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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 08:22

31e dimanche per annum - B

 

Le livre du Deutéronome (la «deuxième Loi», la Loi nouvelle) pourrait être appelé le «testament» de Moïse, car il expose les ultimes enseignements et recommandations que Moïse donna à tout le peuple d’Israël à la veille d’entrer dans la Terre Promise. Moïse sait en effet qu’il n’entrera pas dans cette Terre (cf. Nb 20:12). Avant de mourir, il s’adresse une dernière fois au peuple choisi.

Cette cinquième partie de la Loi, de la «Torah», n’est pas vraiment une deuxième Loi, supprimant la précédente, mais reprend la quintessence de la première révélation reçue par Moïse au Mont Horeb pour la nouvelle génération du peuple, la génération qui n’a pas connu toutes les vicissitudes de la traversée du désert : maintenant, elle s’apprête à arracher aux païens cette Terre Promise.

L’extrait d’aujourd’hui commence par le mot «craindre», qu’il faut bien comprendre dans son sens positif. La crainte de Dieu n’est jamais une «peur» quelconque devant un Etre tout-puissant et implacable dans ses décisions ; ce serait vraiment là construire une image du Créateur incompatible avec sa Bonté et sa Miséricorde.

La Crainte de Dieu est une vertu qui comporte à la fois un amour inconditionné pour notre Père céleste, un immense respect pour cet Etre parfait, un désir profond d’être en communion avec Lui. La peur est quelque chose de naturel, que nous inspire un danger quelconque ; la Crainte de Dieu doit nous inspirer bien au contraire l’attirance vers la Perfection divine, comme un aimant attire à lui tout objet en fer ; Dieu est notre Aimant, et qui, mieux que Lui, peut porter ce nom ?

C’est par amour pour Dieu que les enfants d’Israël doivent mettre en pratique tous les commandements de la Loi, et Moïse assure à ses auditeurs que, tant qu’ils y seront fidèles, ils recevront la bénédiction de Dieu.

Dans un style très solennel, liturgique même, Moïse adresse cette sublime recommandation : 

«Ecoute, Israël…», en hébreu : SHEMA, ISRAËL…

D’abord, Moïse rappelle l’essence-même du judaïsme, le monothéisme :  Yahwe est le Dieu unique ; il n’y en a pas d’autre. Et ce Dieu unique, il faut L’aimer de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa force

Le «Shema» est resté encore aujourd’hui «la» prière fondamentale de tout juif pieux. C’est la pierre d’angle de sa foi en un Dieu unique, un Dieu d’amour qui veut notre amour. C’est aussi le commandement fondamental que Jésus nous a rappelé : Voilà le plus grand et le premier commandement. Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. A ces deux commandements se rattache toute la Loi, ainsi que les Prophètes (Mt 22:38-40). Et c’est également ce qu’écrit l’évangéliste Marc, que nous allons lire.

 

*       *       *

 

Il y a apparemment une erreur dans le choix du psaume d’aujourd’hui : si le titre indique bien Psaume 17 , le texte provient en réalité du psaume 118, de contenu analogue (cf. Ps 118:97-106). C’est une louange à Dieu, notre Lumière, qui nous conduit au salut.

Mais dans le psaume 17, il y a cette acclamation au Rocher, qui personnalise la force de Dieu. C’est de ce Rocher que jaillit l’Eau vive dans le désert (Ex 17:1-7), et c’est à ce Rocher que nous nous accrocherons pour rester forts contre l’Ennemi.

En introduction à ce psaume, David rappelle qu’il l’écrivit en action de grâces à Dieu, pour l’avoir arraché à la main vengeresse de Saül. 

Ce n’est pas sans référence à ce Rocher, que Jésus a surnommé Simon Pierre, et que sur cette Pierre il a fondé l’Eglise (Mt 16:18).

Le psalmiste, qui s’attache à la Loi de Dieu, ne se montre pas contraint d’adhérer à cette Loi par la force, contre sa volonté : il aime la Loi de Dieu, qui lui donne la force intérieure de l’âme. 

Cette Loi d’amour n’a pas changé avec le Nouveau Testament. Ce qui était propre à l’Ancien Testament, dans l’attente du Messie, a été porté à accomplissement par Jésus-Christ. C’est ainsi que le Sacerdoce d’Aaron reçut sa pleine maturation dans le Sacerdoce du Christ.

 

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Dans l’ancienne Alliance, dit l’auteur sacré, un grand nombre de prêtres se sont succédé, qui devaient offrir chaque jour des sacrifices. Nous pourrons objecter : mais les prêtres de l’Eglise catholique, eux aussi, meurent, et doivent être remplacés ; et eux aussi doivent chaque jour célébrer le Saint Sacrifice de la Messe.

Tous ces sacrifices sont de nature différente. Dans l’ancienne Alliance, il fallait offrir un sacrifice nouveau pour chaque occasion, pour chaque péché, pour chaque impureté ; il fallait une quantité de prêtres pour offrir tant de sacrifices, c’était toute une tribu, la tribu sacerdotale de Levi, sans territoire précis en Israël, mais présente en plusieurs villes, et qui était exclusivement attachée au service du Temple.

Le Sacrifice de Jésus, en revanche, est unique, et définitif. Jésus, victime parfaite et sans tache, s’est offert une fois pour toutes sur la Croix. Ce Sacrifice marque la victoire totale sur le péché de toute l’humanité. Quand les prêtres offrent le Sacrifice de la Messe, ils répètent, mystérieusement mais réellement, ce même et unique Sacrifice, qui retombe en grâces sur chacun de nous, permettant ainsi aux fidèles, à leur tour, de recevoir l’Eucharistie en nourriture.

Quand un prêtre ne célèbre pas la sainte Messe, quelle qu’en soit la raison - car les prêtres aussi ont le droit d’être malades ou fatigués, parfois même à bout de forces… -, il ne retire rien au Sacrifice unique du Christ ; certes, il prive lui-même et les fidèles de grâces intérieures précieuses, auxquelles cependant l’Eglise rappelle qu’ils peuvent suppléer par une «communion de désir», en s’unissant aux autres Messes qui se célèbrent ailleurs dans le monde entier et en appelant de tout leur cœur la présence de Dieu en eux.

L’Eglise a besoin de prêtres, de nombreux prêtres ! Il y en a beaucoup dans les pays dits du Tiers-Monde, et il en vient souvent dans nos régions. Notre société occidentale a besoin de se réveiller, d’aimer Dieu de tout son cœur, pour que nombreux soient ceux qui acceptent de répondre à l’appel de Dieu, de se consacrer à Lui pour annoncer l’Evangile et célébrer les Sacrements.

 

*       *       *

 

Le scribe qui s’est adressé à Jésus fait une remarque que nous ne devons pas oublier : tous les sacrifices du Temple demeureront peu de choses, s’il n’y a pas d’abord, et avant tout, l’amour de Dieu et du prochain. Ce scribe avait compris que les choses extérieures sont trop facilement rituelles et mécaniques, s’il n’y a pas au-dedans de nous une vraie vie spirituelle, une vraie écoute de Dieu, une vraie disposition du cœur à appliquer la Parole divine.

Beaucoup de chrétiens reprochent aux fidèles de ne pas être cohérents entre leur pratique à l’Eglise et leur vie de chaque jour… Mais personne ne les empêche, eux, de donner le bon exemple, en accordant leur vie à l’Evangile ; grâce à eux, nos églises se rempliraient à nouveau de chrétiens authentiques, exemplaires, fervents, et nos célébrations y gagneraient !

Il reste que Jésus ajoute encore une réflexion : Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. Le bon scribe avait déjà beaucoup cheminé intérieurement, son cœur aimait la Vérité, il lui restait à adhérer au Christ, à Le reconnaître comme le Messie, contrairement aux autres scribes qui ne cessaient de critiquer Jésus. Peut-être l’a-t-il fait : seul Dieu le sait.

Et nous ? Où en sommes-nous ? Sommes-nous comme ce scribe anonyme ? Aimons-nous Dieu de tout notre cœur, et notre prochain comme nous-mêmes ? Les sacrements que nous demandons, baptême, communion, mariage, sont-ils vraiment des démarches chrétiennes, ou seulement l’occasion de faire de belles photographies ? 

 

*       *       *

 

Que nous manque-t-il ? Qu’est-ce qui entrave notre route ? Nous manque-t-il de l’élan, de la force, de la persévérance ? Relisons la Prière du jour, et disons-la avec conviction : 

Accorde-nous de progresser sans que rien nous arrête.

Et quelle sera notre force ? Nous le disons dans la dernière Prière : fortifiés par tes sacrements, par l’Eucharistie.

Béni soit Jésus au Très Saint Sacrement de l’autel !

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année B
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