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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 00:00

Jehan de Mata

1160-1213

 

Il faut tenir compte pour cette notice de récentes découvertes ou mises au point.

Si l’on disait auparavant que Jean de Matha naquit à Faucon-de-Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence),  il semble maintenant plus exact de dire que Jehan de Mata naquit le 23 juin 1160 à La Motte-du-Caire (même département), d’Euphème de Mata et Marthe qui, le faisant baptiser dès le lendemain de sa naissance, lui donnèrent le nom du Saint du jour, Jean-Baptiste.

La maman avait eu une secrète révélation céleste concernant l’avenir de son fils, et le consacra à la Sainte Vierge.

Les parents s’installèrent à Marseille, où l’enfant commencera à étudier, mais aussi, avec sa mère, à rencontrer les pauvres, les malades, les prisonniers, et à leur manifester de la compassion.

Jehan fut ensuite envoyé faire ses études à Aix-en-Provence, où il continua ses pieuses pratiques, puis revint un moment à Faucon, où il vécut dans la solitude, avant de gagner Paris pour y compléter sa formation intellectuelle. Il rencontra à Paris un gentilhomme italien, Lotario de Segni, auquel il prédit qu’il serait pape : ce devait être Innocent III (1198-1216), dont il va être question plus bas.

Il reçut le doctorat en théologie et l’archevêque Maurice de Sully l’ordonna prêtre. Au moment où le pontife lui imposait les mains, on vit sur la tête de Jehan une colonne de feu. Le jour de sa première Messe, au moment de l’élévation, apparut un jeune homme revêtu d’une robe blanche avec une croix rouge et bleue sur la poitrine ; il avait les bras croisés et les mains posées sur deux captifs, l’un chrétien, l’autre maure. L’évêque conseilla à Jehan d’aller en informer le pape et de lui demander ce qu’il devait faire.

Avant de partir pour Rome, Jehan alla rencontrer un pieux ermite qui vivait près de Gandelu-en-Brie et qui le reçut avec grande bienveillance ; cet ermite «aurait reçu» plus tard le nom de Félix de Valois, dont les historiens mettent en doute l’existence même (v. 4 novembre). Durant leurs conversations, ils aperçurent le long d’une source un cerf blanc qui portait dans ses cornes une croix rouge et bleue. Ce signe, qui confirmait celui de la première Messe de Jehan, précéda une triple apparition d’un ange qui les invitait à rencontrer le pape sans tarder.

Or le pape régnant était justement Innocent III, qui venait d’être élu. Il avait eu la même vision que Jehan. Il reçut Jehan et Félix, approuva leur projet et leur remit lui-même un habit aux couleurs de la vision de Jehan : blanc avec une croix rouge et bleue. L’Ordre qu’ils allaient fonder s’appellerait : Ordre de la Sainte Trinité pour le rachat des captifs et sa mission serait de rassembler des fonds pour racheter la liberté des Chrétiens captifs des Maures, surtout en Espagne et en Afrique du Nord.

De retour à Paris, les deux Fondateurs obtinrent l’approbation de Philippe-Auguste. Un monastère construit près de la source où s’était manifesté le cerf, s’appela Cerfroid (Cerf-froid), et devint le noviciat des nouvelles recrues, préparés par Félix.

Parmi les premiers candidats, il y eut Jean l’Anglais de Londres, William Scot d’Oxford, Pierre Corbellin futur évêque de Sens, Jacques Fournier futur évêque de Todi.

Le même Innocent III approuva bientôt les constitutions et accorda une maison à Rome, sur le Mont Cœlius.

L’œuvre débuta par des opérations encourageantes. Jean l’Anglais et William Scot ramenèrent d’Afrique cent quatre-vingt-six Chrétiens, esclaves des Maures ; Jehan de Mata ramena de Tunis cent-dix esclaves.

Le voyage de retour de Jehan de Tunisie fut tourmenté, mais heureux. Certains Infidèles retirèrent au bateau ses voiles, mais Jehan fixa au mât son propre manteau en guise de voile et pria : le bateau accosta à Ostie.

Un couvent fut fondé en Flandre, un autre en Arles, plusieurs en Espagne. Il y eut deux autres fondations en France, à Planels et Bourg-la-Reine. La maison de Paris s’établit près de la chapelle Saint-Mathurin, ce qui fit appeler en France les Trinitaires : Mathurins.

Des milliers de prisonniers chrétiens furent rachetés aux Musulmans d’Afrique du Nord.

Jehan de Mata passa les deux dernières années de sa vie à Rome, visitant les prisonniers, soulageant les pauvres, prêchant. Il eut une vision de la mort de Félix (4 novembre 1212) et apprit qu’il le rejoindrait un an plus tard. Il mourut en effet le 17 décembre 1213.

Des miracles se produisirent auprès de la dépouille de Jehan : quatre aveugles recouvrèrent la vue.

Une canonisation par oral aurait été prononcée en 1265. Le culte de saint Jehan de Mata fut confirmé en 1666. Le Martyrologe Romain actuel mentionne saint Jean de Matha au 17 décembre.

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Published by samuelephrem - dans Hagiographie J
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