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5 janvier 2020 7 05 /01 /janvier /2020 00:00

05 JANVIER

 

IV.

Ste Syncletika, vierge en Alexandrie.

V.

S Deogratias, évêque à Carthage ; il vendit tous les vases sacrés pour racheter des prisonniers chrétiens.

Ste Apollinaire, vierge réfugiée dans un monastère d’hommes sous un nom masculin.

Ste Aimée (Amma Talide), abbesse à Antinoé. 

VI.

Ste Æmiliana, tante du pape s. Grégoire le Grand.

VIII.

Ss Honobert et Arnulphe, évêques à Sens.

S Angilram, évêque à Metz, neveu de s. Chrodegand, aumônier de la maison de Charlemagne.

IX.

B Convoyon, abbé à Redon.

XI.

S Edward, roi en Angleterre, très dévot de saint Jean l’Evangéliste.

XII.

S Gerlac, ermite près de Maastricht, après une jeunesse agitée.

XIII.

B Ruggero, un des tout premiers franciscains, à Todi.

XVIII.

Bx François Peltier, Jacques Ledoyen et Pierre Tessier, prêtres guillotinés à Angers, béatifiés en 1984.

XIX.

S Jan Nepomucký Neumann, originaire de Bohème, rédemptoriste, évêque à Philadelphie, fondateur d’un tiers-ordre franciscain.

Bse Maria Repetto, aînée de neuf enfants, dont un fut prêtre et quatre religieuses ; elle s’activa dans l’Institut de Notre-Dame-du-Refuge à Gênes, où on l’appela la “sainte moniale” ; béatifiée en 1981. 

S Joannes Andreas (Karel de Saint-André) Houben, passioniste hollandais actif en Angleterre puis en Irlande, dévoué à l’œcuménisme et au sacrement de la Réconciliation, canonisé en 2007.

XX.

Bse Marcelina Darowska (1827-1911), jeune veuve polonaise, fondatrice des Sœurs de l’Immaculée Conception de la Bse Vierge Marie, pour les milieux agricoles et populaires, béatifiée en 1996.

B Pietro Bonilli (1841-1935), prêtre à Spolète, fondateur de plusieurs familles, pour répandre l’idéal de la Sainte Famille : Missionnaires de la Sainte-Famille, Œuvre de la Sainte Famille (pour la jeunesse abandonnée), Institut Nazzareno (pour enfants aveugles et sourds-muets abandonnés), Sœurs de la Sainte-Famille ; béatifié en 1988.

B Joan (Roberto) Grau i Bullich (1895-1937), prieur bénédictin à Montserrat, martyr à Barcelone, béatifié en 2013.

B Mariano Alarcón Ruiz (José Mariano des Anges, 1912-1937), prêtre des Carmes Déchaux, martyr près de Barcelone avec son père, béatifié en 2007.

Ste Genoveva Torres Morales (1870-1956), espagnole, mal amputée d’une jambe, fondatrice des Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus et des Anges à Saragosse, pour le service des femmes seules et délaissées, béatifiée en 1995, canonisée en 2003.

Syncletika d’Alexandrie

4e siècle

 

Syncletika naquit au 4e siècle, vers 315, en Alexandrie d’Egypte, de bons et pieux parents originaires de Macédoine. Elle avait une sœur aveugle.

La jeune fille avait de grandes vertus, était fort intelligente et belle, et bien des jeunes gens de la noblesse d’Alexandrie l’auraient demandée en mariage, si elle n’avait pas affirmé avec détermination son attachement irrévocable à l’Epoux divin. Elle pouvait répéter en vérité ce verset de l’Ecriture : Mon Bien-aimé est à moi, et je suis à Lui (Cant 2:16).

Déjà à la maison, elle commença une vie de grande mortification, avec des jeûnes rigoureux.

Quand ses parents moururent, elle distribua sans attendre son héritage aux pauvres puis, avec sa sœur, se retira loin de la ville, se fit couper les cheveux en signe de consécration, et vécut dans le silence et la prière, redoublant ses austérités, tout en n’en montrant rien à l’extérieur.

D’autres âmes pieuses voulurent se joindre à elle et en recevoir les enseignements. Elle finit par céder à leur demande, quoique se sentant elle-même bien imparfaite. Elle devint ainsi la fondatrice de la vie monastique féminine.

Son enseignement principal était l’amour total de Dieu et du Prochain. Pour illustrer le feu de l’Esprit, elle expliquait : Quand on s’approche d’un feu, la chaleur commence par nous faire piquoter les yeux, qui versent des larmes, mais ensuite on ressent les bienfaits de cette chaleur. Ainsi avec l’Esprit : au début, il faut verser bien des larmes de repentir, d’humiliation, de pénitence, puis on reçoit la douce chaleur de la présence de l’Esprit.

Le Démon osa venir importuner cette âme si belle, lui imposant des souffrances qui rappelèrent les épreuves du saint patriarche Job. Elle avait quatre-vingt cinq ans, lorsqu’une fièvre continue la tourmenta pendant trois ans ; puis un cancer lui dévora la bouche et tout le visage, tandis qu’un feu intense lui dévorait les entrailles.

Elle supporta ces horreurs avec calme et paix. Victorieuse de l’Ennemi, elle eut plusieurs visions : des anges vinrent la servir et, trois jours avant sa mort, elle annonça son prochain Départ.

Syncletika mourut, apparemment, le 5 janvier, vers 405.

Elle est un pilier de la vie spirituelle et mystique orientale.

Sainte Syncletika d’Alexandrie est commémorée le 5 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Deogratias de Carthage

† 457

 

Après l’exil de s.Quodvultdeus (v. 19 février), le siège de Carthage (Afrique N) demeura quatorze ans sans pasteur.

En 453 enfin, le roi Genséric permit l’élection d’un nouvel évêque : Deogratias.

D’une sainteté de vie admirable, ce digne pasteur consola et fortifia l’Eglise dans ses afflictions : l’exemple de ses vertus en même temps que ses discours contribuèrent à opérer ce résultat.

Deux ans après l’élection, Dieu permit que Genséric s’emparât de la ville de Rome, la mît à sac et déportât la plus grande partie du peuple romain. En Afrique, les Vandales et les Maures séparèrent à leur habitude les maris de leurs épouses, les parents de leurs enfants.

Dans ces circonstances, l’évêque Deogratias n’hésita pas à vendre tous les vases d’or et d’argent de son église, pour racheter ces captifs.

En outre, ne trouvant pas à Carthage de maisons en nombre suffisant pour loger tous ces infortunés, il transforma en dortoirs les deux grandes églises de Saint-Fauste et de Saint-Varius.

Beaucoup de prisonniers étaient tombés malades durant la traversée de la mer. L’évêque leur rendait de fréquentes visites, leur amenait des médecins, leur faisait porter les remèdes et les aliments nécessaires. 

L’époque moderne sait, hélas, ce que signifie que de traverser la mer sur des embarcations de fortune et d’arriver (pas toujours) sur une plage inconnue, sans rien, dans le froid, la faim.

Deogratias passait ainsi même les nuits dans cet exercice de la miséricorde, sans égard pour son grand âge et sa faible santé.

Les ariens en furent jaloux et cherchèrent, d’abord, à entraver son action, puis à le faire mourir. Mais Dieu les devança, en accordant une sainte mort à ce digne prélat, qui s’éteignit le 5 janvier 457.

Saint Deogratias de Carthage est commémoré le 5 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Æmiliana de Rome

† 594

 

Le pape Grégoire le Grand (v. 12 mars) eut l’occasion, dans une de ses homélies, de faire l’éloge de ses trois tantes : Tarsilla, Æmiliana et Gordiana. 

Parlant de Tarsilla, qui mourut la première (v. 24 décembre), il affirma qu’elle apparut à sa sœur Æmiliana, pour l’inviter à venir partager son bonheur.

Æmiliana mourut le 5 janvier suivant, veille de l’Epiphanie, en 594.

Sainte Æmiliana de Rome est commémorée le 5 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Konuuoion (Convoyon) de Redon

800-863

 

Les chartes anciennes portent le nom de Konuuoion ; ce nom d’origine celtique est composé de Kon et uuoion, «guerrier sincère», et s’écrit Konvoion en breton, Convoyon en français.

Konuuoion naquit vers 800 à Comblessac (Ille-et-Vilaine), d’une famille d’origine gallo-romaine de rang sénatorial.

Entré dans l’état ecclésiastique, il fut quelque temps archidiacre de l’évêque de Vannes, puis bâtit un monastère à Redon, où il se retira avec quelques compagnons, avec le soutien du prince local Ratvili et du roi de Bretagne Nominoë. L’abbaye bénédictine Saint-Sauveur de Redon remonte ainsi à 832.

Les évêques de la région ayant été accusés de simonie, Convoyon fit partie de la députation envoyée à Rome pour porter l’affaire devant le pape.

Vers 860, devant la menace des Vikings, la communauté dut quitter les lieux et se réfugier à Maxent (Plélan-le-Grand), sous la protection du nouveau roi de Bretagne Salomon.

Konuuoion mourut dans ce monastère, le 5 janvier 868.

Son culte a été confirmé en 1866 ; saint Konuuoion est commémoré le 5 janvier dans le Martyrologe Romain.

Edward le Confesseur

1002-1066

 

A la suite de grands troubles qui désolaient l'Angleterre, le prince Edward passa trente-cinq ans de sa vie en exil. Nous avons peu de détails sur cette période de son histoire. 

Il naquit vers 1002 à Islip (Oxford, Angleterre). Doué d'un caractère doux, ami de la solitude, il était d’une piété quasi monastique. 

Fils du roi Æthelred et d’Emma de Normandie, il reçut en 1042 l’héritage de la couronne des princes saxons, sur une manifestation divine, semble-t-il, et gouverna, pour ainsi dire, plus par sa piété que par son autorité, qui était toute spirituelle.

Il fut couronné en 1043 en la cathédrale de Winchester.

Modeste dans son port, Edward III savait être majestueux en public, par devoir. Il mangeait et buvait peu. Il voulut accomplir le vœu qu'il avait fait d'aller à Rome vénérer le tombeau du Prince des apôtres, mais il dut céder aux instances de ses sujets, qui avaient besoin de sa présence. Le pape le délia de son vœu ; en revanche, il fit construire une belle église en l'honneur de saint Pierre.

Politiquement, Edward fut contré par le seigneur du Wessex, Godwin, dont la fille Edith devint la femme d’Edward. Mais Godwin, profitant de la bonté du roi, se comporta en envahisseur jusqu’à être déclaré hors la loi, avant de mourir d’apoplexie un peu plus tard.

Edward est célèbre par son désintéressement et par sa charité envers les pauvres. A trois reprises différentes, il vit un des officiers de sa maison mettre la main aux trésors royaux ; la troisième fois, il se contenta de lui dire : Prends bien garde qu'on ne t’y surprenne ! Le trésorier du palais se plaignant au roi de ces vols, celui-ci, comme s'il n'eût rien su, lui dit : Pourquoi te  plaindre? Celui qui a pris cet argent en avait sans doute plus besoin que nous.

Sans se préoccuper du qu’en dira-t-on, il prit sur ses épaules un pauvre infirme tout perclus et le porta à l'église Saint-Pierre, où il fut guéri. 

Edward, qui avait une grande dévotion à l’apôtre saint Jean, promit de ne jamais refuser l'aumône demandée au nom de saint Jean. Un jour, un pauvre lui ayant tendu la main au nom de cet apôtre, le roi, dépourvu d'argent, retira de sa main un riche anneau et le lui donna, pour ne pas le faire attendre. Saint Jean l'Évangéliste se montra plus tard, début août de 1065, à deux pèlerins anglais qui se mettaient en voyage pour les lieux saints ; il leur remit un anneau en leur disant : Portez cet anneau au roi ; c'est lui qui me l'a donné un jour que je lui demandais l'aumône en habit de pèlerin ; dites-lui que, dans six mois, je le visiterai et le mènerai avec moi à la suite de l'Agneau sans tache. 

Edward mourut, en effet, six mois après, le 4, ou plutôt le 5 janvier 1066. Le 4 était juste le jour octave de la fête de saint Jean Evangéliste. Edward n’avait pas d’héritier, ayant probablement préféré vivre avec son épouse dans la chasteté. 

Les moines de Westminster ainsi que la population acclamaient le roi défunt, dont la mort cimenta l’union des Anglais. Edward fut bientôt canonisé, en 1161 et surnommé Edward le Confesseur, pour le distinguer de son oncle Edward le Martyr (voir au 18 mars).

 

 

Gerlac de Houthem

1100-1170

 

Gerlac naquit vers 1100 au pays de Walkenberg (Pays-Bas).

Il suivit la carrière des armes et se maria. Mais selon une habitude fréquente dans le métier des armes, l’homme se laissa aller à une vie assez déréglée.

Il se préparait pour un énième tournoi, quand on vint lui annoncer la mort subite de son épouse. Ce coup de foudre le fit rentrer en lui-même : il régla ses affaires et vint à Rome, où il se confessa et reçut du pape une pénitence sévère mais salutaire : il serait allé servir les malades à l’hôpital de Jérusalem, pendant sept ans. Il accomplit cette satisfaction avec profonde humilité.

De retour à Rome, il obtint la permission du pape de vivre en ermite dans son pays. Il se retira au creux d’un vieux chêne et se déplaça chaque jour jusqu’à l’église Saint-Servais de Maastricht, fort distante, pour participer à l’office des moines. Ces derniers, qui ne vivaient pas de façon aussi austère, dénoncèrent Gerlac à l’évêque, qui le condamna. Heureusement, le prélat ouvrit les yeux : il constata de lui-même que Gerlac ne dissimulait aucun «trésor» dans son chêne ; il fit abattre l’arbre et, avec les planches, ordonna d’un faire un oratoire pour Gerlac.

Une grande Mystique, sainte Hildegard (v. 17 septembre), connut en vision Gerlac et il se fit entre eux deux un saint échange. Hildegard obtint que des miracles signalassent la sainteté de Gerlac, et Gerlac obtint d’avoir un prêtre près de lui à ses derniers moments : le prêtre désigné tardant à arriver, il se présenta un bon vieillard qui lui administra les derniers sacrements ; on pense que ce fut saint Servais (v. 13 mai).

Un des «miracles» obtenus par Gerlac fut que la fontaine d’eau où il se désaltérait, donna du vin, en signe  que ses péchés étaient entièrement pardonnés.

Gerlac mourut le 5 janvier 1170, dans son petit oratoire. L’endroit s’appelle Houthem, terme par lequel on désigne habituellement Gerlac.

C’est dans cet oratoire que Gerlac fut inhumé ; plus tard, il s’y construisit un double monastère de moines et moniales norbertins, avec un hospice pour les malades, mais tout fut saccagé lors de la persécution protestante du 16e siècle.

Bien que Gerlac n’ait pas été canonisé officiellement, il est en grande vénération à Roermond, à Liège et à Cologne et le Martyrologe le mentionne au 5 janvier.

 

 

Ruggero de Todi

† 1237

 

Le peu qu’on connaisse de Ruggero est le plus important : il fut un des premiers Frères de Francesco d’Assise (v. 4 octobre).

On ne connaît pas sa date de naissance, ni sa famille, ni la date de sa mort.

Il naquit à Todi (Ombrie, Italie C).

Il fut un des tout premiers, en 1216, à recevoir l’habit des mains de Francesco d’Assise lui-même. Ce dernier l’avait en très grande estime : Est un bon frère mineur celui qui a la charité et la vie de frère Ruggero, car toute sa vie et son comportement sont illuminés et enflammés de la ferveur de la charité, à quoi le même Francesco ajoutait un éloge de l’esprit de pauvreté qui animait Ruggero.

Ce Frère devait être l’aumônier des Clarisses de Borgo San Pietro (Rieti), depuis sa fondation en 1228 ; en 1236, il assista aux derniers instants de la bienheureuse Filippa Mareri (v. 16 février).

De retour à Todi, il y mourut un 5 janvier, peut-être en 1237.

Les nombreux miracles qui se produisirent amenèrent le pape à autoriser sa fête à Todi dès l’année de sa mort ; cette fête fut étendue à tout l’Ordre en 1751. 

Le Martyrologe mentionne le bienheureux Ruggero au 5 janvier.

François Peltier

1728-1794

 

Il naquit le 26 avril 1728 à Savennières (Maine-et-Loire).

Il fut guillotiné à Angers le 5 janvier 1794 et béatifié en 1984.

 

 

Jacques Ledoyen

1760-1794

 

Il naquit le 3 avril 1760 à Rochefort-sur-Loire (Maine-et-Loire).

Il fut guillotiné à Angers le 5 janvier 1794 et béatifié en 1984.

 

 

Pierre Tessier

1766-1794

 

Il naquit le 11 mai 1766 à La-Trinité-d’Angers (Maine-et-Loire).

Il fut guillotiné à Angers le 5 janvier 1794 et béatifié en 1984.

 

 

Johannes Nepomuk Neumann

1811-1860

 

Quand Johannes naquit, le 28 mars 1811, à Prachatitz, la Bohême faisait partie de l’empire austro-hongrois ; cette région faisant partie maintenant de la République tchécoslovaque, son nom s’orthographiera Jan Nepomucký Neumann.

Après ses études à České Budějovice, il entra au séminaire en 1831.

Il entra en 1833 à l’université Saint-Charles de Prague pour étudier la théologie, tout en s’intéressant aussi à l’astronomie et à la botanique, et mettant aussi à profit ses loisirs pour étudier six langues.

Curieusement, l’évêque refusa de l’ordonner prêtre. Motif : il y avait déjà trop de prêtres en Bohême. Bienheureux pays ! Mais Johannes désirait avant tout être prêtre, aussi émigra-t-il aux Etats-Unis, dans l’espoir d’y travailler pour les âmes.

Il arriva à New York avec rien d’autre que les habits qu’il portait, et un (pas deux) dollar en poche. Il se présenta à l’évêque, Mgr Dubois, qui l’ordonna trois semaines plus tard (juin 1836).

La première mission du jeune prêtre fut la pastorale des Allemands immigrés, qui habitaient dans la région des chutes du Niagara. Il n’y avait pas de paroisse encore. La «paroisse» de l’abbé Neumann partait de la région occidentale de New York et arrivait au lac Ontario. Il fallait se déplacer à cheval.

Les habitants sourirent à la vue de ce prêtre tout petit, dont les jambes n’arrivaient pas aux étriers. Il visita les malades, enseigna le catéchisme, forma des catéchistes, et établit sa résidence à North Bush (Tonawanda), près de l’église Saint-Jean-Baptiste.

Il était trop isolé. Il demanda à l’évêque, et obtint, la permission de faire partie de la congrégation des Rédemptoristes. Il fit son noviciat à Pittsburgh, premier candidat «américain», et fit la profession en 1842.

Il exerça son apostolat à Elkridge (Maryland) de 1849 à 1851, avec d’excellents résultats, malgré tant de difficultés, de sorte qu’il fut nommé Provincial pour les Etats-Unis.

En 1848, il fut naturalisé citoyen des Etats-Unis et fut nommé curé à Baltimore.

Le Saint-Siège apprécia cet apostolat : l’abbé Neumann fut nommé évêque de Philadelphia,  un diocèse enrichi d’une forte affluence d’immigrants allemands, irlandais, italiens, qui avaient fui les guerres napoléoniennes. 

Il y eut des problèmes entre les habitants (souvent protestants) et les arrivants, en général catholiques ; il y eut des heurts anti-catholiques et anti-immigration, et l’évêque eut envie de démissionner, mais le pape l’encouragea à persévérer.

Mgr Neumann fonda des paroisses pour tout ce monde (environ une par mois !), un système diocésain d’enseignement comprenant jusqu’à deux-cents écoles. Sa connaissance de l’allemand et de l’italien lui facilitèrent le contact avec ses paroissiens européens. Il fit venir aussi des congrégations de Religieuses.

L’évêque vécut toujours pauvrement, au milieu de cette population pauvre. Il n’utilisa qu’une paire de bottes durant tout son séjour aux Etats-Unis. Quand on lui offrait un habit neuf, il le donnait à un nouveau prêtre.

En 1854, il put faire le voyage à Rome, lors de la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception.

Ereinté par son travail continu, Mgr Neumann fut frappé d’infarctus en pleine rue, le 5 janvier 1860.

Il fut béatifié en 1963 et canonisé en 1977.

 

 

Maria Repetto

1809-1890

 

Elle naquit et fut baptisée le 31 octobre 1809 à Voltaggio (Alessandria, Italie nord-ouest), de Giovanni Battista, notaire, et Teresa Gazzale, qui eurent dix enfants après elle.

De ces onze enfants, quatre filles furent Religieuses, dont Maria, et un garçon devint prêtre.

Lors de sa Première communion, en 1819, elle ressentit le désir de rester toujours en union avec Jésus-Christ. Elle aimait lire des livres d’hagiographie (elle aurait sans doute eu du plaisir à consulter notre blog !). Sa mère lui enseigna la broderie.

En 1822, deux de ses petits frères moururent prématurément.

Avec sa sœur Giuseppina, elle rendait visite aux voisins et les deux fillettes s’ingéniaient à rendre de petits services : une aumône par ici, un travail de couture par là, de sorte que peu à peu germa dans le cœur de Maria le réel désir de devenir religieuse. Elle attendit cependant suffisamment pour que son absence ne causât pas de difficultés à la tenue de la maison.

En 1829, elle fréquenta les Sœurs de Notre-Dame du Refuge au Mont-Calvaire (ou Brignoline, car leur couvent se situait sur la place Brignole, du nom du célèbre gênois), et elle fit sa première consécration en 1831. Ces Religieuses étaient vouées à l’assistance des malades principalement.

La dot que Maria apportait était consistante, et elle fut reçue comme sœur de chœur, et pas seulement comme auxiliaire (ou domestique). Elle demanda à rester le plus possible ignorée de tous : elle se montra toujours très simple, joyeuse, passant son temps libre à broder et à coudre, toujours souriante, transmettant sans cesse sa dévotion inconditionnée à saint Joseph. 

En 1835 et 1854, elle se porta volontaire pour aller soigner les victimes des épidémies de choléra. Elle se dépensa tellement que, malgré son effacement et sa petite taille, on se mit à la reconnaître de tous côtés comme la monaca santa (la sainte moniale) ; elle était particulièrement heureuse de rencontrer les pauvres et les malheureux.

En 1868, lors du transfert du couvent à Marassi (on devait construire la fameuse gare de «Brignole», la sœur Repetto fut chargée de l’accueil à la porterie du couvent, car sa vue baissait et elle ne pouvait plus manier l’aiguille. Désormais, elle accueillait tous ceux qui venaient de partout lui demander un sourire, une parole de réconfort, une prière : elle confiait toutes ses intentions à saint Joseph, en distribuait des images et des médailles à droite et à gauche, le Giuseppini, et obtenait réellement des grâces et des guérisons.

Un jour qu’on lui demanda quand, à son avis, leur Fondatrice (Virginia Centurione Bracelli, voir au 15 décembre) serait proclamée bienheureuse, elle répondit que ça n’arriverait pas avant la béatification d’une autre des Religieuses de l’Institut, ignorant tout-à-fait qu’il s’agissait d’elle-même !

Un autre trait de sa pauvreté discrète, était de ne porter que la bure que ne pouvait plus mettre telle autre Consœur : elle récupérait le tissu «possible» et l’ajustait à sa petite taille.

Maria resta à son poste de portière jusqu’en 1889, à quatre-vingts ans, A cet âge, elle se retira désormais à l’infirmerie, jusqu’à sa mort, qui advint le 5 janvier 1890 : en mourant, elle murmura encore les paroles du Regina cæli.

Comme elle l’avait prophétisé sans le savoir, Maria Repetto fut béatifiée en 1981, quatre ans avant la Fondatrice (cette dernière ayant été, depuis, canonisée en 2003).

 

 

Joannes Andreas Houben

1821-1893

 

Né à Munstergeleen (Limbourg, Pays-Bas) le 11 décembre 1821, Joannes Andreas était le quatrième des onze enfants de Peter Joseph et Elisabeth Joanna Houban. 

Il fut baptisé le jour même de sa naissance, reçut la Première Communion et la Confirmation en 1835.

Il fit ses études à Sittard puis Broeksittard, où il n’était pas brillant : il apprenait avec lenteur, mais avec grand sérieux.

Après quatre ans de service militaire, il travailla un peu au moulin de son oncle, puis entra chez les pères Passionistes en 1845, à Ere (Tournai, Belgique), prenant le nom de Karel (Charles) de Saint-André. Celui qui le reçut était un certain Domenico Barberi, italien, qui ira bientôt travailler aussi en Angleterre et qui est maintenant Bienheureux (voir au 28 août).

Après avoir fait ses vœux et terminé ses études, il fut ordonné prêtre en 1850 et envoyé en Angleterre, comme vice-maître des novices à Broadway, en même temps que pour exercer le ministère sacerdotal dans la paroisse de Saint-Wilfrid, où il s’occupa activement des Irlandais immigrés.

En 1857, on l’envoya dans un monastère récemment fondé, au «Mount Argus» de Dublin (Irlande), qui sera sa patrie définitive. Très vite il fut apprécié pour ses dons de confesseur, mais aussi de réel guérisseur. Il fut tellement aimé des Irlandais, qu’ils l’appelèrent le Père Charles du Mont Argus. Il recevait chaque jour des montagnes de courrier, lui demandant des prières pour des malades. Toute la ville, même dans les rangs des non-catholiques, le reconnaissait comme «saint». 

C’était un prêtre de très profonde piété, et particulièrement envers la Passion du Seigneur, Comme son divin Maître, il était extrêmement obéissant à ses supérieurs, fidèle dans les vertus de pauvreté, d’humilité, de simplicité, qui le caractérisaient. Sa mauvaise connaissance de l’anglais ne lui permit pas de prêcher, mais il fut un excellent conseiller spirituel.

On le sollicitait de toute l’Angleterre, mais aussi d’Amérique, d’Australie. Pendant une brève période, on pensa le soulager un peu de son travail en l’envoyant en Angleterre, mais il revint vite en Irlande.

Après un vilain accident qui le blessa à la jambe, l’infection gagna. Il mourut le 5 janvier 1893, et un journal écrivit qu’on n’avait jamais vu une telle explosion de sentiments religieux lors de la mort d’un homme, comme ce fut le cas pour le Père Karel.

Le père Karel de Saint-André fut béatifié en 1988 et canonisé en 2007.

Le miracle retenu pour la canonisation fut la guérison scientifiquement inexplicable d’un homme atteint d’une appendicite aggravée, comportant perforation, gangrène, péritonite généralisée touchant d’autres organes et provoquant une exténuante et longue agonie. Cet homme habite dans le village natal du Saint.

 

 

Marcelina Darowska

1827-1911

 

Marcelina naquit en janvier 1827, soit le 6, soit le 16, soit le 28, suivant les informations qu’on trouve, la date du 16 étant la plus fréquente, mais qui recopie l’autre ?

Ils habitaient Szulaki, dans la province ruthène sous domination russe (maintenant en Ukraine).

Jeune, elle travailla dans la propriété, mais aussi s’occupa des enfants, leur enseigna le catéchisme, visitait les malades. Elle voulait entrer dans la vie religieuse.

Elle fut cependant contrainte par son père à épouser un certain Karol Darowski, en 1849 ; après la naissance d’une fille et d’un garçon, coup sur coup moururent et Karol et son fils, de sorte qu’elle pouvait librement espérer s’engager dans la voie religieuse, dès qu’elle n’aurait plus de soucis pour sa petite fille, mais on ne connaît pas les décisions qu’elle prit au sujet de cette dernière, qui n’avait encore que trois ans.

En 1854, Marcelina fit à Rome le vœu privé de chasteté ; là, elle rencontra Józefa Karska, avec laquelle elle fonda une nouvelle congrégation, les Sœurs de l’Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, la même année où fut proclamé ce dogme marial. La nouvelle famille religieuse devait s’occuper de l’éducation des jeunes filles, pour les préparer à leur tâche non seulement d’épouses et de mères, mais aussi de citoyennes, car on sait bien que le niveau de la société repose sur celui des familles.

Ce qui est moins connu, est qu’à partir de 1854, Marcelina eut des expériences mystiques intenses, qu’elle rapporta dans quelque cent quarante-quatre volumes manuscrits.

En 1861, elle fit les vœux perpétuels, prenant le nom de Maria Marcelina de l’Immaculée Conception. Après la mort de Jozefa (1863), Marcelina rentra avec sa congrégation en Pologne, et s’établit à Jazłowiec, où elle ouvrit une première école. Cette localité passa plus tard à l’Ukraine et la maison fut transférée à Szymanów (Varsovie). 

Durant les quelque cinquante années qu’elle vécut encore, Marcelina ouvrit sept maisons, avec des instituts de formation des sœurs et des écoles gratuites pour les plus pauvres.

Marcelina s’éteignit à ce monde le 5 janvier 1911, et fut béatifiée le 6 octobre 1996.

Pietro Bonilli

1841-1935

 

Pietro naquit le 15 mars 1841 à San Lorenzo di Trevi (Perugia, Italie centrale), de Sabatino et Maria Allegretti. Cette dernière était d’extraction modeste, et Sabatino dut s’éloigner des siens pour vivre avec sa chère épouse, alors que ses parents, plutôt aisés, auraient pu l’aider davantage.

Quand Pietro eut neuf ans, encouragé par son curé, il s’enhardit à demander aux parents de pouvoir étudier, et pour ce faire, de partir «travailler» à Trevi pour gagner un peu d’argent et se payer des leçons. Les parents, stupéfaits, inquiets, le laissèrent tenter l’aventure. 

On ne sait au juste comment il s’y prit ; ce qui est sûr, est qu’il réussit à survivre. Puis il rencontra un bon et saint prêtre, don Ludovico Pieri, qui le prit sous sa protection.

Don Pieri le fit entrer au collège Lucarini, puis au séminaire de Spolète.

Il n’était encore que sous-diacre, quand l’évêque lui confia déjà la charge pastorale de Cannaiola di Trevi, un patelin complètement isolé et perdu au fin-fond du diocèse, marécageux et insalubre.

Devant le manque de prêtres, le saint garçon, qui n’avait que vingt-deux ans, fut ordonné prêtre en 1863, avec dispense du Saint-Siège pour l’âge. Il devait rester pendant trente-quatre ans dans sa petite paroisse.

Il eut l’excellente idée de rédiger dans un cahier les événements importants de sa présence et de son apostolat. La paroisse était complètement à l’abandon, desservie seulement par des remplaçants qui ne pouvaient assurer que la messe dominicale et les sacrements, mais pas l’instruction. En outre, les ressources de la paroisse étaient très faibles, ce qui explique aussi pourquoi aucun autre prêtre ne s’y intéressait.

Pietro fut cependant bien accueilli. Il commença par bonifier les terrains de la paroisse. Puis il invita toute la population à contribuer à la restauration de l’église et il aménagea le cimetière. 

Ensuite il concentra ses efforts sur la dévotion à la Sainte Famille, pour servir de référence à tous les foyers de la paroisse. Il fonda une Compagnie des Gardes d’Honneur de la Sainte Famille et développa les exercices de piété, les fêtes, les processions, le culte au Saint protecteur local.

Puis il fonda la Pieuse Union de la Sainte Famille, en quatre sections selon l’âge et la condition des adhérents et s’appliqua à répandre la dévotion à la Sainte Famille ; il en écrivit un petit «règlement» qu’il soumit à l’approbation de l’archevêque, espérant que cette dévotion dépasserait même les frontières de l’Italie (ce qui arriva : c’est dans le sillage de cette dévotion que surgit la grande cathédrale de Barcelone, dédiée à la Sagra Familia).

Il se préoccupa de porter la Bonne Nouvelle auprès de tous, utilisant déjà les moyens que pouvait lui offrir l’imprimerie : ainsi sortit en 1880 L’apôtre de la Sainte Famille, imprimé d’abord à Foligno, puis à Trevi où il fit la grande folie d’acheter une imprimerie (1881), qu’il transporta ensuite à Cannaiola même (1884), utilisant pour le Bien ce moyen de l’imprimerie si souvent utilisé pour le Mal dans la société. Son imprimerie éditera des opuscules, des livres ; bientôt circulèrent des bibliothèques ambulantes.

En 1884, il fonda aussi un orphelinat, l’Orphelinat de Nazareth, qu’il organisa près de son imprimerie, pour donner un travail à ces orphelins. Et un autre pour les orphelines en 1886, avec des leçons de couture, de broderie, de cuisine, de tissage.

On observera qu’à la même époque, une portugaise confiait un nouvel Institut à la Sainte Famille, pour la formation des petites filles (voir Rita Lopes de Almeida, au 6 janvier).

Don Pietro, en 1893, s’intéressant aux malheureuses petites filles sourdes et muettes, et aveugles, se les fit signaler par tous les maires des environs, leur demandant quelque contribution pour ériger une maison en vue de les accueillir : ainsi naquit un Abri pour les sourds-muettes, dont les résultats suscitèrent l’admiration même des spécialistes.

Une des plus grandes joies de toute sa vie fut qu'en 1893, le Vatican approuva la fête de la Sainte Famille, qui devait se célébrer au troisième dimanche après l'Epiphanie, et qui actuellement se célèbre le dimanche après Noël.

Ne réussissant pas à trouver un personnel adéquat, ni de congrégation religieuse disposée à l’aider pour toutes ces œuvres, en 1888, il fonda la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Spolète. Des vocations arrivèrent, des maisons s’ouvrirent en Italie, en Sicile. L’archevêque donna son approbation en 1897, le Vatican en 1932.

Des personnalités furent enfin touchées par ses efforts, et l’aidèrent à prendre possession, en 1898, d’un ancien couvent à Spolète, où il put installer toute son œuvre, avec la typographie. 

Cette même année, il fut nommé chanoine de la cathédrale de Spolète, pour pouvoir rester sur place et gérer toute son œuvre. Il fallut quitter Cannaiola, après trente-quatre ans !

Mais il n’avait toujours que cinquante-sept ans ! Il fut pénitencier à la cathédrale, assailli par les pécheurs, puis administrateur et recteur du séminaire.

Quand l’archevêque fut nommé ailleurs, don Pietro fut pressenti comme Vicaire capitulaire (c’est-à-dire pour «remplacer» l’évêque en attendant la nomination officielle du nouveau), mais il refusa cette charge trop importante pour lui, pour s’occuper seulement de son œuvre.

En 1918, il reçut avec surprise le titre honorifique de Camérier du pape, ce qui lui permettait de porter le titre de Monseigneur. En 1930, il fut nommé Chevalier de la Couronne d’Italie, mais n’en voulut pas porter les insignes.

En 1929, à quatre-vingt huit ans, il dut subir une opération chirurgicale, qu’il supporta très bien.

Les dernières années de sa vie, il perdit peu à peu la vue, lui qui s’était tellement occupé des petits aveugles. Il continuait à recevoir, à confesser, à célébrer même, ayant assimilé par-cœur les textes de la liturgie.

Il s’éteignit enfin, nonagénaire, le 5 janvier 1935, après soixante-douze ans de sacerdoce.

Don Pietro Bonilli a été béatifié en 1986.

Les Sœurs de la Sainte Famille sont présentes en République Démocratique du Congo, en Côte d’Ivoire.

 

 

Joan Grau i Bullich

1895-1937

 

Joan naquit le 14 avril 1895 à Coll de Nargó (Lleida, Espagne).

Il entra au collège des Bénédictins à Montserrat dès l’âge de quinze ans et revêtit l’habit monastique en 1913 ; en 1917, il fit la profession solennelle et prit le nom de Robert, et fut ordonné prêtre en 1920.

Ensuite il fut envoyé en Palestine pour accomplir ses obligations «militaires» en terres de mission.

En 1922, il fut préfet du collège et, en 1926, participera à une immportante mission œcuménique en Bulgarie, en compagnie de Mgr Roncalli, futur pape Jean XXIII (voir au 3 juin).

Il traduisit en catalan Le Christ, idéal du moine, l’œuvre célèbre du Bénédictin, dom Marmion (voir au 30 janvier).

En 1928, il fut nommé prieur à l’abbaye de Montserrat, devant tenir la responsabilité de l’abbé, qui devait s’absenter.

En 1936, les miliciens prirent d’assaut le monastère. Certains moines eurent le temps d’aller se cacher, d’autres furent arrêtés, parmi lesquels le père Grau i Bullich.

Il reçut la palme du martyre, probablement à Barcelone, le 5 janvier 1937, et fut béatifié en 2013.

 

 

Mariano Alarcón Ruiz

1912-1937

 

Il naquit le 24 novembre 1912 à Murcia (Espagne). 

Son père - dont on n’a pas retenu le prénom - excellent musicien, organiste chez les Pères Carmes de Barcelone, lui enseignera la musique et lui permettra de faire des études très avancées en la matière.

José Mariano entra au petit séminaire de Palafrugell à onze ans.

Novice carme à Tarragona, il prononça ses vœux le 8 septembre 1929, en la fête de la Nativité de la Sainte Vierge, avec le nom de José Mariano des Anges.

Il poursuivit des études de philosophie, de théologie morale et de droit canonique à Barcelone, et fut prêtre le 11 avril 1936, l’année de la grande révolution en Espagne.

Au début de la guerre civile, il se réfugia d’abord chez sa sœur à Badalona, puis chez ses parents à Murcia.

La police enquêta, fouilla, découvrit et arrêta le père José Mariano. Son père voulut l’accompagner. C’était le 17 décembre 1936 : on a dit que c’était le jour de leur martyre, mais c’est le jour de leur arrestation.

Le martyre eut lieu près de Barcelone le 5 janvier 1937, vers vingt-deux heures : avec d’autres prisonniers, José Mariano et son père furent extraits de leur cellule, conduits sur la route de Montcada, et fusillés.

Enterrés dans une fosse commune, ils n’ont pas pu être retrouvés.

José Mariano et son père ont été béatifiés en 2007.

 

 

Genoveva Torres Morales

1870-1956

 

Née le 3 janvier 1870 à Almenara (Castille, Espagne), Genoveva reçut le nom de la Sainte du jour : Geneviève. Elle fut baptisée le lendemain.

Elle était la dernière de six enfants et, à l’âge de huit ans, perdit et ses parents (José et Vicenta) et quatre de ses frères et sœurs ; elle n’avait plus que son grand frère José, qu’elle entoura d’affection, mais qui vivait mal cette douloureuse situation. Tous deux grandirent dans la solitude et le repli sur eux-mêmes.

Devant s’occuper de la maison, Genoveva ne put continuer l’école, mais elle fut assidue à l’église, au catéchisme, à la messe du dimanche.

A dix ans, elle reçut la Première communion ; elle se plaisait à lire les livres de spiritualité de sa mère défunte, où elle découvrit que le secret de la vraie joie est de faire la volonté de Dieu ; ce devait désormais être le secret de sa vie.

A treize ans, Genoveva dut supporter une pénible opération : l’amputation de sa jambe gauche, gagnée par la gangrène. L’opération se fit à la maison, sans anesthésie suffisante, et fut horriblement douloureuse. `Toute sa vie elle dut ensuite utiliser des béquilles.

Elle s’occupa pleinement de la maison, une fois que son frère resta veuf. Tout était bien propre, bien tenu. Mais en 1885, la pauvre Genoveva eut le corps couvert de plaies douloureuses, qui l’empêchaient de bouger. Il fallait trouver où la soigner, d’autant plus que José s’était remarié et son épouse n’avait pas bien envie de s’occuper de cette malade.

De 1885 à 1894, Genoveva fut donc reçue à la Maison de la Miséricorde de Valencia, tenue par les Carmélites de la Charité. Pendant ces neuf années, elle approfondit sa vie intérieure et aussi l’art de la broderie. Elle rencontra un bon prêtre, Carlos Ferrís (plus tard fondateur de la léproserie de Fontilles), qui l’accompagna saintement ; Genoveva centra sa piété sur l’Eucharistie, le Sacré-Cœur de Jésus, la Vierge Marie et les Saints Anges. Elle offrit toutes ses souffrances pour les pécheurs.

Elle découvrit ce qu’est la «liberté spirituelle» : J’aimais particulièrement la liberté du cœur, je travaillais et je travaille encore à y parvenir pleinement… Cela fait tant de bien à l’âme que tout effort n’est rien, comparé à l’état de liberté du cœur.

Genoveva aurait probablement voulu entrer dans la Congrégation des Carmélites, mais ses conditions physiques l’en auraient empêché. Elle se consacra néanmoins à Dieu.

En 1894, elle alla vivre avec deux autres pieuses dames, Isabel et Amparo, et toutes trois commencèrent une vie discrète faite de pauvreté et de solitude. Peu à peu germa dans l’âme de Genoveva l’idée d’une nouvelle famille religieuse, qui se serait occupée des femmes en difficulté, mettant en commun leurs maigres ressources et s’entraidant ensemble. 

Il n’y avait pas de maisons pour de telles situations. Le chanoine Barbarrós encouragea Genoveva dans son idée et c’est ainsi qu’avec l’aide d’un autre père jésuite, Martín Sánchez, elle ouvrit une première maison à Valencia : la Société Angélique (1911). Très vite se regroupèrent d’autres femmes, soit en quête d’aide, soit désireuses d’aider les autres, toutes avides de vivre dans le même idéal. Genoveva n’oubliait pas pour autant le soutien de toute sa spiritualité : l’adoration eucharistique nocturne.

En 1912 elles prirent l’habit et émirent privément les vœux de religion à partir de 1915. 

En 1925, l’archevêque de Saragosse reconnut officiellement le nouvel Institut et reçut la profession religieuse de Genoveva et de dix-huit autres Compagnes. Genoveva devint la Mère Générale de cet Institut, qui aura son siège principal avec le noviciat à Saragosse, aux pieds de la Vierge du Pilar.

D’autres maisons s’ouvrirent dans les grandes villes d’Espagne, au milieu de bien des difficultés cependant. Tant que ce fut possible, elles reçurent durant la persécution de 1936-1937 d’autres Religieuses ou personnes laïques. Puis les maisons furent confisquées et, après la tourmente de la guerre civile, il faudra toute la persévérance de Genoveva pour les récupérer. 

Cette grande activité obligeait Genoveva à sortir de sa solitude, mais elle y voyait la volonté de Dieu et ne se laissait pas abattre par ses souffrances physiques ou intérieures. Elle puisait sa force dans l’adoration du Saint-Sacrement, s’offrant en expiation pour les péchés, dans l’humilité et la simplicité, l’oubli de soi et la charité ouverte aux autres.

Toujours aimable, usant de l’humour même pour ses douloureuses infirmités, qui allaient s’intensifiant, elle persévéra ainsi jusqu’à l’approbation officielle pontificale de la Congrégation du Sacré-Cœur de Jésus et des Saints Anges, en 1953.

En 1955, sa santé périclita sérieusement. Le 8 décembre à Saragosse, elle put assister une dernière fois à la messe ; le 30 survint une attaque d’apoplexie. Recevant l’Onction des Malades, Mère Genoveva dit encore : Seigneur, que ta Volonté soit faite ! Elle entra dans le coma le 5 janvier 1956 au matin et mourut le soir, deux jours après la fête de sainte Geneviève et son quatre-vingt-sixième anniversaire.

Le peuple l’appela désormais L’ange de la solitude.

Genoveva Torres Morales fut béatifiée en 1995 et canonisée en 2003.

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