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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 23:00

William FitzHerbert d’York

? - 1154

 

William FitzHerbert était, selon la tradition, neveu du roi Etienne, fils d’Emma et Herbert de Winchester ; ce dernier était le trésorier d’Henri I. On l’appelle aussi William de Thwayt.

Vers 1114, encore très jeune, William devint chanoine et trésorier de la cathédrale d’York, une charge qu’on attribua à l’influence de son père.

Lorsque l’archevêque d’York, Thurstan, alla trouver le pape, William l’accompagna. Le pape décida de laisser les deux archevêchés d’York et de Cantorbury indépendants l’un de l’autre (1127).

A la mort de l’archevêque Thurstan (1140), le chapitre voulut élire pour lui succéder d’abord Waltheof, gendre du roi d’Ecosse, qui fut écarté par le roi Etienne ; ils élirent alors Henri de Sully, l’abbé de Fécamp, qui refusa, et choisirent alors William (1142).

Mais il y avait un autre «candidat», Murdach, soutenu par l’archidiacre et les moines cisterciens qui, d’une part accusèrent l’élu d’avoir bénéficié de l’appui du comte d’York qui l’aurait imposé au nom du roi Etienne, et d’autre part prétendirent qu’ils auraient dû avoir le droit de participer à l’élection. Ils convainquirent de saints abbés de plaider pour eux (entre autres s.Aelred de Rievaulx, v. 12 janvier), et même accusèrent William de manquer à la chasteté. Ils firent un tel tabac contre William, que l’archevêque Theobald de Canterbury refusa de le consacrer et s’en remit au pape.

Après examen attentif, le pape reconnut que William n’avait pas bénéficié de la simonie, ni de la protection royale, et confirma l’élection : William fut consacré en 1143 ; entre temps, l’archidiacre frondeur était devenu évêque de Durham ; Murdach, de son côté, devint abbé (ou prieur) des cisterciens de Fountains.

William mit tout son zèle à s’occuper de ses diocésains, qui apprécièrent sa douceur et sa bonté. Mais il omit une formalité importante : il devait aller recevoir le pallium papal des mains du cardinal légat, Hincmar, de sorte qu’à la mort du pape, le légat reporta le pallium à Rome. Le nouveau pape, Eugène III, qui était cistercien, accueillit alors favorablement les remontrances des cisterciens, d’ailleurs soutenus aussi par saint Bernard, qu’ils avaient mis de leur côté. Lorsque William se décida à partir pour recevoir son pallium, il vendit certains objets précieux du trésor et renonça à des privilèges pour payer son voyage : on le lui reprocha aussi, de sorte que le pape, venu présider un concile à Paris (1147), au lieu de le confirmer, le suspendit, l’accusant même d’avoir installé l’évêque de Durham sans tenir compte des exigences imposées par le pape précédent. C’était le résultat d’une calomnie en bonne et due forme.

William cependant se soumit humblement et alla se réfugier auprès du roi de Sicile, tandis que ses diocésains, furieux, allèrent attaquer l’abbaye de Fountains; les ennemis de William se présentèrent à nouveau au pape, qui consacra Murdach évêque d’York et lui remit le pallium. 

William resta dans l’ombre à Winchester, priant dans le silence de sa retraite, jusqu’en 1153, année de la mort et du pape Eugène III et de saint Bernard, d’une part, et de Murdach d’autre part. Pour l’anecdote, Eugène III est Bienheureux (v. 8 juillet), et saint Bernard a été canonisé (v. 20 août) : leur aveuglement involontaire vis-à-vis de William ne les a pas empêchés d’être fidèles à Dieu et d’accomplir des miracles, ce que ne put obtenir l’opiniâtreté de Murdach.

Aussi l’archevêque d’York sortit alors de sa retraite et alla présenter au nouveau pape toute la vérité. Le pape le confirma sur son siège en lui remettant le pallium, et il y fut acclamé par les habitants.

Un incident eut lieu lors de ces manifestations : un pont de bois croula sous le poids de la foule, mais il n’y eut aucune victime et l’on attribua ce «miracle» à la prière de l’archevêque. 

William se montra digne de la charge apostolique : il pardonna à ses «ennemis», calma tous les esprits, et alla visiter les moines de Fountains, avec une donation pour compenser les dégâts de l’agression de 1148. 

Mais sa mission s’acheva à peine un mois après son retour à York, car il mourut, le 8 juin 1154 ; une mort si brutale fut attribuée à un empoisonnement : le fameux archidiacre d’York, Osbert, en fut accusé ; il passa en cour royale, en cour ecclésiastique, en cour papale : si l’on ne connaît pas le résultat officiel de ces procédures, on sait qu’Osbert fut déposé peu après.

Des miracles eurent lieu sur la tombe de William, notamment le corps ne fut pas atteint par l’incendie de 1223. Ce miracle et d’autres poussèrent le pape à le canoniser en 1227.

Ses reliques, disparues depuis le 16e siècle, furent retrouvées en 1960.

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