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15 mars 2020 7 15 /03 /mars /2020 00:00

15 MARS

I.    

S Aristobule, donné comme le frère de s.Barnabé et premier évêque en Angleterre.

III.    

S Menignos, teinturier, martyr à Parium ; il eut tous les doigts et la tête coupés.

?IV-V.    

Deux Stes Matrone, l’une vierge espagnole, martyre à Rome, l’autre vierge portugaise, venue à Capoue, invoquée contre la peste ; peut-être de pieuses multiplications de la sainte Matrone de Thessalonique, mentionnée autrefois en ce même jour (et maintenant le 25 mars).

VI.    

S Tranquille, abbé à Dijon.
S Spécieux, un des premiers disciples de s.Benoît, à Terracina, mort à Capoue.

VIII.    

S Zacharias, pape (741-752) : sa bonté conquit les rois lombards et l’empereur iconoclaste ; il soutint s.Boniface en Allemagne.

IX.    

Ste Leocricia, vierge à Cordoue, décapitée.

XI.    

S Sisebuto, abbé à Cardeña.

XIII.    

Bx Monaldo de Ancone, Francesco de Petrillo et Antonio de Milan, franciscains martyrs des Sarrasins en Arménie.

XVI.    

B William Hart, surnommé “second Campion” pour sa prédication excellente ; prêtre, martyr à York par la pendaison et l’éviscération.

XVII.    

Ste Louise de Marillac (Madame Le Gras), veuve, co-fondatrice des Filles de la Charité avec s.Vincent de Paul.

XIX.    

S Klemens-Maria Hofbauer, morave, entré à Rome chez les Rédemptoristes, très actif à Varsovie, puis à Vienne; il défendit les libertés de l’Eglise contre l’empereur (joséphisme).

XX.    

B Tommaso Riccardi (Placido, 1844-1915), abbé bénédictin à Farfa (le 25 au Martyrologe).
B Jan Wojciech Adalbert Balicki (1869-1948), prêtre polonais, béatifié en 2002.
B Artemide Zatti (1880-1951), salésien et infirmier d’origine italienne, très actif en Argentine, béatifié en 2002.

Menignos de Parion
† 250

Menignos exerçait le métier de foulon ou teinturier, dans sa ville de Parion (Mysie, Hellespont, auj. village de Kemer, Turquie NW).
C’était un homme chrétien, qui aimait rendre service et s’efforçait de soutenir ses frères en difficulté. Il savait s’exposer et ne craignait pas le martyre pour lui-même.
Mais il dépassa la mesure de la prudence, en déchirant les édits de Dèce qui proclamaient la persécution.
Arrêté, il fut battu de verges - l’expression signifiant qu’il eut tout le corps écorché par les fouets, dont les lanières de cuir étaient très coupantes, et de plus garnies de petits plombs.
Puis on lui coupa les doigts un à un ; enfin on le décapita. Ce pouvait être en 250.
Menignos fut peut-être trop audacieux, mais qu’avait-il à perdre quand il savait que tôt ou tard on l’aurait arrêté pour sa foi ?
Il est dit que son tombeau, près de Constantinople, attirait beaucoup de pèlerins.
Des érudits ont avancé que Menignos est devenu Benignos, et serait donc à identifier avec le premier évêque de Dijon, qu’on prétendait originaire de Grèce (v. 1er novembre).
Saint Menignos de Parium est commémoré le 15 mars dans le Martyrologe Romain.


Zacharias
741-752

Zacharias naquit à Santa Severina dans la Calabre, à l’époque colonie grecque, de Polychronios.
Saintement éduqué et érudit, il traduisit en grec les Dialogues de saint Grégoire le Grand (voir au 12 mars). 
Il entra dans le clergé romain et fut unanimement désigné pour succéder à saint Grégoire III (voir au 10 décembre).
Le nouveau pape se montra extrêmement habile dans les négotiations avec les princes.
Avec le roi lombard Liutprand, il obtint plusieurs accords, qui furent respectés par Rachis et Astolfo, ses successeurs. 
Rachis, en particulier, profita pleinement des exhortations de Zacharias : il abdiqua et se fit moine au Mont-Cassin, tandis que sa femme et ses filles entraient au couvent. 
Dans le sillage de Rachis, en 747, Carloman, fils de Charles-Martel et frère aîné de Pépin-le-Bref, renonça au pouvoir et vint s’offrir à Saint-Pierre : le pape le tonsura ; Carloman alla fonder le monastère Saint-Silvestre au mont Soratte, puis alla se présenter incognito au Mont-Cassin, comme un bandit ayant besoin de faire pénitence.
En 743, un concile à Rome décida de l’obligation pour les évêques de la visite Ad limina Apostolorum, qui se fait encore aujourd’hui tous les cinq ans.
En 745, un autre concile au palais du Latran, condamna deux prêtres : le Franc Aldebert pour ses sorcelleries, et Clément ; le pape condamna aussi un Irlandais Samson (748).
Zacharias fit faire des travaux au Latran et à Saint-Pierre, et retrouva le chef de saint Georges, qu’il fit transférer dans l’église de Saint-Georges in Velabro.
Il racheta de ses deniers des esclaves chrétiens que des marchands vénitiens voulaient revendre en Afrique. 
Zacharias soutint saint Boniface dans son apostolat en Germanie (voir au 5 juin), où il confirma les travaux de cet apôtre infatigable : archevêque de Mayence, Boniface aurait pour suffragants Langres, Cologne, Worms, Spire et Strasbourg. Sur un point seulement, Zacharias revint sur une proposition de Boniface : il s’agissait d’un prêtre un peu ignorant qui avait baptisé avec cette formule : Ego te baptizo in nomine Patria, et Filia et Spiritua Sancta (au lieu, bien entendu, de in nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti.). Zacharie reconnut qu’il y avait là une erreur de prononciation, non une intention hérétique. 
Pendant les onze années de son pontificat, Zacharias ordonna quatre-vingt-cinq évêques, trente prêtres et cinq diacres.
Saint Zacharias mourut le 15 mars 752 et eut pour successeur Etienne II. 
   

Leocricia
† 859

Cette jeune vierge de Cordoue était de famille musulmane et s’était convertie au christianisme, chose que les musulmans n’acceptent pas et punissent de mort, encore aujourd’hui dans la majeure partie des pays à dominante islamique.
Le saint prêtre Euloge (voir au 11 mars) la prit sous sa protection. Il cachait Léocricia, lui faisant changer de domicile constamment. Ils furent finalement découverts, arrêtés et jugés. Euloge fut accusé d’avoir enlevé la jeune fille, de l’avoir soustraite à l’obéissance de ses parents, et Euloge répondit calmement.
Après le martyre d’Euloge, Léocricia fut à son tour décapitée le 15 mars suivant, jour où elle est mentionnée au Martyrologe.

Sisebuto de Cardeña
† 1086

S’il existe assez d’informations sur le roi Sisebuto, on ne possède pas de Vita de Sisebuto, l’abbé du monastère bénédictin de Saint-Pierre de Cardeña (Castrillo del Val, Burgos, Espagne CN).
On sait de lui qu’il gouverna ce monastère très saintement et que l’abbaye connut alors une période dorée.
Sisebuto fut en relations avec s.Domingo de Silos et s.García de Arlanza (v. 20 décembre et 29 septembre).
Il mourut vers 1086, mais certainement pas en mars, puisqu’on possède un document attestant qu’il vivait en avril de cette année-là.
Les miracles furent nombreux sur son tombeau.
Le culte de Sisebuto fut approuvé en 1780, avec célébration le 15 mars.
Saint Sisebuto est commémoré le 15 mars dans le Martyrologe Romain.


William Hart
1558-1583

William Hart était né en 1558 à Wells (Somerset, Angleterre).
Après ses études au Lincoln College (Oxford), il fut bachelier ès Arts en 1574. Il quitta alors son pays, en compagnie du recteur, John Bridgewater, pour venir au Collège anglais de Douai, qui se transféra à Reims.
En 1578, il subit une grave opération à Namur, puis passa l’année suivante au Collège anglais de Rome, où il fut ordonné prêtre.
En mars 1581, il repartit pour Reims et rejoignit l’Angleterre, où il travailla activement dans le Yorkshire.
Le 22 juillet 1582, il se trouvait à la Messe au terme de laquelle fut arrêté William Lacey (voir au 22 août). Mais il put s’échapper après être resté suffisamment longtemps dans la boue du fossé au York Castle. C’est un apostat qui le dénonça à Noël de la même année, et on le mit sous les fers dans un cachot souterrain.
Après avoir été interrogé par le bâtonnier de York, il fut renvoyé aux assises de printemps. On l’accusa de trois crimes :  d’avoir introduit des documents papistes (en l’occurence, son celebret, attestant son ordination à Rome), de s’être déplacé dans le royaume sans la permission royale, et d’avoir admis des personnes dans la religion catholique. Il fut reconnu coupable (au moins) pour le second chef d’accusation.
Il fut exécuté à York le 15 mars 1583, à vingt-cinq ans.
Le culte qui lui était rendu fut confirmé en 1886, ce qui équivalait à la béatification.


Louise de Marillac
1591-1660

Née dans une famille qui sera liée aux événements politiques, Louise voit le jour à Paris le 13 ou le 15 août 1591, du deuxième mariage de son père. Très tôt orpheline de sa mère, elle est confiée par son père aux dominicaines de Poissy, tandis que son père se remarie une troisième fois. Il décédera en 1604.
La petite Louise sera bientôt confiée à un foyer pour jeunes filles nobles, où elle bénéficie du climat de réforme catholique qui anime alors Paris. Elle fréquente les Sœurs Capucines du Faubourg Saint-Honoré et, voulant servir Dieu et le prochain, pense entrer chez ces religieuses. Mais elle en est dissuadée à cause de sa faible complexion. Elle est alors accompagnée dans son cheminement spirituel par l’évêque de Belley, Jean-Pierre Camus, un parent, qui lui fait connaître un autre évêque, François de Sales ; ce dernier, évêque de Genève, est à l’origine de la fondation des Religieuses de la Visitation, avec sainte Jeanne-Françoise Fremiot de Chantal.
Conseillée par sa famille, Louise épouse en 1613 Antoine Le Gras, dont elle aura un fils, Michel. Louise portera désormais le nom de “Mademoiselle Le Gras”, et plus tard “Veuve le Gras”, quand son mari décédera, fort pieusement, de la tuberculose en 1625.
Louise eut une période de graves scrupules devant la maladie et la mort de son mari. Elle pensa avoir été punie par Dieu de n’avoir pas suivi sa vocation première. Mais le jour de la Pentecôte 1623, elle eut une très forte illumination intérieure qui dissipa ses doutes en un instant. Dès lors, comme elle l’écrira sur un parchemin qu’elle portera sur elle jusqu’à la fin de ses jours, elle eut la certitude que sa place était au chevet de son mari, puis qu’elle aurait l’occasion de se consacrer à Dieu totalement, et qu’elle trouverait pour cela un prêtre qui la conseillerait judicieusement. Elle rencontre effectivement un prêtre, Vincent de Paul, qui alors établissait des Confréries de Charité pour venir en aide aux multiples misères de l’époque.
Louise, Mademoiselle Le Gras, devient la chargée de mission de Vincent de Paul auprès des dames de la Charité. Malgré bien des infirmités physiques, Louise se déplacera partout en province, et jusqu’en Pologne, pour installer de nouvelles communautés partout où le besoin s’en fait sentir. On en demandera aussi pour Madagascar…
Avec les premières “Filles de la Charité”, et en étroite collaboration avec Vincent de Paul, Louise viendra en aide aux enfants abandonnés, aux malades à domicile ou dans les hôpitaux, aux galériens, aux personnes handicapées mentales ; elles s’occuperont de l’instruction des filles du peuple, de la création de l’hospice du Saint-Nom de Jésus et de l’hôpital général de Paris… Rien ne les arrêtera. 
Ainsi commença l’œuvre des Filles de la Charité, dont la maison-mère est à Paris, au 140 de la rue du Bac. C’est dans cette chapelle que, au XIXe siècle, une certaine Catherine Labouré aura l’apparition de Marie, qui donnera naissance à la très fameuse “médaille miraculeuse”, avec l’invocation : Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous.
Pour reprendre des expressions de Louise elle-même, les Sœurs de la Charité sont des filles «de plein vent» qui ont pour voile «la sainte modestie», «pour monastère une maison de malade, pour cellule une chambre de louage, pour cloître les rues de la ville, ou les salles des hôpitaux» et pour devise : «La charité de Jésus Crucifié nous presse».
Ces religieuses ne font des vœux que pour une année, qu’elles renouvellent le 25 mars, fête de l’Annonciation, jour où Louise elle-même s’engagea définitivement à demeurer veuve au service du Christ.
Louise passa ses dernières années dans la maison de la rue du Bac, tout occupée à donner le premier exemple à toutes ses Sœurs. Elle travaillait à leur inspirer, par son exemple, la simplicité, la cordialité, la gaieté ; à celles qui regrettaient leur éloignement, elle recommandait de ne pas pleurer, ce qui était aussi mauvais pour l’âme que pour le corps.
Peu à peu, ces religieuses s’imposèrent : en 1657, une approbation royale donna à la Compagnie une existence légale, suivie de l’approbation pontificale en 1668.
Louise ne vit pas cette dernière : consommée en souffrances et en sainteté, elle s’éteignit le 15 mars 1660. Elle fut béatifiée en 1920, et canonisée en 1934. Ses restes, fort bien enchâssés, se trouvent dans la chapelle de la Médaille Miraculeuse, 140 rue du Bac à Paris, entourés d’une incessante dévotion de fidèles qui viennent de tous les pays du monde.


Johannes Dvořák
(Klemens Maria Hofbauer)
1751-1820

Ce prêtre très connu comme l’Apôtre de Vienne, ne s’appelait ni Klemens ni Hofbauer, et n’était pas autrichien.
Il naquit le 26 décembre 1751 à Taßwitz (Moravie sud, actuelle République Tchécoslovaque), et fut bien probablement baptisé le lendemain, fête de saint Jean, dont il reçut le nom. Ils étaient douze frères et sœurs.
Le père, Pavel, était boucher, et épousa la bavaroise Maria Steer. Au moment du mariage, Pavel germanisa son nom, et Dvořák devint Hofbauer (qu’on écrivit aussi parfois Hofmann ou Hoffmann), paysan.
A six ans, Johannes fut orphelin de père. Trop pauvre pour payer la pension d’un séminaire, il travailla comme apprenti boulanger à Znaim, après quoi il fut hébergé chez les Prémontrés de Klosterbruck, qui l’instruisirent. Il fit trois fois le pèlerinage de Rome et revint vivre en ermite, mais les ermites furent chassés de l’empire. Johannes partit pour Budwitz, où il apprit la langue slave.
En 1778, il fut boulanger à Vienne ; il put bientôt commencer enfin ses études de théologie à l’université.  Mais les professeurs y avaient des idées proches du protestantisme ; un jour, Johannes reprocha au professeur une thèse qui n’était pas catholique : le professeur avoua plus tard que cette intervention l’avait aidé à se convertir. 
Johannes quitta donc ce monde universitaire. C’est en 1783, lors d’un nouveau pèlerinage à Rome, qu’il assuma le nom de Klemens Maria.
En 1784, il se lia d’amitié avec Thaddäus Hübl, avec lequel il refit un pèlerinage à Rome ; dans la Ville éternelle, ils entrèrent chez les Rédemptoristes, en connurent le fondateur (Alfonso Maria de’ Liguori, v. 1er août)  et furent ordonnés prêtres en 1786.
On les envoya fonder un couvent en Autriche, mais l’attitude de l’empereur Joseph II n’y était pas favorable, aussi furent-ils envoyés à Varsovie (Pologne), où ils reçurent la charge de la paroisse Saint-Benno. Le départ des Jésuites de Pologne avait laissé un grand vide parmi les âmes et les nouveaux apôtres arrivaient à temps.
Klemens y fonda une école pour enfants pauvres, un ouvroir pour jeunes filles et un orphelinat. Dans l’église, il officiait et prêchait dans les différentes langues : morave, italienne, slavonne, autrichienne, polonaise… L’église ne désemplissait pas. Les Protestants et les Juifs se convertirent.
Les années suivantes furent mouvementées : il y eut d’autres fondations (deux autres à Vienne, Jestetten en 1802, le Mont Thabor), puis Klemens fut appelé à assumer le pèlerinage marial de Triberg (1805), qu’il dut cependant abandonner très vite, après que trois étudiants aient quitté leur diocèse pour se faire ordonner à Lucerne, suscitant la jalousie de l’évêque.
En 1808, la communauté de Varsovie fut dissoute, à la suite de calomnies qui arrosèrent péniblement le père Hofbauer ; il chercha malgré tout refuge à Vienne, où on lui confia la paroisse italienne, ainsi que la direction spirituelle des Ursulines : le résultat fut l’envahissement de leur chapelle par une foule d’étudiants qui voulaient profiter de l’enseignement de Klemens.
Finalement, Klemens conquit des personnalités et l’esprit du joséphisme fut ébranlé. Il devint vraiment l’apôtre de Vienne. La police impériale le poursuivit encore : il devait partir, mais l’empereur changea radicalement la position gouvernementale après une audience avec le pape Pie VII. 
Klemens ne vit pas le résultat de ce changement, mais l’annonça à ses Religieux : J’aurai à peine rendu le dernier soupir que vous aurez des couvents en abondance.
Il prêcha une dernière fois le 6 mars 1820, fut pris de la fièvre et reçut les derniers Sacrements le 15. A midi, il pria encore l’Angelus, et rendit l’esprit.
Son apostolat fut une mission permanente qui dura trente-cinq ans et s’acheva ce 15 mars 1820.
Lors de l’exhumation du corps en 1862, une femme malade de la poitrine et condamnée par les médecins, recouvra la santé. 
Johannes Dvořák - Klemens Maria Hofbauer fut béatifié en 1889 et canonisé en 1909.


Tommaso Riccardi
1844-1915

Tommaso fut le troisième des dix enfants d’un brave épicier de Trevi (Ombrie, Italie centrale), Francesco et de Maria Stella Paoletti. Francesco fabriquait de l’huile d’olive. 
Le garçon fut au collège de Trevi dès 1853, bon élève, amateur de théâtre et de musique, et s’en vint à l’université romaine de l’Angelicum pour étudier la philosophie.
Bien qu’il eût énergiquement affirmé ne pas avoir de vocation religieuse, c’était justement là sa préoccupation : dans quelle direction aller ? Il finit par frapper à l’abbaye bénédictine de Saint-Paul-hors-les-Murs.
Il y entra en 1866, prit le nom de Placido et fit la profession en 1868.
Sa préférence allait aux ouvrages des Pères, des saint Bernard et des saint Augustin, d’Anna Katharina Emmerich. Les manuels scholastiques l’embarrassaient par leur manque de bonté pastorale, encore plus les livres de culture profane, qu’il élimina.
Sous-diacre et diacre en 1870, il demanda un délai pour achever ses examens avant de partir au service militaire, mais fut pour ce motif déclaré «déserteur» (il n’y était pour rien !) : il passa presque deux mois en prison à Florence, fut envoyé au régiment d’infanterie de Livourne et fut réformé à Pise en janvier 1871, à cause de sa mauvaise santé.
De retour dans son abbaye, il fit la profession solennelle et reçut l’ordination sacerdotale en mars 1871.
Sa première mission fut d’être surveillant à l’alumnat de l’abbaye ; mais ce pieux moine qui aimait tant le silence et la prière, et de plus affligé d’une forte myopie, était littéralement tourmenté par les gamins ; des crises de paludisme achevèrent de convaincre l’abbé de le nommer sous-maître des novices et confesseur des moniales bénédictines de Sainte-Cécile à Rome.
En 1884, l’abbé l’envoya comme vicaire abbatial à San Magno d’Amelia, pour y réformer le monastère des Bénédictines, mais aussi pour lui envoyer un novice de Rome qui se disait favorisé de grâces célestes. La réforme des moniales réussit ; quant au «mystique», dom Placido le démasqua sans peine, de sorte qu’il fut ensuite nommé maître des novices en 1885.
En 1887, il fut à nouveau envoyé à Amelia, pour le grand bien des moniales, puis il fut envoyé à l’antique abbaye de Farfa (Sabine), et chargé du sanctuaire, où il put goûter la solitude et le silence qu’il préférait tant. Il eut seulement à aller confesser deux communautés franciscaines.
Il était tellement «absent» de la réalité, qu’il en oublia une année la fête de Pâques !!! Une autre année, invité à participer aux offices de la Semaine Sainte à la ville proche, il fut tellement choqué de l’indiscipline des enfants de chœur, qu’il se promit bien de n’y jamais retourner.
Pendant longtemps, dom Placido s’occupa ainsi du sanctuaire, réorganisant la vie liturgique, attirant de nombreux villageois, cherchant aussi à les aider ; il était si pauvre que les villageois refusèrent les pauvres loques qu’il leur proposa. 
Quand l’abbé de Rome eut l’idée de l’ «aider» avec la présence d’un Confrère allemand, ce dernier eut la maladresse de modifier nombre de détails de cette vie, et le sanctuaire fut littéralement déserté. Tout le patient travail de dom Placido effacé… Ses ennuis de santé reprirent.
En novembre 1912, une attaque le terrassa dans l’escalier, qu’il dégringola jusqu’en bas. Hémiplégique, il fut ramassé et immédiatement administré. On le reconduisit à Saint-Paul-hors-les-Murs.
Ses deux dernières années furent une longue agonie : alité, il ne pouvait pas même rester sur le dos, car ses jambes, toutes recroquevillées, se plièrent en arc. Celui qui l’assistait filialement fut dom Ildefonso Schuster, le futur archevêque de Milan (v. 30 août), qui obtint du pape l’autorisation - nécessaire à l’époque - de célébrer une fois par semaine la Messe dans la cellule de dom Placido.
Dom Placido s’éteignit le 15 mars 1915 (et non le 25, comme écrit dans le Martyrologe).
Détail de ses funérailles : quand sa dépouille entra dans la basilique de Saint-Paul, les cloches sonnèrent (par erreur) la fête au lieu du glas.
Il fut proclamé bienheureux en 1954, l’année où mourut le cardinal Schuster.


Jan Wojciech Balicki
1869-1948

Né à Staromieściu (Rzeszów, sud Pologne, près des frontières slovaque et ukrainienne) le 25 janvier 1869, Jan Wojciech (Jean Adalbert) était le fils d’un grec catholique et d’une catholique romaine, nommée Catherine.
Cette région, la Galicie, faisait partie de l’empire austro-hongrois et était sous la protection de la Pologne.
D’après la loi, Jan aurait dû être baptisé selon le rite de son père, mais son père le fit baptiser dans le rite romain.
Il suivit ses études sacerdotales au séminaire de Przemysl et fut ordonné prêtre en 1892.
Comme vicaire à Polna, il s’est tout de suite montré ardent prédicateur et confesseur.
Il ouvrit une maison pour recueillir des femmes tombées dans la prostitution : cette maison dut être fermée lors de la Seconde Guerre mondiale, au moment de l’invasion soviétique.
Il vint à l’Université Grégorienne de Rome pour passer le doctorat en théologie, et voyagea à Paris et Fribourg. Après quoi il fut professeur de théologie dogmatique au séminaire. 
La ville de Przemysl était alors peuplée de Polonais, de Ruthènes ukrainiens, de Juifs et d’Allemands. En 1915, la ville tomba ; il y eut beaucoup de morts et plus de cent-mille prisonniers. L’abbé Balicki s’efforça de maintenir son ministère de paix dans une fraternelle neutralité, rencontrant les uns et les autres dans un effort de réconciliation et de paix.
La ville fut le théâtre d’autres affrontements, reprise par les Autrichiens et les Allemands, puis par la Pologne et l’Ukraine, pour devenir finalement polonaise en 1921 (Traité de Riga). L’évêque était alors Jozef Sebastien Pelczar, qui mourut en 1924 (voir au 28 mars).
De 1928 à 1934 Jan Balicki fut aussi recteur du séminaire, jusqu’au moment où sa santé l’obligea à cesser ses activités. 
Il donna alors tout son temps au Sacrement de la réconciliation. Un de ses dirigés fut Ladislas Findysz, futur bienheureux (v. 21 août).
En 1939 la région fut occupée par les Allemands (qui restèrent dans les faubourgs), puis par les Soviétiques (qui restèrent dans la vieille ville) ; le séminaire était en zone allemande, mais l’abbé Balicki avec l’évêque restèrent en zone soviétique, où arrivaient de nombreux Juifs, expulsés par les Allemands. 
L’évêque et l’abbé Balicki, qui espéraient pouvoir passer plus facilement d’une zone à l’autre, furent assignés à résidence dans un autre bâtiment. Quand l’évêque protesta contre l’occupation de l’évêché par des femmes juives, il fut confiné dans une seule petite pièce.
Il y eut des massacres et du vandalisme contre toute la population polonaise. Plus de dix-mille Polonais moururent, toute l’élite intellectuelle fut décimée, toutes les personnalités furent soit emprisonnées soit exécutées sommairement.
En juin 1941, les Allemands occupèrent toute la ville. Il y eut encore des milliers de victimes.
A partir de 1942, des convois de Juifs furent dirigés vers Auschwitz et Belzec. Les protestations de l’abbé Balicki ne servirent à rien. Six-cents Polonais, qui avaient protégé des Juifs, subirent leur sort. Il y eut des exécutions publiques à partir de 1943.
En 1944, l’armée rouge chassa les Allemands. La ville avait perdu plus de la moitié de sa population. Plus de dix-sept mille Polonais et autant de Juifs avaient péri dans les combats successifs.
Les autorités soviétiques continuaient à brimer les Catholiques. L’abbé Balicki tomba malade en février 1948, et mourut à l’hôpital le mois suivant, le 15 mars 1948.
Dès 1975, Mgr Wojtiła, évêque de Cracovie et encore peu connu dans nos régions, intervenait à Rome pour ouvrir le procès de béatification de l’abbé Balicki. Devenu pape, il le béatifia en 2002.

Jan Balicki avait proposé une «montée» de sept degrés dans le progrès spirituel : 
avoir une approche sérieuse du sens de la vie ;
se tenir prêt à se convertir par l’auto-critique ;
avoir une confiance inaltérable en la prière ;
cueillir les fruits de la joie de l’Esprit ;
aimer la souffrance ;
louer la Miséricorde divine ;
s’amender sans cesse.

A l’occasion de la béatification, le pape lançait cet appel aux prêtres : 
Le ministère de la miséricorde était la vie du bienheureux Jan Balicki. Comme le cœur du prêtre est toujours ouvert aux nécessiteux, son ministère de miséricorde allait vers les malades et les pauvres, mais s’est surtout exercé dans le ministère de la Réconciliation. Toujours avec patience et humilité, il chercha à ramener l’homme pécheur au trône de la grâce de Dieu.
Je vous exhorte, prêtres et séminaristes, n’oubliez pas que vous, les commissaires de la miséricorde de Dieu, vous avez une grande responsabilité. Rappelez-vous aussi la promesse que le Christ a faite à sainte Faustine : «Dis à mes prêtres que les pécheurs endurcis se repentiront en entendant leurs paroles, quand ils parleront de mon insondable miséricorde, de la pitié que j’ai pour eux dans mon cœur.»


Artemide Zatti
1880-1951

Artemide naquit le 12 octobre 1880 à Boretto (Reggio Emilia, Italie Est), de Luigi et Albina Vecchi, des paysans. Il avait deux frères.
A neuf ans, il laissa l’école pour travailler comme ouvrier agricole.
En 1897, la famille émigra à Bahia Blanca (Argentine).
Il connut les Salésiens et entra dans leur séminaire à Bernal en 1900. 
Mais en soignant un jeune prêtre, il contracta la tuberculose. Envoyé dans une autre maison salésienne (Viedma) pour y être soigné, il promit à la Sainte Vierge de se consacrer aux malades, s’il guérissait, même au prix de renoncer au sacerdoce.
Il guérit en effet, et resta simple frère laïc dans la communauté. Il fit la profession en 1911.
Entièrement consacré à l’hôpital, il en fut le vice-directeur en 1913, administrateur et infirmier-chef. Chaque malade qui arrivait était pour lui le Christ en personne.
En 1913, il commença la construction d’un nouvel hôpital qui, cependant, à son grand regret, fut plus tard démoli, non pas par anticléricalisme, mais pour construire le nouvel évêché de Viedma.  Mais cette tristesse ne ralentit pas pour autant son élan et sa générosité.
Il se levait à 4 heures 30 du matin ; la journée commençait par la méditation et la Messe ; puis il visitait les malades de son hôpital et ensuite, à bicyclette, ceux des environs ; après le repas, il jouait avec les malades qui le pouvaient ; l’après-midi, de nouveau les visites ; puis il travaillait à la pharmacie ; le soir, nouvelle visite dans l’hôpital ; jusqu’à vingt-trois heures, il étudiait la médecine et finissait la journée avec quelque lecture spirituelle.
Il passa avec succès son diplôme d’infirmier.
Il resta donc là jusqu’à sa mort, sauf un intervalle de cinq jours, pendant lesquels il fut incarcéré, soupçonné de complicité avec un évadé, qu’il avait accueilli dans l’hôpital.
En 1950, il fit une chute dans un escalier et dut rester alité. Un cancer se déclara.
Il mourut le 15 mars 1951 et fut béatifié en 2002.
L’hôpital où il avait passé tant d’années à «accueillir le Christ», porte maintenant son nom.

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