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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 00:00

Bathilde, reine

630-680

 

Celle dont il va être question s’appelait, suivant les versions, Bauthieult, Bauteuch, Baudour, Baltelt, et finalement Bathilde. 

Elle était née vers 630 dans l’Angleterre anglo-saxonne, de très humble extraction, et fut vendue en Gaule comme esclave (ou bien elle fut achetée en Angleterre). Il semble qu’elle fût déjà baptisée.

L’acheteur fut le maire du palais Erchinoald, qui lui assigna comme charge de lui apporter à boire dans son lit, et la soumettait aussi aux tâches les plus viles. Bathilde obéissait humblement, sans révolte, grâce à son heureux caractère doux, prudent, réservé, déjà formé à la vertu.

Lorsque son maître devint veuf, il voulut l’épouser, mais Bathilde répondit qu’elle préférait conserver sa virginité.

La Providence fit qu’elle fut demandée en mariage par Clovis II, vers 649, peut-être présentée par Erchinoald lui-même. De cette union naquirent cinq enfants, dont Clotaire III, Childéric II, Thierry III.

Quand Clotaire III reçut le royaume (657), il avait cinq ans, de sorte que Bathilde exerça la régence jusqu’à sa majorité ; il mourut cependant en 673, et c’est son frère Thierry III qui lui succéda sur le trône de Neustrie et Bourgogne, tandis que Childéric II régnait en Austrasie.

Bathilde était entourée de saints conseillers : l’abbé Genès, futur évêque de Lyon, Chrodobert, évêque de Paris, s.Ouen, évêque de Rouen, s. Eloi, évêque de Noyon (v. 24 août et 1er décembre). Elle soutint l’Eglise de toutes ses forces et de ses deniers, fondant les abbayes de Corbie et Chelles, soutenant celles de Saint-Denis, Jumièges, Saint-Wandrille de Fontenelle, Luxeuil, Jouarre, Saint-Martin de Tours, Corbion, Faremoutiers, favorisant les basiliques d’Auxerre, Soissons, Orléans…

Cette ancienne esclave fit interdire la vente d’esclaves chrétiens et racheta beaucoup de captifs : peu à peu l’esclavage disparut du royaume franc et le concile de Chalon-sur-Saône se prononça dans le même sens ;  elle abrogea l’impôt payé d’après le nombre de personnes au foyer (pour l’éviter, on laissait mourir des nouveaux-nés), mais surtout elle combattit la simonie du clergé.

Un mystère plane sur un autre aspect de la personnalité de cette sainte reine : d’après un récit anglo-saxon, Bathilde aurait sévi très sévèrement contre neuf évêques, jusqu’à les faire assassiner ; il semble beaucoup plus vraisemblable que ces crimes aient été le fait du nouveau maire du palais, Ebroïn, tristement célèbre pour ses violences inouïes ; et peut-être qu’il n’y eut qu’un seul évêque victime.

Des jours sombres attristèrent la pieuse reine ; l’impopulaire évêque de Paris, Sigobrandus, fut assassiné. Bathilde se sentit poussée à se retirer : elle fut admise à l’abbaye de Chelles, qu’elle avait fondée, et se mêla aux religieuses dans la plus parfaite obéissance à l’abbesse Bertile (v. 5 novembre). Elle continua de visiter les pauvres et les infirmes.

Les dernières années de Bathilde furent attristées par les luttes entre ses enfants, après la mort prématurée de Clotaire III en 673. Cette perspective fut une cause d’épreuves auxquelles vint se joindre une grave maladie.

Dieu vint la consoler au moment de sa dernière heure. Elle vit une échelle dont le sommet atteignait le ciel : elle en gravissait les degrés, accompagnée des anges, récompensée pour ses mérites, sa patience, son humilité. Aux quelques religieuses témoins de cette vision, elle défendit absolument d’en parler avant sa mort.

Bathilde mourut alors, le 30 janvier 680.

Des miracles, des délivrances de possédés, se produisirent sur son tombeau. Cent cinquante ans plus tard, en 833, le corps fut retrouvé intact et de nouveaux miracles eurent lieu.

Canonisée dès le 11e siècle, sainte Bathilde est mentionnée au 30 janvier dans le Martyrologe Romain.

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