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16 mars 2020 1 16 /03 /mars /2020 00:00

17 MARS

III.    

S Ambroise, diacre en Alexandrie, disciple d’Origène.

?    

Ste Vicence, honorée à Cologne (compagne de ste Ursule ? ou bien au VII. sœur de ste Gertrude, cf.infra ?).
S Julien Urius, à Padoue. 

V.    

S Patrice, évêque en Irlande, dont il est le patron.

VI.    

S Agricola, évêque à Chalon-sur-Saône pendant presque cinquante ans.

VII.    

Ste Gertrude, fille de s.Pépin de Landen et de ste Iduberge qui fonda un monastère à Nivelles, où Gertrude devint abbesse et mourut à trente-trois ans ; elle est invoquée contre les rats, les souris, les mulots, contre la fièvre, la folie.
S Becc an, moine à Iona.

VIII.    

Ste Withburge, vierge dans le Norfolk.                                             
S Théostericte, abbé à Pélecète, persécuté par des iconoclastes : on lui coupa le nez et lui brûla la barbe enduite de poix.
S Pavlos, martyr en Chypre pour le culte des saintes images.

XII.    

S Conrad, oncle de Friedrich Barbarossa, cistercien allemand parti en Palestine ; à son retour, il vécut et mourut dans une pauvre crypte près de Bari.

XIII.    

B Tomasello, dominicain italien favorisé du don de prophétie et de miracles.

XVII.    

S Jan Sarkander, veuf, prêtre actif en Moravie pour la conversion des disciples de Jean Hus, martyr, canonisé en 1995.
S Gabriel Lalemant, prêtre jésuite parisien, martyr des Iroquois, fêté le 19 octobre.

XIX.    

Bse Barbara Maix (Maria Bárbara de la Sainte Trinité), autrichienne, fondatrice au Brésil des Sœurs du Cœur Immaculé de Marie, béatifiée en 2010.

XX.    

B Juan Nepomuceno Zegrí y Moreno (1831-1905), prêtre espagnol fondateur de la Congrégation des Sœurs de la Charité de Notre Dame de la Merci, béatifié en 2003.
B Josep Mestre Escoda (1899-1937), prêtre espagnol martyr à Barcelone, béatifié en 2013.

B Joan Torrents Figueras (1873-1937), prêtre clarétain espagnol, martyr à Barcelone, béatifié en 2017.

Patrice d’Irlande

383-461

 

Comme beaucoup parmi cette pléiade de Saints irlandais et écossais que nous connaissons bien peu, saint Patrick est un personnage - certes historique, mais dont beaucoup de détails restent incertains.

Sa naissance varie de 383 à 389, selon les études ; sa mort, de 461 à 493. Sa naissance, d’après ses propres écrits, aurait eu lieu en Écosse, mais d’autres historiens interprètent différemment le texte et le font naître tour à tour en Irlande, en Pays de Galles, ou même en Gaule, suivant le sens à donner à cette Britannia latine.

Suivant les contrées, son propre nom varie étonnamment : Patricius en latin, donc Patrice en français, mais Cothrige en irlandais, Maewyn Succat en breton, Patrick ailleurs.

Son père, le diacre Calpurnius, était un décurion romain, sa mère s’appelait Concessa ; Patrice aurait aussi eu une sœur, Lupait.

Vers 404, des pirates irlandais pillèrent la ferme de Calpurnius, et emmenèrent captif le jeune Patrice qui avait environ seize ans ; acheté par un maître du nord de l’Irlande, il se vit confier la garde des troupeaux, puis fut emmené dans l’ouest, où sa captivité fut plus rude, ce qui donna au jeune garçon l’occasion de rentrer en lui-même, de se convertir intérieurement et de se tourner sincèrement vers Dieu en cherchant à vivre plus saintement. C’est durant ces six années qu’il apprit si opportunément la langue irlandaise qui devait tant lui servir plus tard.

Ayant réussi à s’enfuir, il fut pris à bord d’un navire marchand, dont on ne sait au juste où il accosta. La nourriture vint à manquer, et la prière de Patrice fut vite exaucée, car un troupeau de porcs passa par là, qui leur fournit de quoi se restaurer. Plus tard, durant une nouvelle mais brève captivité, Patrice parle d’un rêve où il est délivré d’un gros rocher par la prière au prophète Elie.

Il revint chez ses parents mais pour peu de temps ; il rêva à nouveau qu’on l’appelait à revenir en Irlande pour évangéliser. Nouvelle séparation des parents : Patrice se rendit aux îles de Lérins pour y apprendre la science divine et affermir sa vocation. Il passa en Italie et, remontant en Gaule, s’arrêta longtemps à Auxerre, où il fréquenta le saint évêque Amator et surtout l’illustre Germain (voir aux 1er mai et 31 juillet).

En 431, le pape Célestin Ier (voir au 27 juillet) sacra évêque Palladius pour l’envoyer parmi les Scots, mais l’évêque mourut à peine quelques mois après. Sur cette nouvelle, Patrice sentit l’appel à repartir pour aller évangéliser l’Irlande. On suppose que c’est à ce moment-là qu’il reçut l’épiscopat, des mains de Germain d’Auxerre.

Parvenu en Ulster, Patrice s’attacha à convertir les chefs et les rois, dont dépendaient et la conversion de leurs sujets, et l’attribution de quelque terrain pour la construction d’églises et de monastères. C’est ainsi que se convertit un chef puissant, Dichu, en Ulster ; puis le frère du roi de Méath, Conall. Le travail de Patrice fut fécond, accompagné de signes divins, de miracles, mais non sans difficultés.

Neuf ans après, Patrice fit un pèlerinage à Rome, pour obtenir du pape la consécration de ses travaux. Saint Léon l’accueillit certainement avec faveur, et l’on voit Patrice revenir dans l’île avec des reliques des saints Pierre et Paul. Ce devait être vers 441.

C’est alors que Patrice voyagea dans toute l’Irlande pour organiser les Églises et consacrer des évêques : l’Irlande n’était pas entièrement païenne, et d’anciens compagnons de Patrice, avaient gagné d’autres populations, comme Auxilius, Iserninus, Fiacc.

Patrice reconnaît humblement, dans ses écrits, avoir baptisé des milliers d’hommes, mais il en rapporte la gloire à Dieu seul. Rien ne l’a abattu, ni les violences, ni les menaces, ni la captivité. Il dut plusieurs fois échapper miraculeusement à la mort. Pour sauver ceux qu’il avait gagnés au Christ, il ne demandait qu’à verser son sang, à endurer la mort, à être privé de sépulture, à être la proie des chiens et des bêtes féroces.

Le saint évêque était un homme de prière, de piété, continûment en conversation avec Dieu ; c’était sa force, et pour ses contemporains une des caractéristiques de sa sainteté. Un de ses biographes rapporte : Il chantait chaque jour tous les psaumes, les hymnes, l’Apocalypse de saint Jean, les cantiques de l’Ecriture, qu’il fût ou non en voyage. Quand il rencontrait une croix sur sa route, il descendait de son char pour se prosterner devant elle.

Vers la fin de sa vie, l’apôtre désira se retirer pour se préparer à la mort. Peu avant, un ange lui apparut pour lui signifier que Dieu avait écouté ses quatre supplications : le diocèse d’Armagh aura la primauté sur les Églises d’Irlande ; Patrice jugera celui qui au jour de sa mort récitera l’hymne qu’il a composée ; la postérité de Dichu ne périra point ; Patrice jugera le peuple irlandais au dernier jour du monde.

Patrice mourut donc à Saul, en Ulidia, terre de Dichu, le 17 mars 461, date la plus probable, quoique parfois discutée. La nuit suivant sa mort, des anges veillèrent sur son corps, en chantant des psaumes et des hymnes. Sur leurs indications, on devait placer le corps de Patrice sur un char à bœufs, et il serait enterré là où les bêtes s’arrêteraient : c’est là que s’éleva ensuite l’église de Down-Patrick.

Un siècle plus tard, saint Colomban ouvrit le tombeau de saint Patrice, pour en placer les reliques dans une châsse. En outre, un ange lui révéla quoi faire des saints objets qu’on avait aussi déposés dans le premier cercueil : le calice devait aller à Down-Patrick, la cloche du testament à Armagh, l’évangile tenu par l’ange à Colomban lui-même (voir au 23 novembre).

On a dénombré quelque cent quatre-vingt-quinze édifices élevés en l’honneur de saint Patrice rien que pour l’Irlande, beaucoup d’entre eux ayant été fondés par l’apôtre lui-même. Le Saint est en honneur dans tout le monde britannique, en France et en Espagne.

De nombreuses légendes se rattachent à l’apostolat de saint Patrice. Les légendes sont très nombreuses en Irlande, et l’on ne parvient pas à définir les éléments certains sur lesquels elles s’appuient ; elles attestent au moins l’immense célébrité et la profonde sainteté des nombreux Saints et Saintes de cette Irlande catholique.

 

 

Agricola de Chalon-sur-Saône

498-580

 

Agricola, qui n’était pas un «paysan», mais de la noblesse de Gaule, naquit vers 498. Son contemporain, Grégoire de Tours (v. 17 novembre) le nomme Agrecula.

Dès 532, il fut promu évêque de Chalon-sur-Saône : il n’avait que trente-quatre ans.

Très austère de sa personne, il ne prenait qu’un léger repas le soir.

Pasteur zélé pour le salut des âmes, il s’illustra dans son diocèse par d’importants travaux, construisant des sanctuaires ou les embellissant.

On le vit présent à divers conciles : Orléans en 541 et 549, Clermont en 549, Paris en 552, Lyon en 570. En voici quelques détails, qui sont parfois frappants de sévérité ou d’exigence.

  • 4e concile d’Orléans (541) : sera puni de mort quiconque aura adoré des dieux païens ou aura juré par les dieux païens ; les juifs ne doivent pas avoir d’esclaves chrétiens. Sont présents trente-huit évêques, douze autres sont représentés.
  • 5e concile d’Orléans (549) : les évêques doivent s’occuper des lépreux ; leur élection doit être approuvée par le roi.
  • concile de Clermont (549) : dix évêques y confirmèrent les décisions du concile précédent.
  • concile de Paris (552) : là, vingt-sept évêques déposent et font enfermer l’évêque de Paris, gravement coupable de simonie ou d’adultère.
  • 2e concile de Lyon (570), ou peut-être le troisième dans cette ville. On y parla de la paix et de la conservation de l’Eglise.

Autre fait marquant de cet épiscopat : Agricola fit transporter le corps d’un saint ermite nommé Desiderius, dans l’église de l’hôpital des lépreux, récemment construit près de Chalon-sur-Saône. C’est là aussi que fut enterré Agricola.

Agricola fut évêque pendant quarante-huit ans, et mourut en 580, probablement le 17 mars.

Ses reliques furent profanées, pense-t-on, par les Huguenots.

Saint Agricola est commémoré le 17 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gertrude de Nivelle

626-659

 

Fille de Pépin de Landen et de Itta Iduberga, Gertrude naquit à Landen (Brabant) et grandit dans une atmosphère très chrétienne. Elle avait un grand frère, Grimoald. et une sœur, Begga, d’où viendront les Carolingiens.

A dix ans, elle exprime le désir d’être religieuse ; elle en était si convaincue, que lorsque son père, recevant le roi des Francs, Dagobert, lui proposa comme époux le fils de ce dernier, elle répondit franchement qu’elle n’épouserait ni ce beau jeune homme, ni aucun autre en ce monde, car elle ne voulait pour époux que Jésus-Christ.

Sa parole était si assurée et convaincante, que personne ne lui parla plus du sujet.

A la mort de Pépin, Gertrude pouvait entrer en religion, mais sa mère, ne voulant pas s’en séparer, fit construire en 650 à Nivelle (Brabant) un double monastère d’hommes et de femmes, sous la règle de saint Colomban. Elle même y entra comme simple religieuse, avec sa fille.

Iduberge coupa elle-même les cheveux de sa fille en forme de couronne et demanda à l’évêque de lui imposer l’habit, puis de l’installer comme abbesse du monastère.

Gertrude se montra parfaite dans sa charge, malgré son jeune âge : innocente, pure, humble, pieuse à souhait, sage et discrète, elle fit l’édification même des personnes plus âgées qu’elle.

Elle montra sa charité envers les pèlerins, les étrangers, les pauvres et les malades.

Elle fit venir d’Irlande de saint moines, les saints Foillan (v. 31 octobre) et Ultan (2 mai ?).

A la mort de sa mère, en 655, Gertrude préféra se décharger de l’administration du monastère sur des religieux plus capables qu’elle. Elle-même se déchargea de sa place d’abbesse, en faveur de sa nièce, Wulfetrude.

Désormais libre de vaquer à la méditation, Gertrude se nourrissait de l’Ecriture et s’imposait des mortifications sévères, en veilles et en jeûnes.

Elle sentit son heure arriver. Elle ne voulait être enterrée qu’avec son cilice, et un vieux voile sur la tête car les ornements superflus d’un tombeau ne servent de rien ni aux vivants ni aux morts. Puis Ultan lui annonça qu’elle mourrait le 17 mars, pendant la messe, jour de saint Patrick, qui viendrait la chercher avec les Saints et les Anges choisis de Dieu.

Gertrude rendit son âme le 17 mars, pendant la Sainte Messe. Au même moment, elle apparaissait à sainte Modeste de Horren (Trèves), dont elle était parente (v. 4 novembre).

A cette date (17 mars 659), sainte Gertrude avait trente-trois ans.

 

 

Paulos de Chypre

† 770

 

Dans l’ancien Martyrologe Romain, il était dit que ce Paulos avait souffert à Constantinople, sous Constantin Copronyme, pour le culte des saintes images.

Un ménologe grec affirme, sans précision de lieu ni d’empereur, qu’un Paulos fut livré aux flammes pour la cause des saintes images.

On a alors avancé que ce martyre aurait pu avoir lieu vers 770 en l’île de Chypre. Paulos, moine, y aurait donc été arrêté et accusé de s’opposer aux décrets impériaux. Ayant refusé d’insulter ou de profaner un crucifix, il fut suspendu la tête en bas au-dessus d’un brasier.

Saint Paulos, martyr, est commémoré le 17 mars dans l’actuel Martyrologe Romain.

Conrad de Bavière

1105-1125 (1155 ?)

 

Conrad naquit vers 1105 à Ratisbonne, dernier des six enfants de Heinrich IX le Noir et de Wulfhilde de Saxe. Une de ses sœurs, Judith, fut la mère d’un certain Friedrich Barbarossa, qui fut donc un neveu de notre Conrad. En même temps, Conrad avait une ascendance italienne, par son grand-père Alberto Azzo II d’Este.

Il étudia à l’université de Cologne et se diplôma en droit civil et ecclésiastique. La famille le destinait à succéder ni plus ni moins à l’archevêque de Cologne, mais Conrad, enchanté par la prédication d’Arnaud de Morimond, décida de devenir cistercien.

Ici s’affrontent trois versions sur la suite de la vie de Conrad.

Dans une première version, Conrad entra encore adolescent dans cette abbaye cistercienne de Morimond (Haute-Marne), dont l’abbé, Arnaud, décida de fonder un monastère cistercien en Terre sainte, malgré la désapprobation de saint Bernard (v. 20 août) ; l’abbé étant mort, l’expédition ne se fit pas, mais Conrad partit seul, passa par le sanctuaire de saint Michel au Mont Gargan et celui de saint Nicola à Bari ; là, exténué par ce déjà long voyage et malade, il trouva refuge chez les Bénédictins de Modugno ; il y passa les derniers mois de sa vie, dans une grotte où il priait, jeûnait et dormait sur la roche nue. Il y serait mort en 1125 ou 1126, un 17 mars, tout juste âgé de vingt ans.

Une deuxième version affirme qu’en 1127, il entra à Clairvaux, sous la direction de saint Bernard. Il demanda et obtint de saint Bernard la permission de faire le pèlerinage en Terre sainte ; là-bas, il s’arrêta dans un ermitage, où il servit humblement un ermite âgé. Ayant appris que la santé de saint Bernard déclinait, et devant le péril ottoman, il voulut revenir à Clairvaux mais, à Bari, il apprit la mort de saint Bernard et aurait alors estimé inutile de remonter jusqu’en France ; il se serait arrêté dans l’abbaye bénédictine de Modugno, où il serait mort en 1154 ou 1155, âgé de cinquante ans.

Dans une troisième version, qui ne parle ni de l’abbé Arnold, ni de saint Bernard, Conrad partit quelques années en Palestine et s’arrêta dans l’ermitage Saint-Guillaume ; à son retour en Italie, Conrad apprit à Molfetta la déchéance de son frère Heinrich le Superbe qui, s’étant rangé aux côtés de Friedrich Barbarossa, et battu avec lui en 1137, avait perdu tous ses biens. C’est alors que Conrad se serait décidé à rester sur place et de se retirer, en 1139, dans cette abbaye de Modugno, où il mourut, toujours en 1155.

Il reste que la population apprit à le vénérer comme son protecteur. En périodes de sécheresse, des processions avec les reliques de Conrad ont obtenu la pluie. En 1529, lors de l’assaut de la ville par les troupes françaises, les habitants furent réveillés par un soldat mystérieux et apparurent à tous Notre Dame, saint Nicola et Conrad, suscitant la terreur aux Français qui s’enfuirent. Par l’intercession de Conrad, Molfetta fut plusieurs fois épargnée par les épidémies. On lui attribua aussi une intervention miraculeuse pour calmer des tempêtes, arrêter des tremblements de terre et des inondations. L’ancienne cathédrale lui fut dédiée en 1785.

Le culte du bienheureux Conrad de Bavière a été confirmé en 1832 et son nom est mentionné dans le Martyrologe au 17 mars.

 

 

Jan Sarkander

1576-1620

 

Il naquit à Skoczów (Silésie, Pologne), le 20 décembre 1576. Il eut un frère chanoine.

Il vécut à Pribor à partir de 1589.

De 1592 à 1597, il étudia à Olomouc (actuelle République tchèque), à partir de 1600 à Prague pour la philosophie, à partir de 1604 à Graz pour la théologie.

En 1606, brusque changement : il interrompit sa préparation au sacerdoce et épousa Anne Plachetskou, une protestante, avec laquelle il s’installa à Glasgow. Anne cependant mourut peu après. Jan décida alors de reprendre son chemin vers le sacerdoce.

Il fut ordonné prêtre en 1609, et fut curé successivement à Uničov, puis en Croatie, à Zdounkách (1614), Boskovice (1615), enfin Holešov (Moldavie) jusqu’en 1616.

En 1619, il dut quitter cette région, fit un pèlerinage à Czestochowa et résida à Cracovie, mais préféra revenir en Moravie pour ne pas abandonner ses fidèles.

Une des principales activités pour laquelle est connu le père Jan, est d’avoir activement travaillé à la conversion des disciples de Jean Hus et des «frères bohémiens».

Quand les troupes polonaises menacèrent la ville en 1620, il sortit en portant le Saint-Sacrement et s’interposa pour éviter une nouvelle effusion de sang.

Des troubles politiques le firent accuser de trahison, d’espion au service du prince catholique de Pologne.

On le persécuta, on voulut lui arracher un secret de confession, on le mit en prison à Olomouc, où il fut maintes fois torturé. Une fresque ancienne, dans la cathédrale d’Olomouc, le montre attaché par les poignets liés derrière le dos à une corde que l’on tend par derrière pour le suspendre en l’air, tandis qu’un bourreau approche de sa poitrine des torches.

Selon un autre récit, on l’aurait alors plongé dans un cuve de soufre et de plumes où l’on mit le feu, puis on jeta sur ses brûlures de l’huile et de la poix. L’agonie dura plus d’un mois.

Des doutes et des contestations subsistent sur les vrais motifs de son martyre, mais ce martyre est bien attesté.

Jan Sarkander mourut le 17 mars 1620.

Béatifié en 1860, il fut canonisé en 1995.

 

 

Gabriel Lalemant

1610-1649

 

Gabriel Lallemant (ou plus fréquemment Lalemant, et souvent aussi Lalemand) naquit à Paris le 3 octobre 1610, d’un père avocat au parlement de Paris et sans doute de famille noble.

A vingt ans, il entra dans la Compagnie de Jésus (Jésuites). On sait que les Jésuites, aux trois vœux traditionnels de Pauvreté, Chasteté, Obéissance, en ajoutent un quatrième d’obéissance absolue au Pape. Gabriel en fit encore un autre : en 1632, il s’engagea à se consacrer aux missions en terre étrangère.

Il resta cependant encore quatorze ans en France, enseignant à Moulins (1632-1635), préparant la théologie à Bourges (1635-1639), où il reçut probablement l’ordination sacerdotale ; puis il fut ministre des pensionnaires à La Flèche (1639-1641), professeur de philosophie à Moulins (1641-1644) et préfet du collège de Bourges (1644-1646). 

C’est en 1646 qu’il arriva à Québec.

En septembre 1648, il fut envoyé à la mission Sainte-Marie en pays huron, où il apprit cette langue difficile. Il y parvint assez rapidement, puisqu’un an plus tard il remplaçait le père Chabanel à la mission Saint-Louis, où se trouvait aussi le père Jean de Brébeuf.

L’apostolat du père Lalemant dura six mois. Le 16 mars 1649, une forte armée d’Iroquois envahit le bourg Saint-Ignace et attaqua la mission Saint-Louis. Leur nombre leur donna la victoire.

Les deux prêtres auraient pu s’enfuir, mais refusèrent. Ils furent capturés, dévêtus ; on leur arracha les ongles et on les conduisit à Saint-Ignace.

Le martyre du père Lalemant commença le 16 mars à six heures du soir, après celui du père de Brébeuf. On ne sait s’il y fut présent. Le supplice dura jusqu’au lendemain, 17 mars 1649 au matin. Un témoin put écrire : Il avait reçu un coup de hache sur l’oreille gauche, qu’ils lui avaient enfoncé jusque dans la cervelle, qui paraissait à découvert ; nous ne vîmes aucune partie de son corps, depuis les pieds jusqu’à la tête, qui n’eût été grillée et dans laquelle il n’eût été brûlé tout vif, même les yeux où ces impies avaient fourré des charbons ardents.

Son oncle, Jérôme Lallemant, devint supérieur de la mission en remplacement du père de Brébeuf. Il avait aussi un autre oncle dans cette mission, Charles Lallemant.

Nos deux Martyrs furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1930.

Leur fête commune est au 19 octobre.

 

 

Barbara Maix

1818-1873

 

Barbara naquit à Vienne le 27 juin 1818, de Josef Maix et Rosalia Mauritz. Elle était la dernière des neuf enfants de cette heureuse maman, mais son père avait déjà eu quatorze enfants dans un premier mariage, avant de devenir veuf. La plupart de ces enfants moururent vite, de typhus ou d'autres maladies. Josef Maix travaillait au palais de Schönbrunn.

Barbara montra des qualités de patience, de courage, de grand amour pour les pauvres et apprit à se confier à la Divine Providence. Elle-même souffrit du typhus et en conserva des séquelles, demeurant fragile des poumons et du cœur.

Elle avait quinze ans quand elle fut totalement orpheline.

En 1840, elle suit un cours de couture avec sa sœur. On sait qu'elle passait des heures en prière dans l'église Maria am Gestade. C'est là qu'elle entendait les prédications des Pères Rédemptoristes et qu'elle eut l'inspiration de s'occuper des graves problèmes sociaux de la ville de Vienne. Barbara était particulièrement sensible à la misère morale et matérielle des femmes de ménage, des femmes sans travail et de leurs enfants. Elle en parla à des amies. On raconte que, petite, l'Enfant-Jésus lui serait déjà apparu pour lui dire : Fonde la Congrégation de ma Mère !

Barbara réunit en peu de temps une vingtaine de compagnes, écrivit une première Règle et présenta une demande de fondation à l'Empereur. On approuva son idée d'une œuvre en faveur des jeunes filles, mais on refusa la fondation d'une nouvelle congrégation.

Barbara tenta d'aller trouver le pape Grégoire XVI, munie d'une lettre de recommandation, mais le Pontife mourut la veille du jour fixé pour l'audience. La sœur de Barbara meurt à son tour. Mais ses compagnes sont toujours là, plus de vingt, décidées à continuer de se donner aux autres.

En 1848, c'est la Révolution Libérale en Autriche. Barbara comprend qu'elle ne peut fonder et décide de partir pour l'Amérique. Elle songe à l'Amérique du Nord, mais l'unique bateau en partance va au Brésil : Barbara y reconnaît le doigt de Dieu et s'embarque avec quelques compagnes pour Rio de Janeiro, où elles arrivent sans le sou, sans connaître personne, sans savoir la langue, la faim au ventre, mais remplies de confiance en Dieu et en la Sainte Vierge, écrira l'une d'elles.

Bien accueillies par l'évêque, elles se préparent et, en 1849, font leur première consécration, prenant le nom de Sœurs du Cœur de Marie, que Pie XII changera un siècle plus tard en Congrégation des Sœurs du Cœur Immaculé de Marie. Elles se vouent au service des pauvres et des malades, puis des enfants.

En 1852, Mère Maria-Barbara de la Très Sainte Trinité revient à Vienne, pour y faire imprimer les premières Constitutions et d'où elle envoie au Brésil douze autres jeunes filles, puis rencontre enfin à Rome le Pape Pie IX, qui l'encourage et la bénit.

Mère Barbara avait commencé sa route à Vienne, en faveur des femmes de ménage et des désoccupées, et la poursuivit au Brésil dans les écoles, les maisons pour orphelins et abandonnés, les collèges de jeunes, les malades, durant les épidémies, durant la guerre. On la vit à l'œuvre à Rio de Janeiro, à Niteoi, à Pelotas, à Porto Alegre.

La spiritualité de Barbara était éminemment trinitaire, eucharistique et mariale : elle s'y appuyait si fortement qu'elle en conçut une confiance à toute épreuve. Les épreuves, en effet, ne manquèrent pas : la Franc-maçonnerie, le décès de plusieurs novices et de plusieurs sœurs, les divisions internes dans la Congrégation elle-même, l'expulsion de Pelotas en 1863, la guerre du Paraguay en 1865, des incidents lors de la visite pastorale à Porto Alegre en 1870...

Mère Barbara, la Fondatrice elle-même, dut se retirer à Petropolis. Sa santé était désormais bien compromise. Elle reçut le Sacrement des Malades le Jeudi-Saint de 1872. En 1873 elle en vint à se retirer avec sa communauté dans la maison d'une personne amie à Catumbi (près de Rio de Janeiro), où elle s'éteignit doucement le 17 mars 1873, son dies natalis.

En 1957, l'urne de ses cendres fut rapportée à Porto Alegre, où commença le Procès informatif diocésain. En 2008 fut reconnue l'héroïcité de ses vertus, et Mère Barbara fut béatifiée en 2010.

 

 

Juan Nepomuceno Zegrí y Moreno

1831-1905

 

Né le 11 octobre 1831 à Grenade (Espagne), Juan Nepomuceno était le fils de Antonio Zegrí  Martín et de Josefa Moreno Escudero.

Enfant pieux, il sentit bientôt l’appel au sacerdoce.

Il fit d’excellentes études secondaires ainsi qu’au séminaire Saint-Denis de Grenade et fut ordonné prêtre en 1855.

Il exerça le saint ministère sacerdotal à Huétor Santillán et San Gabriel de Loja, puis fut nommé Juge synodal pour les diocèses de Málaga, Jaén et Orihuela, chanoine de la cathédrale de Málaga, visiteur des ordres religieux du diocèse, directeur spirituel des séminaristes, prédicateur et aumônier de la Reine Isabel II.

A Málaga en 1878, il fonda la Congrégation des Sœurs de la Charité de la Bienheureuse Vierge Marie de la Merci (ou Sœurs Mercédaires de la Charité), dans le but de mettre en pratique toutes les œuvres de miséricorde spirituelles et corporelles en la personne des pauvres. Pénétré du mystère eucharistique, il voulait rendre vraiment présent le Christ dans la vie quotidienne, auprès de ceux qui souffrent, qui doivent boire le calice amer et manger le pain des larmes. S’appuyant sur Marie, la Mère du Rédempteur, il désirait soigner celui qui souffre, consoler le malheureux, remettre l’espérance dans les cœurs.

Les Sœurs s’employaient à soigner toutes les plaies, remédier à tous les maux, calmer tous les chagrins, bannir toutes les nécessités, sécher toutes les larmes, ne pas laisser dans le monde, si possible, un seul être abandonné, affligé, oublié, sans éducation religieuse et sans ressources.

La Congrégation se développa assez rapidement, mais certaines Sœurs fomentèrent une méchante et grave accusation contre leur Fondateur. En 1888 on demanda à l’abbé Juan Nepomuceno de s’éloigner de la Congrégation et une longue enquête s’ensuivit, aboutissant après six longues années à la totale levée des accusations fausses dont il avait été victime.

On put admirer la patience avec laquelle il supporta l’épreuve, son obéissance aux Supérieurs et sa magnanimité à pardonner ses accusateurs et accusatrices.

A partir de 1894, bien qu’innocent, l’abbé Zegrí demeura volontairement à l’écart, tout en étant reconnu comme le Fondateur de la Congrégation.

Il mourut dans une totale solitude à Málaga, le 17 mars 1905, et fut béatifié en 2003.

 

Le miracle retenu pour cette béatification a été la restitution totale du pancréas à un malade argentin à qui les chirurgiens l’avaient retiré intégralement.

 

 

Josep Mestre Escoda

1899-1937

 

Joseph était né le 12 février 1899 à Duesaigües (Baix Camp, Catalogne), de Francesc et Encarnació, qui le firent baptiser le 19 suivant.

Ayant ressenti dès l’enfance l’appel de Dieu, il reçut l’ordination sacerdotale en 1924.

Il exercera son ministère à Sarral, Falset, Reus, La Febró.

Ce fut un prêtre zélé, humble et pieux, qui montrait toujours sa joie de vivre et d’appartenir à Dieu.

Lors de l’insurrection de 1936, il était aumônier à la maison de repos de Tarragone, où se trouvaient ses parents.

Le 21 juillet 1936, des révolutionnaires firent irruption et commirent toutes sortes d’actes barbares envers tout ce qu’ils trouvaient de religieux dans la maison, sauf envers le Saint Sacrement, que le prêtre avait consommé auparavant par précaution.

Don Josep continua à célébrer la messe les jours suivants, jusqu’à la Saint-Jacques, le 25 juillet.

Le 26 juillet, il fallut évacuer toute la maison. Don Josep vint avec ses parents à Barcelone, où sa mère trouva une pension.

Ils y restèrent quelques mois, pendant lesquels don Josep continuera à exercer son apostolat, administrant les sacrements en cachette, célébrant la Messe chaque jour. Parfois, sa mère lui parlait du danger qu’il courait, et lui répondait : Je suis prêtre, et si Dieu me destine au martyre, je marcherai volontiers vers le martyre.

En mars 1937, le premier vendredi, il fut arrêté. Il reconnut ouvertement qu’il était prêtre et, pour ce motif, fut conduit à la tchéka Sant Elies, où il fut martyrisé.

C’était le 17 mars 1937, deux jours avant la fête de saint Joseph.

Don Josep Mestre Escoda fut béatifié en 2013.

 

 

Joan Torrents Figueras

1873-1937

 

Né le 8 décembre 1873 à La Secuita (Tarragona), Joan reçut le lendemain le baptême, avec les prénoms Joan José Pablo ; son père s’appelait Joan, sa mère María. C’est donc peut-être une erreur de l’appeler Juan Bautista.

Selon la coutume d’alors, Joan reçut la confirmation très jeune, en 1877.

En 1885, il fréquenta le séminaire de Barbastro, où il fut jugé exceptionnel («sobresaliente»).

En 1888, il commença le noviciat chez les Pères Clarétains à Cervera et fit la première profession le 8 décembre 1889, le jour de son seizième anniversaire. Puis ce furent les études de philosophie et de théologie, en vue du sacerdoce.

En 1894, il passa à Santo Domingo de la Calzada, où il acheva la théologie et reçut le sous-diaconat (1895) et le diaconat (1896). Il fut ordonné prêtre en 1897 à Victoria, avec une «dispense d’âge» de dix mois.

Il faut expliquer ici que l’âge canonique de l’ordination sacerdotale exige d’avoir accompli vingt-quatre ans, qui peuvent cependant être anticipés dans des cas «exceptionnels», comme l’était justement Joan.

Joan recouvra successivement différentes charges, à Barbastro, Solsona (1899), Gracia (1901).

Il subit alors une grosse épreuve : après avoir recueilli patiemment d’importantes sommes d’argent pour la construction de l’église, un incendie détruisit toute la maison et l’église, ainsi que tous les documents et les notes du père Joan.

En 1909, il fut nommé alors à La Selva del Campo.

En mai 1911, il subit un premier épisode de persécution de la part d’un groupe de communistes lorsqu’il s’apprêtait à prendre le train pour San Feliu ; il eut juste le temps d’aller se cacher dans un champ voisin.

D’autres charges l’attendaient à Sabadell (1913), de nouveau Gracia où l’on reconstruisait la maison (1917). Sa santé donnait des inquiétudes : il dut renoncer à partir prêcher au Mexique. En 1926, il repartit pour Sabadell où, devenu quasi aveugle, il avait peu d’activités extérieures, demeurant plus volontiers au confessionnal où les âmes retrouvaient la paix. Il avait toujours son chapelet à la main.

La prière du chapelet fut son unique soutien durant toute la guerre civile de 1936. Il dut passer de cachette en cachette, de maison en maison, jusqu’en février 1937.

Le 13 février, un bombardement sur Barcelone obligea tous les habitants à se réfugier dans les abris. Le p.Joan s’y trouva, et fut dénoncé. Trois jours plus tard, ce fut l’arrestation : au soir du 16 février, une patrouille vint détruire tout ce qu’il y avait de religieux dans cette pension, et emmenèrent le p.Joan à la «tchéka», la prison Sant Elías de Barcelone.

Le Religieux ne cacha pas son état sacerdotal et fut maintenu en prison pendant un mois. Seuls deux jeunes garçons se préoccupèrent de venir l’aider à manger et à aller prendre l’air. Le p.Joan se doutait bien de son sort, surtout parce qu’il était prêtre.

Le 17 mars 1937, il fit partie du groupe qu’on emmena au cimetière de Montcada (Barcelone), où il fut fusillé. On n’a jamais retrouvé son corps, qui fut sans doute jeté dans la fosse commune.

Le père Joan a été béatifié en 2017.

Le nom du bienheureux Joan Torrents Figueras sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 17 mars.

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