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12 août 2018 7 12 /08 /août /2018 22:35

Ferran Saperas Aluja
1905-1936

Né à Alió (Tarragona) le 8 septembre 1905, en la fête de la Nativité de Marie, Ferran (Fernand) reçut le Baptême deux plus tard et la Confirmation l’année suivante. Son père, José, était maçon ; sa mère s’appelait Escolástica. Ferran avait un grand frère, Juan, et un petit frère, Román.

Le papa mourut en 1912, et la maman se mit dans le commerce, d’abord comme marchande ambulante, ensuite comme marchande de poissons à Valls.

En 1918, l’aîné alla travailler à Barcelone, aussi la maman chargea Ferran de s’occuper de leurs petits terrains, chose qui n’était pas vraiment dans le caractère de Ferran et lui coûtait beaucoup. La bonne maman lui trouva alors à Valls un job de camérier dans deux hôtels ; le garçon travaillait très bien, mais il souffrait d’une allergie : l’eau lui provoquait des crevasses aux mains ; de plus, sa bonne conduite ne plaisait pas à ses camarades, aussi il abandonna ce travail au bout de deux ans.

Il trouva alors un autre emploi à Barcelone chez un commerçant qui l’accueillit vraiment paternellement. Là encore, ses collègues se moquèrent de ses dévotions et le surnommèrent beato, bienheureux, qu’on pourrait traduire en français «petit saint».

Au bout de trois ans, il revint à la maison : on suppose que la cause en était le possible service militaire. En attendant, ce grand jeune homme n’avait pas de travail - raison pour laquelle on le traitait de tire-au-flanc -, mais restait très fidèle à toutes ses pratiques chrétiennes - raison pour laquelle on le traitait encore de «petit saint. Il souffrait continuellement de ces moqueries, sans rien dire.

En 1926, il partit faire le service militaire. Là encore, il n’apprécia pas les grossièretés des soldats ; grâce peut-être à l’aumônier militaire, il fut enrôlé pour être l’aide de camp du colonel, lequel à son tour chargea Ferran de conduire ses enfants au collège.

En même temps, Ferran assistait aux offices du proche sanctuaire du Cœur Immaculé de Marie, tenu par des Religieuses Missionnaires Clarétaines. C’est alors que lui vint la vocation religieuse.

Sa décision n’était pas facile à prendre : il fallait achever le service militaire, il n’avait pas fait de grandes études, il fallait aussi convaincre sa mère… Il prit le temps de réfléchir et sa décision fut enfin prise : il serait frère convers chez les Clarétains.

A l’automne 1928, il commença le postulat à Vich, prit l’habit en 1929 et fit le noviciat, qui s’acheva avec la profession en 1930 : la maman de Ferran était présente à la cérémonie.

Il fut cuisinier à Alagón, où étaient pensionnaires plus de cent élèves ; puis il passa à Cervera, où vivaient plus de deux cents personnes entre élèves, postulants et pères. Là, il fut aide-cuisinier, avec la charge particulière de la préparation des repas des malades.

En 1931, après la proclamation de la République, il fut nommé à la porterie ; déjà des incidents avaient secoué le pays, des églises avaient été incendiées. Ferran reçut la visite de son frère Juan, qui lui proposait gentiment de lui trouver un endroit pour le protéger, mais le Religieux déclina l’offre avec ténacité. Pendant ce temps, le supérieur avait projeté de déplacer toute sa communauté à Andorre.

En février 1934, on envoya Ferran à Mas Claret, comme cuisinier et pour soigner les bêtes. Mais en mai, il se fractura la jambe en tombant d’une échelle. Il revint à Cervera, comme auxiliaire du frère cordonnier.

Au printemps de 1936, les supérieurs jugèrent utile de prolonger d’une année le noviciat de Ferran et lui proposèrent même, s’il préférait, de sortir de la Congrégation ; Ferran choisit de rester, même au prix d’une année supplémentaire d’épreuve.

Le 21 juillet 1936, la révolution obligea les Religieux à quitter Cervera et à se diriger sur Mas Claret ; mais le 24, il fallut aussi évacuer cette maison. Ferran rejoignit Montpalau, où il fut recueilli par un propriétaire de café-bureau de tabac. Ferran se joignit aux domestiques ; quand il faisait une pause, il se recueillait dans sa petite chambre, où il avait cloué au mur un crucifix. Un des domestiques lui suggéra de changer de vie, de se marier ; Ferran lui rétorqua : J’ai donné ma parole à Dieu, et je la renouvellerai, le 15 août prochain.

Ferran donnait des leçons de catéchisme aux enfants de la maison et dirigeait le chapelet. Il intervenait avec autorité lorsqu’il entendait proférer un blasphème au café. Il n’était pas ébranlé par les conseils du propriétaire, ni par les avertissements des Confrères qu’il rencontrait quelquefois : S’ils me tuent parce que je suis religieux, je serai martyr !

Pour le protéger, on lui trouva un autre refuge. Le 12 août, en quittant la famille de Montpalau, il dit : Si je ne reviens pas, cela voudra dire qu’ils m’auront arrêté et fusillé. Priez pour moi !

Au petit matin, il partit pour Cal Berenguer de Villagrasseta, où il apprit qu’il y avait là un des plus féroces révolutionnaires. Ferran, sans rien dire, partit à Mas Claret, mangea et dormit. Le lendemain 13 août, il dut repartir pour La Rabassa, cinq kilomètres plus loin. C’est par là qu’une patrouille de miliciens l’arrêta. On le força à monter en voiture.

Durant le déplacement, les miliciens dévêtirent le Frère et tentèrent de le violer. Le Frère avait suffisamment d’énergie pour se débattre et les en empêcher : Tuez-moi, si vous voulez, mais ne faites pas ça ! Ils lui répondirent : Quand on sera à Cervera, on te mettra dans un bordel ; si tu couches avec une femme, on te laissera en vie. Ils le lui répétèrent une dizaine de fois, et une dizaine de fois Ferran leur rétorqua : Tuez-moi, si vous voulez, mais ça, non ! Cyniquement, on lui dit : Si ton père et ta mère avaient fait comme toi, tu ne serais pas né, et lui de répondre : Eux, ils étaient mariés, moi je suis religieux.

A Cervera, on continua de la provoquer, de nouveau on le déshabilla… Il cria : Je suis vierge, je mourrai vierge ! Même les femmes présentes s’étonnaient de ce matraquage insistant et dirent aux miliciens de cesser leurs provocations. Ils l’emmenèrent à Tárrega : mêmes provocations ; on étendit le Frère à terre, nu, mais il se refusa : Ne vous fatiguez pas. Ce que je professe m’interdit de faire ces choses. Tuez-moi si vous le voulez, mais ne me forcez pas à pécher. Non, ça, jamais. Ce furent les femmes présentes qui firent partir les miliciens, honteux de leur «défaite».

Onze heures du soir. On emmena Ferran à coups de pieds et de poings. Peu avant de le fusiller, on le menaça de lui retirer les yeux et de le mutiler, mais un milicien intervint : ce genre de traitement ne servait pas leur cause et leur poserait ensuite des problèmes. On cessa enfin de provoquer le pauvre Frère.

A la porte du cimetière, il dit : Seigneur, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font (cf. Lc 33:34). Et plusieurs fois : Je vous pardonne ! Et enfin : Vive le Christ Roi ! Vive la Religion !

On lui tira dans la poitrine et, même après le coup de grâce, le Frère respirait encore. Il murmurait : Ma Mère ! Ma Mère ! Il expira peu après minuit, le 13 août. Deux jours après, en la fête de l’Assomption, il aurait renouvelé sa profession.

Ferran fut un authentique martyr de la chasteté. Béatifié en 2017, Ferran Saperas Aluja sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 13 août.

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