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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 23:32

21e dimanche per annum - B

 

Après les cinq livres du Pentateuque, le Livre de Josué nous raconte comment Josué était entré en Israël avec le peuple israélite et avait reconquis cette Terre promise.

Après les tergiversations répétées durant l’exode dans le désert, après les multiples défections, après les déviations vers les divinités païennes, Josué demande au peuple israélite une solennelle Profession de Foi. Il les “tente” même, leur disant qu’ils ne seront sans doute pas fidèles, mais tous répondent qu’ils seront fidèles à leurs engagements. C’est alors que Josué peut mourir en paix, ayant accompli sa mission.

Pourtant, le peuple choisi ne tarda pas à retomber dans l’erreur. De même que chacun de nous retombe souvent.

Dieu connaît ces chutes répétées que nous faisons chaque jour. Ce ne sont pas ces chutes qui comptent devant Dieu, mais c’est l’amour avec lequel nous nous relevons.

Jésus-Christ l’a redit à diverses âmes d’élection : Ce ne sont pas nos fautes qui l’attristent, seulement, mais c’est surtout que nous tardons à nous relever, à demander pardon, à implorer Sa grâce.

Dans toutes les familles, dans toutes les congrégations, dans toutes les associations, arrivent des tentations de toutes sortes, des tensions ; c’est inévitable, car le Démon est toujours en action pour diviser ce qui est uni, pour briser les amitiés, pour nous dresser les uns contre les autres. 

Renouveler nos engagements nous aide à réaffirmer notre volonté, à nous rendre plus forts devant la tentation.

*       *       *

Il est bon de lire et de méditer les quelques versets du psaume 33 en comprenant bien ce que signifie ici juste et méchant.

Dans l’Ecriture, est juste celui qui est fidèle à Dieu, malgré ses fautes. Un verset des Proverbes le dit bien clairement : Le juste tombe sept fois, mais se relève (Pr 24:16). La sainteté n’est pas dans le fait de ne commettre aucun péché, ce serait impossible pour l’homme ; mais la sainteté consiste à marcher vers la perfection divine avec persévérance, malgré nos péchés.

Inversement, le méchant n’est pas celui qui pèche, car tout être est pécheur. Est méchant au sens biblique, celui qui ne veut pas se relever, qui désespère du pardon de Dieu, qui refuse de reprendre la route qui mène à la Lumière et à la Vie. Qui s’obstine ainsi dans le mal ne pourra pas connaître la «Terre promise», le Ciel. C’est pourquoi le psaume 33 dit que le Seigneur affronte les méchants pour effacer de la terre leur mémoire.

Le juste, lui, connaîtra sans doute des épreuves (malheur sur malheur, dit le psaume), dont Dieu chaque fois le délivre. Le verset suivant est celui-là même que cite l’évangéliste Jean en parlant du coup de lance : Ils ne lui brisèrent pas les jambes… pour que s’accomplît l’Ecriture : On ne lui brisera pas un os (Jn 19:33,36).

L’avant-dernier verset est véritablement effrayant : Le mal tuera les méchants, laissant à penser que les méchants ne connaîtront pas la Vie, le Pardon. On pourra penser qu’il s’agit là de la peine éternelle de l’Enfer (cf. Catéchisme de l’Eglise Catholique, Abrégé, nn.212-213).

L’ultime verset au contraire est plein de paix : Pas de châtiment pour qui trouve en lui son refuge. Le texte latin précise mieux : …pour ceux qui espèrent en lui. 

L’âme du juste en effet ne perd jamais confiance en Dieu.

 

*       *       *

Dans l’épître, l’Apôtre Paul va nous aider à consolider l’amitié fidèle : comment faire pour demeurer dans la fidélité et l’harmonie ? pour rester fidèle à une promesse ? à Dieu ?

Il est bon de noter que Paul parle d’abord d’être soumis les uns aux autres, sans distinction de sexes, rappelant par là que la règle d’or de la vraie paix est que chacun respecte humblement les autres, sans chercher à imposer sa personne, sa volonté, sa voix, ses préférences. C’est là une loi de discrétion.

Même lorsque, selon l’expression de Paul, la femme doit être soumise à son mari, l’apôtre précise bien - ce qu’on oublie presque toujours - qu’elle doit l’être comme au Seigneur Jésus, comme l’Eglise se soumet au Christ. Cettee soumission n’a rien d’un esclavage, mais est vécue simplement dans le plein respect de Celui qui a fondé l’Eglise. Jésus veut être aimé, et ne demande que l’Amour. L’esclavage est une soumission sans amour.

Et comme il n’y a pas d’amour sans réciprocité, Paul rappelle ensuite aux hommes qu’ils doivent aimer leur épouse à l’exemple du Christ, qui s’est livré pour son épouse, l’Eglise.

Sur le conseil de saint Paul, les époux auront donc à cœur de regarder le Christ qui se livre - dit-il - pour l’Eglise, pour chacun de nous : il supporte patiemment, il ne répond pas durement, il n’accuse pas, il est patient. A la mesure de cet effort, toutes les épouses auront une véritable joie de se soumettre à eux comme au Seigneur Jésus.

Jésus lui-même se soumet à l’Eglise, à Sa propre Epouse, quand Il dit à Pierre : Ce que tu auras lié sur terre, sera lié aussi aux cieux ; et ce que tu auras délié sur terre, sera aussi délié dans les cieux (Mt 16:19). Quand le prêtre dit Je te baptise, c’est le Christ qui baptise ; quand le prêtre dit Je vous remets tous vos péchés, c’est le Christ qui remet les péchés ; quand le prêtre dit Ceci est mon corps, c’est le Christ qui nous donne Son Corps, le Pain Eucharistique, dont il va être question dans l’évangile.

Jésus est entièrement soumis à l’Eglise, parce qu’Il l’aime et ne fait qu’Un avec elle ; qui aime vraiment, respecte tellement l’Autre, qu’il s’y soumet amoureusement, et l’Autre répond à son tour avec le même respect ;  aucune humiliation ici, aucune injustice, aucune blessure, aucune souffrance ; au contraire, dans l’esprit de cette sainte soumission, l’harmonie devient sans cesse plus parfaite ; l’amour se dilate et s’épanouit.

Pour écouter le Christ, il faut écouter l’Eglise. Quand on respecte l’Eglise et qu’on accomplit fidèlement ce qu’elle nous demande, on est sûr d’être avec le Christ. C’est pourquoi le Christ affirme : La Vérité vous rendra libres (Jn 8:32).

*       *       *

Aujourd’hui s’achève le “Discours du Pain de Vie” que nous a relaté l’évangéliste Jean depuis plusieurs dimanches. 

Apparemment, l’enseignement de Jésus n’a pas emporté l’adhésion massive des Juifs, tant s’en faut. On se scandalise de devoir manger la Chair et boire le Sang de ce Jésus qui parle, sans chercher à mieux comprendre ce qu’Il veut dire ; pourtant Jésus a bien dit que le Pain qu’il donnera sera Sa chair (Jn 6:51). 

Si nous y faisons un peu attention, il nous apparaîtra on ne peut plus clairement que Jésus parle bien de Pain, et non de viande crue, et que ce Pain sera Sa chair, donc qu’il se passera quelque chose d’extraordinaire à ce moment-là pour que du pain soit en même temps chair. 

Pas un instant Jésus ne demande qu’on vienne lui mordre les bras ou les jambes ; simplement, cette nourriture eucharistique est une Réalité tellement nouvelle, tellement inattendue, qu’Il doit peu à peu l’expliquer à son entourage, à ses auditeurs, pour qu’au moment voulu, tous reconnaissent Ce qui leur fut expliqué et annoncé un ou deux ans auparavant. 

Il n’empêche que beaucoup s’en allèrent parmi les disciples ; ici il ne s’agit pas encore de Judas, même si l’évangéliste dit explicitement que Jésus savait depuis le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas, et celui qui le livrerait, car juste après Jésus questionne les Douze, comme pour tendre la perche à celui qui le trahirait. Et c’est là que Pierre exprime sa conviction si heureuse : Vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la Vie éternelle.

L’enthousiasme de Pierre ce jour-là ne l’empêchera pas, plus tard, d’avoir ses moments moins heureux. Pierre est un homme, avec ses hauts et ses bas, comme chacun d’entre nous. Dieu connaît nos hésitations, nos épreuves et reste patient et miséricordieux. Autre chose est notre ferme volonté, autre chose nos faiblesses quotidiennes.

Une des façons par laquelle nous pouvons chasser les tentations ou les doutes, c’est de répéter avec quelque solennité nos engagements profonds, notre foi, notre promesse, comme par exemple quand nous proclamons le Je crois en Dieu à la Messe. Certaines âmes saintes et mystiques, craignant d’être victimes d’illusions mauvaises, renouvelaient leurs vœux de religion : si c’était le diable qui les tentait, il disparaissait aussitôt !

Dans tout moment d’épreuve, renouveler nos engagements, dans l’intimité ou à haute voix, nous donnera immanquablement la force de rester fidèles.

La prière aussi, pour qu’au milieu des changements de ce monde, nos cœurs s’établissent fermement là où se trouvent les vraies joies (Prière du jour).

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année B
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