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4 septembre 2018 2 04 /09 /septembre /2018 19:26

Jaume Girón Puigmitjà
1887-1936

Né le 11 octobre 1887 à Sant Cristóbal las Fonts (Girona), il fut baptisé le lendemain même. Contrairement à l’habitude d’alors, il ne fut pas confirmé durant son enfance, à moins qu’on n’ait pas retrouvé son acte de confirmation : le fait est qu’il fut confirmé sous condition en 1917, à vingt ans.

Le père de Jaume, Pedro, était un simple journalier ; avec son épouse, Francisca, ils durent déménager à San Pedro de las Presas, puis Olot. Jaume eut deux frères. La maman mourut en 1899 et le papa se remaria.

Jaume entendit l’appel de Dieu pendant qu’il gardait le troupeau de son père. Il commença à étudier avec le maître d’école, mais apprit pratiquement tout seul. Il ne perdait pas un moment pour lire et étudier.

Il fut reçu au Petit séminaire d’El Collell comme externe, c’est-à-dire que, pour éviter la pension trop onéreuse du séminaire, il dormait dans une famille d’accueil en échange de divers services. Jaime fit cette vie pendant six années, cheminant  toujours à pied matin et soir. Excellent élève, il fut qualifié Meritissimus maior. 

En 1909, il fit son service militaire au Maroc. En 1912, on le voit au séminaire de Gerona, pour la théologie, toujours en «externe». Mais une conférence du p.Josep Puig le convainquit d’entrer chez les Clarétains. C’est ainsi qu’il arriva au noviciat de Cervera en 1915, à vingt-huit ans.

L’année se passa de façon convainquante, Jaume fit la profession en 1916 et put achever les études de thologie pour être ordonné prêtre en 1919, à trente-deux ans. Entre temps, on le mettait déjà au travail pour enseigner la Logique.

Sitôt après son ordination, il fut envoyé à Vic comme préfet des postulants, où on le vit bien souvent dans la bibliothèque, à lire d’autres livres encore pour approfondir ses connaissances. Déjà, il passait pour un «saint». Il fonda l’Association des Mères Chréitennes. Il aurait désiré aller en mission en Chine ou en Amérique, mais on avait besoin de lui en Espagne. 

Il fut préfet des étudiants en théologie à Cervera (1925-1927), puis à Barcelone : de là, on l’envoya en différents centres religieux de France et d’Allemagne, pour observer comment s’organisaient là-bas les retraites, puis il revint à Vic, où il fut supérieur (1928). Ses prédications étaient très suivies et il fallut les déplacer dans la cathédrale.

Le p.Jaume s’occupa de la nouvelle maison du noviciat. Il eut un pressentiment : il «voyait» que cette maison allait être profanée, que les ouvriers allaient se révolter, que lui, Jaume, serait assassiné, qu’on devrait aller à la Messe en cachette, que beaucoup de prêtres mourraient…

En 1930, il fut mal soigné pour un grave mal de dents, au point qu’il en resta malade du cœur ; maigre, il prit du poids et les jambes lui pesaient.

Il fut envoyé à Solsona (1931) puis Barcelone (1932), mais pas comme supérieur. Ses prédications tournaient beaucoup autour de la question sociale, qui le préoccupait. Dès 1934, il sentait venir la révolution et priait chaque jour à la messe pour celui qui devait être son bourreau ; ce sont là ses propres paroles.

Il fut si estimé, qu’il fut désigné comme représentant de toute la province au chapitre général de 1934.

En 1934, il fut nommé supérieur de la grande maison de Cervera, charge dont il se sentait absolument incapable. Dès le mois de mai 1936, les autorités civiles l’invitèrent à quitter la maison sans tarder. Lui s’ingéniait à envoyer à Andorre le maximum de personnes de la maison, en particulier les plus jeunes. On ne l’écoutait pas, il en était découragé.

Le 21 juillet 1936, la communauté fut expulsée. Le Père trouva à se réfugier à l’hôpital de Barcelone, où les Religieuses mirent deux salles à disposition des Clarétains. 

Au mois d’août, le p.Jaume eut une grave crise de foie et resta au lit pendant deux semaines. Le 2 septembre, arriva la convocation du Père au Comité. On reparla d’une fuite pour Andorre. Il partit de l’hôpital le 3, à trois heures du matin, passa la nuit suivante dans une cabane à Torá puis, se croyant perdu, demanda son chemin à un pasteur - qui lui indiqua un mauvais chemin et alla immédiatement le dénoncer : on lui avait promis en effet qu’on le paierait suffisamment pour ses dénonciations, de sorte qu’il n’aurait plus à travailler… mais il ne reçut jamais une pièce de monnaie.

Le Père était donc en route ; il trouva bon accueil dans une ferme, mais ceux du Comité arrivèrent. On repartit pour Torá, où l’on fit la fête pour la prise du père Jaume. Ce dernier avait les pieds enflés et les chaussures toutes défaites. Il leur dit : Je suis un fils d’ouvrier, j’ai consacré ma vie aux ouvriers et vous, qui vous dites ouvriers, vous allez me tuer ? Certains furent touchés de cette déclaration, de sorte que la «sentence» de condamner à mort le Prêtre ne fut pas unanime. On l’emmena à la prison, en passant par tout le village pour bien le faire voir de tous, au milieu de moqueries, de blasphèmes, de coups. Le Père resta là de seize heures à une heure du matin.

C’est à ce moment que les miliciens décidèrent de le tuer ; certains voulaient le brûler vif, mais ils n’avaient pas assez d’essence. On le fit aller à pied de la prison au Comité ; on voulut réquisitionner un camion pour transporter le Père et les miliciens au lieu de l’exécution, mais le propriétaire du camion refusa et détacha un câble du moteur pour empêcher le camion de partir. Un autre monsieur refusa aussi de prêter sa voiture : comme on le menaçait d’être exécuté avec le Père, il se sentit contraint. Parvenu au cimetière de Castellfollit de Riubregós, ils l’obligèrent à éteindre les phares et à laisser allumé le moteur.

Il y avait là une vingtaine de miliciens. Le Père demanda à être fusillé de face. Il put aussi leur parler : Si vous me tuez, la moitié du pays portera le deuil pendant vingt ans… Ce que vous faites aujourd’hui, vous verrez qu’on vous le fera plus tard… Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font (cf. Lc 23:34). Et en leur répétant qu’il leur pardonnait, la main sur le cœur : Allez, tirez droit ici ! Et en tombant : Vive le Christ Roi !

Des balles qu’il reçut, sept étaient mortelles. C’était le 5 septembre 1936 à deux heures du matin.

Béatifié en 2017, Jaume Girón Puigmitjà sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 5 septembre.

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