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17 mars 2020 2 17 /03 /mars /2020 00:00

18 MARS

?    

S Candide, martyr vénéré à Cingoli. 

III.    

S Alexandros, évêque en Cappadoce, puis coadjuteur à Jérusalem où il reçut et ordonna Origène ; il mourut prisonnier à Césarée de Palestine.

IV.    

Ss Trophime et Eucarpe, deux soldats subitement convertis à Nicomédie et martyrs.
S Narcisse, évêque à Girone et martyr.
S Cyrille, évêque à Jérusalem, Docteur de l’Eglise, longtemps exilé, auteur des fameuses Catéchèses pour les catéchumènes.

VI.    

S Tétrice, évêque à Langres, fils et successeur de s.Grégoire et oncle de s.Grégoire de Tours.    
S Frigdianus, fils de roi irlandais, évêque à Lucques.
S Léobard, auvergnat, reclus près de Marmoutier, invoqué contre la fièvre.

VII.    

S Coman, moine à Iona.
S Braulio, évêque à Saragosse, grand ami de s.Isidoro.

VIII.    

S Tétrice, évêque à Auxerre et martyr, assassiné par son archidiacre.
S Mérole, évêque au Mans.

X.    

S Eadweard, roi anglais, traitreusement assassiné par ordre de sa belle-mère, laquelle s’en repentit et finit sa vie dans un monastère.

XI.    

S Anselmo, évêque à Lucques, après son oncle devenu pape (Alexandre II), mais d’où ses chanoines le bannirent ; il connaissait presque toute l’Ecriture par cœur.

XVI.    

B Bartolomeo de Anglare, franciscain. 
S Salvador Grionesos de Horta, franciscain thaumaturge espagnol ; on devait le changer de domicile pour retrouver le calme, tant il opérait de miracles.

XVII.    

Bx John Thulis et Roger Wrenno, prêtres martyrs à Lancaster.

XIX.    

Bse Aimée (Marthe) Le Bouteiller, normande, des Sœurs des Ecoles chrétiennes de la Miséricorde, béatifiée en 1990.

XX.    

Bse  Marianna Donati (Celestina de la Mère de Dieu, 1848-1925), fondatrice à Florence des Pauvres Filles de Saint Joseph Calasanz, béatifiée en 2008.

Alexandros de Jérusalem

† 250

 

Ce qu’on sait de lui commence lors de sa formation à l’école d’Alexandrie, où il rencontra Origène. Ce dernier dira plus tard de lui : Je n'ai jamais rencontré un évêque aussi doux et d'une telle bonté.

D’abord nommé évêque d’un siège en Cappadoce (act. Turquie orientale), il fut une première fois victime de la persécution, sous Septime Sévère (vers 202), et fut longtemps enfermé en prison, peut-être même une dizaine d’années.

Vers 211, il écrivit une lettre à l’Eglise d’Antioche (de Syrie), portée à destination par Clément d’Alexandrie, lui-même retiré en Cappadoce et qui dirigeait le diocèse d’Alexandros en son absence.

En 211, Alexandros put sortir de prison. Sans retourner dans son diocèse, il commença par faire un pèlerinage à Jérusalem. L’évêque de cette ville était Narcisse (v. 29 octobre), un prélat fort avancé en âge, presque centenaire au dire même d’Alexandros.

Les évêques de la région approuvèrent le désir des fidèles, de nommer Alexandros évêque coadjuteur de Narcisse : il lui succéda en 212 environ.

Vers 215, Origène vint s’installer à Jérusalem : Alexandros l’accueillit avec bonté, l’autorisa, quoique laïque, à prêcher, l’ordonna prêtre et l’installa à Césarée. L’unique protestation fut celle de l’évêque d’Alexandrie, qui n’avait pas voulu garder chez lui Origène.

A Jérusalem, Alexandros fonda une grande bibliothèque, où il réunit les écrits de tous les grands auteurs de l’époque.

En 250, quoique bien âgé, Alexandros fut de nouveau poursuivi par la persécution, de nouveau jeté en prison. Les témoins, les historiens, le Martyrologe, ont unanimement rappelé qu’il portait une belle couronne de cheveux blancs ; il devait avoir au moins quatre-vingts ans. Après avoir patiemment supporté son sort dans cette prison, Alexandros rendit à Dieu son âme, prisonnier des hommes, mais libre pour Dieu.

Saint Alexandros de Jérusalem est commémoré le 18 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cyrille de Jérusalem

315-386

 

Les dates de ce grand évêque restent approximatives.

Cyrillos naquit vers 315 à Jérusalem ou dans les environs.

Il semble qu’il ait eu une éducation soignée et étendue, particulièrement pour la Sainte Ecriture. Il se peut aussi qu’il ait connu la vie monastique.

Il fut ordonné prêtre vers 345, et évêque de Jérusalem vers 350.

C’est comme prêtre, vers 348, qu’il se signala par ses excellentes Catéchèses pour les catéchumènes.

Son attachement inébranlable à la doctrine catholique lui valut la persécution obstinée du parti arien : il fut par trois fois déposé et exilé de son siège. Des quelque trente-cinq années de son épiscopat, il en passa près de seize en exil.

L’avènement de l’empereur Julien l’Apostat (361) fut l’occasion d’un prodige particulier à Jérusalem. Cet empereur, désireux de faire mentir les prophéties, prétendit en relever le temple et y rétablir le culte judaïque. De son côté, Cyrille, plein de confiance, annonça tranquillement que certainement l’entreprise faillirait. Quand on s’attaqua à l’enlèvement des anciens fondements pour en mettre de nouveaux, de mystérieux tourbillons de flammes brûlèrent les ouvriers, dont certains moururent. L’épisode est attesté par des contemporains. Julien jura de se venger sur le saint évêque : la mort l’en empêcha (363).

En 381, il participa au premier concile de Constantinople (deuxième concile œcuménique), où il siégea parmi les chefs reconnus du parti orthodoxe, avec les patriarches d’Alexandrie et d’Antioche. Les pères du concile envoyèrent en 382 au pape Damase une lettre contenant cet éloge : Nous te faisons savoir que l’évêque de l’Eglise de Jérusalem est le révérend et très chéri de Dieu Cyrille, lequel a été jadis ordonné canoniquement par les évêques de sa province, et a soutenu, en divers lieux, de nombreux combats contre les ariens.

Saint Cyrille avait en horreur la division. Il a parfois donné l’impression de se rapprocher de factions non orthodoxes, mais ce fut uniquement pour favoriser la conversion de ses opposants. Les témoignages des livres liturgiques d’Orient et d’Occident sont unanimes en faveur de l’ardent défenseur de la doctrine (l’expression est de Théodoret).

Reprenant presque les termes de cette expression, le Martyrologe mentionne saint Cyrille de Jérusalem au 18 mars.

La fête liturgique de saint Cyrille fut étendue en 1882 à l’Eglise universelle, en même temps qu’il était proclamé Docteur de l’Eglise.

 

 

Léobard de Marmoutier

† 583

 

Il naquit en Auvergne.

Jeune, il s’appliquait déjà à la lecture assidue des psaumes, pour en apprendre quelques-uns par-cœur.

Devenu adulte, il crut bon d’obéir respectueusement à ses parents, qui lui présentèrent une fiancée ; mais la mort précipitée de ces parents lui permit de suivre son penchant pour la vie consacrée. Il proposa la fiancée à son frère.

Il alla prier au tombeau de s.Martin (v. 11 novembre) puis alla s’installer dans une grotte près de Marmoutier.

Là, outre la prière, son occupation fut de se fabriquer des membranes pour y écrire les textes qu’il craignait d’oublier.

Il agrandit aussi de ses mains sa grotte ; il crut même devoir l’abandonner à cause d’un autre ermite voisin, mais le saint évêque Grégoire de Tours (v. 17 novembre) lui expliqua que c’était là seulement une tentation du Diable et lui remit, au contraire, un exemplaire des Vies des Pères, qui lui auraient servi de guide pour sa propre conduite.

Léobard vécut là pendant vingt-deux ans.

Une sainte vie comme celle-là ne pouvait pas passer inaperçue. On vint trouver Léobard, lui demander des prières ; des miracles eurent lieu.

Vint un jour où Léobard fut averti de sa mort prochaine ; il l’annonça à Grégoire : ce serait avant Pâques. Grégoire raconte que Léobard vécut deux mois encore après le mois de décembre, et qu’il mourut un dimanche.

Ce fut donc une erreur d’attribuer le 18 janvier ou le 13 février à cette sainte mort. On l’a maintenant rétablie au 18 mars, de 583 ou 593.

Localement, on nomme parfois Léobard Libert. On l’invoque contre la fièvre.

Saint Léobard est donc commémoré le 18 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Frigdianus de Lucques

† 588

 

Comme son nom ne l’indique pas, Frigdianus était irlandais, fils de roi.

Il reçut le baptême à l’insu de ses parents, puis sa formation de s.Colman (v. 29 octobre) à Dromore.

Parti en pèlerinage à Rome, il fonda à son retour le monastère de Moville.

Reparti en Italie en 560, il s’arrêta à Lucques, où il mena la vie érémitique. La sainteté de sa vie le désigna pour succéder en 566 à l’évêque Geminiano. Il devenait le septième évêque (connu) de ce diocèse : comme la fondation en remonte au 1er siècle, on peut calculer que chaque évêque gouverna pendant une moyenne de soixante-dix ans, à moins qu’il y ait eu des périodes de vacance de siège.

Frigdianus (Frediano, comme l’appellent les Italiens) opéra bon nombre de miracles. Entre autres, d’après s.Grégoire le Grand (v. 12 mars), il mit fin aux inondations répétées de la rivière Serchio, affluent de l’Arno : alors que la population n’avait jamais réussi à dévier ce cours d’eau, Frigdianus vint avec une charrue qu’il passa à travers les champs, ordonnant aux eaux de le suivre : le fleuve modifia son cours et il ne se produisit jamais plus d’inondation.

Le Martyrologe ajoute qu’il travailla beaucoup à la conversion des Lombards envahisseurs.

Frigdianus mourut le 18 mars 588.

On retrouva «miraculeusement» son corps deux siècles plus tard. Le pape fonda une congrégation de chanoines qui devaient desservir l’église où se trouvait cette précieuse relique : les chanoines de Saint-Frigdianus se réunirent plus tard à ceux de Latran.

Saint Frigdianus est commémoré le 18 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Braulio de Saragosse

† 651

 

Il était, dit-on de famille royale.

Braulio se distingua surtout par son savoir, qui fut considérable pour l’époque où il vécut. Il fut intimement lié avec Isidoro de Séville (v. 4 avril), qui lui décerna les plus grands éloges.

On en a fait un archidiacre de l’Eglise de Séville, ou plutôt de celle de Saragosse, où était évêque son frère Juan. A la mort de ce dernier, une lumière céleste aurait désigné Braulio pour lui succéder.

D’après sa correspondance avec Isidoro, il aurait voyagé à Séville avant d’être évêque. D’après la même source, Braulio dut faire face à de grosses difficultés dans les premières années de son épiscopat, mais on n’en sait pas davantage.

Son amitié avec s.Isidoro contribua à l’établissement dans toute l’Espagne d’une discipline uniforme ; il fut présent à maints conciles, en particulier les 4e, 5e, et 6e de Tolède, entre 633 et 638 :

Le 4e concile de Tolède (633), en présence du roi Sisenando et sous la présidence de s.Isidoro, regroupait soixante-neuf évêques. On condamna comme criminel le roi détrôné Suintila ; divers canons portaient sur la discipline et l’administration de l’Eglise, sur les moines, sur les pénitents, les esclaves et les Juifs.

Lors du 5e concile de Tolède (636), vingt-deux évêques étaient présents ; on y décida que le roi ne pouvait être choisi que dans la noblesse et l’armée ; anathème à qui oserait maltraiter les descendants de la famille du roi ; excommunié qui aurait consulté les devins pour connaître l’avenir du roi ou qui aurait conjuré contre lui ou qui aurait tenté de prendre sa place. On décida en outre trois jours de Litanies en décembre.

Le 6e concile de Tolède (638), convoqué par le roi, réunissait alors cinquante-trois évêques, d’Espagne et de Narbonnaise et confirma surtout les décisions du concile précédent ; en outre, tout clerc qui aurait acquis un évêché par simonie, se verrait spolié et excommunié. Au terme de cette assemblée, c’est Braulio qui écrivit au pape le compte-rendu du concile, le nombre et les noms des évêques participants, les mesures prises et les réponses adoptées.

Braulio mourut, pense-t-on, le 18 mars 651.

Beaucoup plus tard, sur une révélation de s.Valerius (v. 22 janvier), un des premiers évêques de Saragosse, on retrouva le corps de Braulio.

Saint Braulio est commémoré le 18 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eadweard le Martyr

962-978

 

Eadweard - auj. Edward - naquit vers 962, d’Edgar le Pacifique et d’Ethelflede, deuxième épouse de ce roi.

Il reçut le baptême de s. Dunstan (v. 19 mai).

Sa mère étant morte prématurément, le roi se remaria avec Ælfthryth (Elfride), qui eut un fils, Æthelred.

Les deux garçons s’entendaient très bien, mais Elfride avait une préférence pour son propre fils.

Quand Edgar mourut (975), Edward, soutenu par s.Dunstan, fut proclamé roi et sacré en présence de tous les seigneurs.

Certains, profitant de la jeunesse du roi, tentèrent de reprendre aux Bénédictins les concessions accordées précédemment par Edgar.

Quant à Elfride, elle fomenta une conjuration contre Edward.

En attendant, Edward suivit les conseils de son maître spirituel, Dunstan, et se montra doux, pieux et sage. En particulier, conscient des sentiments de sa belle-mère, il ne cessait cependant de l’honorer de toutes les marques possibles de respect.

Un jour qu’Edward était à la chasse non loin du château d’Elfride (Wereham ou Corfe Castle), celle-ci lui fit porter une coupe d’eau fraîche, et tandis qu’il buvait, un domestique le frappa mortellement. C’est du moins l’une des versions de l’événement.

Edward mourut presque sur le coup, le 18 mars 978, à seize ans.

Elfride tenta de dissimuler son crime en faisant enfouir le corps du jeune roi, mais une lumière divine le signala. Alors, repentie, la pauvre femme fonda une abbaye bénédictine à Wherwell et s’y retira.

Le frère d’Edward, Ethelred, succéda effectivement à Edward. Il fit construire en l’honneur du «martyr» une belle basilique à Shaftesbury, où furent déposées les reliques en 981 ; le monastère sera détruit au 16e siècle.

Les Anglais qualifient volontiers Edward de martyr, bien qu’il ne le soit pas à proprement parler, mais pour le distinguer de l’autre roi Edward, le Confesseur (v. 5 janvier).

Saint Edward «martyr» est commémoré le 18 mars dans le Martyrologe Romain, qui omet la mention martyr.

Anselmo de Lucques

1035-1086

 

Anselmo naquit vers 1035 à Mantoue ou à Milan (Italie N), de famille noble.

Un oncle, Anselmo lui aussi, était évêque de Lucques et veilla à la première formation d’Anselmo, ainsi que Béranger de Tours. Il devint l’auxiliaire de son oncle.

Par son étude assidue de l’Ecriture, Anselmo finit par connaître par cœur de longs textes de la Bible. Il connaissait aussi parfaitement les commentaires des Pères de l’Eglise sur l’Ecriture.

En 1061, le même oncle Anselmo devint le pape Alexandre II. Il créa cardinal son neveu et l’envoya en Allemagne recevoir de l’empereur Henrich IV le bâton et l’anneau épiscopaux, pour être évêque de Lucques. Mais Anselmo refusa cette investiture laïque.

Le pape suivant, Grégoire VII (v. 25 mai), le sacra évêque en 1073, et lui conseilla, pour maintenir les bons rapports, d’accepter alors de l’empereur la remise des insignes épiscopaux. Anselmo obéit, mais fut ensuite pris de scrupules et se retira dans un monastère bénédictin proche de Mantoue.

Le pape lui ordonna de reprendre son poste ; Anselmo obéit encore, mais alla remettre au pape l’anneau et la crosse qu’il avait reçus du pouvoir laïc, tout en continuant à administrer sagement le diocèse. Il fut le conseiller spirituel de la comtesse Matilde, la souveraine de Lucques.

En 1079, il tenta d’astreindre ses chanoines à vivre selon la Règle préconisée par Léon IX (v. 19 avril), qui imposait la vie commune. Les chanoines se rebellèrent contre cette nouveauté et chassèrent leur évêque, contre tous les efforts et du pape et de la comtesse Matilde. Pour comble, l’empereur arriva en 1081 et installa comme évêque un de ses partisans.

Anselmo vécut auprès de la comtesse Matilde, jusqu’à ce que le pape en fit son légat pour la Lombardie. Désormais, l’évêque résida à Mantoue.

Il resta toujours très attaché au Pape, défendant ses intérêts et cherchant à rétablir la paix où il le pouvait. On venait fréquemmnet à lui, même des schismatiques qui comprenaient leur erreur et qu’il recevait paternellement.

Anselmo célébrait chaque jour le Saint Sacrifice. Sa profonde connaissance des Ecritures lui permirent de confondre les schismatiques ; austère comme un moine, il ne buvait jamais de vin et évitait les mets délicats.

A partir de 1081, il s’attacha à rédiger une collection de canons juridiques, en treize volumes.

Il mourut à Mantoue le 18 mars 1086, peu après le pape Grégoire VII.

Les miracles qu’il avait opérés de son vivant, continuèrent après sa mort. Après plusieurs siècles, on retrouva son corps intact. Mantoue l’a pris comme Patron céleste.

Saint Anselmo est commémoré le 18 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Salvador de Horta

1520-1567

 

Salvador Grionesos était né de pieux parents qui travaillaient au soin des malades d’un petit hôpital (Santa Coloma de Farnés, diocèse de Girone, en Catalogne). Bientôt orphelin, il fut berger, puis cordonnier à Barcelone, ce qui lui permettait d’aider sa sœur Blasia. Dès que celle-ci fut mariée, il s’orienta vers la vie religieuse, comme il le désirait depuis longtemps.

Il pensa se former à l’école de l’abbaye bénédictine de Montserrat, mais il comprit qu’il était fait pour un autre idéal et entra à vingt ans dans le couvent franciscain de Sainte-Marie de Barcelone. On l’adjoint au frère cuisinier et il exerça cet emploi avec autant d’activité que d’humilité.

Son âme étrangère aux soucis du monde était habituellement absorbée en Dieu : une partie de ses nuits se passait dans la contemplation ou dans la pratique de rigoureuses austérités. Dès le début de sa vie religieuse, frère Salvador fut favorisé du don des miracles. Un premier janvier, il devait préparer le repas à la place du cuisinier malade : absorbé dans la méditation à l’église jusqu’à l’heure de midi, il fut remplacé par les anges qui firent tout le nécessaire.

Après avoir fait sa profession religieuse, il fut envoyé au couvent de Sainte-Marie à Tortosa, où on lui confia toutes les charges les plus fatigantes, qu’il accomplissait avec promptitude et plein d’entrain. Modèle de tous les religieux, il remplissait son emploi activement et cependant s’entretenait constamment avec Dieu : ses extases furent nombreuses, la sainte Vierge et l’apôtre saint Paul lui apparurent souvent.

Il avait pour pratique de se confesser et de communier tous les jours, marchait nu-pieds sans sandales, même pendant la saison rigoureuse, se montrait d’une patience inaltérable au milieu des épreuves et des persécutions ; il ne mettait aucune borne à sa compassion pour les pauvres et à son obligeance pour tous. Il fut cuisinier, portier, quêteur.

C’est durant ses quêtes dans les rues de Tortosa qu’il opéra des guérisons nombreuses : les malades affluèrent au couvent, la tranquillité monastique en fut troublée. Ainsi commencèrent les “déboires” du pauvre Salvador, dont les prodiges suscitaient des jalousies parmi les frères, et même l’hostilité des supérieurs. On résolut de l’envoyer ailleurs : Belipuig, puis Horta (Tarragona, Catalogne) où il resta douze années. On changea même son nom en celui d’Alfonso, dans l’espoir d’éloigner les fidèles, en vain : on l’envoya à Reus, puis à Barcelone, enfin carrément à Cagliari (Sardaigne).

Un des faits extraordinaires qui eut lieu à Horta fut le suivant. Malgré la discrétion de son transfert, la renommée de Salvador l’avait précédé. Arrivèrent au couvent jusqu’à deux mille infirmes de tout genre, à réclamer le frère qui avait opéré tant de guérisons à Tortosa. Salvador se présenta, enjoignit à tous ces malades d’aller se confesser et communier, puis il les bénit. Tous furent guéris, sauf un, qui s’en étonnait. C’est, lui dit Salvador, que tu n’as pas voulu te confesser : alors, le pauvre paralysé fut touché de la grâce, promit de se confesser et guérit aussitôt.

Un autre jour, il était absorbé en prière sur une montagne voisine, tandis que la foule le réclamait. Bientôt un nuage se détacha de la montagne, apportant Salvador devant la porte de l’église, lequel se mit à distribuer à pleines mains les guérisons sur ces infirmes.

La suspicion des supérieurs alla jusqu’à dénoncer le bon frère à l’Inquisition, mais l’Inquisiteur, venu incognito, put constater de ses propres yeux les miracles opérés avec tant d’humilité par Salvador.

Arrivé en 1565 à Cagliari, Salvador trouva un peu de paix, quoique les faits extraordinaires ne cessassent pas, lui suscitant là encore bien des douleurs et des incompréhensions : plus il faisait de bien aux autres, plus le pauvre Salvador s’empoisonnait la vie !

Finalement, le 18 mars 1567, une maladie brutale et rapide l’emporta. Peu avant sa mort on vint encore solliciter sa bénédiction : l’archevêque, le clergé, le vice-roi et la noblesse se relayèrent à son chevet.

Encore maintenant, le corps du Frère Mineur se trouve dans l’église de sainte Rosalie à Cagliari. Le culte s’en est étendu à toute l’Espagne et tout le Portugal. Il fut proclamé bienheureux en 1606, ce que confirma Clément XI en 1711 ; reprise en 1882, la cause aboutit à la proclamation de l’héroïcité des vertus en 1927, enfin à la canonisation en 1938.

Saint Salvador de Horta est donc inscrit au Martyrologe Romain le 18 mars.

 

 

John Thulis

1568-1616

 

John Thulis était né vers 1568 à Up Holland (Lancashire, Angleterre).

Il arriva au Collège anglais de Reims en mai 1583 et y reçut la Tonsure en septembre. Après quelques années de formation, il gagna Rome en mars 1590 et y fut ordonné prêtre.

En 1592, on l’envoya en mission en Angleterre.

On  croit qu’il fut fait prisonnier à Wisbech (Cambridgeshire) en novembre 1598, au moment où il signa une pétition pour l’érection d’un archiprêtré ; il se rétracta deux ans plus tard (on ne connaît pas plus de détails sur cet événement).

Par la suite, il travailla encore dans le Lancashire, où le comte de Derby l’arrêta et l’enferma au Lancaster Castle.

Là, le prêtre rencontra un tisserand, Roger Wrenno, avec lequel ils tentèrent une évasion, mais ils furent repris le lendemain.

On mit John avec les voleurs, dont quatre se convertirent en l’entendant. Ils devaient d’ailleurs être exécutés avec cet apôtre.

Le jour de l’exécution, John mourut après trois des voleurs. Les morceaux de son corps déchiqueté furent envoyés à Lancaster, Preston, Wigan et Warrington. Roger Wrenno fut exécuté après lui.

Ce qu’on sait de John Thulis comporte quelques points d’interrogation ou quelques imprécisions, mais l’essentiel est certain : ce prêtre donna sa vie pour l’Eglise.

Il subit le martyre le 18 mars 1616 (peut-être 1615) et fut béatifié en 1987.

 

 

Roger Wrenno

1576-1616

 

Roger Wrenno était né vers 1576 à Chorley (Lancashire, Angleterre).

On n’en sait guère plus.

C’était un tisserand, et se trouvait déjà prisonnier au Lancashire Castle, lorsque le prêtre John Thulis y arriva.

Ils tentèrent une évasion un soir, mais furent repris dès le lendemain. On les mit alors avec les voleurs.

Roger subit le martyre après John Thulis, le 18 mars 1615 ou 1616.

Un incident marqua ce martyre : la corde de la pendaison (elle avait déjà servi pour trois voleurs et pour le père Thulis) se rompit. Roger avait subi ce premier choc, mais se releva. On lui proposa alors une fois de plus la liberté, s’il acceptait de rejoindre les rangs de la religion officielle ; mais pour toute réponse, il courut comme il put vers l’échafaud et y grimpa aussi lestement qu’il put, disant à l’officier qui voulait l’en empêcher : Si tu avais vu ce que je viens de voir, tu aimerais beaucoup mourir aussi vite que moi maintenant. Au moment du premier choc, Roger avait déjà entrevu la gloire du Ciel.

Il fut béatifié en 1987.

 

 

Aimée Le Bouteiller

1816-1883

 

Née le 2 décembre 1816 à Percy (Manche), Aimée-Adèle était la troisième des quatre enfants d’une famille de cultivateurs.

Elle fut orpheline de son père à l’âge de onze ans.

Elle fréquenta un peu l’école, mais restait plus souvent auprès de sa mère pour l’aider.

A vingt-quatre ans, elle entra chez les Sœurs des Ecoles chrétiennes de la Miséricorde, fondées par sainte Marie-Madeleine Postel (voir au 16 juillet), à Saint-Sauveur-le-Vicomte. Elle y prit le nom de Marthe.

Un jour d’hiver, alors qu’elle rinçait des draps dans la rivière, elle tomba à l’eau. Elle en resta paralysée et pensait être renvoyée, mais la fondatrice, Marie-Madeleine Postel, la consola et l’encouragea à rester confiante ; la novice guérit quelques semaines plus tard.

Pendant quarante ans, elle fut vraiment la sainte Marthe de l’abbaye, s’occupant des tâches les plus humbles : cuisine, jardin, ferme ; elle avait un talent particulier pour fabriquer un excellent cidre.

La Fondatrice la prit comme économe, tandis qu’une autre Sœur, Placide Viel (voir au 4 mars), lui demandait ses conseils pour l’administration de la communauté.

Elle s’éteignit à ce monde le 18 mars 1883, toujours en l’abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte, qu’elle n’avait jamais quittée.

Elle a été béatifiée en 1990.

 

 

Marianna Donati

1848-1925

 

Marianna naquit près de Florence le 26 octobre 1848. On sait seulement qu'elle fit sa première Communion à treize ans, déjà persuadée qu'elle était appelée à la vie religieuse.

Un premier essai chez les Sœurs de Vallombreuse (voir au 12 juillet)  se conclut par l'échec. Un bon père piariste, Celestino Zini, discerna sa vocation et l'encouragea à écouter l'appel de l'Esprit Saint.

Rentrée dans sa famille, elle exprima son désir de rentrer dans un couvent, mais son père s'y opposait avec ferveur, ne pouvant supporter d'être séparé de sa chère enfant. Un attachement exagéré qui s'affermit encore plus lors de la mort de la mère en 1881, quand Marianna avait désormais trente-trois ans.

Parvenue à l'âge de quarante-et-un ans, elle réussit enfin à s'établir dans une maison de Florence, à la fois avec son père et quatre autre jeunes filles qui partageaient son idéal. Ce n'était pas une situation facile que de vivre à la fois une ambiance familiale avec son père et une ambiance religieuse avec les consœurs.

Mais désormais, le bon père Zini était devenu archevêque de Sienne, qui s'employa à trouver à la Mère Celestina (ainsi s'appelait désormais Marianna) une habitation plus ample et plus adaptée aux exigences.

La petite communauté se dédia désormais à l'éducation des enfants pauvres. Les débuts ne furent pas faciles, car une sœur mourut dès 1890 à l'âge de dix-neuf ans ; le bon archevêque Zini mourut à son tour en 1892.

En 1899 la communauté assuma une nouvelle orientation, par l'assistance aux enfants de prisonniers.

Mère Celestina était soutenue par son intense vie spirituelle. Elle avait une dévotion particulière pour Jésus Crucifié, et pour l'Eucharistie, en même temps qu'une profonde affinité avec l'enseignement de saint José Calasanz (voir au 25 août) dans l'assistance des petits : les sœurs devaient être des mères spirituelles et des éducatrices exemplaires pour aider les enfants qu'on leur confiait. Mère Celestina sut aussi montrer un réel esprit de sainte pauvreté, en particulier quand il fallut ouvrir une maison à Rome, tout en faisant face à d'extrêmes difficultés financières dans l'après-guerre des années 20.

Mère Celestina mourut le 18 mars 1925 à Florence, et elle a été béatifiée en 2008.

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