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30e dimanche per annum

 

S’il nous arrive de trouver notre quotidien ennuyeux ou long, élevons l’esprit et chantons l’antienne d’ouverture d’aujourd’hui : Soyez dans la joie, vous qui cherchez Dieu… sans vous lasser, cherchez son visage.

Mais comment chercher le visage de Dieu, qui est invisible ?

 

*       *       *

Une première réponse va nous venir de la lecture de l’Exode : Dieu lui-même commande à son peuple d’avoir du respect envers l’immigré, envers la veuve et l’orphelin ; de ne pas pratiquer l’usure, de savoir prêter sans exiger d’intérêts. 

Serons-nous tentés de penser que ceci valait seulement pour cette époque-là et n’est plus praticable de nos jours ?

Certainement pas, sinon saint Paul n’aurait pas écrit à Timothée que toute Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, réformer, redresser, former à la justice (2Tm 2:16).

Si le Christ avait voulu «mettre à jour» ce passage de l’Exode, il l’aurait fait ; mais nous allons voir tout-à-l’heure que, justement, il en a rappelé l’enseignement.

L’amour que nous avons pour le Prochain, c’est celui que nous avons pour Dieu.

 

*       *       *

Dans le psaume 17 qui suit, le psalmiste David réaffirme cet amour pour Dieu, en attribuant à Dieu des épithètes qu’il sera bon de ne pas lire trop vite.

L’origine de ce psaume, comme l’écrit David lui-même en exergue, est une action de grâces pour la victoire que Dieu lui a accordée contre Saül.

Des versets 5-6 du psaume (qui ne sont pas repris aujourd’hui), on pourrait penser que David s’était projeté dans le Messie attendu, parlant des flots de la mort et annonçant la résurrection. Plus loin, Dieu est la lampe qui éclaire les ténèbres, et le psaume s’achève, justement, sur cette victoire du messie, de David et (de) sa descendance à jamais.

Le plus important de ces termes est incontestablement celui de Roc, qui est repris plus bas avec le Rocher. Ce roc, c’est la Pierre sur laquelle Jésus a construit l’Eglise, la foi de Pierre qui a mis toute sa confiance en Jésus-Christ.

Appartenir à l’Eglise fondée par Jésus-Christ, c’est habiter dans la forteresse dont parle le même verset du Psaume. Etre dans l’Eglise, c’est être sous la protection du Bouclier de Dieu, notre Libérateur, celui qui nous rend vraiment libres dans la Vie divine, parce qu’il nous arrache du Mal.

Qu’on ne s’imagine pas que cette protection à l’ombre de l’Eglise soit une immunité contre toute souffrance ; c’est un gage de Vérité : nous savons que Dieu ne peut «ni se tromper ni nous tromper», pour reprendre les mots de notre Acte de Foi.

 

*       *       *

Les Chrétiens de Thessalonique ont eu cette foi. Ils ont accueilli la Parole, et au milieu de bien des épreuves, ils ont tenu bon, ils ont reçu Paul avec empressement, avec la joie de l’Esprit-Saint.

Posons-nous la question : Saint Paul serait-il aussi satisfait de nous, de moi ? 

 

*       *       *

Telle ne fut pas l’attitude des sadducéens et des pharisiens. On a vu dimanche dernier comment Jésus a fermé la bouche aux pharisiens et aux hérodiens. Dans le chapitre 22, vient ensuite une autre discussion, avec les sadducéens cette fois-ci, qui présentent à Jésus un «cas théologique» invraisemblable.

Une veuve qui aurait successivement épousé sept frères, tous morts, de qui sera-t-elle l’épouse dans l’autre monde ? L’épisode n’est pas lu à la Messe. Jésus répond et laisse les interlocuteurs sans argument.

C’est pourquoi l’extrait d’aujourd’hui commence par appremant que Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens. Les pharisiens, obstinés, reviennent à la charge ; comme s’ils ne le savaient pas, ils demandent Quel est Le grand commandement ? En quoi consiste donc cette mise à l’épreuve ?

Les Pharisiens, qui ont pourtant déjà souvent entendu Jésus parler des Ecritures, veulent voir si Jésus les connaît vraiment bien ; quel commandement préfère-t-il parmi les six-cent-treize commandements reçus par Moïse ? Eux-mêmes discutent traditionnellement sur ces commandements : lesquels, lequel suivre en priorité ?

La réponse du Christ est la référence au solennel Chema’ Yisrā’ēl, la prière que tout Juif doit savoir dès l’enfance pour la répéter chaque matin et chaque soir. Elle se trouve dans le Deutéronome (Dt 6:4-9) ; nous l’avons au bréviaire le samedi soir.

Ainsi, le Christ rappelle que l’amour de Dieu doit passer même avant le Décalogue, que Dieu a remis à Moïse sur le Sinaï. C’est aussi ce que saint Paul rappellera aux Corinthiens, quand il leur dit : Quand j’aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j’aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter les montagnes, si je n’ai pas la charité, je ne suis rien…

Tout acte, même héroïque, est vide s’il n’est pas accompagné d’une intention droite. Je peux me prosterner dans une attitude d’adoration, mais si je n’aime pas vraiment le Bon Dieu, mon geste est faux ; je peux très bien ne jamais tuer personne, et ainsi obéir apparemment au cinquième Commandement, mais si j’ai dans mon cœur le moindre sentiment de rancune ou de haine, je reste un homicide (cf. Mt 5:21sq).

En répondant aux Pharisiens, Jésus les invite ainsi à exclure tout ce qu’on appelle justement aujourd’hui le pharisaïsme.

 

*       *       *

La réponse à la question du début est donc simple, tout en étant un programme complet : en aimant le prochain vraiment, j’aime Dieu vraiment, et ainsi j’accomplis la Loi.

Pour ne pas être seulement une façade, notre religion doit venir du fond de notre cœur, et transformer tout notre être. 

C’est dans ce sens que nous sommes invités, dans la Prière, à demander à Dieu, d’abord, d’augmenter en nous la foi, l’espérance et la charité, et ensuite d’aimer ce qu’Il commande.

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Published by samuelephrem - dans Homélies A

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