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9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 16:54

Pacôme de Tabenne

† 348

 

Pacôme était d’une famille égyptienne païenne, et naquit vers 292. Il eut un frère et une sœur.

Aussi étrange que cela puisse nous sembler, il n’était pas baptisé, il participait aux «cérémonies» païennes, mais détestait celles-ci. Il était doux et modeste de caractère, et très chaste.

Il avait une vingtaine d’années lorsqu’il fut enrôlé dans les armées impériales et, avec d’autres recrues, emmené en bateau jusqu’à Thèbes. C’est là que Dieu l’attendait : les Chrétiens, nombreux dans cette ville, allèrent au-devant de ces jeune soldats qu’on traitait sans délicatesse sur les bateaux. Pacôme fut touché de cette proximité désintéressée : il s’informa sur ces gens.

Apprenant que les Chrétiens adoraient un Dieu unique, et s’efforçaient d’aider leur prochain sans attendre de retour, mais seulement pour préparer le Royaume de Dieu, il résolut de suivre cette religion si nouvelle pour lui.

L’empereur ayant été vaincu, les troupes furent dispersées, et Pacôme, au lieu de remonter le Nil et retrouver ses parents, s’éloigna en Thébaïde pour se joindre à une communauté de Chrétiens.

Il fut catéchumène, reçut le baptême à Chenoboscia avec la plus grande ferveur. Voici la petite prière qu’il répétait : 

Dieu, créateur du ciel et de la terre, jette sur moi un regard de compassion, délivre-moi de mes misères, apprends-moi le véritable moyen de te plaire ; toute mon occupation et la plus grande application de ma vie seront de te servir et d’accomplir ta volonté.

Pour s’engager réellement dans cette sainte voie, Pacôme eut la sage et humble idée d’aller trouver un solitaire, certain Palémon (v. 25 jhanvier). Ce dernier mit à l’épreuve son candidat : il feignit de le refuser, de le décourager et - mais peut-être avec une pointe d’orgueil, toujours possible même chez les Saints - lui exposa son mode de vie : un peu de pain et de sel, pas de vin ni d’huile, veille la moitié de la nuit et parfois la nuit entière, dans la méditation de l’Ecriture et le chant des psaumes.

Pacôme accepta. Il faisait tout ce que Palémon lui disait. Ils chantaient ensemble, ils travaillaient de leurs mains pour s’assurer quelque subsistance. Quand Pacôme était gagné par le sommeil, Palémon lui faisait transporter quelques seaux de sables pour que l’ennemi ne ruine pas tous (ses) efforts.

Les maîtres savent parfois mettre durement à l’épreuve l’obéissance de leurs élèves. Un jour de Pâques, Palémon demanda à Pacôme de préparer un repas. Notre Pacôme de réunir un peu d’huile, de sel, et quelques herbes amères, ce festin devant être consommé avec quelques bouchées de pain : Palémon refusa d’y toucher, alléguant les souffrances du Christ crucifié. Pacôme accepta la leçon sans se révolter.

Pacôme se retirait quelquefois dans une solitude, à Tabenne. ; il y entendit une voix qui lui annonçait qu’il construirait là un monastère, puis un ange vint lui donner quelques indications sur la vie monastique. De retour auprès du maître, il lui fit part de sa vision immédiatement. 

C’était en 325, et tous deux se rendirent à Tabenne pour y vivre quelque temps, puis Palémon retourna à sa première solitude. Il mourut peu après (v.330).

Pacôme reçut comme premier disciple son propre frère, Jean, puis d’autres, puis beaucoup d’autres : ils furent bientôt une centaine !

Vers 333, Pacôme reçut une visite rare : s.Athanase (v. 2 mai) en personne !

Pendant quinze ans, Pacôme ne se coucha jamais ; il se reposait assis sur une pierre. Sa tunique était un cilice. 

Il recevait les malades et les faibles avec la plus grande délicatesse. Son souci était d’aider chacun à s’engager dans la voie de la perfection. Il eut tant et tant de disciples, qu’il dut construire six autres monastère ; ils devaient être jusqu’à sept mille à la mort de Pacôme (348). Un des monastère qu’il fit construire, fut pour les moniales, de l’autre côté du Nil : sa sœur fut la première à y entrer.

Les moines avaient une Règle sévère, mais les mortifications, les jeûnes, les travaux étaient proportionnés à la santé de chacun. On mangeait en silence, encapuchonné pour ne pas voir le voisin ; sur la tunique, un manteau de peau de chèvre. L’Eucharistie était célébrée le premier et le dernier jours de la semaine, mais aucun moine n’était prêtre : un prêtre venait de l’extérieur pour célébrer. Silence absolu. Cette Règle, traduite en latin par s.Jérôme (v. 30 septembre), existe toujours.

 

Vers 344, Pacôme établit à la tête de Tabenne son meilleur disciple, Théodore (v. 27 avril), et se retira dans son monastère de Pabau, qui devint presque plus célèbre que celui de Tabenne. Sur l’invitation de l’évêque Sérapion, il construisit une église pour les bergers de l’endroit, et leur y fit la lecture de l’Ecriture. Il refusa toujours de recevoir le sacerdoce.

Pacôme eut le don de guérir des malades. Mais il leur disait souvent que la patience dans la maladie est parfois plus méritoire que beaucoup de mortifications : L’abstinence et la prière sont sûrement une source de grands mérites, mais la maladie supportée avec patience est assurément d’un plus grand mérite encore.

Il combattait surtout l’orgueil. Un moine avait réussi à fabriquer plus que d’habitude et s’arrangea pour le lui faire savoir. Pacôme de rétorquer : Il s’est donné bien de la peine du matin jusqu’au soir pour livrer son travail au démon !

Pacôme reçut un jour un bouffon. Il voulait changer de vie, mais pendant longtemps il se laissa aller aux plaisanteries. Pacôme l’avertit d’abord, mais en vain ; il lui représenta enfin qu’on ne se moque pas de Dieu : alors Silvain (c’était son nom) rentra en lui-même et mena désormais une telle vie de pénitence, qu’à sa mort, Pacôme vit son âme monter au ciel.

En 348, Pacôme dut se présenter à un concile à Latopolis, pour répondre de certaines accusations qui circulaient à son sujet ; son humilité convainquit tous les évêques.

La même année, des centaines de moines moururent d’une épidémie de peste, et Pacôme en fut atteint. 

Il mourut le 9 mai 348.

Saint Pacôme de Tabenne est commémoré le 9 mai dans le Martyrologe Romain.

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