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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 23:37

23e dimanche per annum - B

 

Huit siècles avant Jésus-Christ, Isaïe annonçait que Dieu viendrait lui-même apporter un changement profond en Israël. 

L’expression lui-même a son importance : le Messie est un être divin, Jésus sera bien Dieu incarné. Le texte est clair sur la divinité de Jésus-Christ.

Cette divinité se manifestera par des miracles, par la guérison des aveugles, des sourds, des muets, des boîteux… 

Outre les guérisons physiques, on peut très bien comprendre que ces guérisons seront spirituelles : les hommes verront et entendront la Vérité, ils la proclameront ;  ceux qui hésitent encore entre diverses doctrines, seront raffermis et ne «boîteront» plus.

La vengeance et la revanche de Dieu n’ont ici rien de ces sentiments humains aggressifs : Dieu intervient sur le péché, pour reconduire l’homme à la Vérité, à l’Innocence. 

Ainsi se manifeste la gloire de Dieu : par la conversion de l’homme. Tel est le règne de Dieu dont nous répétons sans cesse dans la prière : Que ton règne vienne !

Les gens connaissaient la prédiction d’Isaïe. Quand Jean-Baptiste fit interroger le Christ : Es-tu celui qui doit venir ?, Jésus lui fit répondre précisément par les mots du prophète Isaïe : Dites à Jean : les aveugles voient, les boîteux marchent, les lépreux sont guéris et les sourds entendent… (Mt 11:3-4). Jean-Baptiste et ses disciples devaient comprendre par là que l’Ecriture était en train de s’accomplir.

 

*       *       *

Le psaume 145 est le premier d’une série de cinq psaumes que les Juifs chantaient le matin. Ils commencent par le verbe louer, ce qui a donné nos laudes matinales.

En reprenant certains termes d’Isaïe, le psalmiste chante le Dieu plein de bonté, qui fait justice, délie les enchaînés, protège l’étranger… Dans sa bonté et sa miséricorde, Dieu veut aider tous les hommes à se transformer.

Dieu s’occupe de tous les hommes, mais aussi de ceux qu’on oublie ou qu’on méprise parce qu’ils sont «petits». Et cela nous introduit directement à la lettre de l’apôtre Jacques. 

 

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A la suite du Christ, nous avons le devoir de tourner notre regard vers tous les hommes, vers les justes et aussi vers les pécheurs, vers les gens aisés mais aussi vers les pauvres.

Aucun de nous ne peut penser qu’il soit «plus» qu’un autre : devant Dieu, il n’y a aucune considération de personnes. Souvenons-nous en : le général est comme un agent de surface, l’avocat est comme un artisan, professeurs et élèves sont sur le même banc…

Si nous prétendons marcher selon l’Evangile, si nous avons accepté de changer notre homme intérieur, nous ne pourrons pas permettre une situation semblable à celle à laquelle fait allusion l’apôtre Jacques.

Les situations sociales les plus difficiles ne sont pas insolvables dès lors que nous y cherchons une solution en harmonie avec l’appel de Dieu. Le plus important, souvent, est de mettre la main à la pâte ; quand l’ouvrage est commencé, les choses s’enchaînent et Dieu nous aide souvent à trouver des pistes auxquelles nous n’avions pas songé au préalable.

Jamais Abraham ou Moïse n’auraient songé à devenir les chefs d’une multitude ; jamais David avec sa petite fronde de berger, n’aurait songé à être roi ; Salomon encore moins. Dieu s’est servi de leur fidélité pour montrer qu’avec Lui, les petits et les faibles peuvent faire de grandes choses. Comme l’écrira saint Paul : Ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre la force ; ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l’on méprise, voilà ce que Dieu a choisi (1Co 1:27-28).

 

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Tous ceux qui connaissent un peu la solitude où se trouvent les mal-entendants pourront éprouver une joie intense en lisant le récit de la guérison du sourd-muet. On reproche souvent aux malentendants de s’isoler des autres, mais c’est leur infirmité, même légère, qui les isole contre leur gré.

Jésus emmène donc cet homme à l’écart, loin de la foule, car la foule est bruyante, agitée, et ne permet pas le recueillement ; mais Jésus dut garder près de lui quelque Apôtre, qui observerait les gestes de Jésus et être plus tard témoin de la scène, sans doute Pierre, de qui Marc aura appris ces détails que ne racontent pas les autres évangélistes.

Jésus fait des gestes très particuliers, qui furent repris pendant longtemps dans la liturgie du baptême chrétien. De ses doigts, il touche les oreilles, comme pour faire passer vers le malade un “courant” mystérieux émanant du Fils de Dieu pour guérir l’homme malade. 

Plus étonnant encore, ce signe de la salive pour toucher la langue de cet homme : certainement, le Verbe incarné veut guérir le verbe humain malade. On pourra rapprocher ce geste de celui que fit Jésus pour guérir l’aveugle (Jn 9:6) : si le Verbe de Dieu a créé toutes choses, ce même Verbe incarné vient re-créer les membres malades de la création pécheresse. Ainsi “touché” par le Verbe, l’homme peut s’ouvrir à la Vérité : Jésus lui dit en effet : Effata ! Ouvre-toi ! Ouvre ton cœur à la Bonne Nouvelle ! Crois, et tu seras sauvé !

On se permettra de noter que ce geste de la salive n’a rien à voir avec un geste sensuel, avec un baiser érotique par exemple. Le geste de Jésus est plein de discrétion, de pureté. L’ancien rite du baptême a maintenant été supprimé parce qu’il n’était malheureusement plus compris de notre époque.

Encore une fois, nous lisons que Jésus recommande la discrétion à l’homme guéri ; on dirait aujourd’hui qu’Il lui demande d’éviter les journalistes et le tapage médiatique, car Jésus travaille dans le fond des cœurs et attend la conversion profonde, pas le bruit du monde.

 

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La Prière du jour,  utilise une belle expression : les enfants d’adoption de Dieu. C’est vrai : en apportant aux hommes sa Vie divine, Jésus Christ fait de nous ses frères et donc les fils d’adoption de Dieu. 

Nous sommes des sourds-muets invités à entendre l’appel de Dieu et à proclamer notre foi au Christ. Si nous recevons pleinement ce Verbe en nous, nous serons de ceux dont saint Jean parle : qui ne sont pas nés du sang ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu (Jn 1:13). 

Dépassant l’humain, nous ferons naître en nous le Christ et dirons avec s.Paul : Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi (Ga 2:20).

 

Quelle joie immense que d’être appelés à la vie divine, que d’être unis à la vie du Christ ! Etre fils de Dieu, comme Jésus, c’est se libérer du monde, c’est entrer dès maintenant dans l’éternité !

La prière du jour réunit tous ces mots merveilleux : nous, les enfants d’adoption, Dieu nous aime comme un père ; dans Son fils, le Christ, Il nous donne la vraie liberté et la vie éternelle.

Quelle joie profonde et inaltérable ! Efforçons-nous de la communiquer !

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année B
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