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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 18:14

Aelred de Rievaulx

1109-1167

 

Le prénom Aelred pourrait s’écrire aussi Ethelred et Ailred.

Aelred naquit vers 1109 à Hexham, d’une ancienne famille d’Angleterre du Nord, un des trois enfants de Eilaf. Sa sœur aussi fut consacrée.

Après ses études à Hexham, le roi d’Ecosse David voulut l’avoir à la cour ; Aelred séjourna ainsi à Roxburgh de 1124 à 1133 et devint majordome ; il y conquit l’estime de tous les courtisans par sa douceur de caractère.

On put ainsi mesurer son degré de maîtrise de soi lorsque quelqu’un l’invectiva devant tout le monde et qu’il lui exprima sa gratitude pour l’avoir aidé à voir ses fautes : l’autre tomba à genoux de honte et de repentir ; une autre fois, on l’interrompit brusquement tandis qu’il exposait son discours au roi, mais il attendit tranquillement de pouvoir reprendre, sans montrer la moindre gêne.

Cependant cette vie de cour déplaisait à Aelred ; il la quitta après mûre réflexion et partit au loin, dans le comté d’York, à l’abbaye cistercienne de Rievaulx, récemment fondée. L’abbé William, un disciple de saint Bernard (v. 20 août), le reçut en 1135.

Désormais, l’ancien humaniste qui prisait Cicéron, le trouvait fade à côté de l’Ecriture. La lecture de la Bible était ses délices et lui causait une grande émotion. Sa douceur de caractère se doubla d’un amour de la sanctification et le poussa très haut dans les vertus. Il se lia d’amitié avec un moine nommé Simon qui semblait sourd-muet tant il estimait le silence.

Devenu maître des novices, Aelred fut élu abbé à Revesby en 1142, bien contre son gré, et en 1143 on le rappelait à Rievaulx pour assumer la charge d’abbé. Il avait trois-cents moines à diriger, ainsi que cinq abbayes-filles à visiter, ce qu’il fit avec sa douceur fraternelle habituelle, dans un climat de grande amitié avec tous. Aelred écrivit ces lignes à propos de ses moines : 

Nous mangeons peu, nos habits sont rudes et grossiers, nous ne buvons que de l’eau, nous dormons à peine, n’ayant pour lit qu’une natte très dure ; quand le sommeil commence à nous faire sentir sa douceur, la cloche nous réveille et nous oblige à nous lever. J’omets de dire que nous mangeons notre pain à la sueur de notre front ; nous ne parlons qu’à trois personnes et encore seulement quand la nécessité l’exige. Assimilés aux bêtes de somme, de quelque côté qu’on nous tourne et qu’on nous mène, nous y allons sans la moindre résistance ; nous portons les fardeaux qu’on nous impose sans jamais en refuser aucun. La volonté propre n’a chez nous aucun moyen de s’exercer, nous n’avons même pas le moyen d’être oisifs ou de nous divertir. Parmi nous, on ne trouve aucun procès ; la paix, la tranquillité règnent partout. Il y a une telle concorde antre les frères que tout y est commun ; ce qui appartient à l’un appartient à l’autre ; il n’y a aucune acception de personnes ; seules la nécessité ou les infirmités mettent quelque différence ou quelque distinction entre les frères.

L’extrême mansuétude de l’abbé a été légendaire, mais il savait user de son autorité quand il le fallait : il déposa sans tarder l’abbé de Melrose, filiale de Rievaulx, apprenant qu’il s’emportait contre ses moines. Quand l’empereur Barbarousse fit nommer un antipape contre Alexandre III, Aelred prit solennellement parti pour le pape légitime.

Aelred refusa plusieurs évêchés qu’on lui proposa.   

Ses dernières années furent endolories par la goutte et la pierre, qui ne diminuèrent pas son activité.

Il nous a laissé des Sermons, trois traités : Sur l’amitié spirituelleSpeculum caritatis, Sur l’institution des recluses, ainsi que des œuvres historiques.

En 1163, il eut l’occasion d’exposer la vie de saint Edouard le Confesseur (v. 5 janvier) et nous a laissé une admirable homélie.

En 1164, il fit une mission en Ecosse, pour rencontrer les Pictes et tenter de les civiliser.

Aelred mourut après vingt-deux années d’abbatiat, le 12 janvier 1167, son dies natalis dans le Martyrologe.

Il fut peut-être canonisé en 1191, mais il n’existe pas de document formel pour l’attester. Quant à l’abbaye de Rielvaulx, elle n’est plus qu’une solennelle ruine, qui laisse cependant entrevoir la beauté et l’étendue des constructions.

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Published by samuelephrem - dans Hagiographie A
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