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28e dimanche per annum

 

Peu à peu, nous nous acheminons vers le terme de l’année liturgique, et les lectures nous orientent dans la perspective du Royaume éternel, de notre rencontre avec le Christ dans l’éternité.

 

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Le festin qu’annonce le prophète Isaïe, nous fait regarder vers la montagne de Dieu. Cette montagne pourrait bien être Sion, la montagne de Jérusalem, mais il est certainement question ici de la Jérusalem céleste.

En réalité, Dieu n’est pas plus particulièrement présent sur une montagne que dans une vallée. Dans la bouche du prophète, cette montagne veut exprimer la grandeur de Dieu, la différence sublime qu’il y a entre notre terre et le Royaume éternel.

On pourra légitimement se demander de quelles viandes grasses ou succulentes parle le Prophète, au nom de Dieu ; et de quels vins capiteux ou décantés. Avec ses mots humains, Isaïe veut décrire le Banquet éternel, où nous ne manquerons jamais de rien, où nous aurons tout bien en abondance sans fatigue, parce que nous jouirons de la présence totale et éternelle de Dieu.

Dans le Royaume éternel, nous n’aurons plus besoin de manger et de boire comme nous devons le faire maintenant pour soutenir notre corps. Le corps glorieux que nous aurons se nourrira de la Vie de Dieu, de la Divinité, et nous serons perpétuellement rassasiés.

Ainsi, Dieu mettra définitivement un terme à notre tristesse, au deuil de la terre ; il retirera le linceul de la mort : non seulement le Prophète annonce ici la résurrection du Christ, mais il explique que cette résurrection touchera tous les peuples, toutes les nations, car tous les hommes sont appelés au Festin éternel.

Cette promesse est sûre : Il l’a promis, précise aussi la parole du Prophète. Et Dieu tient ses promesses.

 

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Rien d’étonnant que ce soit le psaume 22 qui prolonge la prophétie d’Isaïe. Le roi David y chante toute sa confiance en Celui qui le protège, qui le conduit, qui le nourrit.

En des termes bucoliques, le roi-prophète exprime à sa façon le même bonheur qu’Isaïe décrivait plus haut (et trois siècles avant lui) : Je ne manque de rien, dit-il, car avec Dieu on a tout bien en abondance.

Les prés d’herbe fraîche nous rappellent qu’après le péché d’Adam, Dieu lui avait dit : A la sueur de ton viage tu mangeras ton pain (Gn 3:19). Après la résurrection, il n’y aura plus de fatigue, plus de sueur. 

Les eaux tranquilles s’opposent désormais à la tempête de la mer, aux éléments déchaînés, aux bouleversements atmosphériques, aux cataclysmes que l’homme terrestre subit.

Le juste chemin est la doctrine sûre du Christ qui est la voie, la vérité et la vie (Jn 14:6). Le bâton qui me guide n’est pas un bâton de discipline, mais la houlette rassurante du berger qui rattrape à temps sa brebis parfois indocile. C’est le bâton pastoral (ou crosse) des évêques.

Les ravins de la mort peuvent s’entendre à plusieurs niveaux : il peut s’agir de mes tentations, de mes chutes, dont me tirera le Seigneur avec sa houlette et qu’il me pardonnera ; il peut s’agir aussi de la mort physique, qui est toujours une occasion d’angoisse au moment où l’on doit quitter ce monde pour l’éternité. Mais avec le Bon Pasteur, comme dit Thérèse de Lisieux, je ne meurs pas, j’entre dans la Vie.

Le psalmiste poursuit son chant avec la perspective de l’Eucharistie et/ou du Festin céleste, de son abondance (ma coupe est débordante). Le parfum sur ma tête est un signe de fête, bien sûr, mais bien certainement aussi l’allusion à l’onction du Chrême, reçue au baptême, qui nous fait participer du Sacerdoce éternel du Christ.

Enfin, le psaume s’achève sur cette note d’éternité, dans laquelle tous les jours de ma vie je serai comblé de la Vie divine. Bien évidemment, il s’agit de la Vie éternelle, puisque durant cette vie terrestre, il n’est pas possible d’habiter la maison du Seigneur pour la durée de mes jours.

 

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Saint Paul, aux Chrétiens de Philippes, parle d’une autre abondance, en les remerciant d’avoir pourvu à ses nécessités temporelles. 

Les Philippiens en effet avaient organisé une collecte pour venir en aide à Paul. L’Apôtre ne leur avait rien demandé, sachant mettre les nécessités matérielles au second plan, et sachant rester toujours content de vivre de peu (ou) d’avoir tout ce qu’il faut.

En cela il applique le conseil de Jésus dans l’évangile : Ne vous inquiétez pas de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez… Ce sont là toutes choses dont les païens sont en quête (Mt 6:25,32 et Lc 12:22sq).

Il faut s’efforcer d’être content avec ce qu’on a reçu. Jean-Baptiste déjà recommandait aux soldats : Contentez-vous de votre solde (Lc 3:14). 

Ne pas se plaindre, ne pas gémir, comme c’est difficile. Mais aussi, à quoi bon ? Le psaume nous l’a dit tout-à-l’heure : Je ne crains aucun mal.

 

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L’évangile maintenant nous reconduit à une table de noces. Encore une fois, non pas à une table humaine, terrestre, mais dans le Royaume des cieux, quand l’Eglise sera définitivement unie à l’Epoux céleste.

Les serviteurs qui furent mis à mort sont sans doute les Prophètes, puis les Apôtres. Les bœufs et les bêtes grasses égorgés, explique à son tour saint Hilaire, sont tous les Martyrs, qui ont versé leur sang pour le Christ, en vue du Royaume éternel.

Ensuite, la ville qui fut détruite, pourrait bien être Jérusalem, selon les commentaires de Jean Chrysostome et de Jérôme. On rappellera ici que l’empereur Julien l’Apostat, voulant faire mentir les prophéties, tenta de faire reconstruire le temple de Jérusalem et, pour en faire les fondations, devait faire retirer les anciennes. Durant ce travail, dit l’historien Ammien Marcellin - un témoin sans doute oculaire -, des tourbillons de flammes sortirent des fondations anciennes et brûlèrent les ouvriers, dont certains moururent.

Jérusalem resta donc déserte et abandonnée, tandis que Rome devenait la capitale de la Chrétienté, les nouveaux invités de notre parabole.

Que certains invités se soient d’eux-mêmes exclus de l’invitation, est certes, triste à nos yeux, mais l’on comprend assez facilement que le maître de maison ne les ait pas forcés à venir. Mais qu’un malheureux ramassé par-là sans qu’il soit prévenu, soit exclu, peut nous poser problème, d’autant plus que, ajoute Jésus, les serviteurs ont fait venir les mauvais comme les bons. 

Comment donc, les mauvais ? Sans doute les hommes de bonne volonté mais qui n’ont pas reçu l’annonce de la Vérité, ou qui n’auront pas reçu la grâce du baptême, faute de préparation ou de ministre, dans des régions éloignées et privées de prêtres. Mais leur intention droite accueille volontiers l’appel de Dieu.

Mais ce pauvre homme qu’on a trouvé au coin de la rue, qui se voit reprocher de ne pas avoir le vêtement de noce ? Plusieurs Pères (Chrysostome, Jérôme, Hilaire, Grégoire) commentent que ce dernier avait sans doute la foi, mais pas les œuvres ; qu’il lui manquait la charité, l’amour vrai du Prochain. Cela, les serviteurs ne pouvaient pas le savoir, mais le Maître de maison, qui sonde les reins et les cœurs (Ps 7:10), le sait et ne peut laisser entrer dans le Ciel l’imperfection et le manque de charité.

Cet invité est unique. Plus bas, Jésus dit bien que la multitude est appelée, et peu sont élus, mais cet unique réprouvé symbolise l’ensemble de ceux qui ne pourront entrer dans le Royaume, et nous sommes avertis par là que pas même un seul ne pourra entrer, s’il n’est pas vêtu de bonnes œuvres.

On pourra ajouter que, contrairement aux autres, cet invité n’a pas eu en lui les mêmes sentiments de reconnaissance ; tandis que tous se réjouissent d’être appelés, lui ne veut pas s’unir à eux, se croyant par orgueil supérieur à eux. 

Mais il se tait : une fois que nous aurons quitté cette vie, nous ne pourrons rien y ajouter, nous ne pourrons pas discuter avec Dieu et obtenir injustement miséricorde. N’ayant pas fait honneur à l’Amitié de Dieu (voyez que le Maître l’appelle encore Ami, comme lorsque le Christ parla à Judas au Jardin des Oliviers, cf. Mt 26:50), il ne pourra participer à la Joie éternelle.

Lui lier les pieds et les poings montre comment cette exclusion est, malheureusement, totale et définitive. Ne nous apitoyons pas sur ce sort pénible, mais retenons l’avertissement de la parabole, pour nous munir de nombreuses bonnes œuvres qui, comme l’huile des lampes des vierges sages, entretiendront en nous la flamme de la Vie.

 

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Durant notre journée, notre semaine, toute notre vie, nous avons mille occasions de nous «vêtir» de bonnes œuvres, de gestes d’amour vrai, au nom de la vertu divine de Charité. 

Parfois, notre regard ne voit pas, parce que notre cœur n’est pas toujours ouvert. C’est pourquoi, avec la grâce du Seigneur, comme le répète la Prière, nous pourrons être plus attentifs à faire le bien, sans relâche.

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année A

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