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12 mars 2020 4 12 /03 /mars /2020 00:00

12 MARS

-XIII.    

S Phinées, grand prêtre, cf. Nb 25 et 31.

III.    

S Maximilianos, jeune homme, martyr à Théveste pour avoir refusé d’être enrôlé dans l’armée.

IV.  

Ss Mygdon, prêtre, Mardonius, Eugenios, Maximos, Domnas, Smaragdos et Hilarios, martyrs à Nicomédie.
Ss Petros, Dorotheos et Gorgonios, serviteurs impériaux, martyrs à Nicomédie. 

V.    

S Innocent Ier, pape (401-417) ; il connut le sac de Rome par les troupes d’Alaric ; il réaffirma le célibat ecclésiastique et intervint en faveur de s.Jean Chrysostome.    

VI.    

S Pol Aurélien, moine anglais, abbé en l’île de Batz et évêque dans le Léon ; avec ses moines il en extirpa le paganisme.
S Fechno (Fiachna), irlandais, compagnon de s.Colomban en Ecosse.

VII.    

S Grégoire Ier le Grand, pape (590-604) ; il fut préfet de Rome, bénédictin, administrateur avisé ; fin diplomate, il se consacra à la conversion des Lombards d'Italie, des Goths d'Espagne, des Anglais et réforma la liturgie (de lui tire son nom le chant "grégorien"), Docteur de l’Eglise, fêté le 3 septembre, jour de son couronnement. 
S Pierre, diacre romain, interlocuteur de s.Grégoire le Grand, près de l’oreille duquel il vit plusieurs fois une colombe qui l’inspirait.
S Mura (Muran), abbé à Fahan.

IX.    

S Theophánis, abbé à Sigriane ; copiste diligent, il prépara la chronographie, d’où son surnom de “Chronographe”.

X.    

S Aelphege l’Ancien, évêque à Winchester, parent de s.Dunstan qu’il poussa dans la voie de Dieu.

XII.    

S Bernard, évêque à Capoue.

XIII.    

Bse Fina, vierge à San Gimignano ; s.Grégoire le Grand lui apparut pour lui annoncer le jour de sa mort, à quinze ans.

XIV.    

Ste Giustina Francucci Bezzoli, bénédictine à Arezzo, recluse près de Civitella.
B Girolamo Gherarducci, prêtre augustin à Recanati.

XIX.    

S Ruose Zhang Dapeng, martyr chinois, canonisé en 2000 et fêté le 9 juillet.

XX.    

Bse Aniela Salawa (1881-1922), tertiaire franciscaine à Cracovie, femme de service, béatifiée en 1991. 
S Giovanni Luigi Orione (1872-1940), prêtre italien, déjà très actif avant d’être prêtre, fondateur de l’Œuvre de la Divine Providence, pour la formation des pauvres et des petits, et des Petites Sœurs Missionnaires de la Charité, béatifié en 1980 et canonisé en 2004.

Bx Rutilio Grande García, prêtre jésuite de El Salvador (*1928), et ses deux catéchistes laïques Manuel Solórzano et Nelson Rutilio Lemus Chávez (*1905 et 1960), martyrs assassinés par un «escadron de la mort» en 1977, béatifiés en 2020.

Phinéès

13e-15e siècle avant Jésus-Christ

 

Ce personnage de la Bible se situe dans le cadre de l’Exode du peuple juif après le passage de la Mer Rouge.

Son nom se transcrit aussi en Pinhas.

Le passage de la Mer Rouge s’était déroulé, pensait-on, au 13e siècle, mais de récentes fouilles et découvertes voudraient le faire remonter jusqu’au 15e siècle avant Jésus-Christ.

Phinéès était le fils du grand-prêtre Eléazar, et petit-fils d’Aaron.

Après la mort de ce dernier, le peuple d’Israël tomba à nouveau dans le désordre, et les hommes se débauchèrent avec les païens de Madian (Nb 25:1-13).

Il est écrit que Yahwé voulait faire empaler tous les hommes coupables. Phinéès alors eut l’inspiration de transpercer de sa lance un Israélite et une Madianite en faute. Ce zèle fit que le courroux (de Yahwé) se détourna des enfants d’Israël (ibid. 11) et que Dieu accorda à Phinéès de grandes grâces.

Plus tard, Moïse confia à Phinéès le commandement de l’expédition contre les Madianites (Nb 36:6).

On retrouve encore Phinéès lors d’une délégation des tribus d’Israël auprès des tribus «au-delà du Jourdain», qui avaient érigé un nouvel autel, ce qui n’était pas (encore) admis (cf. Jos 32).

A la mort d’Eléazar, Phinéès lui succéda comme grand-prêtre. Il desservait l’Arche de l’Alliance (cf. Jg 20:27), à Silo, dans la tribu d’Ephraïm.

De Phinéès, on ne sait guère autre chose, sinon qu’il eut un fils, nommé Abisué.

Actuellement, le Martyrologe ne mentionne plus ce fidèle de Yahwé. Les Grecs l’honorent au 12 mars.

 

 

Maximilianus de Théveste

274-295

 

Ce Maximilianus était le fils d’un vétéran, Fabius Victor, lui-même chargé de lever des recrues pour l’armée. Les événements se passent à Théveste (auj. Tebessa, Algérie E).

Maximilianus fut nommé parmi les conscrits, mais il s’y refusait, alléguant que, chrétien, il ne voulait pas porter les armes. Il savait en effet qu’être enrôlé dans l’armée signifiait participer à des cérémonies païennes en l’honneur des faux dieux et des empereurs, considérés eux-aussi comme des dieux.

Fabius Victor amena son jeune homme devant le proconsul, Dionus Cassius. Une des réponses courageuses de Maximilianus fut : Je suis chrétien ; il ne m’est pas permis de porter au cou la bulle de plomb, moi qui porte déjà le signe sacré du Christ.

Lassé, Dionus condamna à mort Maximilianus, qui l’en remercia.

Juste avant de recevoir le coup fatal, Maximilianus dit à son père : Donne au soldat qui va me frapper le vêtement neuf que tu m’avais préparé. Que les fruits de cette bonne œuvre se multiplient pour toi au centuple et que je puisse bientôt te recevoir au ciel. Tous deux, nous nous glorifierons dans le Seigneur.

Maximilianus fut aussitôt décapité.

Fabius Victor était gagné par la générosité de son fils martyr ; il rentra tout joyeux à la maison ; il serait mort peu après.

Saint Maximilianus de Théveste est commémoré le 12 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Mygdon et ses six Compagnons à Nicomédie

303

 

Ce groupe souffrit le martyre durant la persécution de Dioclétien.

Il s’agit d’un prêtre, Mygdon ; les six autres sont : Eugenios, Maximos, Domnas, Mardonios, Smaragdos et Hilarios.

Ces sept athlètes du Christ furent étouffés chacun à un jour différent, dans le but d’insinuer la peur aux autres.

Saint Mygdon et ses six Compagnons sont commémorés le 12 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Petros, Dorotheos et Gorgonios de Nicomédie

303

 

Cet autre groupe souffrit le martyre durant la persécution de Dioclétien.

Parmi les serviteurs de la cour de Dioclétien à Nicomédie, se trouvaient des Chrétiens, et particulièrement un, nommé Petros.

Il crut sincèrement de son devoir d’affirmer ouvertement sa préférence pour la gloire du Ciel plutôt que pour les faveurs de la cour. On le fit comparaître devant Dioclétien et Galère.

Rien ne put ébranler Petros : il fut dépouillé, déchiré à coups de fouet, puis ses plaies arrosées de vinaigre et de sel ; enfin il fut étendu sur un gril pour suffoquer à petit feu.

Deux autres furent aussi martyrisés, Dorotheos et Gorgonios ; ils osèrent exposer leur désaccord sur la mort de leur collègue ; on les tortura à leur tour, avant de les pendre.

Saints Petros, Dorotheos et Gorgonios sont commémorés le 12 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Innocent 1er

401-417

 

Innocens naquit à Albano, près de Rome et succéda à saint Anastase 1er (voir au 19 décembre) à la fin de 401, comme quarantième pape.

Un de ses soucis fut d’essayer une conciliation entre le faible roi Honorius et l’envahisseur Alaric ; sa mission à Ravenne était en passe de réussir, lorsqu’Alaric envahit Rome, n’y laissant debout que les lieux saints (410).

Innocent 1er établit l’évêque de Thessalonique primat des évêques de l’Illyrie orientale ; il intervint en faveur de saint Jean Chrysostome exilé ; il confirma des conciles africains contre les pélagiens et édicta plusieurs décrétales, engageant l’autorité pontificale :

  • Un évêque doit être consacré par plusieurs évêques.
  • Un hérétique revenant dans l’Eglise n’a pas à recevoir le baptême à nouveau.
  • Un moine ordonné prêtre reste lié à sa règle par les trois vœux de pauvreté, chasteté et obéissance.
  • Une moniale qui quitte son monastère doit être considérée comme une épouse adultère.
  • Un prêtre ne peut contracter le mariage. Un laïc marié appelé au sacerdoce, doit rompre la vie conjugale.

Innocens fit construire la basilique des Saints-Gervais-et-Protais.

Il ordonna cinquante-quatre évêques, trente prêtres et douze diacres.

Innocens 1er - saint Innocent - mourut le 12 mars 417, après un pontificat de quinze ans et deux mois, et fut inhumé au cimetière Ursus Pileatus.

Son successeur fut saint Zosime (v. 26 décembre).

 

 

Pol de Léon

492-572

 

Pol vint au monde vers 490 ou peut-être même vers 480, à Pen Ohen (Pays de Galles), de Porphino, qui eut dix fils et trois filles, dont l’une, Sicofolla, sera abbesse.

Pol reçut le surnom de Aurelianus. De fait, il est couramment appelé Pol Aurélien.

Comme il montrait bien plus d’inclination pour la vie monastique que pour les armes, son père le plaça à Llan Iltud, le monastère d’Iltud (v. 6 novembre), qui avait été formé auprès de s.Germain d’Auxerrre (v. 31 juillet).

Là, se rencontrèrent plusieurs futurs grands personnages qui devaient illustrer la vie de l’Eglise : David, Brieuc, Malo, Samson, Gildas (v. 1er mars, 1er mai, 15 novembre, 28 juillet et 29 janvier).

A seize ans, Pol eut cette maturité de demander à vivre en anachorète et vécut ainsi dans la solitude pendant de nombreuses années, avant de recevoir le sacerdoce, à vingt-deux ans.

Il se trouva alors à la tête d’un groupe de douze prêtres.

Pour échapper aux avances d’un roi de Cambria qui voulait le pousser à  l’épiscopat, Pol et ses prêtres passèrent an Armorique, vers 512. Une autre version des faits avance que c’est sur révélation divine que Pol se dirigea en Bretagne.

Après plusieurs étapes, ils finirent par s’établir sur l’île de Batz, où ils édifièrent un monastère, en même temps qu’ils édifiaient sur le continent une annexe pour d’autres prêtres qui seraient partis évangéliser la population : il fallait travailler à extirper le paganisme et les superstitions, qui renaissent à chaque époque, quand on n’y veille pas à temps.

Le seigneur local, un certain Withur, usa d’un stratagème judicieux pour arriver à imposer l’épiscopat à Pol. Il le pria d’aller porter au roi une lettre de sa part. Ce que Pol ne savait pas, c’est que la lettre était une supplique au roi Childebert de faire consacrer évêque Pol. Le roi comprit l’utilité d’un tel évêque pour la christianisation de la Bretagne : il feignit d’abord d’accabler Pol de reproches et d’avarice ; Pol, foncièrement humble, baissa la tête et se déclara prêt à faire tout ce qu’il pourrait pour le roi ; et le roi lui déclara alors qu’il devait accepter la consécration épiscopale, ce qui fut fait promptement.

Pol installa son évêché à Castel-Pol - maintenant St-Pol-de-Léon, tout en résidant souvent dans son monastère de Batz ; il se donna entièrement, et avec efficacité, à l’effacement de toutes les traces de paganisme, fit construire des églises et des monastères.

Devenu très âgé, il se trouva deux suppléants, mais qui moururent en peu de temps ; il nomma alors un de ses disciples, Ketomeren, et se retira en l’île de Batz, où il mourut à quatre-vingts ans, le 12 mars 572 ou 573, peut-être même beaucoup plus âgé encore, si l’on retient la date la plus haute de sa naissance et si l’on retarde sa date de décès à 594 : il se serait éteint alors à cent-quatorze ans.

Les reliques de s.Pol, transférées à Fleury-sur-Loire lors des invasions nordiques, furent plus tard dispersées par les Huguenots.

Saint Pol est commémoré le 12 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Grégoire Ier

540-604

 

Un pasteur d’âme est certainement prédestiné à porter le nom de Grégoire (du latin grex, troupeau), mais le premier pape qui porta ce nom le reçut dès le baptême.

Gregorius Æmilius naquit vers 540, de Gordianus Æmilius et de Silvia (voir au 3 novembre), dans une famille romaine assez en vue à Rome. Un de leurs ancêtres était le pape Félix III (voir au 1er mars). Grégoire devait hériter de son père une assez grande fortune et des propriétés jusqu’en Sicile.

Sa formation intellectuelle fut soignée et complète : latin, grec, grammaire, rhétorique, dialectique, philosophie et droit.

Vers 573, il était préfet de Rome.

Mais il avait une attirance particulière pour la vie monastique. Il commença par transformer en monastères plusieurs propriétés, dont la maison familiale de Rome au Clivus Scauri (mont Cælius). Finalement, en 575, il résigna sa charge civile et entra au monastère de Saint-André.

En 579, il dut accepter d’être ordonné cardinal-diacre et nommé apocrisiaire (légat papal) du pape, qui avait besoin d’un homme capable de le représenter dans les difficiles conditions politiques du moment : il fallait traiter avec les Lombards envahisseurs, et avec l’empereur Tibère II. Grégoire réussit même à convertir à la foi catholique le patriarche Eutychios.

En 584, il obtint de retrouver son cloître mais fut aussi nommé secrétaire du pape.

En 588, on l’élut abbé à Saint-André. C’est durant cette période qu’il décréta qu’on aurait offert trente jours de suite le Saint-Sacrifice pour un moine défunt : ce dernier avait caché de son vivant quelques pièces et, vivement consterné, Grégoire avait d’abord ordonné de le laisser mourir sans assistance, de l’abandonner plusieurs jours dans un cloaque avec ses pièces de monnaie, avant de l’enterrer. Après cette sévérité, Grégoire fit donc prier pour son salut, et, au terme des trente jours, l’âme du pauvre moine avare apparut à un autre moine pour lui annoncer sa délivrance. Voilà l’origine du Trentin Grégorien, encore en pratique de nos jours. C’est en même temps une confirmation que les âmes sont “purifiées” après leur mort, dans ce lieu immatériel qu’on appelle le Purgatoire.

En 590, le pape Pélage II mourut de la peste, et Grégoire fut acclamé pour lui succéder. Il y mit beaucoup d’opposition, préférant rester moine. Il tenta même de demander à l’empereur de ne pas ratifier cette élection. Entre-temps, il organisa à Rome une liturgie de pénitence pour demander la cessation de l’épidémie de la peste. Ce serait au terme de ces prières qu’un ange serait apparu, remettant son épée au fourreau, au-dessus du môle d’Adrien, qui reçut plus tard le nom de Château-Saint-Ange.

Quand la confirmation impériale arriva, Grégoire s’était rendu invisible. On le retrouva enfin là où il se cachait et il fut sacré évêque de Rome le 3 septembre 590 : c’était le soixante-quatrième pape.

Ses responsabilités précédentes lui avaient valu des contacts très utiles pour son activité pastorale.

Au lendemain des invasions barbares en Italie, Grégoire réussit à gagner au catholicisme les ariens Lombards et Wisigoths. En Espagne, la conversion du roi Récarède aboutit au retournement de tout le clergé ibérique, grâce aussi à son amitié avec l’évêque Léonard de Séville.

Mais c’est surtout en Angleterre, que Grégoire se montra le plus intéressé : il eut d’abord l’occasion, comme abbé, de racheter à Rome des esclaves d’origine britannique ; ce fut lui qui, le premier, donna le nom d’angéliques à ces jeunes esclaves, tant il avait été frappé par leur teint ; de là vient le nom d’anglais. Il aurait voulu partir tout de suite pour évangéliser l’île, mais le pape Pélage s’y était opposé. Devenu pape lui-même, il décida d’envoyer sur l’île des missionnaires : ce fut Augustin, prieur de Saint-André, avec quarante moines. Grâce à une recommandation à la reine Brunehaut, il en obtint des compagnons pour seconder le travail des moines, en particulier pour la langue. A la suite des “conquêtes” d’Augustin, Grégoire le fit consacrer évêque de Canterbury et créa les évêchés de Londres et Rochester.

En Italie, Grégoire s’occupa de la situation des paysans, créant une organisation administrative agricole et fiscale pour protéger leurs intérêts. Il organisa un service de distribution de vivres pour venir en aide aux populations affamées. Il recevait lui-même chaque jour douze étrangers auxquels il lavait les mains.

De même qu’auparavant il avait favorisé l’implantation de nombreux monastères, de même, une fois pape, il s’employa à diffuser partout la règle de saint Benoît.

Grégoire eut aussi le soin de recueillir les mélodies les plus belles du chant liturgique ; il les codifia, les compléta, les organisa, et les imposa dans tous les monastères puis dans les basiliques. Le Chant Grégorien gagna ensuite l’ensemble de la chrétienté.

C’est serait depuis ce pontificat que la prière du Notre Père aurait été introduite à la suite de la Prière eucharistique de la Messe.

Grégoire veilla sur la sainteté du clergé ; il rappela la règle du célibat et veilla sur l’élection des évêques.

Saint Grégoire écrivit aussi d’importants ouvrages, pour lesquels l’Église l’a proclamé Docteur. Déjà avant d’être pape, il avait rédigé les Morales sur Job, trente-cinq livres de commentaires sur le saint patriarche ; comme pape il écrivit le Pastoral, un important traité sur les responsabilités et les qualités nécessaires aux papes et aux évêques ; vingt-deux Homélies sur le prophète Ezéchiel ; soixante Homélies sur les Évangiles ; un commentaire (Exposition) sur le Cantique des cantiques ; beaucoup de lettres.

Humble moine, Grégoire le fut aussi comme pape. S’il pensa bien faire de rappeler au patriarche de Constantinople que seul l’évêque de Rome était évêque œcuménique, c’est lui le premier qui se donna le titre de serviteur des serviteurs de Dieu.

Le pontificat de Grégoire dura quatorze années. Les trois dernières furent pénibles, car il n’avait presque plus la force de se lever, fortement attaqué par la goutte.

Grégoire Ier mourut le 12 mars 604. Il eut pour successeur Sabinien.

Le dies natalis de Grégoire Ier est au 12 mars, et c’est à cette date qu’il est au Martyrologe, en période de carême. C’est pourquoi sa fête liturgique a été placée au 3 septembre, anniversaire de son élection au siège de Saint-Pierre.

 

 

Theophánis le Chronographe

758-817

 

Il naquit vers 758 à Constantinople, dans une famille aristocrate, de Isaac, gouverneur des îles dans la mer Noire, et de Théodora.

Theophánis fut orphelin de son père à trois ans et fut confié par sa mère à la cour impériale ; l’empereur Constantinos Copronyme veilla ainsi directement à son éducation, qui fut soignée. A ce moment-là, le fils de l’empereur, Leo, voulut imposer à l’enfant le prénom de son père, Isaac. Quand Leo succéda à son père, il nomma Theophánis strator (en quelque sorte palefrenier).

Encore jeune (on dit à douze, ou à dix-neuf ans), on lui fit épouser une fille de la noblesse immensément riche, Megalo, mais tous deux avaient déjà résolu d’entrer dans la vie monacale. Megalo entra effectivement dans un couvent de l’île des Princes, proche de Constantinople, tandis que Théophane (Isaac jusques là), après avoir affranchi ses serfs et distribué ses biens aux pauvres, entrait au monastère de Polychronius (montagne de Sigiane, Cyzique, Bithynie, côte asiatique de la mer de Marmara), où il reprit son prénom de baptême, Theophánis.

Il reçut la tonsure et l’habit de l’higoumène Theodóros Monocheir, puis se retira sur ses terres de Calonymos pour y fonder son propre monastère. A la mort de Theodoros, il retourna à Sigiane, y acheta un terrain et fonda un nouveau monastère, Megalagrite (Grand Champ).

Là, Theophánis se distingua par ses vertus, mais aussi pour son ardeur à son travail : il s’adonna à la copie de documents et commença ainsi cette précieuse chronographie, qui lui valut son surnom : Chronographe est la traduction occidentale de son surnom grec : Omologitís.

On l’obligea, dit-on, à être là higoumène (supérieur).

Jusqu’ici, Theophánis avait vécu dans la paix de son idéal monastique - même si cette vie n’est pas sevrée d’embûches et de tentations - mais il fut bientôt appelé par le patriarche Tarasios (v. 18 février) pour venir défendre la doctrine sur les Saintes Images, au concile de Nicée de 787, où sa parole fut écoutée de tous avec admiration et respect.

Rentré à son monastère, il reprit ses austérités, qui s’accrurent avec des coliques néphrétiques et la gravelle ; il supporta tout cela avec une patience redoublée.

Theophánis eut un différend avec un autre moine célèbre, Theodóros le Studite, à propos du remariage du nouvel empereur, Constantinos VI. Mais leurs vues se réunifièrent lors de la reprise de l’iconoclasme vers 815.

A cette date, Theophánis réexposa courageusement la doctrine qu’il avait déjà affirmée au concile de Nicée, et l’empereur, terriblement vexé, fit raser le monastère et arrêter son higoumène : Theophánis fut amené devant l’empereur pieds et poings liés, jeté en prison, torturé, enfin exilé en l’île de Samothrace.

Theophánis approchait des soixante ans. Il ne survécut à ces mauvais traitements que quelques jours et expira le 12 mars 817.

Quand son corps put être ramené au monastère Mégalagrite, le panégyrique fut prononcé par Theodóros Studite.

Saint Theophanis le Chronographe est commémoré le 12 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aelphege l’Ancien

† 951

 

Il y a deux Saints du nom d’Aelphege, tous deux évêques de Winchester. Nous retrouverons le deuxième le 19 avril.

Le nôtre, surnommé justement l’Ancien, était d’une des grandes familles d’Angleterre.

Il devint moine, peut-être bénédictin, mais on ignore en quel monastère.

En 935, il fut appelé à occuper le siège épiscopal de Winchester, succédant à s.Birnstan (v. 4 novembre).

Alphege était apparenté avec un certain Dunstan, qui vivait alors à la cour ; il discerna dans le cœur de ce jeune homme une disposition à servir Dieu et l’Eglise et l’aida à s’engager dans la voie sacerdotale. Ce Dunstan devint effectivement une des gloires de l’Eglise d’Angleterre (v. 19 mai).

La mort d’Aelphege l’Ancien advint le 12 mars 951.

Saint Aelphege est commémoré le 12 mars dans le Martyrologe Romain.

Fina Ciardi de San Gimignano

1238-1253

 

Fina est l’abréviation de Serafina, un nom qui convient à la perfection à cette jeune fille qui naquit en 1238 à San Gimignano (Sienne, Toscane, Italie C), de parents ruinés, Cambio et Imperiera. Certains Français avancent que Fina pourrait aussi être l’abréviation de Josefina, mais ce prénom est espagnol ; les Italiens disent Giuseppina.

Très belle au naturel, elle eut le partage, à dix ans, de contracter une cruelle maladie de la peau, qui la couvrit d’ulcères malodorants. On a pu définir cette maladie comme une forme d’ostéomyélite tuberculeuse.

On n’est pas informé sur la vie des parents. Certains avancent qu’ils seraient morts prématurément ; mais sur la fresque dont il va être question plus bas, on commente que la personne qui se trouve aux flancs de Fina, est sa mère ; c’est peut-être simplement une bonne Religieuse.

Fina demeurait donc seule dans sa maison, couchée sur une planche, visitée seulement une fois la semaine par quelque voisine qui, s’enhardissant à dominer sa répulsion devant l’odeur, venait lui apporter un peu de nourriture.

Fina édifia cette visiteuse par sa patience et son courage. Elle regardait les plus vives douleurs comme des faveurs célestes. Elle eut des visions du Christ crucifié, envers lequel elle avait une profonde dévotion, ainsi qu’envers Notre-Dame, Reine des Martyrs. On la vit souvent en extase.

Une autre dévotion qu’elle avait, était celle envers le saint pape Grégoire le Grand. Celui-ci lui apparut pour lui annoncer qu’elle mourrait au jour anniversaire de sa mort, le 12 mars. Elle en conçut une joie immense et s’y prépara par la réception des Sacrements de l’Eglise et mourut le 12 mars 1253.

Elle qui n’avait jamais perdu son sourire, souriait encore après sa mort. Elle avait quinze ans.

A ses obsèques, fut guéri un clerc aveugle, et les cloches de la cathédrale sonnèrent d’elles-mêmes ; d’autres guérisons eurent lieu aussi par la suite. On dit que chaque année au 12 mars, fleurissent de longues et fines violettes au parfum intense.

La cathédrale de San Gimignano abrite une chapelle dédiée à la bienheureuse Fina et décorée par Domenico Ghirlandaio en 1475. Une urne funéraire contenait les ossements de Fina jusqu’en 1738, mais on ne nous dit pas non plus ce qu’ils devinrent par la suite.

Le Martyrologe mentionne la bienheureuse Fina au 12 mars.

 

 

Giustina Bezzoli Francucci

1257-1319

 

Giustina (Justine) naquit de parents très nobles à Arezzo, entre 1257 et 1260. Elle avait un caractère aimable et humble, et s’habitua vite aux pratiques chrétiennes. Souvent elle se privait de quelque nourriture et prenait plaisir à se retirer dans sa chambre pour prier.

Mais quand lui vint l’idée de parler à ses parents d’une véritable consécration à Dieu, elle essuya un refus catégorique et immédiat. C’est qu’elle était leur unique fille, comblée de richesses, et elle devait nécessairement épouser un homme de sa condition. Les parents se trompaient sur Celui qui devait être l’époux de leur fille. Mais une grave maladie du père fit réfléchir toute la famille sur la caducité de ce monde, et Giustina reçut la permission qu’elle demandait. Or, elle n’avait que douze ans, ce qui montre bien la maturité de cette grande âme.

Elle se présenta donc bientôt au monastère des Bénédictines de San Marco (qui n’existe plus aujourd’hui) avec pour tout bagage une image de Jésus Crucifié. A son entrée, une colombe se posa sur sa tête, signe qu’on interpréta déjà comme une présence particulière de l’Esprit Saint sur cette jeune vierge. Pendant quatre ans, cette novice se montra exemplaire et toujours joyeuse dans l’accomplissement des charges quotidiennes. Puis les religieuses durent quitter leur monastère, à cause des guerres locales. Giustina se retrouva donc au monastère de Ognisanti (Tous les Saints), avec sa précieuse image du Crucifié.

Son amour de la perfection fut aiguilloné par la présence proche d’une ermite, une certaine Lucia, qui vivait recluse près du château de Civitella (exactement : Civitella della Chiana). L’évêque lui permit de la rejoindre. Lucia la reçut avec joie, mais on imagine avec quels efforts le pauvre papa de Giustina tenta en vain d’arracher sa fille à une telle pauvreté extrême. Toutefois, cette vie d’anachorètes ne dura que peu de temps, car Lucia tomba malade et mourut.

Giustina continua sa vie solitaire de prière et de pénitence. Elle eut visiblement des grâces particulières, lorsqu’un ange vint plusieurs fois la protéger des loups. Mais cette vie extrêmement rude commença bientôt à lui causer quelques problèmes aux yeux, ce qui fit qu’elle passa les vingt dernières années de sa vie complètement aveugle. Elle dut revenir au monastère, où les Consœurs furent très heureuses de retrouver parmi elles cette âme d’élite. Mais de nouveau le monastère fut menacé par les soldats et l’évêque le transféra en lieu sûr. C’était en 1315.

Giustina avait une dévotion particulière pour la Passion du Christ. Bien que malade, elle se serrait les flancs avec les cilices, elle se flagellait. Elle reçut plusieurs fois des extases, même en présence des Sœurs. Elle ne manquait jamais de donner une parole de réconfort chaque fois qu’elle le pouvait. A sa mort, en 1319, on voyait bien sur son corps les marques de la chaîne de fer qu’elle avait portée pendant des années à la taille.

Un lys poussa spontanément sur sa tombe ; avec ce lys Giotto la représenta à Florence. Dix ans après la mort, le corps était encore souple ; en 1709, lors d’une reconnaissance du corps, celui-ci apparut sans corruption. Giustina fut invoquée pour les maladies des yeux ; des possédés furent guéris près de sa tombe.

Le Saint Siège confirma le culte en 1891, et la Bienheureuse est inscrite au 12 mars au Martyrologe Romain.

 

 

Note : Récemment, les deux communautés bénédictines d’Arezzo (Monastère du Saint Esprit) et de Florence (Sainte Marie de la Fleur a Lapo) ont fusionné, ce qui explique que le tombeau de Giustina soit actuellement dans l’église paroissiale de la bourgade florentine, contiguë au monastère et qui fait toutefois partie du diocèse voisin de Fiesole. Ce fut un riche donateur, Lapo da Fiesole, qui hébergea le premier les religieuses, et en 1350 s.Andrea Corsini consacra le monastère sous la règle de saint Augustin d’abord ; les sœurs Augustines restèrent jusqu’en 1808, quand les ordres furent supprimés ; en 1817, après la persécution napoléonienne, ce furent les Bénédictines qui reprirent le bâtiment.

 

 

Girolamo Gherarducci

† 1350

 

Girolamo (Jérôme) naquit à Recanati (Marches, Italie CE).

Entré chez les Ermites de Saint-Augustin, il fut prêtre.

Il est réputé pour avoir toute sa vie pacifié et réconcilié les gens de son pays, divisés par d’incessantes luttes fratricides.

Il serait mort, toujours à Recanati, le 12 mars 1350.

Même les spécialistes de l’Ordre n’ont pas réussi à trouver davantage d’informations sur lui.

Le culte du bienheureux Girolamo fut confirmé en 1804.

 

 

Ruose Zhang Dapeng

1754-1815

 

Né vers 1754 à Duyun (Guizhou), Ruose s’appelait Zhang Dapeng (Depeng) ou Tchang Taong ou Tshang-ta-Pong. Il avait deux frères : Dakui et Daxue.

Elevé dans le Bouddhisme, il fut d’abord attiré par le Taoisme.

Vivant d’abord avec deux concubines, il eut un fils en 1793, Dewang Dapeng.

En 1794, il va à Guiyang et s’oriente dans les affaires de la soie. C’est par un client, le père Mathias Lo, qu’il connaît le Christianisme.

Il se convertit, mais ne peut entrer pleinement dans l’Eglise, à cause de ses concubines. Il finit par se séparer d’elles et, en 1800, contre toutes les pressions de sa famille et de ses associés, il entre dans l’Eglise, reçoit le baptême et prend le nom chrétien de Joseph (en chinois : Ruose).

Les tracas de ses collègues l’amènent à quitter son affaire et à ouvrir son propre commerce. Il se met à enseigner, à prêcher ; il transforme une maison en une petite école de religion. Il devient le principal (1808), tout en étant catéchiste et servant de messe. Il réussit à conduire un millier de personnes au Catholicisme.

Il est au cœur de la mission à Kony-Yang.

Son activité le signale aux mandarins, qui arrêtent son fils. Quand celui-ci mourra (1813), Ruose s’enfuira à Sichuan.

Durant les persécutions contre les Chrétiens, Ruose se cacha, mais continua clandestinement son travail de catéchiste.

En 1814, il fut trahi par son beau-frère, ennemi des Chrétiens, et fut arrêté.

Il partagea sa cellule avec Petrus Wu Guosheng (voir au 7 novembre), avec lequel ils portèrent assistance aux autres prisonniers.

On lui offrit la liberté en échange de son apostasie, ce qu’il refusa.

Il fut étranglé le 12 mars 1815 à Guiyang (Guizhou), et enterré à Xijiaotang. On signale que l’herbe qui poussait sur sa tombe fut utilisée comme remède.

Ruose a été béatifié en 1909, et canonisé en 2000.

Le Martyrologe le mentionne au 12 mars.

Ruose Zhang Dapeng, en même temps que les cent-vingt Martyrs chinois, est fêté le 9 juillet.

 

Aniela Salawa

1881-1922

 

Aniela (Angela, Angèle) naquit à Siepraw, petite bourgade à dix-huit kilomètres de Cracovie, le 9 septembre 1881. Pauvres, les parents étaient cependant très chrétiens. Son père, Bartlomiej, qui était forgeron, avec sa mère, Ewa Bochenek, élevèrent leurs douze enfants dans une foi profonde. Aniela était l’avant-dernière (ou bien, d’après d’autres sources, elle était la dernière de dix enfants).

Elle dut apprendre à dominer son vilain caractère capricieux et désobéissant et fut préparée avec soin par sa mère à la première Communion, à douze ans. Physiquement, elle était faible et maladive, suite à une nourriture trop pauvre en cette région qui était stérile et improductive.

Aniela reçut un peu d’instruction : elle savait lire, mais son orthographe resta toujours médiocre. Elle apprit à être pieuse et, après une période de crise, elle se passionna pour les bons livres.

A quinze ans, elle fut au service d’une famille de Siepraw, conduisant les vaches au pâturage, fauchant l’herbe, s’amusant avec les enfants et, en hiver, défrichant la terre. Revenue dans sa famille en 1897, elle résista à son père qui voulait la pousser à se marier, et rejoignit sa sœur Teresa à Cracovie, où elle entra au service d’une famille.

En janvier 1899, elle assista sa grande sœur Teresa qui mourut. La maison était vide, et Aniela sentit intérieurement un appel à une vie plus parfaite, auquel elle répondit avec toute son ardeur.

Guidée par le père jésuite Stanislaus Mieloch, elle prie longuement à l’église, elle médite ; elle fait le vœu perpétuel de chasteté, et commence un discret mais fructueux apostolat auprès des jeunes filles de Cracovie : elle les rencontre, les instruit, leur donne des conseils, les guide. Tout en accomplissant toutes les charges de son travail, elle s’oublie elle-même pour être aux autres ; malgré sa mauvaise santé, elle est toujours de bonne humeur, très sociable.

En 1900 elle entre dans l’Association de Sainte Zita, pour se mettre au service des malades. Peu à peu, elle comprend que sa vocation est de souffrir avec le Christ, ce qu’elle accepte résolument, malgré sa faiblesse. On la voit prier des heures devant le Saint Sacrement, elle lit des livres de haute mystique, entre autres sainte Thérèse d’Avila et saint Jean de la Croix, dont elle conserve des notes pratiques dans son petit carnet.

En 1911 elle tombe gravement malade ; puis sa mère meurt ; elle se voit abandonnée par les jeunes filles qu’elle ne peut plus recevoir chez elle. Mais elle entend un jour le Seigneur lui dire : “Ma fille, pourquoi te faire du souci ? Je ne t’ai pas abandonnée.”

Sa vie intérieure s’approfondit. Elle vit elle-même des expériences mystiques et son confesseur lui conseille de les rédiger par écrit. En mai 1912, elle prend l’habit de tertiaire franciscaine et fera profession le 6 août 1913, voulant suivre et imiter le Christ pauvre et crucifié.

Durant la première Guerre Mondiale, elle a l’occasion d’assister des prisonniers et des soldats blessés, qu’elle soigne à l’hôpital de Cracovie, sans faire la moindre différence selon leur nationalité ou leur religion. On l’appelle “la sainte femme”.

En 1916, la famille où elle travaillait depuis 1905 la renvoie, pour avoir refusé les avances qu’on lui faisait. Elle se retire donc dans un grenier et vivra ses dernières années dans les plus grandes nécessités, tout en vivant d’autres phénomènes mystiques continuellement ; elle voyait Jésus couronné d’épines.

Elle est hospitalisée et meurt le 12 mars 1922 dans la plus extrême pauvreté, et la plus grande odeur de sainteté.

Ses restes ont été transférés dans la basilique Saint-François de Cracovie ; elle a été béatifiée en 1991 et le Martyrologe la commémore le 12 mars.

 

 

Luigi Orione

1872-1940

 

Né le 23 juin 1872 à Pontecurone, Luigi Orione reçut au baptême les noms de Luigi (Louis) en l’honneur de saint Luigi Gonzaga, qu’on fête le 21 juin, et de Giovanni (Jean) en l’honneur de saint Jean-Baptiste qu’on fête le 24 juin.

Ses parents sont d’honnêtes braves gens. Luigi travaille aux champs et fait un peu d’études.

En 1885, il entre chez les Franciscains de Voghera, mais une très grave pneumonie (qui semblait même mortelle) l’obligea à repartir chez lui.

En 1886, il entre à l’oratoire de saint Giovanni Bosco à Valdocco (Turin), où il reçoit une formation plus complète, qu’il ne pourra jamais oublier.

En 1889, il entre au séminaire de Tortona. Il est gardien de la cathédrale en même temps qu’il fait ses études de philosophie et de théologie. Il demeure dans une petite chambrette au-dessus de la cathédrale et reçoit une petite contribution pour ses services.

En 1892, il commence déjà un apostolat fécond parmi les jeunes, et ouvre l’Oratorio saint Luigi, puis un collège dans le quartier San Bernardino à Tortona. Une centaine de garçons sont inscrits en peu de temps.

Il est ordonné prêtre en 1895 : il n’a pas vingt-trois ans.

A partir de 1899, il réunit autour de lui des prêtres et des clercs qui vont former la Piccola Opera della Divina Provvidenza (Petite Œuvre de la Divine Providence), approuvée par l’évêque en 1903 : les buts recherchés sont multiples : visites aux pauvres et aux malades, lutte contre la Franc-Maçonnerie, diffusion de la bonne presse, prédications, assistance des jeunes…

En 1908, et pour trois ans, il reste à Messine et Reggio Calabria, dévastées par un tremblement de terre, et s’occupe des orphelins. Il fait mettre en place le sanctuaire Saint Antoine à Reggio Calabria. Le pape le nomme Vicaire général de Messine.

En 1909, il répond à l’appel d’un illustre franc-maçon, l’ancien Premier Ministre Alessandro Fortis, mourant, auprès duquel il se rend, déguisé en infirmier pour tromper la vigilance des autres maçons présents.

En 1915, autre tremblement de terre à Marsica. Il fonde la Congrégation des Petites Sœurs Missionnaires de la Charité.

Il donna naissance aussi à deux œuvres contemplatives, les Ermites de la Divine Providence et les Sœurs Sacramentines, qui pouvaient aussi recevoir des membres aveugles.

Quoique de santé fragile, il organise quantité de manifestations religieuses pour apostoliser les masses : missions populaires, crèches vivantes, processions, pèlerinages…

Dès la fin de la Première guerre mondiale, son œuvre s’étend en Italie (Milan, Gênes, Rome) et à l’étranger (Buenos Aires, Saõ Paolo, Santiago del Cile). En vingt ans, l’œuvre s’implante en Uruguay, Palestine, Pologne, Rhodes, Etats-Unis, Angleterre, Albanie. Ecoles, colonies agricoles, paroisses, orphelinats, «Petit Cottolengo» (Maisons de Charité, inspirées du Cottolengo de Turin, v. 30 avril)…

Par deux fois il voyage en Amérique latine pour visiter les maisons.

Il fonde deux sanctuaires : Notre-Dame de la Garde à Alessandria (Tortona) et Notre-Dame di Caravaggio à Fumo di Corvino San Quirico (Pavie).

Il fit aussi partie de l’Institut de la Charité, fondé par Antonio Rosmini (v. 1er juillet).

Epuisé, il s’accorde quelques jours de repos à Sanremo, sur le conseil des médecins. Et c’est là qu’il meurt, le 12 mars 1940.

Don Orione fut béatifié en 1980 et canonisé en 2004.

Le miracle retenu pour la canonisation fut la guérison totale, rapide et durable d’un homme de soixante-dix-huit ans atteint d’un carcinome du poumon, inopérable. La famille du malade recourut à l’intercession de don Orione et la guérison intervint en huit jours. Le malade vécut encore douze ans.

 

 

Manuel Solórzano

1905-1977

 

Manuel Solórzano naquit en 1905 à Suchitoto (Salvador).

Il épousa Eleuteria Antonia Guillén, dont il eut dix enfants.

Pour trouver du travail, il s’installa à Aguilares, où il participait aux opérations d’achat-vente de bétail et de produits de l’agriculture.

Très actif dans la paroisse d’Aguilares, où fut nommé curé le p.Rutilio Grande, il secondait ce dernier dans ses activités, spécialement dans la catéchèse.

Avec Nelson Rutilio Lemus, il accompagnait le p.Rutilio le 12 mars, lorsque la jeep fut attaquée par un escadron de la mort. Manuel et le prêtre furent tués sur le coup ; Nelson fut achevé d’une balle dans la tête.

Manuel Solórzano devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 12 mars.

 

 

Rutilio Grande García

1928-1977

 

Rutilio Grande García naquit le 5 juillet 1928 à El Paisnal (Salvador), de parents modestes.

En 1932, mourut sa mère. Le petit garçon fut éduqué avec amour par un papa très travailleur. A douze ans, Rutilio put rencontrer l’évêque, Mgr Chavez, auquel il exprima son désir de devenir prêtre.

En 1941, ce même évêque prit sous sa protection Rutilio et l’envoya au Petit séminaire du Nicaragua.

En 1945, après son baccalauréat, Rutilio entra dans la Compagnie de Jésus. Il fit le noviciat à Caracas (Venezuela) et émit les premiers vœux en 1947.

Rutilio était un homme sincère, travaillé intérieurement, conscient de son devoir mais aussi de ses faiblesses. Dans le doute, il suspendit sa préparation au sacerdoce et partit deux années à Panama, où il fut professeur (1948-1950).

Puis il fut envoyé à Oña (Burgos, Espagne), où il reprit ses études de philosophie et de théologie, de 1953 à 1960. Là encore, le doute le tenta, mais il persévéra et fut ordonné prêtre en 1959, à Oña.

De retour au Salvador, il y enseigna pendant deux ans, et repartit en Espagne pour la dernière partie de sa formation dans l’Ordre des Jésuites. C’est alors qu’il fut envoyé à Bruxelles (1963) pour se spécialiser en Théologie pastorale, dans l’Institut Lumen Vitae ou CIEFR, affilié à l’université de Louvain ; il y découvrit la Théologie de la Libération, qui l’enthousiasma et le confirma tout-à-fait dans sa vocation. C’était l’époque du Concile Vatican II.

En 1964, de retour au Salvador, le p.Rutilio enseigna la théologie pastorale au Grand séminaire et fut chargé personnellement de la formation des séminaristes. En 1970, devant préparer avec Mgr Chavez la réunion des évêques, il leur lança un vibrant appel en faveur du peuple écrasé par trop d’injustices sociales. On commença de parler de Rutilio comme d’un crypto-communiste. Il ne craignait pas de présenter Jésus-Christ comme un révolutionnaire, jouant sur le mot Salvador, le nom du pays et celui du Sauveur. Rutilio avait parlé un peu trop vite ; on l’éloigna deux ans, comme professeur dans un collège, puis à l’Institut pastoral de Quito (Equateur).

En 1972, il revint au Salvador et fut nommé curé d’Aguilares, où il allait donner le meilleur de lui-même, organisant des communautés de base, où les participants relisaient l’évangile sous la responsabilité de Délégués de la Parole, spécialement formés par le p.Rutilio.

De ce travail essentiellement spirituel émanèrent bientôt des conséquences au niveau social. On prit conscience de la Charité, de la dignité des pauvres, des ouvriers, des paysans, de l’égalité de tous devant Dieu, de la responsabilité des dirigeants, des chefs, pour une justice sociale réelle et non pas seulement idéologique. Une révolution sociale était en marche, et l’on chercha à la subjuguer par la force au lieu de la comprendre : on parla de prêtres subversifs ou communistes, on tortura des travailleurs sociaux, on promit de «libérer le pays des Jésuites». Mgr Chavez recommanda la prudence et la modération.

En 1977, Mgr Romero succéda à Mgr Chavez ; adroitement, il avait condamné la théologie de la libération et jouissait d’une réputation de «conservateur» ; mais il n’hésita pas à censurer le gouvernement pour de nombreux crimes et disparitions jamais expliqués, ni punis. En particulier, un père jésuite fut expulsé du pays, le p. Mario Bernal, pour lequel le p.Rutilio protesta publiquement.

On se souvient des actions dramatiques des funestes escadrons de la mort. Le 12 mars 1977, ces derniers intervinrent à l’encontre du p.Rutilio. Celui-ci se dirigeait vers El Paisnal, son village natal, pour y célébrer la messe du soir. Il était accompagné de Manuel Solórzano, un fidèle coopérateur paroissial de soixante-douze ans, et de Nelson Rutilio Lemus, un adolescent de seize ans. Il y avait aussi trois enfants. Une rafale de mitraillette renversa la jeep dans le fossé, le père Rutilio et Manuel furent tués sur le coup, le jeune Nelson fut achevé d’une balle dans la tête. Les petits enfants purent se sauver.

Ce triple assassinat ne fut jamais revendiqué, ni expliqué. Mgr Romero protesta de façon solennelle, tout en sachant qu’il était condamné d’avance : il fut lui aussi assassiné trois ans plus tard (v. 24 mars).

Rutilio Grande García, avec ses deux Compagnons Manuel Solórzano et Nelson Rutilio Lemus, devraient être béatifiés en 2020, et inscrits au Martyrologe le 12 mars.

 

 

Nelson Rutilio Lemus Chávez

1960-1977

 

Nelson Rutilio naquit le 10 novembre 1960 dans une famille de paysans de El Paisnal (San Salvador, El Salvador), d’où était aussi originaire le curé, p.Rutilio Grande.

Nelson avait aussi une formation suffisante pour enseigner le catéchisme aux enfants.

Très actif dans la paroisse d’Aguilares, où fut nommé curé le père Rutilio, il accompagnait volontiers ce dernier dans toutes ses activités, bien conscient du danger qu’il courait si le père Rutilio venait à être attaqué.

Avec Manuel Solórzano, il accompagnait le p.Rutilio le 12 mars 1977, lorsque la jeep fut attaquée par un escadron de la mort. Manuel et le prêtre furent tués sur le coup ; Nelson fut achevé d’une balle dans la tête ; il avait seize ans.

On peut lire d’autres détails dans la notice de Rutilio Grande García

Nelson Rutilio Lemus Chávez devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 12 mars.

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