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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 19:03

Isabelle de France

1225-1270

 

Le roi de France Louis VIII, surnommé Le Lion, et son épouse Blanche de Castille, eurent onze ou douze enfants, dont les deux (ou trois) premiers moururent en bas âge, puis vinrent : Philippe (mort à neuf ans), Louis (qui fut Louis IX, v. 25 août), Robert, Jean (mort à treize ans), Alphonse, Philippe (mort à neuf ans), Isabelle, Etienne (mort à deux ans) et Charles. Il fut couronné roi en 1223 et mourut en 1226.

On le voit : Isabelle ne connut pas vraiment son père, car elle n’avait pas deux ans quand il mourut. Sa pieuse mère, Blanche, s’appliqua à instruire elle-même son unique fille, à laquelle elle donna ensuite comme gouvernante Madame de Buisemont, dont elle connaissait bien la sagesse et la vertu.

Isabelle se cultiva dans tous les domaines des sciences et des arts, pour lesquels elle montrait plus d’intérêt que pour les fêtes et les belles parures.

Blanche et son aîné, Louis, eurent l’idée que le mariage d’Isabelle avec le fils de l’empereur de Germanie, aurait été profitable à l’Etat. De son côté, le pape y voyait aussi un facteur de paix pour l’Italie et l’écrivit à Isabelle. La jeune fille était déjà tellement déterminée à se consacrer à Dieu, qu’elle répondit avec une humble sincérité au Pontife que son choix était déjà fait, à quoi le pape répondit à son tour qu’il la félicitait pour cette volonté de se consacrer au Seigneur.

Dès lors, Isabelle fut une moniale dans le palais royal. Les meilleurs plats étaient portés de sa part à l’hôpital ou à un couvent pauvre ; elle se confessait presque chaque jour et s’imposait une rude discipline après avoir reçu l’absolution ; elle veillait, priait l’Office et méditait.

Les douceurs de l’union à Dieu et de la famille royale n’empêchèrent pas la Princesse de souffrir beaucoup de longues et douloureuses maladies, qu’elle supportait avec la joie d’unir quelques souffrances à celles du Rédempteur. Il y eut des deuils : celui de son frère Robert, victime de sa précipitation indisciplinée lors de la croisade (1250), celui de sa mère Blanche (1252). Elle fut attristée des mauvais résultats de la croisade en Terre Sainte et de la captivité de son frère Louis.

Avec l’assentiment de ce dernier, une fois revenu à Paris, elle se retira complètement de la cour et fonda à Longchamp un couvent de Clarisses, qu’elle mit sous le vocable de l’Humilité de Notre-Dame et qu’elle voulut appeler Sœurs Mineures. La règle était celle de sainte Claire (v. 11 août), un peu adoucie ; le pape intervint à son tout pour modifier quelques articles. La fondation eut lieu en 1255, et le monastère était prêt en 1259.

Isabelle ne fit pas partie de la communauté, mais vécut en étroite communion avec les Religieuses. C’est qu’elle craignait qu’à cause de son sang royal, on l’élût abbesse, mais aussi elle savait qu’à cause de ses indispositions, elle aurait dû demander de trop fréquentes dispenses, ce qui aurait été d’un mauvais exemple pour les Religieuses. Elle s’établit donc dans un endroit retiré, cousant ou réparant les vêtements des pauvres et les siens, et à l’occasion apportait un soutien nécessaire à la communauté, par ses propres ressources.

Saint Bonaventure (v. 15 juillet) lui dédia un traité de vie spirituelle De Perfectione vitæ et vint plusieurs fois y prêcher.

Cette vie retirée dura dix années. Les six dernières, Isabelle souffrit de maux constants. Elle fut favorisée d’extases et sut à l’avance le jour de son décès, qu’elle annonça au pape : elle lui demandait sa bénédiction, et la faveur de permettre à sa famille d’assister à ses funérailles dans le monastère.

Parvenue à sa dernière heure, elle se fit mettre sur la paille, comme l’avait fait sa mère Blanche vingt ans plus tôt ; elle fit ses adieux aux Religieuses, reçut les Sacrements et s’éteignit le 22 (ou 23) février 1270.

En mai de la même année, Louis IX partait pour la huitième croisade et allait mourir de la peste le 25 août suivant.

Isabelle fut béatifiée en 1521 et inscrite au Martyrologe au 22 février.

On sait peut-être que l’abbaye de Longchamp fut détruite par la révolutionnaires déchaînés et profanateurs, et que le site en est régulièrement piétiné par les courses hippiques.

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