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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 00:00

Jean de Brébeuf

1593-1649

 

Jean naquit le jour de l’Annonciation, 25 mars 1593, ou peut-être la veille (ou aussi le 14 mars) et peut-être aussi en 1592.

Le lieu de sa naissance pouvait être La Boissée (Condé-sur-Vire, Manche), dans le château de ses parents (Gilles II de Brébeuf et Marie Le Dragon). Mais sa mère se trouvait à Bayeux (Calvados) quand sonna le moment de l’accouchement, et Jean naquit dans le faubourg Saint-Jean de cette ville. On affirme que des ancêtres de la famille étaient compagnons d’armes de Guillaume le Conquérant et du roi saint Louis.

Jean entra dans l’Ordre des Jésuites en 1617. Entre 1619 et 1621, il enseigna au collège de Rouen. Des ennuis de santé (tuberculose) retardèrent sa formation théologique. S’il n’avait pas de résultats excellents dans ses études, il montrait des dons particuliers pour les langues.

Il fut ordonné prêtre à Pontoise en 1622, et fut économe à Rouen.

En 1625, il partit pour la Nouvelle-France (le Canada). Le capitaine de vaisseau, un protestant, le menaça de le ramener en France ; dès 1626, il partit en canoë chez les Hurons en assimilant leurs habitudes, vivant en teepi, apprenant leur langage.

En 1629, le Canada fut restitué à l’Angleterre, puis revint à la France en 1633 ; durant ces années-là, Jean vécut en France : le père Jean fut curé à Rouen, où il prononça ses vœux solennels.

De 1631 à 1633, il travailla au collège d’Eu, comme économe, ministre et confesseur.

De retour au Canada, il n’y retrouva pas tout de suite la bienveillance des Amérindiens ; il mit une année à retrouver l’endroit de son ancienne mission. Des épidémies, causées par des maladies apportées par les Européens, firent beaucoup de victimes et provoquèrent la méfiance des Hurons envers les Européens. Mais le père de Brébeuf réussit à conquérir leur amitié en vivant avec eux, parlant désormais couramment leur langue, et pouvant l’enseigner aux autres missionnaires. Il reçut le nom huron de Echon. Il s’installa à Ihonatiria.

La contribution du père de Brébeuf pour la compréhension du langage des Hurons fut déterminante ; il composa un dictionnaire huron-français et traduisit en huron le catéchisme. On lui attribue aussi la plus vieille chanson de Noël connue au Canada (Huron Carol).

Il travailla beaucoup à trouver des éléments communs entre leur culture et le christianisme, pour les aider à se convertir. Lors d’une nouvelle épidémie, les Hurons purent se rendre compte que leur missionnaire n’était pas atteint et crurent davantage en son enseignement. Mais ce n’est qu’en 1635 qu’il put en baptiser quelques-uns. D’après les descriptions qu’il fit de certains de leurs rites, on fit des recherches récentes, qui confirmèrent ses lignes.

En 1637, il y eut un nouveau soulèvemenet de la population huronne à cause d’une épidémie. Les menaces fusèrent, mais les Pères purent continuer leur travail. Il fonda une nouvelle mission à Téanaostaié et s’y installa.

En 1638, il fut nommé supérieur de la mission Saint-Joseph ; en 1640, il tenta l’évangélisation des Neutres (nord du lac Erié), mais sans succès apparent, sinon qu’il se cassa la clavicule et dut être soigné à Québec, où il fut le confesseur de communautés religieuses et l’aumônier des colons français. 

Quand il put rejoindre la mission en 1644, les Hurons et les Iroquois continuaient de se livrer une guerre féroce ; venus en mars 1649 détruire complètement le village de Saint-Louis où se trouvait la mission jésuite, les Iroquois s’emparèrent des deux prêtres, Jean de Brébeuf et Gabriel Lalemant.

Les prêtres auraient pu prendre la fuite, mais préférèrent rester au milieu de leurs fidèles. On les traîna jusqu’au village de Taenhatenteron, où ils furent accueillis par une pluie de pierres, battus et liés à un poteau de torture. Le supplice du père de Brébeuf eut lieu le 16 mars 1649, celui du père Lalemant le lendemain.

Concernant le père de Brébeuf, il reçut deux cents coups de bâton ; on lui versa de l’eau bouillante sur la tête, en parodie du baptême, on lui écorcha le cuir chevelu, on lui accrocha au cou un collier de tomahawks incandescents, on lui appliqua sur tout le corps une couverture d’écorce pleine de poix et de résine incandescantes, on lui enfila un fer rouge dans la gorge, ses membres étaient décharnés jusqu’aux os ; on lui coupa les lèvres parce qu’il ne cessait de parler de Dieu ; toutes tortures qu’il supporta sans un mot. Puis on alluma un brasier sous lui, on lacéra son corps de coups de couteaux ; on lui retira le cœur, qui fut dévoré par les bourreaux.

Jean de Brébeuf serait apparu à une religieuse mystique de Québec, Catherine de Saint-Augustin, qui guérit un malade en lui faisant boire une potion où elle avait auparavant introduit une relique du Martyr ; elle aurait de la même façon obtenu la guérison - corps et âme - de soldats protestants, qui ainsi se convertirent.

Le père Jean de Brébeuf est commémoré au Martyrologe le 16 mars ; sa fête liturgique, avec celle de ses Compagnons martyrs, est au 19 octobre.

Il fut béatifié en 1925, canonisé en 1930, proclamé co-patron du Canada en 1940.

 

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