir des conciles pour examiner, reprocher, condamner, toute proposition erronée.

Mais ici encore, si Jésus dit de considérer ce frère comme un païen et un publicain, cela ne signifiera jamais de condamner froidement et sans recours possible du pécheur. La porte n’est jamais fermée à la conversion, au contraire. Il faut que le pécheur ait la possibilité de se repentir, et de trouver une porte ouverte, une main tendue.

Le Christ en a donné l’exemple. A l’adultère repentie, il a répondu : Moi non plus, je ne te condamne pas (Jn 8:11). A saint Pierre qui lui demandait combien de fois il devait pardonner, il répondit : Jusqu’à soixante-dix-sept fois sept fois (Mt 18:22).

Lier et délier sont les prérogatives que le Christ venait de confier à Pierre ; nous les avons lues il y a deux dimanches. Si le Christ répète cela deux chapitres plus loin, c’est qu’il s’adresse maintenant aux autres Apôtres, c’est-à-dire à leurs successeurs, les évêques, qui auront le pouvoir d’exclure, d’excommunier, mais aussi de réconcilier les pécheurs.

Et n’oublions pas cette dernière recommandation du Maître : la prière. Prions pour la conversion des pécheurs. Et ouvrons notre cœur au pardon. 

La charité de l’Eglise serait en effet incomplète si le pouvoir de lier et de délier s’arrêtait à une pure mesure disciplinaire. Pour être charitable, pour aimer le Prochain «comme soi-même», il faut vraiment souhaiter sa conversion, et en même temps nous disposer à lui pardonner du plus profondément de notre cœur.

Ceci est difficile, c’est vrai, mais pas impossible. L’assassin de sainte Marietta Goretti demanda à la mère de celle-ci : Me pardonnez-vous ? Et cette chrétienne héroïque, oubliant sa souffrance, de lui répondre : Elle vous a pardonné en mourant, pourquoi ne vous pardonnerais-je pas ? Le lendemain, c’était Noël, ils communiaient l’un à côté de l’autre.

C’est pourquoi le Christ prolonge son enseignement par l’exhortation à prier, deux ou trois réunis en (mon) Nom. En son nom signifie agir comme Il a agi avant nous, en pardonnant complètement : Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font (Lc 23:34).

 

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Pour synthétiser notre méditation, reprenons quelques mots de la Prière. Nous y demandons à notre Père commun de nous accorder la vraie liberté, c’est-à-dire de pardonner nos péchés à nous et à tous les hommes.

Et prions bien ensemble, d’un seul cœur, la Prière du Seigneur : 

Pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi pardonnons à ceux qui nous ont offensés.

Ce n’est pas par hasard que cette prière précède immédiatement la Communion. Il n’y a pas d’amour sans pardon.

 

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année A

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