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12 mai 2015 2 12 /05 /mai /2015 23:00

André-Hubert Fournet

1752-1834

 

André-Hubert vit le jour le 6 décembre 1752 à Maillé (Poitiers, Haute-Vienne), avnat-dernier des dix enfants d’une famille assez aisée et très chrétienne.

Il fut baptisé le 7 décembre.

La parenté comptait rien moins que quatre oncles prêtres, un autre Capucin et deux tantes Filles de Notre-Dame. Peut-être fut-ce cette abondance de vocations qui suscita d’abord chez l’adolescent un certain mépris de la vie consacrée : il écrivit en effet en guise d’ex libris : Ce livre appartient à André-Hubert Fournet, bon garçon qui ne veut être ni moine, ni prêtre. C’était une boutade, habituelle chez André-Hubert qui aimait bien la plaisanterie, mais le garçon cachait dans son cœur un tout autre désir.

Sa scolarité se passa à Chauvigny, puis au collège de Châtellerault, d’où il fugua, tant il avait en horreur ses études. Bien sûr, les parents le renvoyèrent, dûment admonesté.

Tant et si bien qu’il commença la carrière ecclésiastique à Poitiers ; il fut tonsuré en 1769 et reçut déjà un petit bénéfice.

Ceci ne l’intéressait pas ; il s’engagea dans l’armée, puis acheta un remplaçant, essaya d’être secrétaire, et échoua chez un de ses oncles, curé à Haims.

Cette nouvelle vie sobre et austère amena André-Hubert à se confesser vraiment, et il entra au Séminaire de Poitiers en 1774. Là, son application fut exemplaire et il fut ordonné prêtre en 1776.

Il fut nommé vicaire de son oncle à Haims, puis en 1779 à Maillé, avec un curé assez difficile de caractère. Bientôt, André-Hubert fut nommé curé pour succéder à son oncle, en 1783.

Il fut «bon prêtre», mais restait très mondain et faisait bonne chère. Jusqu’au jour où un mendiant se présenta chez lui à midi, au moment où il attendait des convives : comme le curé «n’avait rien», le mendiant explosa en lui reprochant sa table toute fumante. Qui sait si ce mendiant n’était pas quelque apparition céleste ?

De fait, le bon curé vendit ses meubles et son argenterie, se mit aux légumes, et changea son style de prédication. Son sacristain le lui fit remarquer avec satisfaction : avant, il prêchait si bien, que personne ne comprenait ; maintenant, tout le monde comprend.

A partir de 1791, il dut céder la paroisse à un prêtre assermenté et entra dans la clandestinité. Le Vendredi saint 1792, il fut arrêté avec une dizaine d’autres, qui s’étaient réunis pour prier ensemble l’office divin. Au cours du déplacement, l’abbé Fournet évita de justesse deux coups de baïonnette ; il n’en fut que légèrement blessé. Quand les prêtres furent libérés, ils entendirent sur leur chemin quelques apostrophes du genre : A l’eau ! à laquelle quelqu’un répondit : Voulez-vous gâter l’eau de la rivière en y jetant ce petit bonhomme ?

Peu après, deux gendarmes le repérèrent à nouveau. L’abbé étendit les bras devant une de ces croix plantée sur le bord de la route ; stupéfait, l’un des deux s’écria : Il faudrait être pire que Judas, et ils disparurent.

Par prudence, autant pour lui que surtout pour sa famille, il jugea opportun de quitter la France avec d’autres Confrères et gagna l’Espagne. Il fut assigné à une petite chapellenie à Los Arcos (Navarre). Il entreprit le pèlerinage de Compostelle, mais tomba malade et dut revenir au village, sur un âne qu’on lui avait vendu sans lui dire qu’il était aveugle… Il pensa entrer chez les Carmes, mais sans succès. Finalement en 1797, il regagna la France, passant la frontière de Béhobie, et retrouva Maillé, où un travail épuisant l’attendait pour célébrer baptêmes, mariages, sépultures pour toute une population qui n’avait pas confiance en son prêtre constitutionnel.

C’est ainsi que se présenta une certaine Demoiselle Bichier des Ages (voir au 26 août), qui allait, avec lui, donner naissance aux Filles de la Croix.

Désormais, il allait réserver le peu de santé qui lui restait à soutenir cette fondation. En 1820, il laissa la paroisse de Maillé, après trente-sept ans de présence, pour s’installer à quelques kilomètres de là, à La Puye, où se trouvait la maison des Religieuses.

Chaque jour, il leur tenait une petite conférence spirituelle, dont les thèmes prépondérants étaient Jésus au Calvaire et Marie au pied de la Croix.

Il continua cependant à aider le curé et d’autres prêtres des environs. Lors du concordat de 1804, son travail se trouva encore augmenté par la suppression de certaines paroisses, ou la vacance d’autres. Il suscita beaucoup de vocations sacerdotales.

Accablé de fatigue et d’années, mais fertile aussi en miracles (entre autres il multiplia une récolte de blé), il obtint de l’évêque un coadjuteur, l’abbé Taury, curé de Chauvigny.

André-Hubert Fournet célébra une dernière fois la Messe le 27 avril 1834, et mourut le 13 mai 1834.

Béatifié en 1926, il fut canonisé en 1933.

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