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9 août 2020 7 09 /08 /août /2020 10:19

Florentino Asensio Barroso

1877-1936

 

Il vit le jour à Villasexmir (Valladolid, Espagne) le 16 octobre 1877, de Jacinto et Gabina, qui eurent neuf enfants.

Le papa était un vendeur ambulant, la maman tenait une petite échope.

Florentino fut baptisé le 24 octobre et confirmé l’année suivante.

Il fréquenta le Petit, puis le Grand séminaire de Valladolid, et fut ordonné prêtre en 1901.

Il exerça son apostolat sacerdotal à Villaverde de Medina, puis l’évêque lui confia en 1905 son secrétariat, les archives épiscopales, ainsi que l’administration de l’évêché.

Comme cela ne suffisait pas à remplir l’emploi du temps du prêtre, il prépara le doctorat de théologie à Valladolid, qu’il obtint en 1906. Cette même université le retint ensuite comme professeur de métaphysique.

En 1910, il fut nommé chanoine de la cathédrale ; en 1915, économe pour l’archidiocèse.

On lui demanda aussi d’être confesseur au séminaire, chez les Sœurs Oblates, chez les cisterciennes de Las Huelgas, à l’hôpital de Esgueva, charges qu’il remplit jusqu’en 1935.

En 1925 il fut nommé curé de la paroisse métropolitaine de Valladolid et, à partir de 1932, directeur de l’Apostolat de la Prière.

On se demande comment un seul homme pouvait faire face à tant de responsabilités ; c’est une grâce de Dieu. La fidélité du prêtre et son zèle le signalèrent au nonce apostolique, qui parla de lui au pape.

En 1935 don Florentino fut nommé évêque de Barbastro (Huesca). La consécration se fit en janvier 1936 et l’entrée dans le diocèse fut très discrète, en raison de l’ambiance hostile qui se répandait déjà.

Il faut donner ici quelques chiffres concernant ce diocèse et cette douloureuse période de l’histoire espagnole. Le petit diocèse de Barbastro comptait cent trente-et-un prêtres à l’arrivée du nouvel évêque : cent treize furent assassinés durant la révolution de 1936 ; les dix-huit bénédictins du monastère de El Pueyo furent tous assassinés et leur monastère complètement dévasté, c’est tout juste si l’on réussit à sauver les murs et l’antique architecture ; la magnifique statue du Sacré-Cœur fut aussi fusillée par les révolutionnaires.

Mgr Asensio fut aux arrêts dans son propre évêché dès le 22 juillet, et mis en prison à la mairie au soir du 8 août. Ce 8 août, Mgr Asensio achevait une neuvaine de prières au Sacré-Cœur.

L’interrogatoire fut très pénible, mais surtout les mauvais traitements physiques qu’on fit subir au prélat.

Il y avait là quelques miliciens, dont un pauvre gars illettré, enrôlé avec de belles promesses, qui fut invectivé par un des miliciens (on ne peut citer la phrase dans son intégralité) : Dis-donc, ce n’est pas toi qui avais envie de manger des d’évêque ? En voilà l’occasion.

Sans attendre, le bonhomme sortit un couteau, viola le prélat et l’amputa sauvagement sur place. Les jambes de l’évêque, le pavement, furent inondés de sang, tandis que le prélat pâlissait terriblement. Il retint un cri de douleur et murmura une prière qui parlait des cinq plaies douloureuses du Seigneur. Le bourreau s’empara de son misérable «trophée» et alla le montrer dans les rues de Barbastro.

Comme on l’aurait fait pour un cheval blessé, on recousut vaguement la plaie de la victime, qui n’était plus qu’une loque humaine et qui se serait effondrée de douleur sur le pavement, si elle n’avait pas été attachée par les coudes à l’autre prisonnier lequel, terrifié et muet, se maintint debout et retint l’évêque.

Au matin du 9 août 1936, le pauvre prélat, qui se tordait de douleur, fut poussé vers le camion qui l’emmena au lieu de l’exécution. On l’entendit dire à haute voix : Quelle belle nuit pour moi : je m’en vais à la maison du Seigneur ! Et quand les balles tombèrent, il disait encore : Seigneur, pitié pour moi !, bénissant ses bourreaux et leur pardonnant.

Ce n’était pas fini. Le prélat n’avait pas été touché mortellement. On le laissa agoniser là une heure ou deux, sur un monceau d’autres cadavres, et seulement alors il reçut le coup de grâce.

Les bourreaux le dépouillèrent ; l’un se mit le pantalon, l’autre les chaussures, qui lui allaient bien (c’est lui-même qui le reconnut plus tard, après la guerre, avant d’être à son tour exécuté).

Mgr Florentino Asensio fut béatifié en 1997.

Sa devise était : Ut omnes unum sint (Que tous soient Un, cf. Jn 17:21).

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