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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 23:00

Jean de la Lande

1620-1646

 

De ce Jean, on ne connaît pas beaucoup de détails biographiques.

Il naquit vers 1620 à Dieppe (Seine-Maritime), comme le père Antoine Daniel (1601-1648, voir au 4 juillet).

On le décrit comme intelligent et courageux. Charpentier de son état, il se trouva au Québec dès 1636 comme donné parmi les Jésuites missionnaires.

Après s’être engagé comme donné, il avait demandé à être admis au rang des Frères coadjuteurs de la Compagnie.

Le père Jogues, de son côté, avait demandé aux Supérieurs, pour l’accompagner parmi les Iroquois, quelqu’un de vertueux, docile, courageux, et qui voulût endurer quelque chose pour l’amour de Dieu.

Jean s’offrit. Il savait à quoi s’en tenir sur les difficultés de sa mission. Il n’avait qu’à regarder les mains du père Jogues pour avoir une preuve des dangers du voyage. Mais la grâce l’avait investi. Il était décidé. Au fond, il était candidat au martyre.

Les Relations des missionnaires rapportent en 1647 que prévoyant les dangers où il s’engageait dans un si périlleux voyage, il protesta que le désir de servir Dieu le portait en ce pays où il s’attendait bien de rencontrer la mort.

Le voyage commença le 24 septembre 1646. Avant de partir, le père Jogues célébra la Sainte Messe et Jean communia. Ce serait leur dernière Eucharistie. On partit en pirogues sur le Saint-Laurent.

Vers le 7 octobre, ils arrivèrent aux rapides et durent porter sur la tête leur pirogue et leurs bagages. Puis, malgré la fatigue et la faim, ils traversèrent la région accidentée qui les séparait d’Ossernenon, le but de leur voyage.

Soudain, devant eux, surgit une file de Peaux-Rouges. Le Père les appela, les salua. Ils s’enfuirent. Ils se nomma : il était Ondessonk, leur ami. Alors, surgissant de partout, les Mohawks couverts de la peinture de guerre, l’horrible peinture rouge, armés jusqu’aux dents de mousquets, de couteaux, de haches et de casse-tête, entourèrent Isaac Jogues, Jean de La Lande et leur compagnon, en hurlant, dansant autour d’eux avec de cruelles menaces.

Ils se jetèrent sur le prêtre et sur Jean, les firent tomber,, les frappèrent, les piétinèrent, leur arrachèrent leurs vêtements.

Les Iroquois, refusant la paix précédemment conclue, avaient déterré la hache de la guerre. En réalité, ils venaient d’être victimes d’une nouvelle épidémie, et les responsables en étaient évidemment les Robes-Noires. A cela s’ajouta une sécheresse durant le mois de septembre. Les uns étaient pour la guerre, d’autres non. Ils emmenèrent le Père et Jean à Ossernenon. Mais les Iroquois n’étaient pas unanimes non plus sur le sort à leur donner.

Au soir du 17 octobre, les captifs furent amenés à l’intérieur du village. Au terme du grand conseil, des guerriers d’un des deux clans vinrent menacer leurs victimes, les palpant, promenant sur eux leurs armes, leur disant : Vous mourrez demain, nous vous trancherons la tête, nous la planterons au bout d’un pieu. Ceux de deux autres clans, au contraire, cherchaient à les protéger et à les rassurer.

Au matin du 18, on parvint à un accord provisoire : les prisonniers étaient considérés comme otages publics. On leur rendit une partie de leurs vêtements. Il fallait attendre la sentence des anciens. Le père Jogues profita de ce répit pour rappeler aux chefs ses intentions pacifiques, son amitié et la bonté de Dieu.

L’après-midi, les clans s’affrontaient encore en discussions interminables ; certains voulaient la guerre, mais en préservant le père Isaac ; d’autres voulaient l’immoler immédiatement au dieu Areskoni.

Jogues et de La Lande se préparaient à la mort, calmement. Au soir du 18, un guerrier vint inviter le père Isaac à diner dans sa case. Après réflexion, le Père jugea meilleur d’honorer cette invitation. Mais à peine entré dans la case, il reçut deux coups de tamahawk et s’écroula.

Le jeune Jean connaissait encore mal les Iroquois ; il pensait pouvoir retrouver le cadavre du Père durant la nuit et l’ensevelir dignement. Quand tout le campement semblait endormi, peut-être après minuit, il sortit. Il ne pouvait évidemment ni voir ni entendre ceux qui le guettaient dans l’ombre; immobiles comme des statues. Il n’avait pas avancé de deux pas qu’il tombait, le crâne fracassé. Quelques instants plus tard, sa tête scalpée rejoignait celle d’Ondessonk. 

Ce 19 octobre 1646, il n’avait pas vingt-cinq ans. 

Au matin du 19, arriva l’ordre du Conseil suprême : il fallait libérer les captifs et les renvoyer à la ville d’Onontio. Trop tard.

Ce n’est qu’en juin 1647 que la nouvelle arriva officiellement aux oreilles des Supérieurs. Tous les détails ci-dessus furent racontés par un témoin iroquois qui, converti, voulut se joindre aux Français. Il fut même envoyé en France, où il reçut le baptême peu avant de mourir à Paris.

Jean de La Lande fut béatifié avec les autres Martyrs du Canada en 1925, puis canonisé en 1930.

Leur fête commune est au 19 octobre, jour où ils sont commémorés ensemble au Martyrologe.

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