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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 13:08

Epiphane de Salamine

315-403

 

Epiphanios et sa sœur Callitrope furent élevés par leur pauvre mère, une veuve qui tissait des pièces de lin pour trouver un peu de quoi vivre. Ils habitaient Bezanduc, près d’Eleuthéropolis (Beth Guvrin, auj. Beth Jibrin, Israël).

Il se trouva qu’un Juif très riche s’intéressa au jeune Epiphanios, lui fit faire de bonnes études et lui promit sa fille en mariage. Celle-ci étant morte prématurément, le Juif constitua Epiphanios héritier de tous ses biens. Une variante de ces faits dit que le Juif en question, Tryphon, lui enseigna l’hébreu et la culture hébraïque, ce qui ne semble pas coïncider avec les propres affirmations d’Epiphane.

On ne sait dans quelles circonstances providentielles Epiphanios et Callitrope furent initiés au christianisme et baptisés. 

Renouvelant le geste de s.Antoine (v. 17 janvier), Epiphane confia sa sœur à une pieuse tante nommée Véronique, se défit de tout son héritage et en donna le prix aux pauvres, se réservant seulement de quoi acheter des ouvrages utiles pour ses études : c’est ainsi qu’il apprit l’hébreu, le syriaque, l’égyptien et le grec, pour approndir le sens de l’Ecriture.

Il alla aussi trouver les solitaires des déserts de Palestine et d’Egypte, pour en recevoir d’utiles conseils. C’est ainsi qu’il fut formé à la vie cénobitique par s.Hilarion de Gaza (v. 21 octobre). 

En 340, revenu dans son pays, il fut ordonné prêtre ; sa maison devint un monastère. Dans ce monastère, Epiphane sut mitiger certaines exigences assez habituelles chez les solitaires de l’époque : il permettait un peu de viande et de vin.

Un moine d’Egypte qu’il rencontra, lui fit cette prédiction étonnante, qu’il serait évêque de Chypre ; Epiphane était à mille lieues de songer à une telle mission, et chercha à y échapper : il s’embarqua - on ne sait pour quelle destination - mais le vent poussa le bateau précisément sur l’île de Chypre, où les évêques étaient en train de choisir le nouvel évêque de Salamine (la future Constantia, qui serait détruite par les Arabes en 647) : et voilà notre Epiphane désigné pour cette charge qu’il ne désirait pas (367).

Il dut s’incliner, mais n’abandonna pas son monastère d’Eleuthéropolis, ce qui suggère qu’il fit de nombreux voyages entre son diocèse et la Palestine.

L’évêque resta moine : son mode de vie était ascétique, et le resta pendant tout son épiscopat.

C’était l’époque de l’arianisme : Epiphane afficha un ferme attachement à la doctrine de Nicée : cette attitude, jointe au prestige qui lui conférait son immense érudition, en fit un des évêques les plus respectés et consultés de l’époque. Même un empereur comme Valens n’osa s’en prendre à lui. Epiphane aurait même réussi à ramener dans l’orthodoxie l’évêque arien d’Eleuthéropolis.

En 382, lors d’un synode à Rome, il alla loger chez s.Paula (v. 26 janvier), cette pieuse veuve qui rejoignit s.Jérôme (v. 30 septembre) à Bethléem. Mais dire qu’il fut présent auprès de Jérôme à sa mort est une grossière erreur, puisque Jérôme mourut dix-sept ans après Epiphane.

Dans son élan et son zèle, Epiphane prit parfois parti trop vite pour certains évêques douteux, et se trouva en opposition avec des maîtres tels que s.Basile de Césarée (v. 1 janvier) et même s.Jean Chrysostome (v. 14 septembre), qu’il refusa de rencontrer et qui lui annonça sa mort prochaine. En 402 en effet, Epiphane, presque nonagénaire, se rendit à Constantinople, où il se laissa manipuler contre Chrysostome, mais sembla reconnaître son erreur.

Il quitta rapidement la capitale mais n’eut pas le temps de rejoindre Salamine : il mourut durant la traversée, le 12 mai 403, âgé de quatre-vingt-huit ans, dont trente-six d’épiscopat.

D’Epiphane, on a conservé quelques œuvres : Anchoratus, exposé de la foi ; Panarion, trois livres au sujet de nombreux courants de pensée ; Traité des poids et mesures, explication de termes bibliques.

Les erreurs d’Epiphane n’étaient pas fondamentales. Il s’est laissé emporter par des courants, ou n’a pas toujours eu la lumière pour bien juger. Il reste cependant un moine exemplaire, un évêque zélé, et un Père de l’Eglise. 

Saint Epiphanios de Salamine est commémoré le 12 mai dans le Martyrologe Romain.

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