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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 20:30

Abbon de Fleury-sur-Loire

940-1004

 

Abbon était né vers 940 dans l’Orléannais, de Lyé et Ermengarde.

Encore enfant, il fut confié aux moines de l’abbaye de Fleury.

Le jeune garçon était naturellement porté à étudier ; il retenait tout ce qu’il entendait, au point que de bonne heure on lui confia l’enseignement de la lecture et du chant.

Après avoir assimilé tout ce qu’on pouvait lui enseigner en matière de grammaire, d’arithmétique et de dialectique - c’est-à-dire peu de choses, au goût de l’intéressé - , il se rendit à Paris et à Reims, mais fut déçu du peu qu’il put y apprendre. A Orléans, il prit des leçons de musique auprès d’un clerc. Il étudia la rhétorique tout seul, et travailla énormément sur les nombres. Il fut bientôt une encyclopédie vivante.

Ses recherches en mathématique aboutirent à des conclusions assez originales pour l’époque.

Vers 975, il fut nommé écolâtre de Fleury. C’est pendant les dix années de cette charge qu’il écrivit la plupart de ses traités scientifiques. Il se pencha sur le problème de la date de Pâques, et proposa déjà d’avancer de plusieurs années la date de la naissance du Christ.

En 985, le nouvel abbé de Fleury choisit Abbon pour être écolâtre à York, où un ancien moine de Fleury, Oswald (v. 29 février), devenu évêque, avait besoin d’un homme comme Abbon. Si ses élèves bénéficièrent heureusement de son enseignement, Abbon restait très nostalgique de son abbaye et fut fort content d’y être rappelé ; diacre, il fut ordonné prêtre par Oswald avant son départ et revint en France chargé de cadeaux - ainsi que d’un notable embonpoint…

En 987, Abbon fut élu abbé de Fleury. Désormais illustre, il profita de sa position pour asseoir les droits des abbayes en France. 

Par exemple, un de ses premiers soucis lui vint d’un châtelain qui rançonnait outrageusement un prieuré qui dépendait de Fleury, dans le diocèse d’Orléans dont l’évêque était un ennemi juré de Fleury (cela arrive effectivement, hélas…). Abbon fit appel au roi : peu après, les troupes arrivaient et détruisaient le domaine du châtelain. Plus tard, le pape donna constamment raison aux sages revendications d’Abbon, y compris contre les évêques de Gaule.

Abbon s’employa à développer la culture intellectuelle des moines. Il voyait dans le travail intellectuel un moyen efficace de combattre les vices de la chair et d’avancer dans la vertu.

En 993, les évêques réunis à Sant-Denis, décidèrent tout bonnement que le produit des dîmes devait leur revenir intégralement ; Abbon protesta, vainement. Des moines intervinrent et firent sortir les évêques, disons, manu militari, en tout cas sans beaucoup de ménagements. L’évêque d’Orléans - encore lui - ne se gêna pas pour rédiger un pamphlet contre les moines, qu’il traitait de mous comme du cartilage, au lieu d’être vigoureux comme les os ; non content, il fit tendre sur la route de Tours un guet-apens contre Abbon, qui n’y échappa que de justesse. Abbon écrivit au roi.

Par la suite, il chercha à échapper entièrement à la juridiction des évêques. En 995, il crut le moment venu d’en référer au pape, mais on était en plein dans la lutte des familles romaines pour mettre leur candidat sur le siège de Saint-Pierre. Abbon patienta - et obtint enfin le privilège qu’il attendait tant pour les abbayes. Il l’obtint en 997. En même temps, le pape décorait Abbon du titre de premier abbé de la Gaule.

Désormais, il était interdit aux évêques de troubler le monastère ou d’y exercer une contrainte. L’évêque diocésain ne pouvait venir au monastère ou y célébrer la messe sans y être invité, il ne pouvait refuser d’ordonner un moine digne de l’être, ni revendiquer la moindre autorité sur ceux qu’il avait ordonnés. L’abbé pouvait excommunier tel moine indigne, le clergé devait appliquer la sentence.

Inversement, on recourait à Abbon pour régler des affaires épineuses. Sa modération et sa prudence firent merveille.

Ainsi en 1002, un abbé de Chartres avait été chassé par ses moines. Abbon apaisa les moines, et surtout pria l’évêque de recevoir l’abbé sans le condamner : l’abbé comprit ses erreurs, s’en repentit et put reprendre sa place.

En 1004 maintenant, ce fut le tour des moines de Micy, qui signifièrent à leur abbé de ne plus entrer dans l’abbaye, lassés qu’ils étaient de ses absences répétées ; Abbon calma les moines, convainquit l’abbé, et tout rentra dans l’ordre.

Le cas de l’abbaye de la Réole (Gascogne) fut plus grave, et même fatal. Abbon y avait envoyés quelques moines, qui furent tellement maltraités par les Gascons, qu’il rentrèrent à Fleury. Abbon s’y rendit en personne, en l’été 1004, avec quelques moines.

La réception fut assez calme, le 9 novembre ; le 11 (fête de s.Martin !), il y eut déjà une dispute entre les moines de la Réole et ceux de Fleury, au sujet de la nourriture des chevaux. Le 13, Abbon eut l’occasion de réprimander un moine qui sortait du monastère pour aller manger ailleurs. Ce dernier suscita une véritable émeute avec les gens du pays. Les moines gascons et français en vinrent aux mains. Abbon, qui était alors dans le cloître à rédiger des tables de comput, entendant le bruit, descendit pour apaiser les siens. Il reçut un coup de lance dans les côtes. Il eut la force d’envoyer son secrétaire essayer de calmer les «combattants» ; épuisé par le sang qu’il avait perdu, il mourut.

Son chambrier mourut le lendemain ; son écuyer, le 30 novembre.

Curieusement, les reliques d’Abbon demeurèrent à la Réole ; elles furent jetées par les protestants en 1577.

Saint Abbon de Fleury est commémoré le 13 novembre dans le Martyrologe Romain.

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