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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 23:01

Thomas More

1478-1535

 

Thomas naquit à Londres le 7 février 1478, fils de John More, un juriste, et de Agnes Graunger (ou Granger, Grainger).

Après ses études à Oxford, passionné de grec et de latin, il fut envoyé par son père en 1494 faire son droit à New Inn et Lincoln’s Inn. Avocat à vingt-et-un ans, il enseigna le droit jusqu’en 1510, devenant l’avocat des marchands, puis juge.

Un de ses profeseurs, Erasme, deviendra son grand ami. Erasme avait été invité par John Fisher.

En 1505, Thomas épousa Jane Colt, dont il eut trois filles et un fils. Après le décès de son épouse, il se maria en 1511 avec Alice Middleton, une veuve avec deux garçons ; cette dernière dut faire plaisir à son mari en apprenant la harpe, le luth, le monocorde et la flûte. Thomas s’efforça de donner une excellente éducation intellectuelle à ses enfants, filles et garçons, qui apprirent tous le latin, le grec et l’astronomie.

Dans son manoir de Chelsea, le train de vie de Thomas était bourgeois, mais très chrétien : il portait un cilice, il recevait des infirmes et des vieillards. Quand ses granges prirent feu, il écrivit à sa femme que, malgré tout, il fallait être contents, et même (se) féliciter d’avoir été visités par Dieu.

Il fut membre du Parlement en 1504, mais s’exila en France en 1508 : son père avait été mis en prison par le roi, pour s’être élevé contre les taxes occasionnées par la guerre d’Ecosse.

A l’avènement d’Henri VIII, Thomas revint en Angleterre. Les responsabilités officielles vont s’accumuler : maître des requêtes et membre du Conseil privé du roi, missions diplomatiques aux Pays-Bas (1515) et à Calais (1517), trésorier de la Couronne (1521), chancelier du duché de Lancastre (1525), chancelier du royaume (1529) : il fut le premier laïc à recouvrer cette charge.

De 1528 à 1533, il publia sept livres de réfutation des thèses protestantes de Luther, et fit arrêter quarante personnes acquises aux idées hérétiques.

Quand le roi Henri VIII voulut répudier Catarina d’Aragon et épouser Anne Boleyn, Thomas n’approuva pas cette attitude, malgré la profonde estime que le roi avait pour lui. Le roi refusa d’abord sa démission, et finit par l’accepter en 1532. Peu à peu, tous les grands du royaume se détachèrent de Thomas, pour conserver leur place à la cour.

En 1533, More refusa d’assister au couronnement d’Anne Boleyn, par fidélité à Catarina d’Aragon. Sa position sera interprétée comme trahison.

En avril 1534, More acceptait que le Parlement déclarât Anne Boleyn reine légitime, mais refusait de prêter serment, car le document du Parlement exprimait, en préface, l’autorité de cette assemblée en matière de religion, contre l’autorité du pape. Il fut emprisonné dans la Tour de Londres, au même moment que Mgr John Fisher. Thomas tomba gravement malade durant cette période et ne marchait que péniblement.

Le 1er juillet 1535, Thomas More passa en jugement ; accusé de haute trahison, il refusa de répondre à toute question sur l’autorité du roi en matière de religion. De faux témoignages entraînèrent sa mise en accusation formelle pour trahison ; il devait être pendu, éviscéré et écartelé, selon la formule tristement habituelle, mais le roi commua cette sentence en décapitation.

De sa prison, Thomas gardait contact avec sa fille Margaret. Son dernier billet portait cette petite phrase d’un humour bien anglais : More is no more (More n’est plus). Il pria son gendre de remettre un pièce d’or au bourreau.

L’exécution eut lieu le 6 juillet. Au pied de l’échafaud, More pria l’officier : Aidez-moi à monter, pour descendre, je me débrouillerai. Il se déclara alors bon serviteur du roi, et de Dieu en premier. Dernier trait d’humour, il écarta sa barbe (qui avait dû pousser durant la prison, car le portrait de Thomas le montre imberbe) - disant à l’officier : Cette barbe est innocente de tout crime, et ne mérite pas la hache.

Le 22 juin précédent, avait été exécuté Mgr John Fisher, dont la tête avait été empalée sur le pont de la Tamise. Celle de Thomas subit le même sort, mais sa fille réussit à s’en emparer furtivement.

Thomas More fut béatifié en 1886, avec John Fisher, et canonisé en 1935. Bien que martyrisé le 6 juillet - jour où il est commémoré au Martyrologe - Thomas More est fêté le 22 juin, en même temps que le saint évêque John Fisher.

Récemment, saint Thomas More a été proclamé en 2000 patron des responsables de gouvernement et des hommes politiques. Que ces derniers y pensent quelquefois, on peut le leur souhaiter, mais ce céleste patron doit avoir beaucoup de travail du haut du Ciel.

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