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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 23:03

Louis d’Anjou

1274-1297

 

Ce personnage royal vit le jour le 9 février 1274 à Nocera (royaume de Naples, Italie), à moins que l’événement ait eu lieu à Brignoles (Provence), où il reçut son éducation.

Il était le troisième des quatorze enfants du roi de Naples, Charles II le Boîteux et de Marie de Hongrie ; Charles II était lui-même le neveu de saint Louis, roi de France (v. 25 août) ; Marie de Hongrie était la petite-nièce de sainte Elisabeth de Hongrie (v. 17 novembre).

Louis et ses frères et sœurs eurent pour précepteur Guillaume de Manerie, un homme honnête, plein de bon sens, très pieux, qui sut organiser la journée des jeunes princes de façon à leur éviter de perdre du temps et à apprendre toutes les disciplines nécessaires à leur rang et à leur destinée. 

A sept ans, le petit Louis savait monter à cheval, chasser, pêcher ; mais aussi chanter et danser ; précoce et vif, il n’eut jamais à être puni. Un prêtre le guidait aussi, Jean de Bymaret.

En 1284, son père Charles II fut fait prisonnier des Aragonais, et le petit garçon pria de toutes ses forces pour le retour de son père ; en 1288 seulement, Charles II fut délivré, mais on lui confisquait ses trois jeunes fils, Louis, Robert et Raymond-Bérenger : Louis avait quatorze ans, Robert onze, Raymond-Bérenger sept. Les trois garçons furent enfermés près de Barcelone, puis près de Tarragone, pendant sept ans. L’humidité de ces lieux de «détention» fut certainement à l’origine de la tuberculose dont mourut Louis peu après.

Cette détention ou résidence surveillée n’empêchait pas les enfants de s’occuper, et Louis organisa leur journée utilement : on ne pratiquait pas de jeux d’argent, mais on jouait aux échecs ; on chassait ; qui avait laissé échapper un juron mangeait à terre avec le chien ; à table, on écoutait un passage de l’Ecriture ou de quelque autre bon auteur.

Louis eut la possibilité de recevoir deux Frères mineurs, François Brun, qui fut son conseiller spirituel, ainsi que Pietro Scarrerii. La piété de Louis était déjà toute mariale ; il y ajouta des pratiques sévères, se levant la nuit pour prier debout, les bras en croix ; sa lecture de choix était la Fleur des Saints, où il cherchait ses modèles. Un accident de cheval le convainquit de renoncer à la chasse et aux armes : il ceignit la corde franciscaine sous ses habits, dans l’espoir d’entrer dans l’Ordre.

Avec ces prêtres, Louis apprit le latin, commença la théologie ; chaque jour, il assistait à la Messe. Quand les conditions de la captivité furent un peu mitigées, il put habiter Barcelone et y suivre les cours de l’Université.

Il annonça bientôt à son père son désir de devenir prêtre. Le pape Célestin V le nomma même évêque de Lyon, mais Louis ne fut pas consacré.

En 1295, mourut le frère aîné de Louis, ce qui le rendait héritier du royaume de Naples. Libéré cette année-là, il confirma plutôt sa volonté d’entrer dans l’Ordre franciscain. 

De retour en Provence, il visita les églises, les couvents, les pauvres, les prisonniers. A Rome, il reçut du pape les ordres, sauf la prêtrise. A Naples, il renonça à son titre de roi en faveur de son frère Robert et se retira au château de l’Œuf, où il s’entoura de Frères mineurs, organisa sa vie en vrai religieux et partagea son temps entre la prière et l’étude.

Il refusa humblement d’aller être ordonné prêtre à Rome par le pape, et reçut ce Sacrement à Naples, en mai 1296, avec  «dispense d’âge» car il n’avait que vingt-deux ans.

Une de ses démarches fut d’implorer de son frère le roi, et d’en obtenir la grâce de corsaires condamnés à mort.

A la fin de 1296, il fut préconisé pour le siège épiscopal de Toulouse. Il n’accepta qu’à la condition… d’être reçu dans l’Ordre franciscain, qu’on lui avait refusé jusqu’alors. Il fit les vœux à Rome le 24 décembre, reçut l’habit du Frère François Brun lui-même, mais raccourci, car on ne lui permettait de le porter que sous ses habits personnels. Il fut sacré évêque le 30 décembre.

Il fit ses adieux à sa famille à Naples, passa quelques jours au château de l’Œuf, regagna Rome où il eut enfin l’autorisation de porter l’habit franciscain ostensiblement, et abandonna les insignes épiscopaux. Il s’arrêta à Paris pour saluer le roi, Philippe le Bel, et entra dans Toulouse en mars 1297.     

Son palais épiscopal devint tout de suite un petit couvent. Aux Frères mineurs François et Pietro, il ajouta Jacques Duèze, un canoniste, qui devint plus tard le pape Jean XXII.

Il s’attaqua à la réforme du clergé, obligeant les clercs à porter les cheveux courts, invitant certains bénéficiaires absents et indignes à la démission pure et simple, donnant lui-même l’exemple du pasteur soucieux des brebis, visitant les pauvres et les malades, intercédant pour les prisonniers ou les Juifs.

Ce zèle dépassait ses forces et acheva de l’exténuer. Effrayé par ses responsabilités, il songea à démissionner. Il crut possible d’aller à Rome pour la canonisation de son grand-oncle, Louis IX ; en voyage, il passa par Barcelone, Tarascon et Brignoles. Il célébra solennellement la fête de saint Dominique (le 4 août à l’époque) et chanta la messe du 5 août pour le repos de l’âme de son frère aîné, puis il dut s’aliter.

Il dicta son testament et mourut doucement au soir du 19 août 1297 (saint Louis était mort un 25 août, et venait d’être canonisé le 11 août précédent).

Déjà les fidèles, favorisés de miracles, le «canonisaient». En 1317, Jean XXII canonisait ensemble Louis d’Anjou et Thomas d’Aquin.

Les reliques de Louis d’Anjou passèrent de Marseille à Valencia en 1423, volées par les Aragonais. En 1956, l’archevêque de Marseille obtint la restitution de deux vertèbres du Bienheureux, qui furent volées en 1993.

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Published by samuelephrem - dans Hagiographie L
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