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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 00:00

Austreberte de Pavilly

630-704

 

Austreberte (ou Anstreberge), qui naquit vers 630 au pays de Thérouanne, fut la fille de Badefroy, comte de Hesdin au service de Dagobert Ier, et de Framechilde, d’une noble famille issue de peuple alaman. Elle eut un frère, qu’on a par erreur identifié avec s.Ansbert (v. 9 février).

Dès avant sa naissance, la maman avait reçu du ciel l’annonce que sa fille aurait vécu dans une grande sainteté angélique. 

Très tôt, la petite fille décida en effet de garder la chasteté toute sa vie. Un jour, elle eut l’impression de recevoir sur sa tête un voile que lui imposait l’Esprit-Saint, en signe de noces mystiques. A dix ans, elle déclara ouvertement à ses parents sa volonté bien arrêtée.

Mais le papa songeait plutôt à un heureux mariage avec un prince. Austreberte, avec son frère, quitta alors la maison familiale pour aller trouver l’évêque.

En chemin, ils devaient passer la Canche, qui débordait : prenant son frère par la main, elle la traversa en marchant sur les eaux.

Arrivée devant l’évêque s.Omer (v. 1er novembre), elle lui déclara sa ferme résolution ; Omer en fut tellement frappé, qu’il lui donna sans tarder le voile des vierges. Mais les parents ? Omer les rencontra, les rassura. Les parents proposèrent à leur fille de venir habiter avec eux avec toute liberté pour ses activités pieuses. Mais Austreberte voulait le détachement total : elle entra au monastère de Port, sous l’abbesse Burgoflède.

Austreberte se montra une novice déjà accomplie dans les vertus de la sainteté ; humble parmi les autres religieuses, elle était heureuse d’obéir et de vivre dans la pauvreté. Des miracles prouvèrent déjà sa sainteté ; un jour qu’elle n’avait pas de balai pour balayer son four à pain, elle y entra elle-même, se servit de ses manches en guise de balai, et en ressortit sans la moindre brûlure.

Elle fut nommée prieure et, après quelques années, abbesse du nouveau monastère de Pauliacum, Pavilly ; certains prétendent qu’il y eut d’abord une autre fondation, dont on ignore la localité, et que c’est à la suite de l’échec de cette fondation, qu’Austreberte fonda Pavilly (662). C’est saint Omer qui en fit la dédicace.

Pavilly n’est pas très distante de Jumièges ; les moniales de Pavilly s’occupaient de laver les linges des moines de Jumièges ; d’après la tradition, saint Philibert de Jumièges (v. 20 août) ne voulait célébrer la Messe qu’avec des linges lavés par Austreberte !

Austreberte donna le meilleur d’elle-même et conduisit sa communauté dans les voies de la sainteté. L’ennemi de la paix entrava manifestement cette entreprise, mais Dieu protégea l’abbesse de ses grâces.

Un jour, ou plutôt une nuit, une des religieuses fut réveillée et avertie d’aller prévenir l’abbesse : il fallait absolument se lever et aller chanter l’office à l’église, bien plus tôt que prévu. A peine la communauté commençait la liturgie, que le dortoir s’effondrait ; Austreberte donna l’ordre d’achever d’abord l’office avant d’aller constater les dégâts. Deux jeunes novices, qui n’étaient pas encore astreintes à l’office, furent retrouvées saines et sauves ; mais une religieuse, qui avait désobéi et était allée sur les lieux de l’accident, fut frappée par une pierre et semblait morte. Austreberte vint faire le signe de la croix sur son front avec l’huile de la lampe du sanctuaire et la religieuse revint à elle.  

Dans une autre occasion, Austreberte montra à quel point pouvait arriver son humilité. Une nuit qu’elle passait dans le dortoir pour veiller à ce que toutes les religieuses fussent en paix, la prieure, entendant le bruit de ses pas, mais sans la reconnaître, l’envoya à la croix, ce qui signifiait d’aller se coller contre un grand crucifix, les bras en croix, en récitant des psaumes «jusqu’à nouvel avis de la Supérieure». Austreberte resta là jusqu’au moment où la communauté gagnait l’église, à la première lueur du jour ; la pauvre prieure en fut bien confuse ! Austreberte n’eut pas un mot de rancœur contre cette maladresse.

Le 2 février 704, Austreberte apprit d’un Ange qu’elle quitterait cette terre une semaine plus tard. Elle l’annonça aux religieuses. Dès le lendemain, la fièvre commença et elle reçut les derniers Sacrements. Le 10 février, tandis que les prêtres récitaient les prières des agonisants et invoquaient les Saints, Austreberte les interrompit : Faites silence, regardez cette procession qui entre dans la chambre ! C’étaient tous les Saints qu’on avait invoqués l’instant d’avant et qui venaient la prendre et la conduire au Ciel.

Austreberte s’exclama alors : Me voici, Seigneur, toi que j’ai tant aimé. 

Elle s’endormit ainsi le 10 février 704.

Quand les Normands mirent le feu à l’abbaye (fin 9e siècle), les reliques de sainte Austreberte furent mises en sûreté ; elles auraient échappé à la fureur révolutionnaire, et se trouveraient maintenant à Montreuil-sur-Mer, en la chapelle Sainte-Austreberte, seul vestige de l’ancienne abbaye éponyme.

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Published by samuelephrem - dans Hagiographie A
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