Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 23:00

Giovanni Colombini

1304-1367

 

Giovanni Colombini vit le jour vers 1304 à Sienne (Toscane, Italie C), fils de Piero, un riche et généreux marchand de laine, qui avait fondé un hôpital, et d’Agnolina.

Peu lettré, il aurait recouvré la charge de gonfaloniere. Il hérita du métier de son père et épousa en 1343 Biagia Cerretani ; naquirent deux enfants, Nicolò et Guccia.

Ce bon bourgeois aimait la vie, cherchait à arrondir son bien et n’était pas ce qu’on appellerait un pilier d’église ; sa bonne épouse priait pour sa conversion.

Et voilà qu’un incident banal provoqua en 1355 un retournement total dans la vie de Giovanni. Il rentra chez lui vers midi et demanda à manger immédiatement, pour repartir incontinent. Pour le faire patienter un instant, son épouse lui mit sous les yeux un livre de Vies de Saints que l’homme ouvrit en bougonnant. La Providence le fit tomber sur la vie de sainte Marie l’Egyptienne (v. 1er avril), une pécheresse publique convertie.

Giovanni reçut cette lecture comme une invitation. Totalement envahi par un esprit nouveau, il se mit à distribuer de larges aumônes, à liquider son commerce, à parler de Jésus. Un de ses amis, Francesco Vincenti, partageait ses idées. Biagia, l’épouse de Giovanni, n’en revenait pas et commentait avec un sourire : Je voulais de la pluie, mais pas un déluge !

Giovanni recueillit un lépreux dans le propre lit conjugal. Quand Biagia voulut y aller voir, il n’y avait plus personne, et la chambre embaumait d’un merveilleux parfum ; Giovanni et Francesco le remarquèrent aussi à leur tour.

Il donna un tiers de sa fortune à un couvent de moniales, Santa Bonda, le reste pour deux hôpitaux, avec toutefois une petite réserve pour Biagia.

Son fils Nicolò étant mort vers 1360, Giovanni confia sa fille Guccia à Santa Bonda ; son ami Francesco Vincenti fit de même avec sa fille en 1363. Biagia mourut en 1371.

Les deux amis se retrouvaient libres de tous liens terrestres. Ils se mirent à prêcher, pieds-nus, vêtus de haillons, invitant leurs auditeurs à tout laisser pour Jésus. Ils eurent des disciples ; ils s’appelèrent les Pauvres du Christ, mais leur habitude de se référer toujours à Jésus les fit appeler les Jésuates. Ce n’était pas un Ordre nouveau, car ils voulaient éviter les rites solennels, pompeux, compliqués ; ils voulaient la pauvreté, la simplicité, la honte même.

La «vêture» se faisait simplement sur la place, où le candidat échangeait ses meilleurs habits pour des loques ; puis on gagnait la cathédrale en chantant. Rien à voir avec une vêture conventuelle, où l’on reçoit un habit bien coupé, correct, dans une salle de chapitre grave, après une allocution de bon goût, devant un cénacle choisi et quelques invités bienveillants. Parfois le candidat se hissait même sur un âne à rebours, la tête tournée vers la queue de la bête, tandis que, nu jusqu’à la ceinture, il était fouetté sur le dos, tout cela pour combattre le respect humain.

Si Giovanni faisait des émules, il suscitait aussi des réactions négatives : toujours, on se méfie des «rénovateurs» ou des «innovateurs» qui vont à contre-courant. Le père de Giovanni abrogea l’héritage qu’il réservait à son fils. Giovanni fut traité de personnage dangereux et exilé de la ville de Sienne. Dieu le permettait pour répandre en d’autres régions cet esprit réformateur. Giovanni parla à Arezzo, Città di Castello, Montalcino, Pise, dans le val d’Arno.

Sur sa parole, on se convertissait, on rendait l’argent volé, on se réconciliait. Un couvent de Dominicains fit un sérieux effort pour supprimer le superflu ; des femmes vinrent à constituer à leur tour un groupe du même esprit, parmi lesquelles la nièce de Giovanni, Caterina, qui fut considérée comme Bienheureuse mais ne se trouve pas dans le Martyrologe.

De bons fruits mûrissaient sur ce bel arbre, mais l’arbre vieillissait.

En 1367, Giovanni vint encore rencontrer le pape à Viterbo, avec ses compagnons. Le pape donna son approbation, et remit aux premiers Jésuates un habit blanc, qui en faisait les pauvres du pape.

Giovanni était ému, heureux, mais désormais l’arbre était trop secoué. Les forces déclinèrent vite. Il reprit le chemin de Sienne, passant le 22 juillet à Bolsena, le 23 à Acquapendente ; le 26 il reçut à genoux le saint Viatique, et expira à San Salvatore sull’Amiata, non loin de Sienne, le 31 juillet 1367.

Son ami Francesco mourut quinze jours plus tard.

Giovanni Colombini ne fut pas officiellement béatifié, mais son nom fut inséré dans le Martyrologe au 16e siècle. Il faillit même être canonisé, mais la mort du pape fit reporter le projet, qui attend toujours.

La branche masculine des Jésuates fut supprimée au 17e siècle.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 9000 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
  • Contact

Recherche

Pages

Liens