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18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 23:00

Yves Helory de Kermartin

1253-1303

 

Ewan Helory vit le jour le 17 octobre 1253 au manoir de Kermartin, dans la paroisse de Minihy-Tréguier, d’un humble gentilhomme et d’une mère fort pieuse. Il eut une sœur.

Le prénom, Ewan, qu’il reçut au baptême a suscité beaucoup de commentaires et d’hypothèses. C’est un prénom à mille variantes, qu’on retrouvera sur internet ; pourquoi ce prénom ne pourrait-il pas dériver d’une forme altérée de Ioannes, comme Ivan en russe ? Le fait est que c’est à partir d’Ewan qu’on a fabriqué le nom latin Yvo, à son tour retraduit Yves en français.

Jusqu’à quatorze ans, Yves étudia avec un compatriote, Jean de Kerhoz puis, quand l’élève eut acquis la science du professeur, ils allèrent tous deux à Paris, où Yves étudiera en plus la théologie. Yves et Jean se dirigèrent ensuite à Orléans pour le droit.

Travailleur, Yves se démarqua vite de ses confrères bruyants. Il travaillait, il priait, impressionnant ses camarades par sa douceur et son innocence.

Ce fut au point qu’en 1280, il fut nommé official (c’est-à-dire juge ecclésiastique) à Rennes, alors qu’il n’avait que vingt-sept ans et n’était pas prêtre.

Avec ses modestes rentes, il hébergeait deux orphelins, se contentant de coucher sur un maigre grabat. Quand l’évêque de Tréguier l’apprit, il appela Yves pour être son official, lui faisant attribuer un bénéfice ecclésiastique, de sorte qu’Yves dut, par obéissance, accepter d’être ordonné prêtre.

L’activité juridique d’Yves est légendaire, et lui a valu d’être le céleste protecteur des avocats et des membres du barreau. Le trait dominant du saint Avocat, était avant tout de réconcilier les parties opposées, se faisant d’abord le protecteur du bon droit, même contre les puissants.

A partir de 1290, insatisfait de ses habituelles mortifications, Yves abandonna aussi ses habits soignés pour se contenter de la plus simple bure et de chaussures grossières. 

Son manoir de Kermartin devint une auberge où il accueillait chaque nuit les pauvres et les pèlerins de passage, tandis qu’il dormait à l’étage sur un peu de paille, la tête sur deux livres.

Yves fut curé de Tredrez, puis, plus proche, de Louannec, une paroisse qu’il dut faire émerger d’un niveau de grand abandon spirituel. Yves poussa l’audace jusqu’à célébrer la Messe en breton, et non en latin. Il prêcha beaucoup en divers endroits du diocèse.

Vers 1297, il renonça à sa charge d’official et, en 1298, se retira dans son manoir de Kermartin. En 1302, il voulut encore faire un pèlerinage à Saint-Renan (Quimper), dont il revint épuisé. Le 15 mai 1303, il célébra la messe pour la dernière fois. Il s’éteignit au matin du dimanche 19 mai 1303.

Bien sûr, la piété populaire le canonisa sans attendre et l’on se partagea ses reliques. Le procès de canonisation officiel s’ouvrit en 1330, la canonisation eut lieu en 1347. Voici comment commence la bulle papale de canonisation : 

Le doux créateur des astres, qui, dans sa grande clémence, illumine la succession des siècles, a daigné jeter une clarté nouvelle sur ce temps où le monde vieillissant accélère son déclin vers le dernier des soirs ; le Père des lumières, Orient de l'éternelle lumière, admirable splendeur, a fait surgir de l'extrémité de l'Occident, je veux dire de la Bretagne, une étoile matinale qui ne s'éteindra pas. L'unique soleil a fait surgir un soleil reflétant dès maintenant sa propre lumière.

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