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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 00:00

3e dimanche per annum - B

 

 

On peut dire que le thème central de ce troisième dimanche “ordinaire” de l’année B est l’appel à la conversion : c’est le troisième des Mystères Lumineux que Jean-Paul II a institués dans sa Lettre Apostolique Rosarium Virginis Mariæ (ch.2, n.21) : l’annonce du Royaume et l’invitation à la conversion.

La lecture du prophète Jonas est un cas saisissant de conversion. L’épisode se situerait vers le 4e siècle avant notre ère ; Ninive est une grande ville païenne, dont les habitants ont l’humilité d’écouter l’avertissement du prophète : ils font pénitence, ils se convertissent du plus grand au plus petit

Quels changements dans leur vie quotidienne ! S’il fallait trois jours pour la traverser, cette ville pouvait s’étendre sur des dizaines de kilomètres et être peuplée, même à l’époque, de centaines de milliers d’habitants. Imaginons le spectacle de cette foule faisant pénitence, priant, chantant, changeant radicalement de vie, d’une façon aussi unanime ! 

Pendant quelque temps au moins, ce fut certainement, avant la lettre, une communauté comme celle des premiers chrétiens à Jérusalem : Tous ceux qui croyaient étaient dans le même lieu, et ils avaient tout en commun. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun. Ils étaient chaque jour tous ensemble assidus au temple, ils rompaient le pain dans les maisons, et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur, louant Dieu, et trouvant grâce auprès de tout le peuple” (Ac 2:44-47).

 

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Dans le psaume 24, David exprime un cri de confiance en la miséricorde de Dieu. Au nom de tous les pécheurs (de nous aussi), il exprime son désir de conversion : Oublie les révoltes , les péchés de ma jeunesse.

Il ne s’agit pas ici  de «la» chute de David, qu’il évoquera dans la psaume 50, là aussi plein de repentir. Mais le roi David a cette humilité de se reconnaître imparfait, de se rendre compte que son passé n’est pas exempt de fautes qui déplaisent à Dieu.

Un peu plus loin, il dit encore plus clairement (le passage n’est pas repris aujourd’hui) : À cause de ton nom, Seigneur, pardonne mon péché, car il est grand.

Ce qu’il est important de relever de notre texte, est le dernier verset : Il enseigne aux humbles son chemin. Pour entendre et comprendre l’appel de Dieu, il faut avoir l’humilité de se reconnaître imparfait, comme le roi David, comme les Ninivites du texte précédent.

 

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Avant l’évangile, nous lisons une nouvelle péricope de saint Paul aux Corinthiens, qui fait suite à celle de dimanche dernier, où l’Apôtre nous rappelait l’importance d’honorer notre corps par une vie ordonnée.

Développant sa pensée, Paul s’étend davantage sur le mariage et la virginité. On avait dû lui poser des questions, car le chapitre commence par ce verset : J’en viens à ce que vous m’avez écrit.

Les conseils qu’il donne dans tout ce chapitre sont pleins de sagesse, de mesure, et très clairs. Lisons-les ensemble, cherchons à nous en inspirer.

Il est plus mystérieux de comprendre la pensée de l’Apôtre, quand il dit aux hommes mariés, aux tristes, aux joyeux de vivre comme s’ils ne l’étaient pas. 

L’Apôtre Paul prêche ici le détachement, et nous exhorte à ne pas nous attacher à tout ce qui passe si vite dans notre existence. Le mariage, la joie, la tristesse, les biens, tout cela est pour un temps ; tout en faisant notre devoir en ce moment, gardons le regard sur l’Eternité.

Il y a un détachement plus total, pour les personnes qui désirent se consacrer à Dieu et vivre dès ici-bas en vue du Royaume des Cieux (cf. Mt 19:12).    

Contrairement à ce qu’on dit souvent aujourd’hui, le bonheur n’est pas forcément dans une liaison matrimoniale, quand on n’y est pas appelé. Même ceux qui y sont appelés connaissent des moments de grandes difficultés, certainement pas enviables. 

Dans le mariage, deux époux cherchent, ensemble, à se sanctifier et à donner la vie à des enfants ; il est impératif que chacun examine s’il est vraiment appelé à cet état, et s’il n’est pas plutôt appelé à un autre état, dans la consécration de sa personne, pour être plus totalement au service de Dieu et de l’Eglise, pour prêcher la Vérité ou pour venir en aide à ceux qui sont dans le besoin.

Le célibat n’est pas une privation, ni une loi arbitraire. Les prêtres de l’Ancien Testament qui devaient officier à tour de rôle au Temple, devaient s’abstenir de tout commerce conjugal pendant cette période ; Jésus-Christ est resté célibataire et tous les Apôtres à sa suite l’ont imité, même s’ils étaient mariés précédemment. Dans toute l’histoire de l’Eglise, des hommes mariés appelés au sacerdoce ou à l’épiscopat ont mis un terme à leur union conjugale, d’un commun accord avec leur épouse, qui s’est aussi consacrée. Un cas célèbre est celui de saint Hilaire.

Saint Paul aime le célibat ; il le recommande, sans l’imposer (1Co 7:8-9, 28).

Les “trois vœux” de religion, en particulier celui du célibat sacerdotal, ne sont pas une invention tardive de l’Eglise, comme on le répète stupidement à tue-tête aujourd’hui. Un concile du 4e siècle dit expressément qu’ “il convient que les saints évêques et les prêtres de Dieu, ainsi que les lévites, observent une continence parfaite… ; ce qu’enseignèrent les apôtres, et ce que l’antiquité elle-même a observé, faisons en sorte, nous aussi, de le garder” (Concile de Carthage en 390, dans “Origines Apostoliques du Célibat Sacerdotal”, par C.Cochini, Lethielleux, 1981, pp.25 et suiv.).

 

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Comme Jonas durant sa mission à Ninive, Jésus invite à la conversion ; et commence tout de suite à appeler : Simon et André, Jacques et Jean. L’évangile de dimanche dernier relatait la rencontre de Jésus et André, qui Lui amène Pierre ; c’était près de Jérusalem, à Béthanie, où Jean-Baptiste baptisait.

Aujourd’hui, en saint Marc, Jésus est en Galilée. André et Simon travaillent à leurs filets, ainsi que Jacques et Jean. Il s’est passé un certain temps depuis l’épisode précédent, et les futurs apôtres étaient retournés à leur travail. Quand Jésus les appelle, cette fois-ci, c’est “pour de bon” : invités à Le suivre, ils laissent tout, travail et famille, et suivent désormais Jésus-Christ qui va les préparer à leur mission apostolique, au sacerdoce.

Ne pensons pas que ces apôtres aient simplement abandonné leur famille et leur travail ; ils ont mis à profit le temps qui est passé entre la première rencontre et cet appel de Jésus, pour expliquer à tous leur conviction et prendre les dispositions nécessaires. Désormais, ils suivraient Jésus dans l’obéissance, dans la pauvreté et dans la chasteté. 

L’être qui s’attache à Dieu comprend vite que ce qu’il possède ne lui apporte jamais un bonheur définitif : il faut s’en servir pour la nécessité de la vie, mais pas s’y attacher. Etre pauvre ne signifie pas ne rien avoir, mais savoir posséder avec esprit de détachement. Etre obéissant ne signifie pas être esclave d’un autre humain, mais savoir reconnaître qu’un autre peut être plus expérimenté et avoir raison d’imposer un ordre. Etre chaste ne signifie pas qu’il faille renoncer à fonder une famille, mais vraiment la fonder selon la loi de Dieu, si l’on y est appelé, ou alors à s’en abstenir, mais toujours pour la gloire de Dieu et pas par égoïsme.

Jésus appelle, les premiers apôtres répondent “oui”. Chacun est appelé par Jésus, chacun de nous a une “mission”. Où qu’il soit, le chrétien doit se montrer fidèle à l’Evangile de Jésus-Christ, chacun selon cette mission : l’un pourra être prêtre, l’autre religieux ou cloîtré(e), tel sera professeur, tel autre banquier, ou plombier, ou technicien de surface. Dans chaque situation, il y a la place pour un témoignage d’authenticité chrétienne. A la base, la démarche fondamentale du chrétien est un mouvement de conversion authentique, d’adhésion à Dieu sans partage.

Cette école spirituelle est une ascèse difficile vers la sainteté. Nous sommes tous appelés à la sainteté. Cette ascension vers la Perfection est exigeante, et a besoin de la grâce de Dieu. 

Faisons bien nôtre la Prière du jour en demandant que notre vie soit dirigée selon (Son) amour, ou celle de conclusion qui évoque la grâce d’une nouvelle vie, que nous venons de recevoir dans l’Eucharistie.

Ne nous décourageons jamais devant nos chutes. Dans son infinie miséricorde, Dieu ne regarde pas ces chutes : comme pour les Ninivites, Il récompense largement tous les efforts que nous faisons pour nous acheminer vers Lui.

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