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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 23:00

Richard Gwyn

1537-1584

 

On sait peu de choses sur l’enfance de ce laïc né vers 1537 à Llanidloes (Powys, Pays de Galles).

Son nom gallois fut anglicisé en Richard White.

A vingt ans, il s’inscrivit à l’université d’Oxford, mais passa à celle de Cambridge, hébergé charitablement au St.John’s College. Pour la suite des événements, on trouve deux variantes.

Dans l’une, quand le recteur, le catholique George Bulloch, fut contraint de démissionner, Richard mit fin à ses études. Il passa alors au collège de Douai. Mais il ne devait pas être fait pour le sacerdoce ; il retourna au Pays de Galles et enseigna, tout en continuant d’étudier par lui-même. Il épousa une certaine Catherine et ils eurent six enfants, dont trois survécurent à leur père.

Dans l’autre version, il fut quelque temps maître d’école à Wrexham puis à Orton (Flintshire), toujours catholique dans son cœur, mais extérieurement présent aux services protestants, jusqu’à ce que des prêtres, venus du Collège de Douai, lui firent comprendre son erreur. Il se réconcilia et déserta le temple protestant.

Son catholicisme engagé fut remarqué par l’évêque protestant et dénoncé. Il avait déjà par le passé reçu des menaces et, s’étant trouvé un jour en grand danger, il avait juré, si Dieu lui épargnait la vie, de retourner au catholicisme.

Persécuté, il dut souvent changer de maison et d’école. Finalement il fut arrêté en 1579 par le pasteur de Wrexham, un ancien catholique passé au protestantisme. Mais Richard s’échappa et se cacha encore pendant un an et demi, jusqu’à ce qu’il fût repris et fait prisonnier pendant quatre années, changeant plusieurs fois de prisons. 

En mai 1581, on le conduisit à l’église de Wrexham où, porté d’abord par six hommes devant les fonts baptismaux, puis devant le pupître, il fut attaché à des fers très lourds. Là, Richard remua tellement les jambes avec ces fers, qu’on ne pouvait plus entendre la voix de celui qui prêchait. On le mit alors dans des cales de bois.

Ensuite un prêtre anglican vint prétendre que les clefs de l’Eglise avaient été remises autant à saint Pierre qu’à lui, et Richard répondit : Avec cette différence que saint Pierre reçut les clefs du royaume des Cieux, tandis que vous, vous avez dû recevoir celles du cellier à bière.

On le condamna à deux-cent quatre-vingts livres d’amende pour avoir refusé d’écouter le culte anglican, et à cent-quarante livres pour le «tapage» qu’il y avait fait. On lui demanda ce qu’il pourrait payer de ces énormes sommes, il répondit : Six pence.

Il arriva que, quand on voulut lui lire la sentence, le lecteur fut frappé au point de ne plus distinguer une lettre du texte ; le juge l’avertit de prendre garde que les papistes n’en prennent pas occasion pour prétendre à un miracle. On reconduisit Richard en prison.

Au printemps 1582, il fut convoqué à la cour avec deux autres catholiques, où ils durent encore subir un sermon d’un ministre anglican. Mais les trois se mirent à l’interpeller, l’un en gallois, l’autre en latin et l’autre encore en anglais, de sorte qu’on dut mettre fin à l’épreuve.

En 1583, ces trois prisonniers, Richard, John Hugues (ou Pugh) et Robert Morris, furent accusés de haute trahison et cités en justice. Des témoins rapportèrent évidemment qu’ils persévéraient dans le catholicisme, que Richard avait composé des vers contre les prêtres mariés, qu’il espérait un monde meilleur (donc, en quelque sorte, qu’il complotait une révolution), et qu’il affirmait la suprématie du Pape. En outre, on les accusa tous les trois de chercher à faire des conversions.

Malgré ce qu’ils affirmèrent pour leur défense, on les déclara coupables. Richard fut condamné à être pendu, éviscéré et écartelé.

Richard fut exécuté sur le marché à bestiaux de Wexham, le 15 (ou le 17) octobre 1584. L’exécution de John Pugh fut remise à plus tard, et Robert Morris fut acquitté, ce qui le fit pleurer amèrement, au grand étonnement des jurés. 

Juste avant d’être exécuté, Richard se tourna vers la foule et dit : J’ai été un plaisantin, et si j’en ai offensé quelques uns, je les supplie de me pardonner, pour l’amour de DIeu.

Le bourreau coupa rapidement la corde de la potence, de sorte que Richard reprit ses sens ; il était tout-à-fait conscient quand on l’éviscéra, et jusqu’au moment d’être décapité. Ses derniers mots auraient été, en gallois : Iesu, trugarha wrthyf (Jésus, aie pitié de moi).

On accrocha ses membres au château de Denbigh, à Wrexham, Ruthin et Howlet.

Le Martyrologe le mentionne au 17 octobre. Il a été béatifié en 1929, et canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, obtenue par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons, fut la guérison instantanée et durable d’un malade atteint d’un sarcome à l’épaule.

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Published by samuelephrem - dans Hagiographie R
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