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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 00:00

Catherine Labouré

1806-1876

 

Catherine - prénommée familièrement Zoé par les siens - naquit le 2 mai 1806 à Fain-les-Moutiers (Montbard, Côte d’Or), neuvième des onze enfants de Pierre et Louise-Madeleine Gontard ; cette dernière mourut en 1815 déjà.

Le papa, un cultivateur, fut maire de sa localité de 1811 à 1815.

L’aînée des filles, Marie-Louise, après avoir dirigé quelque temps la maison familiale, entra chez les Filles de la Charité en 1818 ; la petite Zoé dit alors à sa jeune sœur Marie-Antoinette, surnommée Tonine : A nous deux, nous allons faire marcher la maison !

Après avoir reçu la Première communion, elle s’occupa à la ferme du ménage, de la cuisine, des bêtes (les vaches, les cochons, les huit-cents pigeons). Pieuse, elle se mit à jeûner les vendredis et les samedis.

C’est à cette époque qu’elle vit en rêve un vieux prêtre, qui l’invitait à rejoindre son aînée. Elle garda son «secret» dans son cœur et partit chez une cousine à Châtillon-sur-Seine, dans un pensionnat où elle apprit à lire et à écrire. Or, dans ce pensionnat, elle aperçut un tableau où elle reconnut le vieux prêtre de son rêve : on lui expliqua qu’il s’agissait du fondateur des Filles de la Chrité, saint Vincent de Paul (voir au 27 septembre). Mais voilà : le papa Labouré voulait marier sa fille et, pour lui faire oublier cette histoire, l’envoya travailler à Paris dans une cantine pour ouvriers, tenue par son frère.

Catherine y découvrit la misère du peuple, et désira encore plus fermement entrer chez les Filles de la Charité : en 1830, après trois mois de discernement dans la maison de ces Religieuses à Châtillon-sur-Seine, elle commença le noviciat à la maison-mère de Paris, rue du Bac. Elle n’avait pas de dot, mais une belle-sœur la lui avait procurée. Au terme du noviciat (ou séminaire, comme on dit dans cette congrégation), Catherine fut ainsi notée : Forte, moyenne taille, sait lire et écrire pour elle. Le caractère a paru bon, l’esprit et le jugement ne sont pas saillants. A de la piété, travaille à la vertu. Rien de plus ! 

C’est à cette jeune Sœur qui travaille à la vertu, qu’apparut la Mère de Dieu, en 1830. Sur le moment, Catherine garda un silence absolu sur ces manifestations extraordinaires, mais en parla seulement au confesseur ; ce saint prêtre prudent en avertit l’archevêché pour diligenter une enquête canonique, et obtint qu’on respectât discrètement l’anonymat de cette voyante.

Ce procès canonique se déroula en 1836. Sur la base des confidences de Catherine, le prêtre exposa les faits.

Après avoir vu en vision le cœur de saint Vincent de Paul, puis Notre-Seigneur Roi, Catherine fut réveillée la nuit du 19 juillet - à l’époque, c’était la fête de saint Vincent de Paul - par un petit enfant de quatre ou cinq ans (dit-elle, probablerment son ange gardien), qui la conduisit à la chapelle, où l’attendait la Mère de Dieu.

La Sainte Vierge exprima son mécontentement sur le relâchement de certaines Religieuses, et annonça à Catherine que Dieu avait pour elle une difficile mission.

Plus tard, le 27 novembre 1830,  Catherine vit la Sainte Vierge debout sur une boule blanche. Elle écrasait un serpent et tenait un globe dans ses mains à la hauteur de l’estomac, les yeux au ciel. Le globe disparut, les bras de la Vierge s’étendirent vers le bas : ses mains étaient rayonnantes ; les rayons partaient de ses doigts ornés chacun de trois anneaux couverts de pierreries. Ces rayons symbolisaient les grâces répandues sur les personnes qui les demandent. Les pierres sans rayon étaient les grâces qu’on oublie de demander. Un ovale se forma. Il y avait en haut : O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. Au revers, on voyait la lettre M, surmontée d’une croix et au-dessous, les cœurs de Jésus et Marie, avec douze étoiles tout autour. Marie demanda à Catherine de porter ces images à son confesseur, en lui disant de les frapper sur des médailles car tous ceux qui la porteront, recevront des grâces.

Le procès s’acheva positivement. Des médailles furent frappées, engendrant un courant de dévotion extraordinaire, et fructueux, dès l’épidémie de choléra en 1832.

Sur la demande de Marie, fut aussi créée la confrérie des Enfants de Marie Immaculée, en 1837. Notons ici que le dogme de l’Immaculée Conception ne devait être proclamé qu’en 1854. C’est en 1858 à Lourdes que la Vierge révéla à sainte Bernadette Soubirous (voir au 16 avril), qu’elle était l’Immaculée Conception.

Après ces premières visions, Catherine fut envoyée à l’hospice d’Enghien transféré rue Picpus à l’extrémité du faubourg Saint-Antoine, où elle devait rester jusqu’à sa mort.

Une des grâces les plus manifestes de cette Médaille Miraculeuse, comme on l’a populairement appelée, fut la conversion du juif Alphonse Ratisbonne, à Rome, le 20 janvier 1842 : ayant accepté de porter cette médaille, il eut peu après une apparition de la Vierge Marie ; bientôt baptisé, il rompit ses fiançailles, entra chez les Jésuites et fonda les Religieuses de Notre-Dame de Sion, pour la conversion des Juifs.

Après la révolution de 1848, Catherine eut une autre vision, à la suite de laquelle elle écrivit de nouveau à son confesseur pour la lui décrire. Elle y avait vu des ennemis de la religion, puis une grande croix, qui devait s’appeler Croix de la Victoire, et qui devait être érigée non loin de Notre-Dame. Catherine voyait aussi que le sang coule, le pasteur donne sa vie, qu’on a interprété comme une annonce de la Commune et de la mort violente de l’archevêque, Mgr Darboy, en 1871.

Cependant, le confesseur ne tint pas compte de cette vision. Quand on rapporta à Catherine les faits de Lourdes, il paraît qu’elle commenta seulement : Oui, c’est bien. Si l’on avait fait ici ce que la Sainte Vierge a demandé, elle n’aurait pas été obligée de se manifester à Lourdes. La croix n’a jamais été érigée à Paris, mais la Commune a bien eu lieu. Durant les événements de la Commune, dit-on, même des révolutionnaires venaient demander des médailles au couvent.

Catherine passa les dernières années de sa vie dans la plus grande discrétion. Elle se réservait toujours les tâches les plus dures, à la cuisine, à la lingerie, à la basse-cour, aux vieillards, à la porterie.

Sa mort fut très calme et très douce, le dimanche 31 décembre 1876.

La cause de la Sœur fut introduite à Rome dès 1907, dix ans avant le terme requis à l’époque.

Béatifiée en 1933, Catherine fut exhumée : son corps apparut en parfait état et remis dans une châsse qu’on vénère aujourd’hui dans la Chapelle de Paris, au 140 de la Rue du Bac. Malheureusement, une initiative pour le moins étrange, fut qu’on en détacha ses mains qui avaient touché la Sainte Vierge, et qu’on plaça dans une autre châsse, visible à l’intérieur du bâtiment des Religieuses. Ces mains, elles, ont perdu leur fraîcheur.

Sainte Catherine Labouré fut canonisée en 1947.

Sa fête ne pouvant être célébrée le 31 décembre, durant l’octave de Noël, on la fête actuellement le 25 novembre, en même temps que sainte Catherine d’Alexandrie, deux jours avant la date anniversaire de l’apparition du 27 novembre.

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Published by samuelephrem - dans Hagiographie C
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