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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 18:52

22e dimanche per annum - B

 

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Avec le peuple d’Israël, nous avons promis dimanche dernier de servir le Seigneur. Voici maintenant l’exhortation qu’avait faite Moïse à tout ce peuple (et à nous).

Moïse énonce un principe qu’on retrouvera en d’autres passages de la Bible, et notamment au tout dernier chapitre de l’Apocalypse (Ap 22:18-19) : les scribes et les docteurs devront transmettre la Loi divine sans aucune altération ; ce sera le depositum fidei de l’Eglise, la garantie de son authenticité. Philon d’Alexandrie commente que on n’ajoute que des éléments injustes et on ne retranche que du juste.

Moïse fait aussi une remarque très forte au sujet d’Israël : alors que c’est la plus petite de toutes les nations, elle sera reconnue grande par tous les peuples. Cette grandeur lui vient de la proximité de Dieu, proche de nous chaque fois que nous l’invoquons.

Dieu est beaucoup plus proche de nous que nous le croyons ; nous avons appris au catéchisme que Dieu sait tout, entend tout, même nos pensées intimes ; mais Dieu n’est pas un surveillant omniprésent, c’est surtout un Père qui nous aime et ne veut que notre bien.

 

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Dans le psaume 14, David s’adresse à ce Dieu si proche, et parle même d’entrer sous sa tente, d’habiter sur sa montagne sainte. 

Les conditions pour accéder à ce bonheur ? rien de plus normal qu’agir avec justice, de dire la vérité, de ne pas faire de tort à son frère, de ne pas outrager le prochain… 

Qui prétendra encore que Dieu nous en demande trop ? Certes, comme Jésus, nous traversons des épreuves, mais l’apôtre Paul nous rassure - et sa parole est inspirée : Dieu ne permettra pas que vous soyez tentés au delà de vos forces. Avec la tentation, il vous donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter (1Co 10:13).

Quel dieu a cette prévention, sinon notre Père Créateur ?

 

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Saint Jacques va nous inviter maintenant à remercier Dieu pour toutes les grâces que nous en recevons : Les dons les meilleurs viennent d’en-haut ! 

Profitons de la lecture de l’épître de Saint Jacques pour dire quelques mots de cet Apôtre. Comme deux Apôtres ont porté le même nom, on les a distingués par “majeur” et “mineur”, mais on les confond souvent quand même. 

L’auteur de l’épître en question est Jacques “le Mineur”, proche cousin du Seigneur lui-même. Après l’Ascension, il fut le premier évêque à Jérusalem. Son martyre eut lieu en 62 : il fut précipité du haut du Temple de Jérusalem, lapidé et achevé à coups de foulon. Ce n’est donc pas de lui qu’il s’agit à propos de Compostelle.

Son épître, une des plus brèves du Nouveau Testament et en même temps une des moins lues, va attirer notre attention pendant cinq dimanches de suite. L’Eglise n’a retenu dans ces lectures que quelques éléments marquants de l’épître. 

Aujourd’hui, l’Apôtre commence par nous demander de mettre en pratique la Parole de Dieu : Ne vous contentez pas de l’écouter, à la Messe, le dimanche matin. Il a même cette comparaison amusante - non reprise dans la péricope d’aujourd’hui - que celui qui écoute la Parole sans la mettre en pratique, ressemble à un homme qui se regarde dans le miroir : A peine s’est-il observé qu’il part et oublie comment il était.

Pourquoi saint Jacques parle-t-il seulement de venir en aide aux orphelins et aux veuves et de se garder propre au milieu du monde ? Suffit-il de quelques œuvres caritatives pour pratiquer la religion ?

Non, bien sûr, mais pour Jacques, dans cette Eglise naissante de Jérusalem, recevoir les Sacrements, prier au Temple, écouter l’enseignement de l’Eglise, rencontrer la communauté, sont des préambules acquis, que tous reconnaissent. Mais précisément parce qu’ils ne sont pas remis en question, les Chrétiens pouvaient parfois s’en contenter, un peu comme les rites extérieurs des Pharisiens dont il va être question dans l’évangile.

Jésus-Christ attend de nous un engagement fort, tellement vif qu’il ouvre notre cœur au Prochain. 

Des orphelins, il en existait déjà à l’époque de Jésus ! Enfants sans parents, abandonnés, ignorés, laissés dans la rue, victimes de toutes les corruptions, cette plaie n’est pas d’aujourd’hui. Mais il n’y a pas que les orphelins naturels : il y a tous ceux qui ignorent la paternité de Dieu, Père de tous les hommes, soit qu’ils n’en aient jamais entendu parler, soit qu’ils l’aient oublié. Et là, nous rappelle s.Jacques, les chrétiens ont une immense et profonde responsabilité, car dans l’immense famille des descendants d’Abraham, nous sommes tous frères et tous enfants de Dieu.

Les veuves aussi peuvent s’entendre de deux façons. Celles qui ont perdu leur mari prématurément (à la guerre, souvent, et cette plaie aussi n’est pas d’aujourd’hui…) ou par quelque autre épreuve, ont perdu le soutien de leur vie et de leur affection. Les veuves sont beaucoup plus nombreuses que les veufs. Mais les veuves peuvent aussi, dans l’esprit de s.Jacques, être toutes ces âmes privées de tout soutien immédiat, les faibles, qui ne savent à quoi se raccrocher, à qui se référer, à qui s’adresser, qui n’ont plus de repères, comme un émigré qui a perdu famille, maison, travail et santé… Ici aussi le travail apostolique est immense. 

Autrement dit, l’apôtre saint Jacques étale sous nos yeux le champ pratiquement sans limite du travail apostolique qui incombe à tous les Chrétiens. C’est le travail d’évangélisation qui fut celui des premiers Apôtres, qui a continué dans tout l’empire romain, qui s’est étendu dans le monde entier, durant tous les siècles. A toutes les époques Dieu a suscité des figures éminentes de sainteté pour éclairer avec la lumière de la Vérité le monde enténébré. 

Saint Paul n’a pas converti l’empire romain en quelques jours, mais son zèle à laissé une empreinte qui a conduit cet empire à la conversion générale. A sa suite, des milliers d’apôtres, prêtres, religieux, religieuses, catéchistes, ont donné leur vie pour gagner les âmes à Dieu. La christianisation de l’Europe entière depuis le haut Moyen-Age a été le fruit de la présence de ces si nombreux monastères qui ont poussé dans toutes les régions d’Espagne, de France, d’Angleterre, d’Allemagne, en se conformant à la Règle de saint Benoît : Ora et Labora (Prie et Travaille).

 

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Il y a donc bien autre chose à faire qu’à se préoccuper de se laver les mains ou de laver les verres avant de boire, comme le préconisaient les pharisiens.

Ce qu’il faut purifier, c’est notre cœur, rappelle Jésus.

C’est d’abord dans notre cœur que naissent les pensées qui conduisent à tant de vices, et ce sont ces pensées qu’il faut purifier.

Les vices énumérés par Jésus sont des mots que nous n’aimons pas entendre ; mais comme nous ne les aimons pas, nous faisons comme l’autruche devant le danger ; nous ne devons pas les oublier ; le texte grec et les traductions les reportent dans les ordres les plus variés : adultères, fornications, meurtres, vols, avarices, méchancetés, fraude, impudicités, envie, calomnie, orgueil, folie. 

La plupart peuvent se ramener aux Commandements de Dieu ou à la simple morale naturelle écrite dans le cœur de l’homme. 

On notera les pluriels, montrant que nos pensées sont malheureusement fertiles en déviations : les péchés du cœur précèdent de beaucoup les péchés réellement commis.

Inévitablement, ces pensées et ces défauts nous détournent de Dieu et du Prochain. En avoir conscience nous aidera déjà à combattre les tentations.

 

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Heureusement, nous ne sommes pas continuellement ni entièrement envahis par ces pensées. Nous avons à lutter pour laisser les bonnes pensées nous dominer.

La Prière du jour nous rappelle que tout don parfait vient de Dieu (Jc 1:17) et nous avons besoin de la force divine pour développer ce qui est bon en nous. 

Dans la prière et dans l’Eucharistie, nous trouverons cette force.

Que l’Eucharistie fortifie l’amour en nos cœurs, et nous incite à servir Dieu dans nos frères (Prière finale).

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année B
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