Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
19 mars 2020 4 19 /03 /mars /2020 00:00

19 MARS

I.    

S Joseph, père nourricier de Jésus, époux de Marie, patron de l’Eglise, du Canada.

?    

Ss Léonce et Apollone (II. et V. ?), évêques à Vicenza (?).
Ss Quintus, Quintille, Quartille et Marc, martyrs à Sorrente.

IV.    

S Panchaire, sénateur romain une fois apostat, puis martyr à Nicomédie.

V.    

S Auxilius, évêque à Killossey.

VI.    

B Ioannis, de Syrie, fondateur et abbé à Parrano.
S Lactinus, fondateur et abbé à Freshford.

VII.    

S Léonce, évêque à Saintes.
Ss Landoald et Amance, prêtre et diacre romains, missionnaires en Gaule Belgique.

IX.    

S Alcmond, de famille royale anglaise, assassiné en Ecosse.

XIII.    

B Isnardo de Chiampo, prieur dominicain à Pavie.
B Andrea de Gallerani, soldat à Sienne ; il en fut banni après avoir tué un blasphémateur et s’adonna aux bonnes œuvres avec sa fondation des Frères de la Miséricorde.
B Clément, évêque à Dunblane, dominicain ; il introduisit les dominicains en Ecosse.
B Giovanni Buralli de Parme, premier général de l’Ordre franciscain, qui prépara le travail de réforme opéré par s.Bonaventure après lui.

XIV.    

Bse Sibillina Biscossi, tertiaire dominicaine à Pavie, aveugle et recluse pendant soixante-sept ans, avec de grandes mortifications.

XV.    

B Marco de Marchio de Montegallo, médecin puis franciscain qui établit en plusieurs villes des monts-de-piété.

XVII.    

B Juan Martínez Cid, prêtre dominicain espagnol, martyr au Japon.

XX.    

B Jaume Trilla Lastra (Feliu Josep, 1908-1937), lasallien espagnol, martyr à Barcelone, béatifié en 2007.
B Jan Turchan (Narcyz, 1879-1942), franciscain polonais, mort à Dachau, béatifié en 1999.
B Marcel Callo (1921-1945), laïc normand, jociste, enrôlé dans le STO, interné à Mauthausen puis Güssen II, béatifié en 1987.

Joseph, époux de Marie

1er siècle

 

Il n’y a dans les Evangiles aucun renseignement sur la vie personnelle de saint Joseph. Son nom apparaît dans la généalogie du Sauveur (Mt 1:16 ; Lc 3:23) ; Matthieu et Luc font remarquer qu’il était de la lignée de David (Mt 1:20 ; Lc 2:4).

On sait qu’il était charpentier (Mt 13:55), juste, fidèle observateur de la Loi, et qu’il habitait à Nazareth, la bourgade où eut lieu l’Annonciation à Marie (Lc 1:26 ; Mt 2:23).

En-dehors des faits de la naissance de Jésus-Christ (Mt 1-2 ; Lc 2), Joseph n’apparaît plus dans l’Evangile, pas même lors du «premier» signe de Jésus, le miracle de Cana, où Jésus est invité avec Marie, ce qui laisse supposer que Joseph était déjà mort au début de la vie publique de Jésus.

D’un texte de la bienheureuse Anna Katharina Emmerick (v. 9 février), dont on sait avec quelle prudence il faut lire ce qui fut transcrit par son fidèle secrétaire, voici quelques lignes qui ne manquent pas d’intérêt.

Joseph, fils de Jacob, était le troisième de six frères. Ses parents demeuraient près de Bethléem, dans une grande maison qui avait appartenu à Isaï ou Jessé, père de David. Joseph, d’un caractère tout différent de celui de ses frères, était simple, doux, pieux et sans ambition. Ses frères le rudoyaient, le maltraitaient, et inventaient tout ce qu’ils pouvaient pour le tourmenter. S’il priait sous les galeries de la cour, à genoux et les bras étendus, ils s’approchaient sans bruit et le frappaient rudement par derrière.

Il y avait dans le caractère de Joseph quelque chose de fort grave, et un goût très marqué pour la solitude. Il n’aimait que la prière et le travail des mains. L’inimitié de ses frères alla bientôt si loin, qu’il lui fut impossible de demeurer dans la maison paternelle. Il avait, dans le voisinage, un ami. Il reçut de lui tout ce qu’il fallait pour se déguiser, choisit une nuit pour s’enfuir et alla gagner ailleurs, dans l’état de charpentier, le peu qui lui était nécessaire pour vivre. Il pouvait avoir alors de dix-huit à vingt ans.

Joseph demandait à Dieu de hâter l’avènement du Messie. Un ange lui dit de cesser son travail, car le grenier du salut allait bientôt être confié à sa garde. Il ne comprit rien à ces paroles, et continua à prier avec ferveur, jusqu’au moment où il fut appelé à se rendre au temple de Jérusalem pour y devenir, en vertu d’un ordre du Ciel, l’époux de Marie.

Mandé par le grand prêtre, Joseph se rendit aussitôt à Jérusalem et vint se présenter au temple. Il dut, à son tour, tenir sa branche à la main pendant la prière et le sacrifice. Il ne l’eut pas plutôt déposée sur l’autel devant le Saint des saints, qu’elle poussa une fleur blanche semblable à un lis.

(…)

Joseph (déclina) rapidement, vers la trentième année de la vie du Seigneur. Jésus et Marie restèrent alors plus souvent avec lui. Lorsque Joseph mourut, Marie, assise près de son chevet, le tenait dans ses bras, et Jésus était debout à côté. Sa chambre (était) toute pleine d’anges et de lumière.

Joseph devait mourir avant Jésus, car il n’aurait pu supporter son crucifiement : il était trop faible et trop affectueux.

La dévotion à saint Joseph est ancienne. Le culte proprement dit l’est moins.

On sait qu’au 13e siècle, un mystique allemand, Herman de Steinfeld, reçut en deuxième prénom celui de Joseph, à la suite de son «mariage mystique» avec la Vierge Marie (v. 7 avril).

Au 15e siècle, Jean Gerson fut à l’origine de la fête des Fiançailles de Joseph et de Marie, au 23 janvier.

Une fête de saint Joseph exista çà et là, au 19 mars, mais ne fut rendue officielle qu’en 1481, lorsque Sixte IV l’inséra au bréviaire et au missel ; Grégoire XV (1621) la rendit obligatoire pour toute l’Eglise ; le bienheureux Pie IX (v. 7 février), qui avait une grande dévotion à saint Joseph, lui consacra le mois de mars et, sur la demande des Pères conciliaires de Vatican I, le déclara patron de l’Eglise universelle.

Successivement, Léon XIII désigna saint Joseph patron des pères de famille et des ouvriers. Traditionnellement aussi, en référence à sa sainte mort, où il fut assisté par Jésus et Marie, on l’invoque au chevet des mourants, comme «patron de la bonne mort».

Le bienheureux Jean XXIII (v. 3 juin) fit insérer le nom de saint Joseph dans la prière Communicantes du Canon Romain de la Messe (et se trouve maintenant ajouté dans toutes les Prières eucharistiques).

Au pays du Canada, saint Joseph fut choisi dès 1624 comme patron et protecteur de cette Eglise naissante, par un des premiers missionnaires qui y parvint, Joseph Le Caron, récollet.

Un magnifique sanctuaire lui est aussi dédié à Montréal, dû à la dévotion de saint Alfred-André Bessette (1845-1937, v. 6 janvier).

 

 

Ioannis de Parrano

† 6e siècle

 

Ioannis vint de Syrie, et fut pour cela longtemps appelé Jean de Syrie.

Fuyant son beau pays où sévissaient encore les disputes théologiques, il vint en Italie : à Penna ou à Parrano ? Les deux localités sont en Ombrie, distantes d’environ soixante-dix kilomètres. Ioannes fut alternativement appelé Jean de Penna et Jean de Parrano.

En réalité, on fait une confusion avec un autre Jean (Giovanni) à Penna San Giovanni, au treizième siècle (v. 3 avril).

Le nôtre, à Parrano, construisit un monastère, qu’il gouverna pendant quarante-quatre ans.

Beaucoup de miracles furent signalés, dûs à sa vertu.

Saint Ioannis de Parrano est commémoré le 19 mars dans le Martyrologe Romain.

Isnardo de Chiampo

† 1244

 

Isnardo vit le jour vers à Chiampo (Vicenza, Italie NE), dans une famille bourgeoise.

Ayant commencé ses études à Bologne, il entra en 1218 dans l’Ordre des Dominicains et reçut l’habit des mains de saint Domingo (v. 6 août) lui-même.

L’année suivante, il fut envoyé à Milan, avec son confrère Guala qui fut élu évêque de Brescia. La prédication d’Isnardo gagna beaucoup de pécheurs et d’hérétiques.

En 1230, transféré à Pavie, il se lia d’amitié avec l’évêque Redobaldo II, qui lui confia une église et l’aida à construire un couvent hors les murs.

La ville de Pavie était sous le coup de l’interdit, à la suite des mésactions de Friedrich Barbarossa. Isnardo prêcha, émut les gens, les ramena à la foi et à la pratique.

Dans ses déplacements, Isnardo continuait de prêcher aux pécheurs et d’exercer le pouvoir que la grâce de Dieu lui avait donné : il guérissait les malades. Ainsi, il guérit la jambe d’un malade sous les yeux d’un mécréant qui se moquait. On raconte aussi qu’un homme le prit à partie, en le taquinant sur sa forte constitution : Comment veux-tu que je croie à la sainteté d’un Isnardo plus que je pourrais croire que ce tonneau se mette à danser et à venir me casser une jambe ? Et voilà que le tonneau se mit en marche et lui retomba sur la jambe. Mais l’anecdote n’ajoute pas qu’Isnardo la lui remit sur place, ce qui est pourtant vraisemblable.

La renommée d’Isnardo, la nouvelle de ses nombreux miracles, parvinrent jusqu’en France.

Il mourut à Pavie le 19 mars 1244. Les miracles ne cessèrent pas : des prisonniers l’invoquèrent pour leur libération ; des malades gravement atteints guérirent.

Le culte du bienheureux Isnardo fut approuvé en 1919.

 

 

Andrea Gallerani

1200-1251

 

Andrea naquit au début du 13e siècle, un des (au moins) deux fils de Ghezzolino, un bourgeois «puissant» de Sienne (Toscane, Italie C).

Comme on le sait, les rivalités entre villes étaient fréquentes, habituelles même, et Andrea participa à quelque expédition contre Orvieto, où il tua leur capitaine, en 1219.

Peu après, un épisode le trouva à nouveau protagoniste d’une rixe : il s’agissait d’un homme qui blasphémait et qu’Andrea, ne pouvant plus le supporter, assassina. Il fut pour cela banni de la cité. La nuit qui suivit son départ de Sienne, il chevauchait à côté de son frère, quand une nuée le souleva dans les airs avec son cheval sur un parcours de trois milles. Son frère le croyait perdu, car il savait que des soldats de Sienne étaient partis à la poursuite d’Andrea, mais ce dernier fut préservé de tout accident fâcheux par la sainte Vierge, qu’il priait de venir à son aide.  Il se réfugia à Maremma.

Dès lors, Andrea comprit qu’il devait consacrer le reste de ses jours aux exercices de la pénitence et aux œuvres de la charité. Dans les secours qu’il donnait aux malades, Dieu lui accorda d’opérer des guérisons merveilleuses. Il put aussi multiplier la farine, le vin.

Il pénétra furtivement dans Sienne et y établit une petite confraternité de Frères de la Miséricorde, pour l’assistance auprès des malades et des pauvres.

Il eut des apparitions du Christ, de la Sainte Vierge. La Mère de Dieu lui aurait ainsi indiqué le prochain jour de sa mort. Il vint chez les siens, le leur annonça et mourut au jour précis, qu’on n’a pas vraiment établi actuellement : ç’aurait été le 9 avril 1251, ou le 19 mars 1251, cette dernière date étant celle reprise par le Martyrologe Romain.

D’autres miracles se produisirent au tombeau du bienheureux Andrea, dont le culte fut rendu officiel localement en 1274 et universellement en 1798.

 

 

Giovanni Buralli de Parme

1208-1289

 

Giovanni vint au monde vers 1208 à Parme (Emilie-Romagne, Italie NC), du noble et illustre Alberto Buralli.

Son oncle, un prêtre, le dirigea si bien vers l’étude, qu’il enseigna bientôt la Logique à l’école cathédrale.

Vers l’âge de vingt-cinq ans, il entra dans l’Ordre des Frères Mineurs et fit la profession.

On l’envoya se perfectionner à Paris, où il reçut l’ordination sacerdotale.

Alors commença son ministère apostolique par la prédication : sa doctrine, le timbre clair de sa voix, sa connaissance de la musique et du chant, sa douceur, amenèrent beaucoup de conversions.

On le pria d’enseigner chez les Franciscains eux-mêmes, à Bologne, Naples, Rome et même Paris (1245, l’année du premier concile de Lyon, où il représenta l’Ordre franciscain).

En 1247, au chapitre de Lyon, il fut élu ministre général. Comme tel, il dut affronter les dissentions nées au sein de l’Ordre entre partisans de l’austérité de la Règle et partisans d’une «évolution». Il entreprit la visite de tous les couvents, ce qui n’avait pas été fait jusques là.

Il faisait tous ses déplacements à pied. Quand il arrivait quelque part, oublieux totalement de sa place, il allait se mêler aux frères convers et épluchait avec eux les pommes de terre à la cuisine.

Sa dévotion filiale envers Notre-Dame lui en valut une protection manifeste en diverses occasions. Un soir qu’il s’était égaré dans un bois avec ses compagnons, ils prièrent la Mère de Dieu, qui les orienta vers un proche couvent, où ils purent se reposer ; en réalité, ce couvent n’existait pas : tout fut orchestré par le Ciel avec les Anges, pour venir en aide au saint Frère ; puis tout ce décors disparut et Giovanni se réveilla au matin dans une grotte, d’où il put rejoindre le (réel) couvent franciscain, but de son voyage.

En Angleterre, il fut accueilli très respectueusement par le roi Henry III. En France, le roi Louis IX (v. 25 août) vint le saluer et recommander à ses prières la croisade qu’il entreprenait.

Son long périple fut interrompu pendant deux années (1250-1251), qu’il passa à Constantinople comme légat du pape : Innocent IV l’avait préconisé pour ramener à l’union catholique les Orientaux ; il l’envoyait comme Ange de la Paix auprès des princes et hauts dignitaires, qui furent conquis par la sagesse, la bonté, l’humilité de Giovanni. Mais l’union tant désirée ne put se réaliser.

Giovanni reprit ses visites. En 1254, il était à Paris pour calmer la tempête soulevée dans l’Université par Guillaume de Saint-Amour. Ce fut aussi l’occasion pour lui d’écrire avec le général des Dominicains (Humbert de Romans) une lettre qui devait établir entre les deux Ordres une union plus étroite. L’estime réciproque qu’avaient Francesco d’Assise et Domingo de Gúzman, se prolongeait ainsi parmi leurs disciples.

L’action de Giovanni au sein de son Ordre rencontra des résistances, ce qui l’affligea beaucoup. En 1257, il présenta sa démission au chapitre général ; c’est lui qui, alors, désigna pour successeur Bonaventura de Bagnorea, qui fut élu à l’unanimité.

Ensuite, Giovanni se retira à Greccio, dans l’ermitage où Francesco d’Assise avait fait représenter la première crèche de Noël. Il y vécut trente-deux ans, et n’en sortit que deux fois, mandé à Rome par des papes qui voulaient le créer cardinal. Inutile de préciser que Giovanni n’avait cure de cette dignité.

Vers la fin de sa vie, il apprit avec douleur que les Grecs étaient repartis dans le schisme ; il voulut repartir les rencontrer et s’y prépara intensément mais, arrivé à Camerino, il comprit qu’il allait toucher à sa fin.

Giovanni mourut à Camerino, le 19 mars 1289.

La renommée de sainteté de Giovanni fut obscurcie par un soi-disant traité de sa main et de doctrine douteuse, L’Evangile éternel, qui n’était pas de lui.

Le culte immémorial rendu à Giovanni fut au contraire approuvé en 1777.

 

 

Sibillina Biscossi

1287-1367

 

Sibillina naquit à Pavie, et fut bien vite orpheline de père et mère, de sorte qu’elle n’eut d’autre ressource que de se mettre en service toute gamine. A douze ans, elle était aveugle.

Des tertiaires dominicaines la recueillirent et lui apprirent à faire oraison, à réciter l’office, pour la préparer à entrer en religion, selon le désir qu’elle leur exprimait. La petite fille pria avec ferveur pour être guérie le jour de la saint Dominique, mais elle comprit plutôt ce jour-là, dans une vision, qu’elle ne guérirait pas, et qu’elle devrait acheter les clartés de l’éternelle vie au prix de la cécité corporelle. Elle prit donc le parti de vivre en recluse dans une cellule contiguë à l’église des Dominicains : elle n’avait que quinze ans. On lui imposa pour compagne une sœur, Beatrice, qui vécut près d’elle un certain temps, puis succomba aux rigueurs de son genre de vie.

Les pénitences de Sibillina furent effroyables, surtout pendant les premières années : la plus terrible venait du froid ; pendant les longs mois d’hiver où, dans les plaines de la Lombardie, le ciel est gris, nuageux et bas, la cellule de la recluse restait sans feu ; il n’y en avait pas davantage dans la vaste église de briques dédiée à saint Thomas d’Aquin ; en toute saison, Sibillina portait les mêmes vêtements grossiers. Les génuflexions et prostrations n’arrivaient pas à réchauffer ses mains gelées, crevassées, pleines d’engelures. Elle y ajoutait des flagellations très rudes. Son seul mobilier : une sorte de table étroite et longue sous la fenêtre de sa cellule, où elle dormait, mangeait, s’agenouillait ou s’asseyait pour s’entretenir avec ses visiteurs.

Ceux-ci vinrent en effet la consulter, de plus en plus nombreux : habitants de Pavie, nobles ou petits, évêques, religieux, elle avait un conseil autorisé pour chacun ; elle avait un sens intime des choses cachées ; elle avait conscience même physiquement de la présence réelle de Jésus-Christ dans l’Eucharistie.

Sa réclusion dura soixante-sept ans. Deux fois seulement elle sortit par obéissance, dont une fois pour recevoir l’Eucharistie, sans qu’on s’explique d’ailleurs pourquoi cette disposition.

Elle, si ignorante, semblait connaître par-cœur les soliloques de saint Augustin ou les homélies de saint Bernard. La Pentecôte était une période de grandes grâces, et elle eut une profonde dévotion pour l’Esprit Saint.

Sibillina mourut le 19 mars 1367, son corps fut enseveli dans l’église des Dominicains, et Pie IX en a confirmé le culte cinq siècles plus tard. En Italie, les servantes l’ont prise pour patronne.

Le Martyrologe la commémore le 19 mars, jour de sa naissance au ciel, tandis que l’ordre dominicain la fête un peu plus tard, le 18 avril, une fois terminé le Carême.

 

 

Marco de Marchio de Montegallo

1425-1496

 

Le père de cette belle figure franciscaine était Chiaro de Marchio, de la noblesse, qui vivait à Ascoli Piceno, mais le petit Marco naquit près d’Ascoli, à Montegallo, où la famille s’était retirée pour sortir des pénibles luttes de factions qui sévissaient dans la ville.

Mais pour les études du garçon, on revint à Ascoli, puis Marco alla étudier à Pérouse et Bologne. Docteur en droit et en médecine, il exerça quelque temps à Ascoli et, par condescendance pour ses parents, se maria en 1451 avec une pieuse fille de la noblesse, Chiara de’ Tibaldeschi. La prochaine mort des parents leur rendit à tous deux leur liberté, car Chiara désirait en réalité entrer chez les Clarisses d’Ascoli, tandis que lui aspirait à l’idéal franciscain.

Il entra donc au noviciat de Fabriano, chez les frères mineurs de l’Observance. Adonné à la prière, à la contemplation, à la pénitence, il égala bientôt les religieux les plus fervents. Devenu “gardien” (c’est-à-dire supérieur) du couvent de San Severino, il s’entendit dire par la sainte Vierge : “Marc, va annoncer aux hommes la charité !”

Il prit donc son bâton de prédicateur, sur les conseils du confrère s.Jacques de la Marche (Giacomo da Monteprandone), qu’il imita aux côtés de s.Bernardino de Sienne et de s.Giovanni de Capestrano, dans l’évangélisation des masses.

Il parcourut les Marches, l’Italie entière, prêchant durant quarante ans dans les églises et sur les places publiques, pour faire régner la paix, l’union, le pardon des injures dans une société déchirée par les factions et les discordes. Il aurait bien souhaité aller travailler dans les contrées infidèles et affronter le martyre, mais Dieu se contenta de son désir et le conserva à l’Italie dont l’état déplorable réclamait aussi des apôtres.

Il établit dans plusieurs villes des monts-de-piété, pour remédier aux misères des pauvres. L’usure était un fléau, les intérêts ruinaient les familles. Dans un écrit, Marco condamne l’usure comme une perversion, y associant autant celui qui demande que celui qui prête avec intérêt, puisque tous deux violent le commandement de Dieu d’aimer le prochain sans limite.

Avec l’aide d’un autre Bienheureux, Domenico da Leonessa, ces monts-de-piété fleurirent ainsi à Ascoli, Fabriano, Fano, Arcevia, Vicenza, peut-être même aussi à Ancone, Camerino, Ripatransone, Fermo.

Toutefois, même s’il n’était pas le seul à condamner les prêts avec intérêts, d’autres franciscains jugèrent que les monts-de-piété devaient concéder des prêts avec un minimum d’intérêt. Ainsi pensait saint Bernardino de Feltre ; d’ailleurs, c’était l’époque où apparurent les premiers Instituts de Crédit (Banques), dont le fonctionnement exigeait certaines charges.

De passage à Venise, Marc comprit l’importance que pouvait avoir l’imprimerie pour la diffusion de l’évangile. Il fit donc imprimer plusieurs ouvrages pour l’évangélisation.

Lorsque Camerino fut ravagée par la peste, Marc s’y rendit et promit aux habitants la cessation du fléau, s’ils faisaient pénitence ; la ville se convertit et connut bientôt des jours meilleurs. Marc fut nommé provincial des Marches vers 1481, et eut à s’occuper de la bienheureuse Battista Varani, qu’il nomma au couvent des clarisses de Camerino. C’est à lui qu’elle adressa l’histoire écrite de son expérience spirituelle dans le Traité des douleurs mentales de Notre-Seigneur.

Marc reprit bientôt sa mission itinérante. Il était à Vicence pendant le carême de 1496, quand on le vit rassembler ses petites affaires, comme pour partir. La nuit suivante, il fut prit d’une angine et annonça sa mort pour le samedi suivant, 19 mars. Sur son lit de mort, il se faisait lire la Passion de Notre-Seigneur, et rendit son âme au moment où on lisait : Et inclinato capite. Il avait soixante-dix ans.

Selon son désir, il aurait voulu être enseveli chez les Observantins, sans distinction au milieu de ses frères. Mais on le plaça dans l’église elle-même, où eurent lieu beaucoup de miracles. Plus tard, quand les Observantins transportèrent leur couvent de Saint-Blaise-le-Vieux à l’intérieur de Vicence, ils dédièrent au bienheureux Marc une chapelle de la nouvelle église et y placèrent ses restes.

Grégoire XVI, en 1839, en confirma le culte et le Martyrologe Romain le commémore le 19 mars.

 

 

Juan Martínez Cid

?-1619

 

Il naquit à Manzanal de los Infantes (Zamora, Espagne), à une date inconnue.

Entré dans l’Ordre dominicain, il appartenait au couvent de Salamanque et fut ordonné prêtre.

En 1610, il fut envoyé à la mission de Manille (Philippines) et successivement au Japon.

Ce saint missionnaire avait une mémoire prodigieuse et un don extraordinaire pour les langues.

Lors de la persécution, il fut arrêté en 1618. A cause des très pénibles conditions de vie en prison, il y mourut le 19 mars 1619 ; son corps fut brûlé et jeté en mer.

Il mourut à Suzuta (Ōmura, Nagasaki), le 19 mars 1619.

L’Eglise a reconnu que sa détention et sa mort équivalaient au martyre et l’a béatifié en 1867.

Le Martyrologe Romain l’a inséré au 19 mai, sans doute par erreur.

 

 

Jaume Trilla Lastra

1908-1937

 

Né à Lleida le 14 septembre (fête de la Croix), Jaume eut la vie marquée par la Croix.

Il reçut au baptême le nom de Jaume (Jacques, et non José), le 21 septembre.

Elève chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Gracia, il entra au noviciat à Menor de Cambrils (1924), reçut l’habit en 1925 et le nom de Feliu Josep (Félix Joseph).

Au terme du scholasticat, il commença ses activités d’enseignant à Berga, puis Tarragona (1925), Tortosa et de nouveau Berga, avant de rejoindre Monistrol de Monserrat en 1934.

Quand se déchaîna la persécution, les miliciens vinrent incendier l’église qui se trouvait à côté du collège des Frères, le 20 juillet 1936 (Ils revinrent le lendemain pour détruire l’école et ce qui restait de l’église). Tous durent s’enfuir, et le Frère Félix se mit en marche pour le sanctuaire de Montserrat. Il y rencontra ses parents, avec lesquels il revint dans la maison paternelle, grâce à un autobus réquisitionné par la mairie de Barcelone.

Il sortait le moins possible, consacrant son temps à la prière et à l’étude. Mais un certain Adolfo Calonge, de Monistrol, très lié aux Frères des Ecoles Chrétiennes, lui proposa un rendez-vous, le 11 mars 1937. Or ce monsieur était surveillé étroitement par les miliciens à cause de ses convictions religieuses. Ils les arrêtèrent donc tous les deux ensemble le 11 mars.

On sut plus tard que le Frère comparut devant un «tribunal», le 18 mars suivant, et on voulut l’obliger à renier sa religion ; comme il s’y refusait, on le frappa violemment au point que, de retour dans sa cellule, ses amis ne le reconnaissaient pas. Il avait la tête crispée, les yeux exorbités, le teint pâle ; tremblant mais souriant, il leur expliqua qu’on lui avait tordu les testicules.

Le 19 mars, on l’envoya, encore vivant, au milieu des cochons ; ou bien on le brûla vif, tout près du collège Saint-Antoine tenu auparavant par les Pères des Ecoles Pies.

Feliu Josep fut martyrisé à Barcelone le 19 mars 1937, fête de son Patron saint Joseph.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Jan Turchan

1879-1942

 

Né le 19 septembre 1879, à Biskupice (Wieliczka, Pologne), Jan naquit au foyer de grands propriétaires terriens : Jan et Katarzyny Ochońskiej.

Il étudia à l’école du village, puis à Cracovie en 1894.

Le 8 septembre 1899 il entra dans l’Ordre des Frères Mineurs de la Province de Notre-Dame des Douleurs, en Galice. Il fit le noviciat à Wieliczka et Lezajsk, et les premiers vœux en 1900. Il prit alors le nom religieux de Narcyz.

Il compléta ses études à Przemysl, celles de philosophie à Cracovie et de théologie à Lviv.

Il fit la profession solennelle en 1903, la veille de Noël, et reçut le sacerdoce en 1906 ; l’évêque consécrateur était Mgr Józef Bilczewski, maintenant canonisé (voir au 20 mars).

De 1908 à 1912 il exerça le ministère sacerdotal à Lviv, Rawa Ruska et auprès des mineurs. Il sera envoyé dans divers monastères, à Cracovie, Yarosłavl, Słopnicach, Konin, Pilica et Pińczow.

Il fut très apprécié dans les milieux de la zone russe, où il soulagea les pauvres et les malades.

En 1936, il fut gardien (supérieur) à Włoclawek.

A la déclaration de guerre, l’évêque fut arrêté, la cathédrale et les églises fermées. Les trois prêtres qui restaient, dont le père Narcyz, cherchèrent à exercer le ministère dans tous les endroits possibles.

En 1940, la Gestapo en arrêta deux sur les trois. Puis le monastère fut fermé. Remis en liberté, Narcyz resta quand même dans la ville, et fut pour cela arrêté à nouveau.

Le 30 octobre 1941, il fut envoyé à Dachau, où il retrouva ses Confrères de Włoclawek.

Or, le père Narcyz était malade, il avait déjà dû subir plusieurs interventions chirurgicales, de sorte qu’à Dachau, les mauvais traitements le firent d’autant plus souffrir que les cicatrices de ses opérations n’étaient pas encore guéries. Il fut même torturé. Diabétique, il implora un peu d’eau à boire, et les gardiens lui en firent boire en énorme quantité en introduisant un tuyau dans sa bouche.

Les Confrères du camp lui donnèrent leur ration de pain. Le père Narcyz resta calme et serein, et même réconfortait les prisonniers par son sourire. Conduit en fin de vie à l’infirmerie, il y mourut seul, le 19 mars 1942, fête de saint Joseph.

La famille intervint pour récupérer les cendres du Martyr, qui sont maintenant ensevelies près de l’église de Biskupice.

Le père Jan-Narcyz a été béatifié parmi les cent-huit Martyrs polonais en 1999.

 

 

Marcel Callo

1921-1945

 

Marcel est né à Rennes le 6 décembre 1921, second d'une famille de neuf enfants.

A 12 ans, il entre en apprentissage dans l'imprimerie où il travaille comme typographe.

Il entre à la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) où il tient à privilégier la vie spirituelle comme source de toute action, dans un monde ouvrier très déchristianisé. Devenu président de la section, il se dépense sans mesure pour assumer les responsabilités pratiques et surtout morales que cela implique.

En 1943, Marcel perd sa sœur dans un bombardement et se voit réquisitionné pour le STO (Service du Travail Obligatoire) : malgré son déchirement (il vient de se fiancer), il accepte de partir, d'une part pour éviter des représailles sur sa famille, d'autre part dans une perspective missionnaire : là-bas également l'apostolat est urgent.

Envoyé à Zella-Melhis, il travaille dans une usine de révolvers et loge dans un camp de trois mille ouvriers environ. Il surmonte une période de détresse et de découragement et organise peu à peu clandestinement la vie chrétienne du groupe.

Ses activités le trahissent et il est arrêté le 19 avril 1944 parce que "trop catholique". Transféré à la prison de Gotha avec les principaux dirigeants jocistes de Thuringe (ils seront douze), il est finalement envoyé successivement aux camps de concentration de Flossenburg (où fut pendu Dietrich Bonhoeffer) et de Mauthausen où il partage les effroyables souffrances de tous les déportés et pâtit avec eux de l'affolement des nazis devant l'alliance alliée. Il travailla surtout à Gusen II, le pire des Kommandos.

Souffrant terriblement de l'estomac, il meurt d'épuisement le 19 mars 1945, assisté par un camarade bouleversé devant son attitude, le colonel Tibodo qui témoigne : J'ai connu Marcel Callo pendant quelques heures seulement, celles qui ont précédé sa mort en mars 1945, un mois et demi avant la libération. Je ne l'ai connu qu'aux dernières heures de sa vie : il est mort en quelque sorte dans mes bras. Cependant cela m'a suffit pour constater que ce garçon était de beaucoup au-dessus de la nature humaine ordinaire. Si j'ai gardé son souvenir, alors que j'ai passé par plusieurs camps et que j'ai connu de nombreux prisonniers, c'est que Marcel Callo avait un regard vraiment surnaturel. Le témoignage que j'ai donné est au-dessous de la réalité : le regard était plutôt un regard d'espoir, l'espoir d'une vie nouvelle. Ce me fut une révélation : son regard exprimait une conviction profonde qu'il partait vers le bonheur. C'était un acte de foi et d'espérance vers une vie meilleure. Je n'ai jamais vu chez un moribond un regard comme le sien.

Il est béatifié en 1987 par le Pape Jean-Paul II, à l'occasion du synode mondial des évêques sur la vocation et la mission des laïcs dans l'Eglise et dans le monde.

Inscrit au Martyrologe le 19 mars, le bienheureux Marcel Callo est désormais fêté dans son diocèse de Rennes le 19 avril, date où il fut arrêté à Zella-Melhis, le 19 mars, date de sa mort, étant la fête de Saint Joseph.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 9000 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
  • Contact

Recherche

Pages

Liens