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25e dimanche per annum - B

 

Le texte de la première lecture, tirée du livre de la Sagesse, annonce clairement quelle fut la conduite des prêtres juifs devant l’enseignement de Jésus. 

Un de leurs reproches était d’abandonner nos traditions. Or l’Evangile - la Bonne Parole du Christ, n’a jamais aboli un seul iota (Mt 5:18) de la Loi de Moïse : Jésus a porté cette Loi à sa perfection, dans l’Amour, dans le don de soi. 

Ainsi dans le Discours sur la Montagne, Il a été dit aux ancêtres : Tu ne tueras point… Eh bien ! moi je vous dis : Quiconque se fâche contre son frère en répondra au tribunal, etc (Mt 5:21sq).

Les grands-prêtres ont raillé le Christ en croix avec les termes mêmes que nous lisons aujourd’hui (Mt 27:42-43). Eux qui connaissaient si bien l’Ecriture, n’avaient pas honte de l’accomplir en insultant Jésus.

 

*       *       *

Le psaume 53, dit l’Ecriture, a été composé par David, harmonisé par le maître de chant pour les instruments à cordes. Il fut inspiré après l’épisode raconté en 1S 24, quand David épargna la vie de Saül ; ce dernier, poursuivant David avec ses hommes, vint s’abriter dans une grotte, sans remarquer que David y était déjà au fond. David eut la magnanimité de laisser partir Saül et de l’interpeller de loin, pour ne pas porter la main sur l’Oint du Seigneur. Saül, au moins ce jour-là, lui en sut gré.

David exprime des sentiments qui pourraient bien convenir aussi à Jésus-Christ durant sa vie et particulièrement durant sa passion. 

Notre texte parle d’étrangers, ce qui est une variante ; la Bible dit : des orgueilleux, un terme qui pourrait très bien désigner les accusateurs du Christ.

Dans la bouche de David, les deux versets qui ne sont pas lus ici, peuvent trouver une explication. David dit en effet : Que retombe le mal sur mes tyrans, Yahvé, par ta vérité détruis-les ! - Mes ennemis me sont donnés en spectacle. David, qui ne connaît pas encore l’enseignement du Christ, et bien qu’il ait fait preuve de magnanimité envers Saül, a tout de même des mots de vengeance et de mépris envers ses ennemis. 

Mais il demeure profondément humble devant Dieu et Le remercie de l’avoir protégé, attribuant à Dieu sa victoire, la victoire du Juste sur l’injuste : Je rendrai grâce à ton nom !

 

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Il faudrait envoyer le texte de s.Jacques à nos diplomates et chefs d’états : D’où viennent les guerres, d’où viennent les conflits entre vous ? 

Mais il serait très hypocrite pour nous de ne penser qu’aux dirigeants, comme si chacun de nous n’avait jamais de sentiments de jalousie, de rivalité, de convoitise. 

Jacques insiste même : Vous n’obtenez rien parce que vous ne priez pas.

Cette réflexion est faite pour ceux qui prétendent que «la prière ne sert pas à grand-chose» : c’est que précisément ils n’essaient pas même de prier Dieu quelques instants.

Le saint Curé d’Ars (Jean-Marie Vianney), parlant de ses “folies de jeunesse”, confiait un jour à un Confrère : Lorsque j’étais seul, pouvant me livrer à mon aise à mon attrait, il m’arrivait de ne pas manger pendant des journées entières. J’obtenais alors du bon Dieu tout ce que je voulais pour moi comme pour les autres.

 

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L’évangile va maintenant compléter la première lecture et le psaume.

Dans l’évangile de dimanche dernier (Ma 8:31) Jésus-Christ a déjà fait part à ses Apôtres de sa prochaine passion et a sévèrement “remis en place” Pierre, qui s’en scandalisait. 

Aujourd’hui, nous lisons une deuxième annonce de cette douloureuse passion. Le temps est passé et Jésus parle au présent : le Fils de l’homme EST livré aux mains des hommes. La trahison est en route. Jésus marche vers la mort.

Les Apôtres ont peur de l’interroger, sans doute parce qu’ils se souviennent du vif reproche que Jésus a fait à Pierre la première fois ! 

Comme nous autres bien souvent, les Apôtres sont trop aveuglés par leurs concepts humains ; ils pensent que le messianisme de Jésus va triompher d’une façon sociale, politique ; ils attendent Que retombe le mal sur les tyrans, les Romains, oubliant les prophéties qui annoncent les souffrances du Serviteur de Yahvé.

Dans la suite de l’évangile, Jésus va leur parler du Serviteur, car les Apôtres avaient eu une conversation dont ils n’étaient pas très fiers, au point qu’ils n’osaient pas en parler à Jésus. Qui est le plus grand ? Plus tard, après l’Ascension, l’apôtre Jacques écrira son épître, et les propos que nous avons lus plus haut : D’où viennent les guerres ? - De la jalousie ! Mais pour l’instant, les Apôtres ont besoin d’élever leur jugement.

Jésus n’était pas sourd ! Et surtout il savait lire dans les cœurs et connaissait bien ce que s’étaient dit entre eux les Apôtres. Jésus, qui est Dieu, va leur rappeler que c’est bien Lui, le plus grand, mais pas (seulement) parce qu’il est Dieu : surtout parce que, en tant qu’homme, il se mettra à la dernière place, il servira, il s’abaissera sous les crachats et les moqueries. Voilà le Plus Grand.

Se faire petit, et accueillir un enfant simplement, pour l’amour du Christ, sans le regarder de haut, sans s’estimer plus grand que lui, voilà l’enseignement divin que nous rappelle le Christ ; soigner un malade pour l’amour du Christ, sans se croire supérieur parce qu’on le soulage, mais parce que c’est un frère et qu’en lui on soulage le Christ souffrant. 

On pourra objecter que les enfants ont de ces caprices, qui les rendent très agressifs et même méchants. Mais Jésus ne parle pas de cette enfance-là ; les enfants que Jésus aime sont tous ceux qui, même à l’âge adulte, savent être bons amis, sincères, généreux, sans malice dans le cœur, droits dans leurs intentions, qui ne cherchent pas querelle ni vengeance, ceux dont Il parle dans les Béatitudes (Mt 5:3-11). 

 

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Cette générosité totale, c’est l’amour de Dieu et l’amour du prochain, comme l’exprime bien la Prière du jour : Tu as voulu que toute la loi consiste à t’aimer et à aimer son prochain, qui d’ailleurs reprend le passage bien connu de l’évangile où un scribe demande à Jésus quel est le plus grand commandement (Ma 12:28-34 ; épisode similaire en Mt 22:36-40).

La loi de l’Amour ! Rien n’est plus constructif que d’aimer, de pardonner, de conserver le sourire, d’accepter toute contrariété avec douceur et grandeur d’âme. 

C’est ainsi qu’on apaisera les conflits. Tel fut Jésus, le Serviteur.

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année B

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