Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 00:00

Tommaso Riccardi

1844-1915

 

Tommaso fut le troisième des dix enfants d’un brave épicier de Trevi (Ombrie, Italie centrale), Francesco et de Maria Stella Paoletti. Francesco fabriquait de l’huile d’olive. 

Le garçon fut au collège de Trevi dès 1853, bon élève, amateur de théâtre et de musique, et s’en vint à l’université romaine de l’Angelicum pour étudier la philosophie.

Bien qu’il eût énergiquement affirmé ne pas avoir de vocation religieuse, c’était justement là sa préoccupation : dans quelle direction aller ? Il finit par frapper à l’abbaye bénédictine de Saint-Paul-hors-les-Murs.

Il y entra en 1866, prit le nom de Placido et fit la profession en 1868.

Sa préférence allait aux ouvrages des Pères, des saint Bernard et des saint Augustin, d’Anna Katharina Emmerich. Les manuels scholastiques l’embarrassaient par leur manque de bonté pastorale, encore plus les livres de culture profane, qu’il élimina.

Sous-diacre et diacre en 1870, il demanda un délai pour achever ses examens avant de partir au service militaire, mais fut pour ce motif déclaré «déserteur» (il n’y était pour rien !) : il passa presque deux mois en prison à Florence, fut envoyé au régiment d’infanterie de Livourne et fut réformé à Pise en janvier 1871, à cause de sa mauvaise santé.

De retour dans son abbaye, il fit la profession solennelle et reçut l’ordination sacerdotale en mars 1871.

Sa première mission fut d’être surveillant à l’alumnat de l’abbaye ; mais ce pieux moine qui aimait tant le silence et la prière, et de plus affligé d’une forte myopie, était littéralement tourmenté par les gamins ; des crises de paludisme achevèrent de convaincre l’abbé de le nommer sous-maître des novices et confesseur des moniales bénédictines de Sainte-Cécile à Rome.

En 1884, l’abbé l’envoya comme vicaire abbatial à San Magno d’Amelia, pour y réformer le monastère des Bénédictines, mais aussi pour lui envoyer un novice de Rome qui se disait favorisé de grâces célestes. La réforme des moniales réussit ; quant au «mystique», don Placido le démasqua sans peine, de sorte qu’il fut ensuite nommé maître des novices en 1885.

En 1887, il fut à nouveau envoyé à Amelia, pour le grand bien des moniales, puis il fut envoyé à l’antique abbaye de Farfa (Sabine), et chargé du sanctuaire, où il put goûter la solitude et le silence qu’il préférait tant. Il eut seulement à aller confesser deux communautés franciscaines.

Il était tellement «absent» de la réalité, qu’il en oublia une année la fête de Pâques !!! Une autre année, invité à participer aux offices de la Semaine Sainte à la ville proche, il fut tellement choqué de l’indiscipline des enfants de chœur, qu’il se promit bien de n’y jamais retourner.

Pendant longtemps, dom Placido s’occupa ainsi du sanctuaire, réorganisant la vie liturgique, attirant de nombreux villageois, cherchant aussi à les aider ; il était si pauvre que les villageois refusèrent les pauvres loques qu’il leur proposa. 

Quand l’abbé de Rome eut l’idée de l’ «aider» avec la présence d’un Confrère allemand, ce dernier eut la maladresse de modifier nombre de détails de cette vie, et le sanctuaire fut littéralement déserté. Tout le patient travail de dom Placido effacé… Ses ennuis de santé reprirent.

En novembre 1912, une attaque le terrassa dans l’escalier, qu’il dégringola jusqu’en bas. Hémiplégique, il fut ramassé et immédiatement administré. On le reconduisit à Saint-Paul-hors-les-Murs.

Ses deux dernières années furent une longue agonie : alité, il ne pouvait pas même rester sur le dos, car ses jambes, toutes recroquevillées, se plièrent en arc. Celui qui l’assistait filialement fut dom Ildefonso Schuster, le futur archevêque de Milan (voir au 30 août), qui obtint du pape l’autorisation - nécessaire à l’époque - de célébrer une fois par semaine la Messe dans la cellule de dom Placido.

Dom Placido s’éteignit le 15 mars 1915 (et non le 25, comme écrit dans le Martyrologe).

Détail de ses funérailles : quand sa dépouille entra dans la basilique de Saint-Paul, les cloches sonnèrent (par erreur) la fête au lieu du glas.

Il fut proclamé bienheureux en 1954, l’année où mourut le cardinal Schuster.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 9000 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
  • Contact

Recherche

Pages

Liens